25 juillet 2017

Adieu Gilles

Gilles, tu as été l'un de mes profs préférés au secondaire. En fait, pour être plus précis, tu as été un des très rares que je n'ai pas détesté. Et pourtant, tu enseignais une des matières que j'aimais le moins... si ce n'est pas un exploit, alors je ne sais pas ce que c'est.

Ton secret, c'est que tu prenais le temps d'apprendre à nous connaître. Tu venais passer du temps avec nous en dehors des heures de classe. Tu venais jaser pendant le dîner. Tu savais on était qui, qui sortait avec qui, qui était chum avec qui. On n'était pas seulement des numéros sur une feuille pour toi. Ton cours, je l'ai passé non pas parce que j'en avais envie, mais parce que je ne voulais pas te décevoir.

C'est toi qui m'aura le plus donner envie d'enseigner. C'est toi qui aura été une de mes principales sources d'inspiration dans ma carrière. Tu m'as montré comment être un prof efficace. Tu m'as montré c'était quoi le secret: prendre le temps de tisser des liens avec les élèves.

Une fois le secondaire fini, on a été amis pendant plusieurs années. Tu m'as aidé à déménager en appart. J'ai été là pour toi quand ta femme est tombée malade et quand elle est décédée. J'ai été là pour toi quand ton beau-père est mort. Tu as été un des premiers a rencontrer celle qui est devenue ma femme. On a eu beaucoup de fun ensemble, on a joué à plein de jeux. J'ai transmis ma passion des comic-books à ton fils. Je sentais que j'étais un peu un membre de ta famille, davantage que de la mienne.

Tu m'as sauvé la vie une fois. Pour vrai. J'ai failli m'étouffer et tu m'as fait la manoeuvre Heimlich. J'ai dégobillé mon souper sur ton plancher de cuisine, mais j'ai enfin pu respirer. Ça a été la plus belle bouffée d'air de mon existence.

Mais les frustrations ont commencé à s'additionner avec les années. Petites au début, insignifiantes prises isolément, mais elles se sont accumulées. Des petites blessures dont je ne t'ai pas parlé, des petits froids qui se sont installés. Des petites jalousies, des petites déceptions. Tu m'as dit des affaires plates, ça m'a fait mal. J'avais l'impression que tu parlais toujours de toi et que tu ne t'intéressais pas à moi. Au lieu de le dire, j'ai essayé de balayer tout ça sous le tapis, j'ai fait comme si de rien n'était, mais c'était une erreur. Parce qu'à un moment donné, ça a été trop et j'ai coupé les ponts. 

La dernière fois qu'on s'est parlé en personne, on était dans ta piscine. Je t'ai annoncé que ma femme était enceinte. Tu n'as pas eu l'air particulièrement excité. En fait, tu m'as donné l'impression que tu t'en câlissais complètement. C'est peut-être moi qui était rendu trop hyper-sensible à cause de tout le reste. C'est peut-être moi qui a mal interprété ta réaction. Mais ça m'a fait mal. Alors je suis parti. Et je ne suis jamais retourné.

Peut-être que si je t'avais parlé, notre amitié aurait perduré. Peut-être que si on s'était engueulé à la place de faire semblant que tout allait bien, on serait restés amis.

Mais à la place, on a arrêté de se parler. 

Tu m'as appelé une fois, ça doit faire 5 ou 6 ans de ça. J'étais super content de te parler et je t'ai invité chez moi. Tu as refusé, comme tu refusais toujours, et tu m'as dit que c'est moi qui devait aller te voir. Ça a rouvert des vieilles plaies. Si tu avais accepté et que tu étais venu, on aurait peut-être pu repartir. Mais tu as refusé. J'ai su avant de terminer cette conversation téléphonique qu'on ne se verrait probablement plus.

Mais malgré tout, tu as toujours été ici, dans ma tête. Et je réalise aujourd'hui que je n'ai jamais complètement fermé la porte à la possibilité qu'on se revoit éventuellement. Je n'avais jamais complètement perdu espoir. J'ai bien pensé à arrêter chez toi à quelques reprises. J'ai pensé à aller te présenter mes fils. Mais je ne l'ai jamais fait. J'avais trop peur que tu sois froid comme la dernière fois. J'avais trop peur que tu me fasses mal. 

Et maintenant, ben... il est trop tard.

Je viens d'apprendre que tu es mort. Il y a deux jours. Un cancer virulent, paraît-il. Les bras m'ont tombé.

Il est trop tard maintenant. Notre amitié ne renaîtra pas. On ne la réparera pas. On ne s'expliquera pas. On ne se pardonnera pas. On ne se reparlera pas. Je ne pourrai jamais te dire ce que j'aurais voulu te dire.

T'es entré dans ma vie il y a 30 ans et maintenant, tu es mort. 

J'ai énormément de peine Gilles et je me trouve con d'avoir été rancunier. Je me trouve bien insignifiant ce soir. Pis je t'en veux de ne pas avoir accepté mon ultime invitation. 

Est-ce que je suis en deuil de notre amitié, ou plutôt en deuil de celle que j'aurais aimé qu'on ait? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que ça fait mal.

Adieu Gilles. Je ne t'en veux plus. Tu me manques. Merci pour tout. C'est ça que j'aurais dû te dire.

Mais maintenant, c'est trop tard.



24 juillet 2017

Le racisme de Justin Trudeau

On dit que la meilleure façon de vérifier la validité d'une théorie, c'est à sa capacité de faire des prédictions exactes.

Il y a quelques moi, j'ai pondu un billet intitulé "Qu'est-ce qu'un multiculturaliste?"

J'y écrivais ceci: "Ironiquement, le multiculturaliste est une personne fondamentalement raciste.

Le raciste traditionnel déteste les groupes ethniques qui viennent d'ailleurs et se considère supérieur à eux. Le multiculturaliste, lui, déteste le groupe majoritaire qui a ses racines historiques ici et le considère inférieur aux groupes ethniques venus d'ailleurs.

Dans les deux cas, on est face à un mépris et/ou une haine face à tout un groupe de personnes à cause de leur identité ou de leur ethnicité. Bref, c'est du racisme à l'état pur.

(...) Ainsi, pour le multiculturaliste, les identités et les traditions des groupes venus d'ailleurs doivent être protégées à tout prix, mais l'identité et les traditions du groupe local n'ont aucune valeur. 

(...) De plus, les Québécois multiculturalistes ont honte. Ce sentiment malsain teinte tous leurs écrits et tous leurs propos. 

On a eu un magnifique exemple récemment avec notre grandiose premier ministre, le très honorable Juju Ier.

Comme on le sait, Juju ne manque pas une occasion de chanter les louanges de tous les groupes ethniques et de toutes les nationalités de la planète... à l'exception des Québécois pour lesquels il ne ressent qu'un profond mépris.

Et il ne s'est pas gêné pour l'exprimer dans une entrevue accordée à un quotidien allemand:

Le sang «français» et «latin» qui coule dans les veines des Canadiens fait d’eux un peuple «moins organisé» que d’autres croit le premier ministre Justin Trudeau.

C’est du moins ce qu’il a laissé entendre dans une entrevue exclusive avec le journal Bild, le plus important quotidien d’Allemagne, en marge du G20 qui se déroulait à Hambourg jusqu'à samedi.

«Brièvement, que pensez-vous de l’Allemagne?», a demandé à M. Trudeau le journaliste en toute fin de discussion.

Le premier ministre a d’abord félicité le pays européen pour son rôle de leader dans l’économie mondiale et sur la question des changements climatiques.

«J’ai été élevé à aimer la culture allemande et sa nourriture. Même le chou rouge», a-t-il ensuite lancé à la blague, en précisant que son beau-père est né en Allemagne de l’Est.

M. Trudeau a poursuivi en ajoutant que le peuple allemand est «peut-être» plus «prévisible», avant de se reprendre et de clarifier sa pensée : «Non, vous êtes plus organisés, peut-être, que ce dont sont capables les Canadiens.»

«Nous avons assez de sang français et latin en nous pour être moins organisés», a-t-il fini par affirmer.

Imaginez un seul instant si le président des USA affirmait que les Américains performent moins bien à cause du sang africain. Qui ne déchirerait pas sa chemise en entendant ça?

Ah! mais si c'est Justin qui vomit sur les Québécois, ça ce n'est pas grave...

Je vais te répondre en anglais mon p'tit Juju, pour être bien certain que tu understand:

Fuck you Justin. Fuck you very much.



Gala du Gouverneur général pour les arts

Une autre belle manifestation du beau et grand Canada bilingue soulignée par Sophie Durocher:

La semaine dernière à Ottawa avait lieu le Gala du Gouverneur général pour les arts du spectacle. On célébrait les récipiendaires, entre autres Martin Short, Michel J. Fox, Michael Bubblé, Jean Beaudin, Brigitte Haentjens, etc.

Je suivais sur Twitter le compte officiel des Prix du GG. Les gazouillis étaient remplis de fautes de français grossières. Le mot « hommage » écrit avec un seul « m » comme « homage ». L’anglicisme « hôte » au lieu de « animateur ». Des mauvaises conjugaisons comme : « L’orchestre entrent ».

Et des phrases bancales comme « Tant de talent dans une seule chambre » ou « Dans une première pour les Prix du Gouverneur général ». Et on parle ici de textes officiels émanant d’un organisme censé représenter TOUS les Canadiens.

Quand j’ai commencé à signaler ces fautes à l’auteur des gazouillis, il m’a répondu : « Nos excuses, des fois la fonction autocorrecte nous débile ! »

Hahahahaha ! De kessé ? « Nous débile » ? Le gars fait une faute aux deux mots et blâme ça sur son autocorrecteur ? Et il n’est même pas capable de voir que ce qu’il écrit est un charabia incompréhensible ?

Puis le chat est sorti du sac. L’auteur de ces lignes m’a écrit en anglais seulement : « Sorry. We’re only human. Worse, I’m an Anglo, for my sins. » Je n’ai aucun problème avec le fait que vous soyez anglophone, mais vous n’êtes pas bilingue ??? Les Prix du Gouverneur général ne sont même pas foutus d’engager un traducteur, un interprète qui manie les deux langues officielles du pays le soir où l’on remet sa plus haute distinction ?

Qui se moque des francophones ici ? Nous sommes des citoyens de seconde zone, on ne mérite même pas des textes soignés ?

Pour en rajouter une couche, l’auteur de ces gazouillis-charabias m’a écrit en privé, en anglais seulement, sur un ton sarcastique : « We will refrain from further insulting your beautiful language and tweet only photos and pre-scheduled links from this account. » (Nous allons nous abstenir de continuer à insulter votre merveilleuse langue et ne tweeterons que des photos et des liens préparés à l’avance à partir de ce compte ».)

Pensez-vous sérieusement, deux secondes, que les Prix du Gouverneur général confieraient leurs communications publiques à un unilingue francophone ? Pensez-vous sérieusement que si ce francophone utilisait un logiciel de traduction automatique pour recracher des textes dans un anglais approximatif ça passerait comme du beurre dans la poêle chez les Anglos ? Je vous le dis tout de suite, les éditorialistes du Globe and Mail et du National Post déchireraient leur chemise.

Mais un unilingue anglophone peut gazouiller pendant toute une soirée dans un français médiocre, et ça passe complètement sous le radar.

Joseph Facal ajoute:

Ces incidents sont si récurrents qu’on se demande si le communiqué de presse pour s’en excuser n’est pas prêt d’avance.

(...) Le plus triste est dans les têtes de tous ces Québécois qui n’y voient rien de grave, qui trouvent que c’est une tempête dans un verre d’eau, qui ne voient pas le rapport de force PO-LI-TI-QUE entre les deux langues. Ils voyagent au Canada anglais, ils y connaissent du monde, donc ils croient savoir de quoi ils parlent.

Ils trouvent les anglophones « ben fins », comme si c’était la question. Ils sont de ces gens dont le niveau­­­ de réflexion politique ne va pas au-delà du : « On est-tu ben au Kanadâââ­­­ ! » Ils sont de ceux qui passent automatiquement à l’anglais devant un anglophone pour être « gentils », pour montrer qu’ils le parlent ou parce que c’est « plus pratique ».

Le colonisé authentique ne voit plus les barreaux de sa prison mentale.

Dans les plantations, les esclaves qui travaillaient comme domestiques dans les maisons des maîtres finissaient par croire qu’ils faisaient partie de la famille et méprisaient les esclaves qui travaillaient dans les champs.

Pierre Bourgault disait jadis que certains Québécois trouvent tellement normal de recevoir des coups de pied au cul qu’ils ne les remarquent même plus.



Confédération? Fédération? Pacte?

Qu'est-ce que le Canada? Joseph Facal nous explique ce qu'il n'est pas:

(...) On qualifie souvent son régime politique de « Confédération canadienne ».
Faux. Le Canada n’est pas une confédération.

Une confédération est une association d’États souverains régie par des traités internationaux. Théoriquement, comme ces États renoncent à une partie, mais pas à la totalité de leur souveraineté, ils peuvent quitter cette confédération s’ils le souhaitent. L’Union européenne est peut-être aujourd’hui ce qui se rapproche le plus d’une authentique confédération.

Bon, d’accord, direz-vous, alors le Canada n’est-il pas une fédération dans ce cas ? Hmm, pas vraiment.

Dans une authentique fédération, le gouvernement fédéral et les gouvernements locaux sont souverains dans leurs domaines respectifs. Il n’y a ni subordination des gouvernements locaux à un gouvernement « supérieur » ni empiétement du gouvernement fédéral dans les champs de compétence des autres gouvernements.

Au Canada, le gouvernement fédéral a systématiquement élargi ses pouvoirs au détriment des provinces en invoquant « l’efficacité », la « coordination », « l’interdépendance », « l’égalité de tous les Canadiens », etc.

Le ver était dans la pomme dès le départ.

John A. McDonald voulait un régime unitaire. Mais pour surmonter les résistances, on a donné au régime une apparence fédérale tout en confiant au gouvernement d’Ottawa les pouvoirs vraiment importants : la monnaie, les banques, les affaires étrangères, etc.

Même dans le pouvoir souverain par excellence des provinces, l’éducation, le gouvernement central intervient au nom de la recherche, de la science, de l’innovation... ou pour soutenir les parents qui refusent de se plier à l’obligation d’envoyer leurs enfants à l’école en langue française.

On présente aussi souvent la naissance du Canada comme un « pacte ». Foutaise.

Un pacte est une entente librement consentie. Le régime fondé en 1867 est plutôt une version « améliorée » (du point de vue de ses partisans) de l’Acte d’Union de 1840. Après les Rébellions de 1837-1838, on décide de mettre en minorité les francophones en fusionnant le Bas-Canada (le Québec) et le Haut-Canada­­­ (l’Ontario). Une trentaine d’années plus tard, comme les francophones refusent de s’assimiler, on les minorise encore plus en y ajoutant les colonies des Maritimes.

Encore plus loufoque est l’idée d’un pacte entre des « peuples » fondateurs.

Les peuples n’ont jamais été consultés. Même les journalistes ne pouvaient assister aux délibérations.
À une époque où les référendums n’existaient pas, il n’y a même pas eu de campagne électorale autour des avantages et des inconvénients de créer ce régime.

Notez aussi que, de plus en plus, le 1er juillet, on célèbre le Canada en le présentant comme une seule et unique nation canadienne en construction.

Même si les Québécois de langue française ont tous les traits que la sociologie reconnaît habituellement aux nations, dans le Canada d’aujourd’hui, le statut de nation n’est désormais utilisé que pour les « Canadiens » et les « Premières Nations ».



PowerPuff Girls: Equal Fights

Je remercie le lecteur de ce blogue qui m'a fait parvenir un lien vers cet épisode de la série Puwerpuff Girls intitulé "Equal Fights". Il date de 2001.

Dans cet épisode, l'adversaire de nos trois petites héroïnes est "Femme Fatale", une incarnation du féminisme radical, qui arbore le symbole de Vénus, qui méprise les hommes et qui se considère en tout point supérieure à eux. Elle réussit à convaincre les Super Nanas qu'elles sont opprimées par les hommes et les lance dans une croisade d'intimidation anti-mâle qui les pousse à voir tous les garçons comme leurs ennemis.

Savoureux.

Je dois dire que j'ai été profondément étonné de voir qu'un tel épisode ait été écrit, approuvé et diffusé. C'est vraiment remarquable et je doute que cela soit encore possible de nos jours. L'épisode a d'ailleurs été vertement critiqué par l'abominable Anita Sarkeesian. Pas étonnant; cette dernière ressemble tellement à Femme Fatale qu'elle s'en est bien évidemment offusquée.

De nos jours, la plupart des émissions (dessins animés pour enfants inclus) cantonnent les personnages masculins dans le rôle de l'idiot, le crétin, l'ahuri, l'ignorant. Les personnages féminins sont tout le contraire. Un bel exemple est l'émission Johnny Test dans laquelle Johnny et son père sont deux parfaits imbéciles (même le chien est plus intelligent qu'eux) tandis que la mère et les deux soeurs sont brillantes, inventives, débrouillardes et géniales.

Amusez-vous bien en visionnant ceci et savourez chaque instant parce que vous n'êtes pas près d'en voir un semblable!


PowerPuff Girls 12-b Equal Fights par bananatv


George Orwell




Mathieu Degrotte II







D'autres oeuvres ici.

Trouvé ici.


21 juillet 2017

Réponse à Alice Paquet

Contrairement à l'affaire Ghomeshi à propos de laquelle j'ai blogué à quelques reprises (ici, ici et ici), je n'ai jamais écrit à propos des accusations de Mme Paquet.

La raison principale est que, contrairement aux accusatrices de Ghomeshi qui me semblent être de mesquines manipulatrices, Mme Paquet me donne plutôt l'impression d'être une personne vulnérable qui ne va pas bien. Et je n'aime pas taper sur les gens en détresse.

Sauf que là, je ne peux pas rester silencieux. Il y a des limites à laisser les gens dire n'importe quoi sur toutes les tribunes.

Il y a quelques jours, une chanteuse a publié une lettre dans laquelle elle accusait les hommes de faire partie d'un "boys club" qui s'amuse à manipuler, mentir et violer les femmes. Il a été largement diffusé dans les médias, évidemment. C'est toujours le même cirque avec ces maudits torchons féministes. Face à un texte aussi outrancier, j'ai publié une réplique qui est ici.

Et voilà que Mme Alice Paquet publie à son tour une lettre ouverte adressée à ceux qui ont OSÉ critiquer la chanteuse en question. Comme c'est ce que j'ai fait, je me sens interpellé. Voici donc ma réponse.

Chère toi qui parles trop fort, chère toi qui déranges. Je t’écris pour te dire que tu parles juste bien fort comme il faut, et que tu déranges comme on a besoin d’être dérangés. Je t’écris pour te dire que tu es plus forte que le courant de la rivière. Que tu es la montagne, le pic de la montagne, tout ce qui existe de plus grand, de plus haut.

Très joli. Mme Paquet est une poétesse dans l'âme.

Deux bémols à apporter ici:

Premièrement, je devine par l'utilisation de l'adjectif "forte" que Mme Paquet ne s'adresse qu'aux victimes féminines. C'est bien malheureux. Parce que des victimes masculines d'agresseuses, ça existe:

CriminELLES
CriminELLES II
Elles se vantent d'avoir agressé leur conjoint
Deuxièmement, c'est très bien d'encourager les victimes d'agression sexuelle à dénoncer. Elles devraient effectivement le faire, même si c'est dur, même si ça fait peur, même si ça fait mal. C'est la bonne chose à faire.

Toutefois, contrairement à ce que semble affirmer Mme Paquet, cela ne veut pas dire qu'il faille automatiquement croire sur parole quiconque dénonce ou accuse. La présomption d'innocence est fondamentale et malheureusement, les fausses accusations existent:

Pourquoi des femmes mentent-elles à propos d'agressions sexuelles?
Ghomeshi non coupable
La gaffe du magazine Rolling Stone
Une victime innocente de plus

C'est pas l'fun, j'aimerais bien que ça n'existe pas, mais c'est la triste réalité.

Je t’écris pour te faire la promesse que les doigts de ton agresseur ne resteront pas gravés sur ta peau pour toujours. Les gens qui t’écrivent du bas de leur inconfort, qui vident leur bedon plein de mots méchants sur les réseaux sociaux sont ignorants. Ils sont ignorants. Pour te dire qu’avec le courage vient souvent la peur et que dénoncer une agression sexuelle, c’est nager à contre-courant.

Je vous invite à lire ma réponse à Mme Boulay. Vous verrez par vous-mêmes qu'elle n'est pas motivée par l'inconfort, la méchanceté ou l'ignorance.

Ma réponse est motivée par mon amour de la justice et ma haine du sexisme. Point final.

En passant, "bedon", "mots méchants", ça fait pas un peu juvénile comme vocabulaire? Ça en dit long sur la profondeur et la sophistication de la réflexion de Mme Paquet...

Je travaille présentement à approfondir le sujet de la dénonciation publique dans un collectif féministe. En gros, nous sommes à la recherche de solutions de rechange au système de justice en ce qui a trait aux agressions sexuelles. On tente de sonder les recoins qui se peuvent, s’il en existe finalement.

Des solutions de rechange au système de justice?

En d'autres termes, Mme Paquet et ses amies féministes veulent jouer aux justicières? Plutôt que d'aller à la police pour porter plainte, elles vont encourager les femmes à se faire justice elles-mêmes? Fuck l'ordre public civilisé, fuck la présomption d'innocence, ça va être le retour de la loi du Talion?

J'espère que je me trompe et que ce n'est pas dans cette voie qu'elles s'engagent... mais connaissant leur fanatisme, ça ne m'étonnerait pas du tout.

Dénoncer publiquement une agression sexuelle fait partie de la courte liste des solutions. Personnellement, cette voie me semble être celle de l’instinctif. Elle laisse place à une montée de boucliers, notamment sur les réseaux sociaux, et c’est exactement la raison pour laquelle j’écris cette lettre aujourd’hui.

Dénoncer une agression sexuelle publiquement n'est pas la meilleure chose à faire. Ce qu'il faut faire, c'est immédiatement aller à la police et porter plainte. Sans attendre. Dire toute la vérité et rien que la vérité. Et après, chercher de l'aide.

Imaginez le chaos si les gens commençaient à s'accuser publiquement de divers crimes au lieu de porter plainte à la police. Imaginez le cirque!

On n'est pas au Far West, tout de même! On a un système de justice qui sert à enregistrer les plaintes, à enquêter sur leur validité et à appliquer les lois! Servez-vous-en !

Je voulais que tu saches, toi qui pitonnes des mots lourds, des jurons. Toi qui craches ta haine des femmes en majuscules, qui te plais à nous rappeler que barrer notre entre-jambes à clé est une bonne manière de ne pas se faire agresser. 

Ceci ne me concerne pas. Je ne hais pas les femmes. Je hais certaines femmes, mais pas toutes. C'est d'ailleurs ce qui me différencie des féministes comme Mesdames Boulay et Paquet. Vous ne m'entendrez jamais parler d'un "girls club". Vous ne m'entendrez jamais généraliser les mauvais comportements de certaines femmes à toute la population féminine du Québec. Et vous ne m'entendrez jamais nier le fait que les victimes féminines ou que les agresseurs masculins existent. Je ne suis aveuglé par aucune idéologie sexiste, moi. Je vois la réalité telle qu'elle est.

Et je n'ai jamais dit à qui que ce soit de "barrer son entre-jambes à clé"... en fait, je n'ai jamais entendu quelqu'un utiliser cet "argument". Je ne suis même pas sûr de comprendre ce que ça veut dire. Y'a vraiment des gens qui disent ça ou est-ce Mme Paquet qui fabule?

Toi qui m’as aussi écrit des messages privés pour me dire ce que tu allais faire de ton pénis au moment où tu me verrais. 

Combien de fois c'est arrivé, Mme Paquet? Combien?

Et lorsque c'est arrivé, avez-vous porté plainte? Pourquoi pas? Vous savez que les menaces et le harcèlement sexuel, c'est illégal? Vous savez que des messages haineux sur l'Internet sont faciles à retracer?

Ou vous auriez pu les rendre public, pourquoi ne pas l'avoir fait? Est-ce que nous sommes encore une fois supposés vous croire sans la moindre preuve?

Alors à la place de vous servir de ces hypothétiques messages pour jouer à la victime sur la place publique, donnez donc l'exemple et portez plainte!

Toi qui recommences chaque fois qu’une femme dénonce une agression. Toi qui nous pousses dans un bassin d’hésitation et de culpabilité. 

Lorsqu'une femme ou un homme dénonce une agression à la police, j'applaudis. Les salopards agresseurs et les salopes agresseuses, je veux qu'ils et elles soient puni(e)s, Mme Paquet.

Ce n'est pas la dénonciation que je dénonce, c'est l'injustice et le sexisme.

Qui trouves aussi que le consentement « gâche le moment » et que ça se sent de toute façon, ces affaires-là. « Pas besoin de le demander », que tu me dirais. 

Encore une fois, je n'ai jamais entendu ces arguments-là.

Mais je dirais certainement que, dans certains contextes, le consentement implicite, ça existe. Il y a de multiples façons de manifester son consentement sans utiliser des mots.

Vous préféreriez que les gens signent des constats à l'amiable avant de baiser pour officialiser leur consentement?

Toi qui retires le condom pendant l’acte. 

Jamais entendu parler de quelqu'un qui fait ça. Si ça existe, alors c'est inacceptable et répréhensible. Mais je doute fort que ce soit un phénomène aussi répandu que ce que vous semblez prétendre.

Qui nous demandes d’aller consulter pour qui nie l’existence du boys’ club, aussi, cet illustre groupe d’hommes qui préférerait les femmes muettes.

Je suis un homme et je dénonce le sexisme quand je le vois. Et je l'ai vu dans le texte de Mme Boulay. Je le vois également dans votre lettre ouverte.

Cette idée de "boys club" tient davantage de la misandrie, de la paranoïa et de la théorie du complot déjantée que de la réalité.

Oui, il y a des hommes qui se comportent de façon répugnante avec les femmes. Dénoncez-les tant que vous voulez, mais arrêtez de généraliser leurs mauvais comportements à l'ensemble des hommes! Et arrêtez de les qualifier de "boys club" comme si leurs mauvais comportements étaient exclusivement masculins!

C'est vraiment trop demander? Qu'est-ce qu'il y a de si difficile à comprendre là-dedans?

Pour ce qui est d'aller consulter, où est le mal? Vous devriez essayer, ça vous ferait énormément de bien. Moi je l'ai fait et ça m'a beaucoup aidé.

Qui nies tes privilèges avec toute la violence du monde.

Quels sont les privilèges que possèdent les hommes et dont les femmes sont dépourvues, exactement, Mme Paquet?

Faites-moi la liste de ces privilèges masculins. Allez-y, ça m'intéresse.

D'autres ont essayé avant vous et ont lamentablement échoué.

Permettez-moi de vous dire que ces réactions me semblent être celles non seulement d’hommes et de femmes (eh oui, de femmes) qui se sentent attaqués, mais qui, surtout, nagent dans un profond déni, celui où vous pointez du doigt et où je ne sais quels mécanismes de défense vous font déblatérer des âneries. Vous criez comme si votre vie dépendait de notre silence.

Je suis ravi d'apprendre que des femmes dénoncent vos propos sexistes, elles aussi. Ça me redonne un peu d'espoir dans l'humanité.

Je trouve toutefois très révélateur que Mme Paquet s'en étonne. Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas s'opposer à la misandrie?

On voit bien que Mme Paquet possède une vision manichéenne et profondément puérile de la situation.

D'un côté, il y a les méchants: les hommes du "boys club" et les femmes traîtresses, des gens haineux qui vivent dans le déni et qui déblatèrent des âneries.

De l'autre, il y a les gentilles: les valeureuses féministes opprimées, les braves dénonciatrices qu'il faut toujours croire sur parole, les montagnes, les pics de montagnes et "tout ce qui existe de plus grand, de plus haut."

C'est tellement caricatural et simplet que c'en est presque drôle. On dirait un film de Disney.

En fait, ce serait drôle si de telles débilités ne trouvaient pas un tel écho dans les journaux, les médias et la population.

J’ai parlé publiquement de mon agression, moi aussi. On m’a poussée dans le dos pour que je porte plainte, et je comprends. Un viol, c’est un crime. C’est donc logique que ce soit laissé entre les mains de la justice. Sauf qu’on ne nous croit pas. Et le fardeau de la preuve nous incombe.

Mais elle ne saisit pas les concepts les plus élémentaires, ma parole!

La job du système de justice, ce n'est pas de vous croire! Son rôle, c'est d'enregistrer votre plainte et d'investiguer de façon impartiale pour trouver des preuves qui viennent appuyer ou invalider vos affirmations!

Et quand il y a suffisamment de preuves, de faire subir un procès pour déterminer la culpabilité ou l'innocence de l'accusé!

C'est comme ça que ça marche! Même mes élèves de 6e année sont capables de comprendre ça, calvaire!

L’enquête vous laisse seule avec toutes vos craintes et vos doutes. Et je vous assure que le sentiment d’isolement est total, même lorsqu’on devient le centre d’attention national pour quelques jours.

Là, elle a raison. C'est vrai que c'est dur. C'est vrai qu'il faut être fait solide en esti. C'est vrai que ça prend une énorme dose de courage. C'est vrai que ça fait mal, que c'est comme revivre l'agression une deuxième fois et que le fait de partager des informations aussi privées est profondément humiliant. Elle a entièrement raison là-dessus.

Mais comment atténuer cela? Devrait-on garder les accusation et les procédures secrètes et confidentielles jusqu'à l'issue du procès? Ce n'est pas une solution idéale car ça pourrait empêcher d'autres victimes de l'agresseur ou de l'agresseuse allégué(e) de se manifester. Alors que faire?

Malheureusement, Mme Paquet ne propose aucune solution de rechange.

À quel moment es-tu montée à sa chambre ? La scène du non est la plus importante, bien sûr : la tonalité de ta voix, la force physique a-t-elle été employée, comment a-t-il réagi ? Peut-être avait-il un problème de surdité, sait-on ! Et la couleur des murs ? Jaune pâle ? Pervenche ? Réséda ? Ventre de biche ? Les cadres dans la pièce étaient situés à quelle hauteur ? Combien de verres ? Et ta vie sexuelle, elle ressemble à quoi ? Attache ta tuque, parce que si tu as plus de partenaires sexuels que de doigts, tu courailles, et c’est mauvais signe pour la suite.

Rien de plus normal. L'agresseur allégué est également soumis à cet interrogatoire.

Le rôle de la police est de déterminer impartialement la validité des accusations. Et ça passe par un interrogatoire. Et c'est en posant des questions sur des détails comme ça qu'on peut arriver à déterminer si une accusation est solide ou si c'est un paquet de sornettes inventées de toutes pièces. Ces questions sont essentielles. Et si vous n'êtes pas une menteuse, vous devriez y répondre avec enthousiasme en sachant que vos réponses ne vont que renforcer votre crédibilité.

Malheureusement, dans votre cas, Mme Paquet, on sait que certaines de vos affirmations se sont avérées être des fabulations. Comme l'histoire des points de sutures. Qui aurait cru que dire des conneries pourrait endommager la crédibilité d'une plaignante?

Je tiens à souligner, encore une fois, que les travailleuses du sexe qui se font violer se font immédiatement faire la morale. D’une manière ou d’une autre, comme vous dites, on ne fait que se victimiser. On est des féministes frustrées, des mégères ou des enfants qui se plaignent pour tout et surtout pour rien. Voyez comme ça sonne bien ?

Mme Paquet mélange tout. Ça devient très difficile de la suivre et de décortiquer ses propos. Si elle pense comme elle écrit, elle ne va vraiment pas bien. T'sais quand je disais qu'elle me donne l'impression d'être une personne fragile? Ce texte en est un excellent exemple. Je ne crois pas que les médias lui rendent service en lui donnant une tribune, cette jeune femme-là a besoin d'aide, pas de journalistes avides de sensationnalisme qui encouragent ses lubies.

La question de la sécurité des travailleuses et des travailleurs du sexe est très intéressante et il y a beaucoup à dire là-dessus, sur la protection de ces gens-là et sur la légalisation de leur métier. Mais Mme Paquet ne fait que lancer le concept sans le creuser, sans l'expliquer et, encore une fois, sans offrir de solution. Elle s'en sert seulement pour se dépeindre comme une éternelle victime de tout le monde.

Il n'y a rien de constructif là-dedans. Juste un paquet de "buzz words" lancés en l'air et d'accusations qui puent la tactique de l'homme de paille.

Chère toi qui déranges, tu déranges comme on a besoin d’être dérangés. Tu as bien fait de parler, de l’écrire, de le chanter. Ramenons le sujet de la culture du viol sur la table le plus souvent possible. 

Mme Paquet vit dans un monde parallèle. Le Québec n'est pas et n'a jamais été une culture du viol:

Un vent de raison et d'espoir
"Les boys, on a besoin de se parler"
Enseignons aux petits garçons à ne pas violer!
Quelle culture du viol?
La vraie culture du viol

On dit que j’ai ouvert un chemin pour le débat. Quant à moi, j’ai l’impression d’être à mi-chemin. Lorsque vous écrivez vos commentaires gratuits et méchants sur les réseaux sociaux, vous prouvez mon point. Et je vous pointe du doigt sans remords, parce que vous êtes si loin de la réalité.

Mes commentaires ne sont ni gratuits et ni méchants.

Pour ce qui est d'ouvrir un chemin pour le "débat", laissez-moi rire! Dans un débat, les gens sont supposés être autorisés à émettre des opinions divergentes! Or, les féministes comme Mme Paquet détestent qu'on les critique ou qu'on les contredise. Elles préfèrent diaboliser les gens qui ne pensent pas comme elles en les traitant de misogynes et de monstres. C'est l'objectif même de cette lettre!

Les féministes ne veulent pas de débat. Elles veulent juste des tribunes et elles veulent museler leurs adversaires en les diffamant. C'est ce que Mme Paquet fait depuis le début et elle poursuit sans relâche:

Cher toi qui pitonnes, qui as l’écran comme rempart. Qui t’en donnes à coeur joie lorsqu’une femme parle fort, en nous rappelant qu’on met tous les hommes dans le même panier de toute façon. 

Oui, c'est très précisément ce que vous faites. Pour une fois, vous êtes dans le mille.

Tu trouves peut-être qu’on se répète, qu’Alice Paquet et ses amies ne sont là que pour répéter la même cassette depuis un an avec le soutien de tous les groupes et mouvements que tu n’aimes pas. 

Depuis un an? Hahahahaha! Non, depuis des DÉCENNIES!

Mme Paquet semble croire que la lutte féministe a commencé avec elle.

Quel phénoménal narcissisme! Un autre signe patent de sa profonde immaturité émotionnelle.

Mais si notre discours semble banal ou répétitif pour certains, cela en dit plus long sur l’ampleur du problème auquel nous faisons face que sur nos capacités à nous exprimer ou à partager des idées originales. 

Votre discours ne "semble" pas banal et répétitif... il l'est.

Et il est également malhonnête, diffamatoire, sexiste, paranoïaque, insensé, déraisonnable et complètement déconnecté de la réalité.

Et, si je vous comprends bien, plus on répète quelque chose, plus ça prouve l'ampleur du problème et sa véracité, c'est bien ça?

Ah! ben maudit... j'savais pas ça. Je vais essayer pour voir:

Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes. Les hommes ne sont pas tous des salopards misogynes qui violent les femmes.

Est-ce que c'est plus vrai qu'avant? Est-ce que ça commence à vous rentrer dans la tête?

Et tant que nos interventions susciteront un tel ressac chez les soldats du clavier et les misogynes plus ou moins assumés, nous serons là pour nous défendre. Nous serons là pour appuyer celle qui dérange.

Et moi je serai là pour dénoncer les harpies sexistes comme vous, Mme Paquet.

J'ai fermé ma gueule face à ces conneries depuis trop longtemps. Là, ça va faire.

Le problème, c'est que vos propos décousus et sexistes seront diffusés dans tous les médias et mes arguments logiques, équitables, raisonnables et humanistes resteront confinés à ce petit blogue.

Et après ça, vous aurez le culot de venir nous parler du patriarcat...



"The Understudied Female Sexual Predator"

Extraits de la fascinante nouvelle:

Two years ago, Lara Stemple, Director of UCLA’s Health and Human Rights Law Project, came upon a statistic that surprised her: In incidents of sexual violence reported to the National Crime Victimization Survey, 38 percent of victims were men––a figure much higher than in prior surveys. Intrigued, she began to investigate: Was sexual violence against men more common than previously thought?

The inquiry was a timely one. For years, the FBI definition of rape was gendered, requiring “carnal knowledge of a female forcibly and against her will.” But a recent redefinition focused instead on forced penetration with no mention of gender. Meanwhile, other data-gatherers had started to track a new category of sexual violence that the Centers for Disease Control call “being forced to penetrate.” And still others were keeping better track of sexual violence in prisons.

Taken together, the new data challenged widely held beliefs.

In “When Men Are Raped,” the journalist Hanna Rosin summarized the peer-reviewed results that Stemple published with co-author Ilan Meyer in the American Journal of Public Health. “For some kinds of victimization, men and women have roughly equal experiences,” Rosin wrote. “Stemple is a longtime feminist who fully understands that men have historically used sexual violence to subjugate women and that in most countries they still do. As she sees it, feminism has fought long and hard to fight rape myths—that if a woman gets raped it’s somehow her fault, that she welcomed it in some way. But the same conversation needs to happen for men.

This awareness-raising need not come at the expense of women victimized by sexual violence, Stemple emphasized to Rosin, because “compassion is not a finite resource.” She also began to wonder, if men were victims of sexual violence far more often than was previously known by researchers, who were the perpetrators? Other men? Women? In what proportions? Under what circumstances?

A new investigation was born.

* * *

Today, the fruits of that research were published in another peer-reviewed paper,  “Sexual Victimization Perpetrated by Women: Federal Data Reveal Surprising Prevalence.” Co-authored with Andrew Flores and Ilan Meyer, it appears in Aggression and Violent Behavior. Once again, federal survey data challenged conventional wisdom.

“These surveys have reached many tens of thousands of people, and each has shown internally consistent results over time,” the authors note. “We therefore believe that this article provides more definitive estimates about the prevalence of female sexual perpetration than has been provided in the literature to date. Taken as a whole, the reports we examine document surprisingly significant prevalence of female-perpetrated sexual victimization, mostly against men and occasionally against women.

Those conclusions are grounded in striking numbers.

The authors first present what they learned from the The National Intimate Partner and Sexual Violence Survey, an ongoing, nationally representative survey conducted by the Centers for Disease Control and Prevention that measures both lifetime victimization and victimization within the 12 months prior to questioning. Only the 2010 report provides data on the perpetrator’s sex. It found that over their lifetime, women were vastly more likely to experience abuse perpetrated by men, as were male victims who were penetrated without their consent. “But among men reporting other forms of sexual victimization, 68.6% reported female perpetrators,” the paper reports, while among men reporting being made to penetrate, “the form of nonconsensual sex that men are much more likely to experience in their lifetime ... 79.2% of victimized men reported female perpetrators.

Next they turn to the National Crime Victimization Survey, conducted by the Bureau of Justice Statistics. This survey focuses on violent crime. After pooling and analyzing the data gathered in the years 2010 through 2013, the authors found female perpetrators acting without male co-perpetrators were reported in 28 percent of rape or sexual assault incidents involving male victims and 4.1 percent of incidents with female victims.  Female perpetrator were reported in 34.7 percent of incidents with male victims and 4.2 percent of incidents with female victims.

To study nonconsensual sex among the incarcerated, the authors draw on data collected by the Bureau of Justice Statistics under the Prison Rape Elimination Act. (Their paper focuses on surveys of previously incarcerated inmates in state prisons; Stemple told me that the patterns they related are similar to data collected from those held in a broad range of prisons and jails.) Noting the high prevalence of “sexual victimization committed by female staff members and female inmates,” the authors report that women are “much more likely to be abused” by other women inmates than by male staff.

They add that “for women prisoners and girls in detention, staff perpetrators are overwhelmingly male, and for men and boys the staff perpetrators are overwhelmingly female.” Women are disproportionately represented among all staff abusers because men and boys are so disproportionately incarcerated overall.

Among adults who reported sexual contact with prison staff, including some contact that prisoners call “willing” but that is often coercive and always illegal, 80 percent reported only female perpetrators. Among juveniles, the same figure is 89.3 percent. Queer men and women were two to three times more likely to report abuse. “The disproportionate abuse by female staff members does not occur because women are more often staffing facilities,” the authors write. “Men outnumber women by a ratio of three to one in positions requiring direct contact with inmates.”

Then there’s the finding that surprised me most:

...while it is often assumed that inmate-on-inmate sexual assault comprises men victimizing men, the survey found that women state prisoners were more than three times as likely to experience sexual victimization perpetrated by women inmates (13.7 percent) than were men to be victimized by other male inmates (4.2 percent) (Beck et al., 2013).

The authors also note a 2011 survey of 302 male college students. It found that 51.2 percent reported “at least one sexual victimization experience since age 16.

About half of the victims reported a female perpetrator.

As well, “a 2014 study of 284 men and boys in college and high school found that 43 percent reported being sexually coerced, with the majority of coercive incidents resulting in unwanted sexual intercourse. Of them, 95 percent reported only female perpetrators. The authors defined sexual coercion broadly, including verbal pressure such as nagging and begging, which, the authors acknowledge, increases prevalence dramatically.”

And “a 2012 study using data from the U. S. Census Bureau’s nationally representative National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions found in a sample of 43,000 adults little difference in the sex of self-reported sexual perpetrators. Of those who affirmed that they had ‘ever forced someone to have sex with you against their will,’ 43.6 percent were female and 56.4 percent  were male.”

Finally, there is reason to fear that abuse by female perpetrators is under-reported:

Tellingly, researchers have found that victims who experience childhood sexual abuse at the hands of both women and men are more reluctant to disclose the victimization perpetrated by women (Sgroi & Sargent, 1993). Indeed the discomfort of reporting child sexual victimization by a female perpetrator can be so acute that a victim may instead inaccurately report that his or her abuser was male (Longdon, 1993).

Male victims may experience pressure to interpret sexual victimization by women in a way more consistent with masculinity ideals, such as the idea that men should relish any available opportunity for sex (Davies & Rogers, 2006). Or, sexual victimization might be reframed as a form of sexual initiation or a rite of passage, to make it seem benign. In some cases, male victims are portrayed as responsible for the abuse. Particularly as male victims move from childhood to adolescence, they are ascribed more blame for encounters with adult women.

And according to the paper, when female abusers are reported, they are less likely to be investigated, arrested, or punished compared to male perpetrators, who are regarded as more harmful.

* * *

(...) Stereotypes about women “include the notion that women are nurturing, submissive helpmates to men,” they write. “The idea that women can be sexually manipulative, dominant, and even violent runs counter to these stereotypes. Yet studies have documented female-perpetrated acts that span a wide spectrum of sexual abuse.”

They argue that female perpetration is downplayed among professionals in mental health, social work, public health, and law, with harmful results for male and female victims, in part due to these “stereotypical understandings of women as sexually harmless,” even as ongoing “heterosexism can render lesbian and bisexual victims of female-perpetrated sexual victimization invisible to professionals.”

To date, no existing clinical studies examine large numbers of female sexual perpetrators. As a result, we understand less than we might of a category of sexual perpetrator that, while not the most common, will still victimize many thousands each year.



Cassie Jaye a payé le prix de sa dissidence

Dans cette entrevue, la réalisatrice du film The Red Pill parle du prix à payer pour quiconque ose critiquer l'idéologie féministe.