30 juin 2014

Cachez ce drapeau‏

Tout d'abord, un peu de contexte.

Contrairement à mes écoles précédentes qui étaient situées dans des quartiers où vivent une majorité de Néo-Québécois à tendance anglophone, ma présente école est située dans une ville à majorité francophone où vivent relativement peu de membres de minorités ethniques. C'était d'ailleurs la première fois de ma vie que j'enseignais à une majorité de Québécois, les Néos ne formant qu'une bien petite minorité.

Or, étonnamment, je me suis senti encore moins "chez nous" dans cette ville qu'avant. La majorité des gens sont des francophones, c'est vrai, mais c'est également une ville de petits bourgeois férocement fédéralistes. Lorsque j'ai parlé de politique aux enfants cette année, j'ai entendu sortir de leurs bouches des commentaires haineux et vitrioliques à l'égard du PQ, bien pires que n'importe quel propos entendus de la bouche de mes anciens élèves issus de l'immigration. Évidemment, ces enfants ne faisaient que répéter les propos entendus de leurs parents, mais j'ai vraiment été étonné et profondément déçu de voir ça.

Il faut dire que j'ai toujours éprouvé plus de compréhension envers un anglophone fédéraliste qu'envers un Québécois francophone fédéraliste. Après tout, dans le cas du premier, c'est compréhensible et ça s'explique. Mais dans le cas du second, je n'éprouve la plupart du temps que du mépris. Disons que mon diagnostic le plus charitable est qu'il s'agit d'indécrottables ignorants.

Donc voilà pour le contexte. Il y a environ un mois, les membres d'un comité de sélection (dont je faisais partie) se réunissent afin de choisir qui seront les élèves finalistes dans un concours de dessins. Le gagnant verra son oeuvre reproduite sur la couverture de l'agenda scolaire de l'an prochain. Le dessin doit être en lien avec le thème qui a été choisi par les profs, c'est-à-dire la chanson québécoise. Je n'ai pas proposé le thème, mais j'ai définitivement voté pour lui.

Nous sommes donc réunis et nous observons une douzaine de dessins d'enfants issus de tous les cycles. L'un d'eux, vraiment bien exécuté, représente un type, tenant une guitare et derrière lui, flotte un petit drapeau du Québec. L'une des enseignantes (qui est originaire de cette ville de pleutres) déclare immédiatement que ce dessin-là devrait être exclus à cause du drapeau. Et moi de rétorquer du tac au tac: "Quel est le problème? Tu es au courant qu'il s'agit du drapeau d'un état et pas celui d'un parti politique? Ce dessin est magnifique, son auteur a beaucoup de talent et y a investi beaucoup d'effort, c'est clairement une des plus belles oeuvres! De plus, le thème n'est-il pas chanson québécoise?" Après insistance de ma part, le dessin survit le processus de sélection. Il fera donc partie des quatre finalistes qui sont présentés au directeur afin qu'il choisisse le gagnant.

Dans une réunion subséquente, le directeur nous informe qu'il a choisi un dessin qui représente un oiseau qui chante dans un arbre (remarquez qu'il n'y a qu'un rapport très ténu avec le thème). Il affirme qu'il aimait bien celui du type à la guitare, mais qu'il ne l'a pas choisi à cause du drapeau. Puis, comme gifle finale, il déclare que le thème de l'année suivante ne sera plus la chanson québécoise, mais plutôt la chanson francophone parce que, dit-il, "il se fait de très belles chansons à l'extérieur du Québec."

J'étais complètement dégoûté. Jamais je n'aurais entendu de tels propos dans mes précédentes écoles. Le Québec et sa culture étaient souvent mis à l'avant-plan et ma dernière école avait même intégré une fleur de lys dans son logo. L'autre d'avant avait un drapeau du Québec dans le hall d'entrée, placé là à mon initiative et son logo, dont j'étais l'auteur, avait le Québec en plein coeur. Je n'ai jamais entendu les gens s'en plaindre.

Et me voilà maintenant dans un milieu francophone qui censure le fleurdelisé et qui fait même disparaître l'adjectif "québécois" de son thème annuel!

Quel pitoyable bande de pétochards insignifiants...

Qu'on ne vienne jamais blâmer les minorités ethniques pour les malheurs du Québec! Pas devant moi! Les responsables, ce sont ces centaines de milliers de crétins francophones colonisés et ignares qui n'éprouvent que honte et dégoût face au peuple duquel ils sont issus. Ces gens-là sont bien plus nombreux que n'importe quelle minorité ethnique du Québec et ce sont eux qui ont saboté toutes les tentatives précédentes d'obtenir notre indépendance.

Elvis Gratton est bien vivant...



Le message d'Oswald

Au mois d'août 1975, Penn Jones Jr., un des premiers chercheurs à s'intéresser de près à l'assassinat de JFK, reçut depuis le Mexique une lettre en espagnol, tapée à la machine, qui ne comportait comme signature que les initiales "P.S." et qui se lisait comme suit:

«À la fin de l'année dernière, j'ai donné à M. Kelly, le directeur du FBI, une lettre écrite par Lee Oswald. À ma connaissance, elle aurait pu éclairer les circonstances de l'assassinat du président Kennedy. Puisque M. Kelly n'a pas répondu à cette lettre, je suis en droit de croire que quelque chose de mal pourrait m'arriver et c'est pourquoi je me vois obligé de me tenir à l'écart pendant une courte période. Convaincu de l'importance de cette lettre mentionnée et sachant que vous avez fait quelques recherches indépendamment à propos de l'assassinat, je vous envoie une copie de la même lettre.»

Accompagnant cette lettre, Jones trouva la copie d'une note, écrite à la main en anglais, datée du 8 novembre 1963. La voici:


«Dear Mr. Hunt,
I would like information concer(n)ing my position. 
I am asking only for information. I am suggesting that we discuss the matter fully before any steps are taken by me or anyone else.
Thank, you, Lee Harv(e)y Oswald»

Jones envoya à son tour une copie de cette lettre au FBI et ne reçut aucune réponse, lui non plus.

Évidemment, la première chose à vérifier était bien l'authenticité du document. Une copie fût envoyée à Earl Golz, un journaliste texan, qui la soumit à son tour à trois spécialistes de Dallas afin que ces derniers la comparent à d'autres documents connus écrits par Oswald. Il semblerait que les trois spécialistes déclarèrent unanimement que les messages avaient tous été écrits par la même main.

La  HSCA (House Select Committee on assassinations) s'intéressa à son tour à la lettre. L'un des experts en écriture qui ont témoigné était un certain M. McNally. À son avis, la lettre n'est probablement pas légitime. Il souligne tout d'abord que le nom complet de "Lee Harvey Oswald" apparaît rarement sur des documents, à moins qu'ils soient très formels, comme dans ses papiers du Corps des Marines. Généralement, sa signature traditionnelle est constituée de son premier nom, du "O" en guise d'initiale et finalement, de son nom de famille. De plus, il semble que le «Harvey» ait été mal orthographié et que le "e" soit manquant (d'autres affirment qu'il est là, mais embryonnaire). McNally conclut en disant que l'écriture de la lettre ressemblait à celle d'Oswald bien qu'elle semblât plus délibérée, mais que la mauvaise qualité de la copie devait être prise en considération et que "les différences observées peuvent être dues à la mauvaise qualité." Impossible de retrouver l'avis des autres experts consultés, mais McNally affirme qu'ils étaient tous "plutôt" d'accord.

Bref, on ne peut pas affirmer hors de tout doute que ce message a été écrit de la main de Lee Harvey Oswald. Toutefois, s'il s'agit d'un faux, il faut bien admettre qu'il est suffisamment bien conçu pour faire hésiter les spécialistes. On est alors en droit de se demander quel talentueux faussaire aurait bien pu se consacrer à l'élaboration d'une telle contrefaçon et pourquoi. La personne anonyme qui l'envoya du Mexique ne demanda jamais de somme d'argent en échange. À moins qu'il s'agisse d'une supercherie commandée par Jones? Ce n'est pas impossible, bien que le type semble avoir eu bonne réputation et qu'il n'ait jamais été accusé de quelque trafic que ce soit.

Et s'il s'agit d'une lettre qui fut véritablement écrite par Lee Oswald, alors cela soulève plusieurs questions troublantes.

Tout d'abord, qui est ce Mr. Hunt à qui elle est adressée? La réponse la plus plausible, à mon humble avis, serait le fameux E. Howard Hunt, un agent de la CIA qui, à cette époque, était posté au Mexique afin de superviser un groupe d'exilés cubains anti-Castro. Ce même Hunt fût ensuite mêlé au scandale du Watergate et avoua même sur son lit de mort avoir été impliqué dans l'assassinat de JFK. Que la lettre lui ait été adressée me semble plausible puisqu'on sait qu'à la Nouvelle-Orléans, Oswald avait entretenu des liens avec David Ferrie et Guy Banister, deux types qui étaient impliqués dans des opérations illicites anti-Castro, financées par la CIA, et qui employaient de nombreux exilés cubains.

Si Oswald tentait de communiquer avec Hunt, était-ce au sujet d'une opération anti-Castro ou anti-communiste? Croyait-il faire partie d'une telle opération? Ou est-ce plutôt de l'assassinat dont il est question? Seulement deux semaines avant le meurtre, était-il subitement nerveux? Ses handlers le laissaient-ils dans le noir? Voulait-on qu'il en sache le moins possible sur ce qui allait se passer? Oswald devait être fichtrement stressé pour prendre la peine d'aller jusqu'à Mexico afin de tenter d'entrer en contact avec la CIA.

Bref, si cette lettre était prouvée authentique, elle constituerait potentiellement une preuve importante qui démontre l'implication de la CIA dans l'assassinat. Malheureusement, aucune étude récente de la lettre n'a été effectuée, ce qui est en soi fort étonnant.



Égalité pour les Néandertaliens!

Si vous croyez que les Néandertaliens étaient des gros idiots primitifs qui étaient moins évolués que nous, détrompez-vous:

The widely held notion that Neanderthals were dimwitted and that their inferior intelligence allowed them to be driven to extinction by the much brighter ancestors of modern humans is not supported by scientific evidence, according to a researcher at the University of Colorado Boulder.

Neanderthals thrived in a large swath of Europe and Asia between about 350,000 and 40,000 years ago. They disappeared after our ancestors, a group referred to as “anatomically modern humans,” crossed into Europe from Africa.

In the past, some researchers have tried to explain the demise of the Neanderthals by suggesting that the newcomers were superior to Neanderthals in key ways, including their ability to hunt, communicate, innovate and adapt to different environments.

But in an extensive review of recent Neanderthal research, CU-Boulder researcher Paola Villa and co-author Wil Roebroeks, an archaeologist at Leiden University in the Netherlands, make the case that the available evidence does not support the opinion that Neanderthals were less advanced than anatomically modern humans. Their paper was published today in the journal PLOS ONE.

“The evidence for cognitive inferiority is simply not there,” said Villa, a curator at the University of Colorado Museum of Natural History. “What we are saying is that the conventional view of Neanderthals is not true.”

Villa and Roebroeks scrutinized nearly a dozen common explanations for Neanderthal extinction that rely largely on the notion that the Neanderthals were inferior to anatomically modern humans. These include the hypotheses that Neanderthals did not use complex, symbolic communication; that they were less efficient hunters who had inferior weapons; and that they had a narrow diet that put them at a competitive disadvantage to anatomically modern humans, who ate a broad range of things.

The researchers found that none of the hypotheses were supported by the available research. For example, evidence from multiple archaeological sites in Europe suggests that Neanderthals hunted as a group, using the landscape to aid them.

Researchers have shown that Neanderthals likely herded hundreds of bison to their death by steering them into a sinkhole in southwestern France. At another site used by Neanderthals, this one in the Channel Islands, fossilized remains of 18 mammoths and five woolly rhinoceroses were discovered at the base of a deep ravine. These findings imply that Neanderthals could plan ahead, communicate as a group and make efficient use of their surroundings, the authors said.


Étonnants liens familiaux

Qui aurait pu croire que ce petit mammifère qui, à première vue, ressemble tant à une souris est en fait la cousine... de l'éléphant!

Extrait de la découverte:

A new mammal discovered in the remote desert of western Africa resembles a long-nosed mouse in appearance but is more closely related genetically to elephants, a California scientist who helped identify the tiny creature said on Thursday.

The new species of elephant shrew, given the scientific name Macroscelides micus, inhabits an ancient volcanic formation in Namibia and sports red fur that helps it blend in with the color of its rocky surroundings, said John Dumbacher, one of a team of biologists behind the discovery.

Genetic testing of the creature – which weighs up to an ounce (28 grams) and measures 7.5 inches (19 cm) in length, including its tail – revealed its DNA to be more akin to much larger mammals.

“It turns out this thing that looks and acts like shrews that evolved in Africa is more closely related to elephants,” said Dumbacher, a curator of birds and mammals at the California Academy of Sciences in San Francisco.

The findings, published in the Journal of Mammalogy, floored scientists, who said the only visible link between an African elephant and the diminutive shrew is its trunk-like nose.

Charles Cotin

LA GLOIRE DES CONQUÉRANTS

Le grand César et le grand Alexandre
Ont réduit des états en cendre,
Voilà leurs exploits importants!
Leurs actes les plus héroïques
Ce sont des crimes éclatants
Par les calamités publiques.

AUX CONQUÉRANTS

Braves, qui vous piquez de gloire,
Rompez ce charme décevant;
Louez la poussière et le vent,
Ils vous ont donné la victoire.



Andreas Zafiratos

Tony Foti II

28 juin 2014

Bilan 2013-2014‏


Voilà un autre groupe qui passe, mon tout premier groupe d'enfants de 4e année, et l'heure est à nouveau aux bilans. Mon auto-évaluation. Je garde habituellement ce genre d'exercice privé, mais j'ai décidé de le partager avec vous cette année, en me disant que ceci pourrait peut-être être pertinent pour les gens qui s'intéressent à l'enseignement et que certains d'entre vous auraient peut-être quelques observations perspicaces à me donner.

Je dois dire que j'ai trouvé ce groupe particulièrement difficile au début de l'année. C'est peut-être moi qui n'était pas habitué à enseigner à des enfants de cet âge, mais à ce qu'on m'a dit, il s'agit d'une cohorte particulièrement problématique. Ils étaient très indisciplinés, avaient une capacité d'écoute très limitée, parlaient sans cesse, étaient très peu autonomes et n'étaient pas du tout raisonnables. Ma sympathique collègue de la porte d'à côté, cette abominable petite bourgeoise pincée et intolérante, n'aura pas rendu la situation plus facile en se plaignant sans cesse du bruit. Mais de ce côté-là, j'ai réussi à faire progresser le groupe. Ça n'a pas été du gâteau pour le type habituellement anti-autoritaire que je suis, mais j'ai travaillé très fort et j'ai fait preuve de beaucoup de créativité pour améliorer la situation. Plusieurs problèmes ont persisté, mais les élèves ont fait un bon bout de chemin.

Comme je le fais à chaque année, je vais faire un bilan, enfant par enfant, afin de me permettre d'évaluer l'impact qu'aura eu mon travail. Je m'attarde aux bons coups, aux coups ratés et opportunités manquées. Les noms ont tous été changés, évidemment.

Kathia: Lorsque l'ortho m'a parlé de cette enfant, au tout début de l'année, elle m'a dit qu'elle était "difficile à aimer." Je dois dire que, sur le coup, j'ai été horrifié qu'elle dise une chose pareille d'une enfant de 9 ans. Dix mois plus tard, je ne ferais pas mienne cette déclaration, mais je comprends ce qui aurait pu l'amener à dire ça. La petite cherchait beaucoup l'attention en faisant des conneries qui tapaient inévitablement sur les nerfs des autres et, il faut bien l'admettre, du prof. Je parle de trucs comme taper sans arrêt sur la patte de son bureau avec un crayon, piquer les casquettes des autres à la récréation (et hurler de rage lorsque les autres font de même), fredonner pendant que les autres travaillent, cesser de faire ce que je lui demande dès que j'ai le dos tourné, etc. Elle ignorait également les demandes respectueuses et répétées d'arrêter tel ou tel comportement. Ça devenait vraiment lourd. J'ai essayé de lui faire comprendre qu'elle s'y prenait mal pour attirer l'attention des autres, mais j'aurais probablement dû prendre plus de temps avec elle pour explorer des alternatives plus positives. Je vais blâmer le manque de temps pour ça. Côté académique, c'est une élève très faible en écriture et en maths et elle le demeure, mais elle a réussi à passer, ce qui ne semblait pas du tout être une évidence au début de l'année. Elle s'est un peu améliorée dans ma classe. Je crois que j'ai su lui transmettre un petit peu d'amour de la lecture.

Alice: J'ai peu de mérite à ce chapitre, mais je crois avoir eu un impact important dans la vie de cette fillette. Elle ne connaît pas son père et, étant son premier enseignant masculin, j'ai de toute évidence comblé une espèce de vide. Ce n'est pas des farces, elle a passé toute la dernière journée accrochée à moi. Elle pleurait tellement à la fin, ça m'a brisé le coeur. Je crois avoir su établir une belle complicité avec cette élève. Son estime d'elle-même n'étant pas très solide, j'ai tenté tout au long de l'année de l'encourager et de la valoriser. Mais comme je le disais au début, mon impact s'explique principalement par le fait que je suis un homme, je n'ai donc pas trop de mérite. J'aurais aimé avoir plus de temps à lui consacrer. J'aurais alors pu avoir un impact encore plus grand, je crois. Mais il y a toujours un dilemme dans un cas comme celui-là. D'une part, je veux bien mettre cette influence pour avoir un impact positif accru sur un enfant, mais en même temps, je ne veux pas être manipulateur et la blesser à long terme. Parce que je ne suis pas son père et je ne peux pas l'être. Je suis juste un type qui passe dans sa vie pendant 10 mois. Il faut donc trouver un juste milieu. Dans ce cas-ci, je crois m'en être plutôt bien sorti au final.

Grégoire: Sympathique mais tête-en-l'air, j'ai vraiment fait tout en mon possible pour lui inculquer un sens des responsabilités et pour tenter de lui faire comprendre que ses décisions entraînent des conséquences. Je ne sais pas si j'ai réussi. J'en doute. Mais je ne vois sincèrement pas ce que j'aurais pu faire de plus dans les circonstances. J'ai tellement été sur son cas cette année que j'étais convaincu qu'il en viendrait à me détester. À ma grande surprise, il est venu me voir à la fin de la dernière journée, il pleurait à chaudes larmes et m'a dit que j'étais son prof préféré. Dans son cas, je ne sais pas si c'est un signe de victoire ou d'échec...

Florent: Un p'tit gars assez difficile à aller chercher, je lui ai tendu plusieurs perches afin de l'intégrer davantage dans le groupe et aussi pour le motiver et maintenir son attention. Ça a souvent marché, mais pas tout le temps. Côté académique, c'est un succès, il a eu d'excellentes notes. Sauf que, pour moi, les notes ne sont pas au coeur de ma démarche. Je sais, je sais, ce que je viens de dire est un véritable sacrilège et les bureaucrates me crucifieraient s'ils arrivaient à me démasquer, mais voilà, ce qui est dit est dit. Il y a plus important que les notes. Cet enfant-là a un énorme potentiel. Si j'ai réussi à le motiver et à l'encourager à fournir l'effort requis, je ne sens pas que j'ai su l'amener à vraiment se dépasser. Pourtant, ce n'est pas par manque d'efforts de ma part... mais le potentiel demeure largement inexploité.

Amélie: Cette élève aura été, cette année, ma plus grande source d'inquiétude et je ne suis pas complètement à l'aise avec mes interventions. Au milieu de l'hiver, elle a poché un test de maths et elle est venue me demander la permission de ne pas faire signer le test avant la fin de la semaine afin de ne pas avoir à le montrer à son père. La demande m'a intrigué, j'ai donc commencé à la questionner subtilement afin de savoir pourquoi elle craignait la réaction de son père. Elle m'a raconté que ce dernier la frappait avec une cuillère de bois quand elle était petite. Je lui ai demandé si elle me parlait d'événements récents ou pas (parce que pour les enfants, la notion de "quand j'étais petit" est souvent très vague). Elle m'a répondu que ça s'était passé quand elle n'avait pas encore commencé l'école, juste avant que ses parents se séparent. Bref, au moins 5 ans auparavant. Je lui ai demandé si son père l'avait frappée depuis ou si il lui criait dessus ou la punissais parfois, elle m'a dit que non. Mais j'étais suffisamment inquiet pour aller voir le directeur afin de lui exposer la situation et de décider de ce qu'il fallait faire. Il m'a dit que tout cela semblait être de l'histoire ancienne et qu'il était inutile de contacter la DPJ à ce sujet. Il m'a plutôt demandé de contacter la mère. Je l'ai fait le jour suivant. Personne ne répond au téléphone, je lui écris donc un courriel lui expliquant mes inquiétudes et lui disant qu'elle était beaucoup mieux placée que nous pour savoir si sa fille était victime de sévices aux mains de son ex-conjoint. Elle ne m'a JAMAIS répondu. Pas un câlisse de mot. Plus tard dans l'année, la petite s'est mise à être absente régulièrement de l'école. Je l'ai questionnée à ce sujet, elle m'a expliqué que sa mère venait de se séparer de son dernier amoureux, qu'elle était malade, qu'elle avait cessé de travailler et qu'elle n'était pas toujours capable de la conduire à l'école le matin. Très inquiétant. Une fois de plus, je vais voir la direction avec ça et encore une fois, il me dit de contacter la mère. Personne ne répond au téléphone, j'écris à nouveau pour l'informer que sa fille est trop souvent absente, que cela met en danger sa réussite scolaire. J'ajoute que, si elle vit une situation problématique, je me ferais un plaisir de la mettre en contact avec des ressources (je pense aux services sociaux, sans les nommer) qui pourraient lui venir en aide. Encore une fois, pas de réponse, mais la petite s'absente un peu moins. Et ainsi s'est terminée l'année. Évidemment, j'ai observé la petite de très près afin de voir si elle avait des marques visibles de violence, j'ai vérifié si elle avait des repas convenables pour dîner, je lui ai régulièrement demandé de ses nouvelles, lui répétant que j'étais là pour elle si elle avait besoin, mais il n'y a eu aucun incident qui aurait justifier un signalement à la DPJ. Malgré tout, j'ai du mal me convaincre que j'ai tout fait ce que je pouvais dans les circonstances. Je suis inquiet pour la petite. J'en ai informé l'enseignante qui l'aura dans sa classe l'an prochain, mais je demeure déchiré quand je repense à tout ça. Et inquiet.

Pueblo: Voilà un enfant qui m'impressionne. Malgré le fait que le français n'est pas sa langue maternelle, il se débrouille mieux que la majorité des petits francophones de la classe. Je suis toujours ébahi et béat d'admiration devant des enfants comme lui qui démontrent une telle détermination. Il semblait heureux dans ma classe, mais est demeuré assez discret, silencieux et timide, malgré mes encouragements à prendre davantage sa place. Évidemment, avec un enfant timide, on peut lui tendre des perches et lui donner des opportunités de briller, mais on ne peut pas le pousser contre son gré. J'espère lui avoir donné suffisamment d'opportunités.

Ralph: Je suis plutôt fier de ce que j'ai accompli avec celui-là. Au début, tout semblait indiquer que ce grand timide ne passerait pas sa 4e année. Mais on a travaillé d'arrache pied, lui et moi, et il a passé son année. De justesse dans certains cas, mais il a passé quand même. Il a fait preuve de beaucoup de persévérance et je suis très fier de ses efforts et de mon travail auprès de lui.

Mathieu: C'est mon petit coco qui est atteint de dyspraxie. En toute sincérité, je suis très, très, très fier de mon travail auprès de lui, ce qui est confirmé grâce aux commentaire dithyrambiques de sa mère qui m'a toujours affirmé que j'avais un impact énorme et très positif sur son fils. Il faut bien admettre que tout ce que j'ai entrepris avec cet enfant a été couronné de succès, que ce soit mon intervention pour mettre fin aux remarques blessantes des autres enfants et faire en sorte qu'il soit mieux accepté par le groupe, mon travail pour renforcer son estime de lui-même, mes efforts pour le motiver à donner le meilleur de lui-même sans se décourager. Par dessus tout, la mère me dit que j'ai su accomplir ce qu'aucune enseignante n'avait réussi avant moi: le rendre heureux à l'école. Je garde le souvenir d'une petit garçon souriant et extrêmement attachant. À en croire la mère, je peux revendiquer beaucoup de crédit pour cela. Tant mieux.

Farrokh: Dans une classe, on se retrouve parfois avec des élèves tellement motivés, doués et enthousiastes qu'il réussiraient avec brio même si le prof était remplacé par une chèvre... ou même un pied de céleri. C'est probablement le cas de cet élève. À tout le moins, je peux me dire que je n'aurai pas éteint cette flamme, mais plutôt que je l'aurai peut-être nourrie.

Tony : Une autre success story, je crois. Au début de l'année, cet enfant était littéralement à la dérive: complètement désorganisé, ne fournissant aucun effort et bousillant mes cours avec ses comportements inappropriés. Il m'a fallu être assez dur avec lui et lui imposer un encadrement très strict, ce qui n'est pas trop dans mes habitudes, mais dans son cas, je crois que c'est ce qu'il fallait. Il était méconnaissable à la fin de l'année: organisé, sérieux et presque toujours travaillant. Je m'en réjouis, mais en même temps, j'espère que mon intervention nécessaire n'aura pas éteint cette fougue qui le caractérise. Je ne le crois pas. J'espère ne pas me tromper.

Caroline: Celle-là, je ne sais pas si j'ai réussi quoi que ce soit avec elle. Il s'agit d'un type de petite fille que j'ai beaucoup de difficulté à comprendre. Elle était constamment (et je veux vraiment dire CONSTAMMENT) emmêlée dans des conflits mélodramatiques de filles qui n'en finissaient plus. J'ai bien essayé de lui venir en aide, mais c'était comme essayer de défaire 1000 noeuds de lacets quand tu viens de te couper les ongles. Et chaque noeud que je défaisais en exposait dix autres à la lumière du jour. C'était ingérable, j'ai dû mettre le psychoéducateur dans le coup. En classe, elle était complètement incapable de se concentrer. Pour une des rares fois de ma vie, j'ai suggéré aux parents de consulter un spécialiste pour voir si leur fille ne souffrait pas d'un déficit d'attention. Elle a finalement commencé une médication et il faut bien dire que la fin de l'année s'est mieux déroulée. Le problème, c'est que je ne suis pas certain qu'une solution qui implique une médication soit un véritable succès.

Charles: À en croire la famille de cet élève, il s'agit encore une fois de tout un succès et je suis très fier de mon travail auprès de lui. Ça allait tellement mal l'an dernier qu'il a doublé sa 4e année. Il était une épave, il avait tout simplement décroché. Cette année, il était littéralement méconnaissable. Je me demandais vraiment si les descriptions que je lisais avaient été écrites à propos de la même personne. Ce n'est pas compliqué, c'était un de mes premiers de classe. Il a passé l'année à me dire qu'il voulait devenir "un enseignant comme toi." J'en ai fait un de mes principaux assistants et je crois qu'il aurait été moins heureux de gagner la loterie. Ça l'a énormément valorisé. Ses parents et sa grand-mère sont venus me voir pour me remercier et me couvrir d'éloges, je ne sais plus combien de fois. Franchement, je crois bien avoir eu un impact positif majeur dans la vie de cet enfant-là.

Mélanie: Celle-là, c'est la meilleure et pire "ennamie" de Caroline, dont je viens de parler. C'est le même genre de petite fille, toujours mêlée aux mêmes mélodrames interminables et qui ne semble avoir absolument aucun intérêt dans la vie, à part pour la complexe toile sociale d'amies et d'ennemies qu'elle tisse et qui requiert toute son énergie et toute son attention. Ses parents l'élèvent comme une petite princesse, ce qui est à mon avis extrêmement dommageable. Bref, je doute d'avoir réussi quoi que ce soit avec elle. Quoi que, elle a tout de même passer son année, malgré le fait que ses notes ont progressivement dégringolé au cour des mois.

Youssef: Ouf! Il n'était pas de tout repos, celui-là. C'est un enfant très ratoureux, menteur et cachottier. J'ai bien tenté par tous les moyens de lui faire comprendre qu'il adoptait une attitude destructrice qui endommageait sérieusement ses relations avec les autres et la confiance que les gens lui accordent, mais je ne sais pas si ça a vraiment eu un impact. Je dis ça, mais il faut bien admettre que les incidents sont devenus moins fréquents au cour de l'année, sans toutefois s'arrêter complètement. J'ai tout de même eu un moment dont je suis très, très fier avec cet élève. À la fin d'un cours de religion (dans lesquels je fais habituellement la promotion de la pensée critique), il est venu me voir et m'a dit: "Plus j'y pense et plus je trouve qu'il y a des choses dans ma religion qui n'ont pas de sens. Mais j'ai peur de penser ça et d'être puni." Je lui ai répondu: "Si ton dieu existe, c'est lui qui t'a donné ton cerveau?" Il a répondu par l'affirmative. Alors j'ai ajouté: "Alors pourquoi t'aurait-il donné un cerveau s'il ne voulait pas que tu t'en serves pour réfléchir? Tu n'as rien à craindre." Il a semblé très soulagé. Et ce moment-là, pour moi, vaut de l'or. Grosse fierté pour moi drette là.

Gavroche: J'ai déjà parlé de lui ici. C'est malheureux de dire ça, mais je n'étais vraiment pas triste de le voir partir celui-là. Ce n'est pas de sa faute, c'est son idiot de père qui a un effet toxique sur lui, mais ça ne change pas le fait qu'il était vraiment très lourd à supporter. J'ai rarement vu un enfant tenter de bousiller sciemment tout ce que je disais et faisais avec un tel acharnement. Il a exigé une quantité phénoménale de patience, de temps et d'énergie et probablement pour rien. Très lourd.

Lucien: Mes interventions auprès de cet élève ont parfois porté fruit, d'autres fois non. Mon impact aura donc été assez mitigé. D'un côté, je crois avoir bien réussi à travailler sa façon d'aborder les gens. Il avait une approche assez déplaisante, impertinente et presque agressive lorsqu'il s'adressait aux autres enfants et même aux adultes de l'école. Plutôt que de m'en offusquer, je crois avoir su lui expliquer calmement et de façon constructive qu'il ne s'y prenait pas très bien, tout en lui suggérant d'autres approches. Le résultat n'est pas parfait, mais il y a amélioration. Je crois également avoir su lui transmettre le goût de la lecture, mais définitivement pas de l'écriture. Malgré tous les efforts, il n'aime pas plus écrire qu'avant. Je repense à tout ce que j'ai tenté et, je manque peut-être d'imagination, mais je ne sais pas trop ce que j'aurais pu faire de plus. J'imagine que j'aurais pu faire appel à la conseillère pédagogique, mais à ce qu'on m'a dit, elle est très, très peu aidante.

Rodney: Voilà un cas étrange. Un ex-doubleur en grande difficulté, mes observations ne concordaient tout de même pas avec la description que l'école et que sa mère me faisaient de lui. D'un côté, le directeur m'avait dit qu'il était constamment dans le trouble, qu'il devait être discipliné sans cesse et que c'était un cas lourd. Or, je n'ai jamais eu à le discipliner. Il a toujours été très agréable et coopératif avec moi. La mère, elle, me décrivait un enfant profondément malheureux qui détestait l'école. Encore une fois, cela ne concorde pas avec l'enfant que je voyais dans ma classe. Il semblait tout à fait souriant et amical, ce qui me fait penser que c'est plutôt la mère qui détestait l'école et qui projetait sur fiston. Côté académique, le début de l'année ressemblait à un navire qui s'en va directement sur les récifs. Le naufrage semblait inévitable. J'ai bien tenté de l'aider de mon mieux, mais le retard et les difficultés étaient considérables. Vers le milieu de l'année, le directeur a commencé à me parler de l'envoyer dans une classe d'aide à effectif réduit. Et là, étrangement, ses notes ont commencé à augmenter. Pourtant, je ne crois pas avoir modifié quoi que ce soit de façon significative, mais il a remonté la pente, si bien qu'il a fini par passer dans la plupart de ses matières. Par la peau du cul, mais il a passé tout de même. Toutefois, je ne veux pas prendre le crédit de ce revirement subit parce qu'il ne me semble pas en avoir été la cause. Mais bon, tout est bien qui finit bien, c'est ce qui compte.

Amélie: Quelle élève extraordinaire. Une petite fille attachante, toujours souriante, toujours motivée, qui me couvrait de compliments... c'est pas des farces, je crois qu'elle a fait plus pour mon estime personnelle que moi je n'en ai fait pour elle. Tout a été positif sur toute la ligne, à part peut-être pour deux trucs. Premièrement, lorsque j'ai eu à discipliner le groupe de façon plus musclée et d'élever la voix de quelques octaves, j'ai réalisé qu'elle semblait très affectée, bien que mes reproches ne la concernaient absolument pas. J'aurais dû prendre le temps de la rassurer plus clairement. Je l'ai fait, mais pas assez. C'est souvent le problème lorsqu'on discipline un groupe, les élèves que ça ne concerne pas sont très touchés et ceux qui sont au coeur du problème ne semblent pas vraiment atteints. Je dois continuer à mettre davantage l'emphase sur les interventions individuelles plus ciblées. C'est plus long, mais c'est plus efficace. Deuxièmement, il y a le "problème" de l'affection. À tous les jours, la petite me donnait un câlin, habituellement dans le corridor, à la fin de la journée, lorsque c'est le temps d'enfiler bottes et manteau pour partir. Évidemment, il n'y a absolument rien de mal là-dedans, mais avec tout ce qui m'est arrivé dans le passé, ça me mettait assez mal à l'aise. Sauf que c'est toujours le même problème, qu'est-ce que je suis supposé dire à cette enfant? De ne pas me toucher? Quel message cela lui envoie-t-il? Que c'est mal d'être affectueux avec quelqu'un qu'on apprécie? Que c'est mal d'être affectueux avec un homme? Crisse, il n'y a pas un atome de mal là-dedans. J'ai préféré ne rien dire, mais ce faisant, je m'expose aux harpies. Alors le dilemme persiste et je n'y trouve pas de réponse claire. Mes règles de base demeurent les mêmes et je les ai scrupuleusement respectées: je ne sollicite, ni n'encourage les câlins, mais je les accepte lorsqu'on me les donne. Ça doit être dans un lieu où il y a du monde, préférablement beaucoup de monde et des adultes. Ça ne doit pas être trop long et pas face à face. Mais je sais bien que tout ceci n'intéresse pas les sorcières misandres paranoïaques à l'esprit aussi tordu que le coeur. Ma réflexion est à poursuivre à ce sujet...

Tanya: Le problème avec cette enfant, m'avait dit le directeur, c'est sa mère. Revendicatrice, éternellement insatisfaite, accusatrice, etc. Les premiers trois quarts de l'année n'ont pas été problématiques parce que la petite était attentive, motivée et avait de bons résultats. Mais le dernier quart a été plus pénible. Elle s'est mise à décrocher, à oublier ses livres, à ne plus étudier, etc. Et là, j'ai moi aussi goûté aux reproches de Madame. Si quelque chose ne va pas, c'était automatiquement de ma faute. Si au moins, ces critiques provenaient d'une mère modèle, mais disons que Madame n'a pas du tout un impact positif sur l'estime d'elle-même de sa fille. Mais bon, je ne suis pas là pour Madame et lorsque je regarde l'année scolaire de Tanya, je suis globalement satisfait. Je me demande si j'aurais pu faire quelque chose d'autre pour lui donner un boost de motivation à la fin de l'année...

Xavier: Bon, il a passé sa 4e année, ce qui est une victoire en soi. J'ai bien essayé de le rendre plus autonome et compétent en maths, mais le résultat demeure fragile. J'ai fait une intervention très musclée auprès de lui lorsqu'il a été irrespectueux et je le regrette. J'y ai été trop fort. Mais force est d'admettre que le comportement ne s'est jamais repointé et le lien qui existait entre l'élève et moi n'a pas été anéanti. C'était peut-être ce que ça prenait. Mais tout de même, ce n'est pas dans ma nature d'élever la voix comme ça et je n'en retire aucune fierté.

Maurice: Lui, c'est le genre d'élèves que je regrette toujours de ne pas mieux connaître. Il est dans le milieu de tout, c'est le parfait élève moyen. Son comportement n'est pas particulièrement problématique, il n'a pas de difficulté prononcée mais ses notes ne sont pas mirobolantes non plus... bref, comme je suis constamment dans le feu de l'action avec d'autres élèves en difficulté, un petit gars comme Maurice peut plus facilement passer inaperçu. J'aurais aimé avoir plus de temps à lui consacrer. J'aurais aimé apprendre à le connaître davantage. Cela étant dit, il a tout de même passé une belle année, je crois.

France: Repenser à mon travail auprès de cette élève est, pour moi, une source de fierté. La petite est atteinte de dyscalculie, un problème qui n'est pas encore reconnu par la commission scolaire, ce qui fait qu'aucun service ne lui était offert à l'école. La mère la faisait suivre par une orthopédagogue à l'extérieur de l'école et ça l'a beaucoup aidée. Et du coup, ça m'a aidé aussi puisque je n'étais pas sa seule planche de salut en maths. Mais je suis particulièrement fier de mon approche en français. Les enfants écrivent vraiment BEAUCOUP dans ma classe et France a réellement découvert qu'elle a une passion et un réel talent. C'est vrai, elle écrit exceptionnellement bien et je n'ai cessé de lui répéter, ce qui a eu un effet boeuf sur cette enfant. Plutôt introvertie, elle a découvert SA façon de s'exprimer et je crois vraiment avoir eu l'honneur d'assister et de prendre part à un moment charnière de sa vie. Elle s'est grandement épanouie, m'a semblé de plus en plus heureuse et fière et n'a cessé de se dépasser. Ses parents sont ravis et je suis bien fier du chemin accompli avec elle.

Julia: Elle est l'équivalent féminin de Maurice, dans le fond. Je pourrais presque faire du copier-coller. C'est l'élève moyenne et discrète qui passe trop facilement inaperçu et que j'aurais aimé avoir le temps de connaître davantage. Comme Maurice, je crois qu'elle a passé une belle année. Je crois avoir su piquer sa curiosité et élargir ses horizons. Ce n'est pas rien.

Julien: J'avais des objectifs très ambitieux à propos de cet élève. Trop ambitieux, peut-être. C'est un petit gars qui ne veut rien savoir de l'école. Il ne veut pas être assis à travailler, il veut courir, sauter, être dehors à explorer le monde sur son skate. Il trouve le temps long. J'ai vraiment essayé de le passionner, d'allumer une flamme dans ses yeux, mais ça n'a pas fonctionné. Il a tout de même passé son année. Et je ne crois pas qu'il aime l'école encore moins qu'avant. Mais il ne l'aime pas plus, non plus. Je repense au ti-cul que j'ai jadis été et je le comprends. C'est pour un p'tit gars comme Julien que je fais ce métier et j'ai du mal à accepter de n'avoir pu réussir à l'atteindre plus que ça. Je ne sais pas trop ce que j'aurais pu faire de plus dans les circonstances, mais je ne peux m'empêcher de trouver les résultats de mes efforts plutôt médiocres.

Alors voilà donc un portrait global des fruits de 10 mois de travail. Des belles réussites et des déceptions amères. Le moment est venu d'en tirer les leçons qui s'imposent, d'intégrer ce qui a marché dans mes façons de faire et pour le reste, d'essayer d'être meilleur.

J'ose espérer qu'à chaque année, malgré le fait que je ne rajeunis pas, je suis un peu plus compétent et efficace que l'année précédente...


Jackson Katz

RELATIVITÉ

RELATIVITÉ 
Bernard Lorraine

«Aussi stupide qu'une vache 
Qui regarde passer les trains»
Comme disent les voyageurs
Des chemins de fer à vapeur
En rigolant dans leurs moustaches.

«Aussi bête qu'un voyageur
Qui regarde brouter les vaches»
Comme pensent les bovidés
Sur leurs coteaux à romarins
En ruminant plus d'une idée.

Ma casquette (Dany Aubé)

Pour faire suivre à ce billet, merci au Sidekick qui attire mon attention sur cette chanson qui est tout simplement parfaite:




"Automatic Sperm Extractor"

Voici la nouvelle contribution de la Chine à l'avenir de l'humanité: l'extracteur de sperme automatisé! Pour l'homme au poignet inadéquat dans votre entourage!



Trouvé ici.

Si les tabous sexuels n'existaient plus...

Nos conversations ressembleraient à ça:




Dave Johnson

Ruiz Burgos

Steve Woodhouse

cecil porter

27 juin 2014

Le fascisme de la casquette‏

Dernière journée d'école.

Je suis dans le corridor et je me dirige dehors avec ma classe pour aller participer aux activités de la kermesse annuelle. Comme j'ai des enfants qui me tiennent les deux mains, j'ai mis ma casquette sur ma tête.

Je croise une orthopédagogue qui s'empresse de me réprimander devant les enfants. Je suis en beau tabarnak, mais je garde mon calme et lui réponds en souriant: "Je ne savais pas que tu étais une fasciste de la casquette."

Elle m'arrache alors la casquette du crâne et m'en fouette la poitrine. Les élèves se moquent et scandent: "Prof s'est fait chicaner!" L'art d'anéantir l'autorité d'un collègue devant ses élèves. Une crisse de chance que l'année finissait quelques heures après!

Je rageais.

Anecdote que je ne crois pas avoir raconté auparavant, cette femme est la même qui, au tout début de l'année, s'est lancée dans la salle de toilette que je venais de quitter. Pourquoi? Pour vérifier si j'avais rabaissé le siège de la toilette. Je le sais parce qu'elle m'a dit: "Ah! Très bien! Tu as baissé le siège!" Puis, elle est retournée dans son bureau.

Inversons les rôles, un petit instant. Imaginez si moi, j'arrachais le chapeau d'une enseignante en la réprimandant devant ses élèves. Imaginez si moi, je me ruais dans les toilettes immédiatement après les femmes pour vérifier si elles ont relevé le siège. Imaginez le drame. Au mieux, je passerais pour un esti de débile (avec raison) et au pire, je serais accusé d'agression physique et de harcèlement.

Mais quand c'est une femme qui le fait, alors c'est parfaitement correct.

Je ne comprendrai jamais cette obsession maladive des enseignantes à propos des casquettes. C'est inouï de voir l'espèce de véritable haine qu'elles éprouvent à la vue de cet innocent petit couvre-chef. C'est une obsession.


MODESTE

MODESTE 
Jacques Bens

Parfois mes amis boudent, me font grise mine
Et me tournent le dos. Pour lors, je m'examine.
Par exemple, je crois qu'on me dit prétentieux.

Non vraiment, blague à part: je n'ai pas l'air modeste?

Prétentieux! Pas de reproche fallacieux!
Je ne juge jamais, ne tranche ou n'incrimine!
Sur les autres, jamais mon avis ne domine!
(Pourtant, presque toujours, c'est le plus judicieux.)

Objectivement, moi, je me trouve modeste.

Bien plus: considérez cet autre qui proteste
Et qui, probablement, se voit plus-que-parfait.
Écoutez-le parler; sans cesse il admoneste,
Conseille, contredit, exhorte, manifeste!
Et c'est moi qu'on vient accuser de ce forfait?


Pub contre la torture




J'adore!

Trouvé ici.


RevolverWinds

Richard L. Dixon III

Aina Tornheim

25 juin 2014

Un institut pour "ouvrir l’Islam aux Montréalais"

Il faut leur donner ça, le nom qu'ils ont trouvé sonne tellement mieux que "centre de conversion" ou "bureau de propagande religieuse", vous ne trouvez pas?

Extrait de la nouvelle:

Un premier institut islamique d’ampleur ouvrira prochainement ses portes dans le centre-ville de Montréal dans le but de faire connaître «un Islam modéré».

Un premier? Il y en aura d'autres?

«Nous voulons faire le pont entre les musulmans et les non-musulmans, pour que les gens comprennent mieux l’Islam et qu’on puisse changer cette perception négative qu’ont certaines personnes», a expliqué un membre du comité organisateur du Muslim Association of Canada (MAC).

Ils veulent qu'on "comprenne" l'Islam. Vous voyez, mes amis, on a ici la logique multiculturelle canadienne poussée à son ultime limite. Ce n'est plus la population d'accueil qui offre des formations à ses nouveaux arrivants afin de les éduquer à propos du pays où ils viennent vivre et leur permettre de s'intégrer! Non! Ce sont les minorités qui ouvrent des "instituts" pour former, recruter et embrigader le peuple d'accueil.

L’Institut canadien de la civilisation islamique (ICCI), situé sur la rue Belmont, sera un centre multifonctionnel qui servira autant comme établissement d’études islamiques que de centre communautaire. L’immeuble est équipé de salles de conférence et de musique, d’une cafétéria, d’une salle de sports et de plusieurs bureaux. «Il y aura plusieurs types d’activités et de services qui seront offerts ici afin de pouvoir accueillir tout le monde. Familles, enfants, parents, musulmans et non-musulmans; tous pourront se sentir à l’aise», a expliqué le membre du MAC, qui a voulu rester anonyme.

Oui, TOUS pourront s'y sentir à l'aise! Ben presque... combien vous êtes prêts à gager que la salle de sports ne sera pas accessible aux hommes et aux femmes en même temps? Ou que ces dames seront fortement encouragées à porter le foulard? Ou que tout regard critique à propos de cette religion sera complètement évacué de toutes leurs conférences? Y'a pas à dire, je me sentirais vraiment très à l'aide à cet endroit. Je cours m'y enrôler à l'instant.

Il n’y aura pas de mosquée dans l’immeuble, mais des lieux de prière seront mis à la disposition des visiteurs.

L'immeuble ne contient pas de mosquée? Bon, voyons voir quelle est la définition d'un mosquée selon Wikipédia: Une mosquée est un lieu de culte où se rassemblent les musulmans pour les prières communes. (...) Une mosquée est plus qu’un lieu de culte ; elle sert d'institution sociale, éducative : elle peut, ainsi, être accompagnée d’une madrassa, d’un centre de formation, voire d’une université. Elle sert aussi de lieu de rencontres et d’échanges sociaux.

Comme le démontre cette définition, on comprend que l'immeuble tout entier EST une mosquée!

Lorsque les rénovations à l’immeuble seront terminées d’ici quelques mois, la direction de l’ICCI espère accueillir jusqu’à 150 étudiants universitaires dans son programme d’études islamiques. Ni le curriculum, ni même les cours qui seront offerts n’ont encore été définis, mais les étudiants qui se présenteront «auront accès à plusieurs types de cours», notamment des cours de langue, d’histoire et, évidemment, des cours sur l’Islam. Le but est de mieux intégrer les jeunes qui arrivent de l’étranger et qui essayent, tant bien que mal, de s’installer dans la métropole. Le programme évoluera donc avec les besoins des étudiants qui se présentent à l’ICCI.

Oui, évidemment, le besoin le plus urgent et le plus prioritaire pour tous les jeunes étrangers qui souhaitent venir vivre à Montréal, c'est d'étudier l'Islam, d'apprendre l'arabe et de connaître l'histoire de la civilisation islamique. Si tu ne connais pas tout ça, tu ne peux pas espérer être fonctionnel à Montréal, ça va de soi.

Évidemment, l'article ne parle absolument pas de l'origine des fonds que cet organisme a reçu pour bâtir son "institut", mais combien vous êtes prêts à gager qu'ils ont reçu de généreuses subventions du gouvernement canadien?

Ne gagez pas, vous allez perdre.

Souvenez-vous que le véritable problème dans cette histoire, ce ne sont pas les islamistes qui ont élaboré ce projet! Le problème, ce sont ces pleutres de fédéralistes, ces vaillants défenseurs dogmatiques du beau et grand multiculturalisme canadian qui font en sorte qu'un tel projet soit non seulement possible, mais carrément encouragé, applaudi et financé.


La scientologie et les célébrités


Vous vous êtes déjà demandé comment la scientologie s'y prend pour capturer des célébrités aussi efficacement? La nièce du leader de cette secte nous offre la réponse:

In comparison to other Scientology churches, things for all the celebrities at the Los Angeles Celebrity Centre were over-the-top in terms of elegance and privacy, starting with their own separate double-gated entrance on the corner of Franklin and Bronson Avenues, and a special area in the underground parking garage that was monitored by security. Celebrities entered through the President’s Office, which had its own lobby, Purif delivery area, and private office space. Upstairs were two auditing rooms and a private course room to be used solely by celebrities and other people of importance, such as big donors to the Church.

(...) No matter what level of star they were, one of the big draws for the celebrities was the Communication Course offered at the center, which claimed to get people comfortable for auditions and helped them to network effectively. Another attraction was the fact that the auditing sessions had a priest-penitent privilege stamp of secrecy, meaning that the contents of each session were guarded, similar to the way that a priest would guard secrets heard during confession. This level of security made celebrities comfortable with relating their problems and the oddities that they wanted fixed.

While the facilities and the hospitality that celebrities received at the Celebrity Centre went far beyond that which regular public Scientologists encountered, the differences weren’t just superficial. There were also numerous financial and course-related benefits that celebrities received. Money and the art of selling Scientology were crucial differences that the ordinary public Scientologist experienced compared to celebrities. For one thing, celebrities didn’t have to endure the constant “regging,” the harassment from the Church to give money for projects or further services. They were still asked to give donations and pay for next services, but they dealt with one designated person, instead of being solicited by various staff members, like the normal public Scientologists were. In addition, celebrities were allowed to do Scientology at their own pace, whereas everyone else would begin that way but soon get pressured and pushed constantly for the next level, which meant they’d also have to pay more money.

For other Scientologists, these requests for money weren’t limited to course work. Dallas’s parents, for example, were always pressured to give money and sign up for more courses, even if they’d already paid for their next three courses. This sort of thing was never allowed with celebrities. Similarly, when Scientologists would travel to San Diego to fund-raise for the church projects, they would often go to Dallas’s parents’ house late at night to try to get his parents to donate. Not surprisingly, that kind of house call would never happen to a celebrity.

The end result of all this was that the celebrity experience of Scientology was vastly different from what most Scientologists experienced. It was never entirely clear whether the celebrities knew the full extent of their special treatment, or if they had any idea what life was actually like for the Sea Org members who waited on them hand and foot.

In many ways, the Celebrity Centre was the perfect stage for the act that Scientology put on for the celebrities. The accommodations were gorgeous, and the beautiful grounds made the experience enjoyable. Everything was tightly controlled and orchestrated, and if the celebrities themselves took things at face value, they’d simply see the act and never witness what went on behind the curtain. There was never a risk that they would get exposed to child labor or something similar that the Church didn’t want them to see. Sea Org members at the Celebrity Centre appeared happy because it was their job to do that, so celebrities wouldn’t know from talking to them or watching them whether they’d been paid their forty-five dollars that week, or if they missed their families.

This act of the Celebrity Centre was crucial to how the Church reached out to celebrities and encouraged them to join. Simply put, it operated almost identically to any other Church where people take courses and get auditing, but it focused on the famous. You didn’t have to be famous to go there, but they targeted up-and-coming artists or forgotten artists trying to rebuild their careers. There were numerous policies about celebrities that explained how celebrities are good PR for the Church since their wins will be in the public eye.

In the end, all this amounts to one of the most powerful recruiting tools that the Church has, offering celebrities a chance to mingle with other like-minded Scientologists and enjoy their time in Scientology outside public scrutiny. In that way, it plays to many celebrities’ sense of entitlement and selectivity. To that end, even non-Scientologists find themselves there on occasion. When my mom was originally working on the Celebrity Centre, she saw Brad Pitt there because he was dating Juliette Lewis. On other occasions, I heard stories of people like Bono and Colin Farrell attending galas there despite not being Scientologists themselves.


Comment tuer une "super bug"

L'un des plus grands dangers qui menacent la santé mondiale la résistance de certaines bactéries aux antibiotiques. Bonne nouvelle, la science est en train d'élaborer une façon efficace de les combattre. Extrait de la très encourageante découverte:

Scientists at the University of East Anglia have made a breakthrough in the race to solve antibiotic resistance. New research published Wednesday in the journal Nature reveals an Achilles’ heel in the defensive barrier which surrounds drug-resistant bacterial cells.

The findings pave the way for a new wave of drugs that kill superbugs by bringing down their defensive walls rather than attacking the bacteria itself. It means that in future, bacteria may not develop drug-resistance at all.

The discovery doesn’t come a moment too soon. The World Health Organization has warned that antibiotic-resistance in bacteria is spreading globally, causing severe consequences. And even common infections which have been treatable for decades can once again kill.

Researchers investigated a class of bacteria called ‘Gram-negative bacteria’ which is particularly resistant to antibiotics because of its cells’ impermeable lipid-based outer membrane.

This outer membrane acts as a defensive barrier against attacks from the human immune system and antibiotic drugs. It allows the pathogenic bacteria to survive, but removing this barrier causes the bacteria to become more vulnerable and die.

Until now little has been known about exactly how the defensive barrier is built. The new findings reveal how bacterial cells transport the barrier building blocks (called lipopolysaccharides) to the outer surface.

Group leader Prof Changjiang Dong, from UEA’s Norwich Medical School, said: “We have identified the path and gate used by the bacteria to transport the barrier building blocks to the outer surface. Importantly, we have demonstrated that the bacteria would die if the gate is locked.”


Ceux qui parlent dans ton dos...




Un TGV nord-américain



Ce serait génial.

Trouvé ici.