17 novembre 2014

Crise à l'UQÀM

Après avoir frappé les campus universitaires américains et anglo-canadiens, voilà que le tsunami paranoïaque de la "culture du viol" gagne l'UQÀM. C'était, évidemment, parfaitement prévisible. Les gens qui croient que le Québec évolue en vase clos ont toujours tort.

Tout a commencé avec un acte de vandalisme anonyme et répugnant:

Plus tôt cette semaine, trois professeurs ont vu leur porte de bureau entièrement placardée d'autocollants dénonçant la culture du viol et incitant à «briser le silence». Des photos des portes en question - où le nom des professeurs est mis en évidence - ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux. «Harcèlement, attouchements, voyeurisme, agressions: tolérance zéro!», peut-on lire sur les autocollants.

Les images ont d'abord été publiées sur Facebook par le collectif féministe Les Hystériques, avant d'être partagées par les administrateurs du compte de l'Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM (AFESH-UQAM), suivi par près de 3000 personnes. 

Ce collectif féministe s'appelle vraiment "Les Hystériques"? Je n'ai jamais vu, de toute ma vie, un organisme porter un nom plus approprié que celui-là.

Ces féministes hystériques (ce n'est pas moi qui le dit pour une fois) décident donc de traîner deux professeurs dans la boue, de salir leur réputation sur la place public et de faire planer sur eux des allégations vagues, sans les accuser clairement de quoi que ce soit, sans la moindre preuve et, pire que tout, de façon anonyme. Impossible donc pour ces deux profs de se défendre adéquatement.

Ces deux professeurs ont-ils mal agi? Je n'en ai aucune idée. Et, d'après ce que j'ai lu, personne ne le sait. Mais plutôt que de documenter des événements précis et de porter plainte aux autorités appropriées, voilà que ces féministes décident plutôt d'utiliser l'intimidation et la diffamation pour démolir les réputations des deux hommes. Tout simplement répugnant.

Pourtant, de nos jours, c'est tellement facile de prendre des photos ou d'enregistrer des propos incriminants! Les jeunes ont tous des appareils électroniques dans leur poche qui sont capables de faire cela sans problème. Alors pourquoi ne pas s'en servir? Ces étudiantes auraient ainsi pu monter quelque chose de solide et porter plainte aux autorités de l'université. Mais nom, elles préfèrent avoir recours... au vandalisme.

Et ce n'est pas fini! Ça a ensuite été au tour du vice-recteur de passer à la moulinette:

Près de 200 personnes, dont de nombreuses féministes et quelques hommes, ont profité de l’occasion pour discuter de la question délicate des relations entre professeurs et étudiantes. (...) L’une d’entre elles a même interpellé directement le vice-recteur, Marc Turgeon, venu écouter les témoignages, pour comprendre la crise soulevée par les allégations de harcèlement sexuel.

«Monsieur, est-ce que vous l’entendez? Est-ce que vous pouvez porter cette parole?» lui a-t-elle demandé. 

Le vice-recteur a tenté d'expliquer que l'UQÀM a un plan d'action, qu'on ne peut pas tout simplement foutre un prof à la porte su la base de simples allégations et que même s'il le faisait, le prof déposerait un grief et qu'un arbitre renverserait alors la décision de l'université. Il a parfaitement raison. C'est comme ça que fonctionne un cadre légal et c'est primordial que ça soit ainsi pour s'assurer que la présomption d'innocence des gens soient respectée et qu'on ne fiche pas n'importe qui à la porte pour des raisons frivoles. Vous croyez que l'étudiante a été satisfaite de cette réponse?

Loin d’être satisfaite de sa réponse, une étudiante a renchéri en lui demandant quelles étaient les sanctions contre les professeurs en cas d’agressions ou de harcèlement sexuel. Sur un ton très calme, le vice-recteur lui a répondu que les sanctions pouvaient aller de la suspension à l’avertissement, soulevant ainsi un grand rire dans l’audience.

Suspension? Avertissement? Pffft... rien ne satisferait ces gens à part peut-être le lynchage public ou la lapidation. Ou pourquoi pas la castration avec un vieux couteau de cuisine rouillé et pas trop aiguisé? Non mais, sans blague, que voulez-vous que le vice-recteur leur réponde?

Et finalement, pour couronner le tout, s'est tenu un "colloque sur les relations amoureuses et sexuelles entre professeurs et étudiantes".

Ça ne s'invente pas.

Plusieurs hommes se trouvaient dans la foule, mais un constat a été posé lorsqu'un professeur a demandé à la foule combien de professeurs masculins étaient présents. Trois mains se sont levées. «Si ce n'est pas un statement, ça, je ne sais pas ce que c'est», a-t-il réagi.

Bien sûr que c'est un statement. Mais ce n'est peut-être pas celui qu'il croit! Pour ce prof, tout comme pour ses amies féministes, l'absence des profs mâles est une démonstration que la question ne les intéresse pas et qu'ils se fichent des femmes.

Et si l'absence des profs masculins s'expliquait plutôt par le fait qu'ils ne se sentaient pas les bienvenus? Si la tactique du vandalisme n'avait pas été une façon très constructive de les inviter à participer à une conversation constructive? S'ils n'avaient pas envie d'être la cible de toute l'animosité de ces étudiantes? Ma théorie semble se confirmer par cet anecdote fort révélateur:

Cependant, lorsqu'un des trois professeurs a levé la main pour demander comment il pouvait devenir un allié de ce nouveau souffle de contestation, la réponse fut lapidaire. «En cessant de demander aux femmes de faire ton éducation», lui a balancé une étudiante. Quelques applaudissements et plusieurs réprobations se sont fait entendre. Le malaise était palpable.

Sympathique comme réponse, n'est-ce pas?

En d'autres termes, si tu ne vas pas à leur colloque, les féministes considèrent que tu es une merde. Et si tu y vas, que tu te montres sincèrement intéressé et que tu poses des questions, les féministes considèrent que tu es une merde.

En d'autres termes, si tu es un homme, quoi que tu fasses, tu es une merde. Point final.

Vous connaissez un autre mouvement social ou une autre organisation quelconque qui envoie chier les gens qui s'y intéressent? Et après ça, les féministes s'étonnent de voir que les hommes ne participent pas à leur joli petit colloque.

Mais bon... mettons de côté cet épisode désagréable et regardons de plus près les propos qui ont été tenus lors de ce colloque:

La question des relations amoureuses entre professeurs et étudiantes est complexe puisque l'étudiante majeure est consentante. «Mais qu'est-ce que le consentement dans les couloirs d'une université?», s'est questionné Mme Delvaux dans son discours d'ouverture. Selon Isabelle Boisclair, professeure à l'Université de Sherbrooke, la responsabilité d'éviter toute relation avec une étudiante incombe au professeur, qui est en situation de pouvoir. «C'est un triple pouvoir: l'homme sur la femme, l'aîné sur la jeune, le professeur sur l'étudiante, a-t-elle souligné. La responsabilité n'est pas égale.»

Pour les féministes, donc, une relation sexuelle entre un prof d'université et une étudiante majeure ne peut tout simplement pas être consensuelle. Absolument impossible. Comme les hommes sont tous des prédateurs et les femmes toutes des victimes, s'il y a une relation sexuelle, alors c'est inévitablement un cas d'abus de pouvoir et de manipulation aux dépends de l'étudiante. C'est le seul scénario possible dans l'esprit d'une féministe.

Or, comme d'habitude, il s'agit d'une affirmation sexiste et simpliste.

Soyons clairs, je ne suis pas en train de vous dire qu'aucun prof mâle n'a jamais abusé de son autorité et de son pouvoir pour baiser des étudiantes plus ou moins consentantes. Évidemment que c'est déjà arrivé et ça arrivera encore, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse. Je trouve cela répréhensible, immoral et repoussant. Tous les cas d'abus de pouvoir doivent être dénoncés aux autorités appropriées et si les autorités ne prennent pas la situation au sérieux, cela doit être également décrié. Si les étudiantes s'étaient contentées de demander que les autorités de l'université soient plus réceptives ou sensibles à ce genre de plaintes, cela aurait été une demande parfaitement adéquate, appropriée et constructive.

Mais voici plutôt ce qu'elles entrevoient comme solution:

Le comité réfléchit également à la création d'un code de déontologie qui interdirait les relations amoureuses entre professeurs et étudiantes.

Pour les féministes, ceci est parfaitement logique et raisonnable. Comme les hommes sont des prédateurs et que les étudiantes sont des proies qu'il faut protéger, interdisons les relations sexuelles entre ces gens. Enlevons-leur le droit de baiser. Problème réglé.

Or, toute personne raisonnable voit immédiatement que c'est une idée complètement ridicule.

Pourquoi?

Que ça plaise aux féministes ou non, une relation sexuelle entre un prof et une étudiante majeure n'est pas automatiquement un cas d'abus de pouvoir et de manipulation. Contrairement à ce qu'elles croient, les hommes ne sont pas tous des prédateurs manipulateurs et les étudiantes ne sont pas toutes de naïves petites fleurs innocentes.

Contrairement à ces féministes aveuglées par leurs propres préjugés, je suis capable d'imaginer au moins deux autres scénarios qui sont parfaitement plausibles et crédibles.

Scénario 1: une belle histoire d'amour. Prof d'université et étudiante se rencontrent et tombent désespérément amoureux l'un de l'autre. Leur relation s'enflamme. Ils se fréquentent et font l'amour. Ils emménagent éventuellement ensemble, ont des enfants et vivent heureux jusqu'à ce que la mort les sépare.

Non seulement ceci est plausible, mais c'est arrivé à plein de gens que je connais. Pensez-y! Combien de couples connaissez-vous qui se sont rencontrés dans des circonstances qui ressemblent à ce scénario? Je connais une femme qui était secrétaire et qui a marié son ancien patron. Ça fait plus de 15 ans qu'ils sont ensemble. Ce n'est pas parce que l'homme est en position d'autorité et que la femme occupe une position hiérarchiquement moins élevée qu'on a nécessairement et automatiquement à faire à un cas d'abus de pouvoir. Des fois, des adultes peuvent tout simplement tomber en amour. N'en déplaise aux féministes, ça arrive.

Scénario 2: une belle histoire de manipulation. Une étudiante craint de couler un cours et elle décide de séduire le prof pour obtenir une bonne note (ne riez pas, ça arrive). Le prof est à un moment vulnérable dans sa vie, peut-être sort-il d'un divorce ou un truc du genre. L'étudiante lui fait des avances. Normalement, il ne ferait jamais une chose pareille, mais comme il n'est pas lui-même ces temps-ci, il cède. Ils baisent. Évidemment, ne voulant pas la perdre et s'accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage, il la fait passer. Une fois qu'elle a eu ce qu'elle voulait, l'étudiante le crisse là. Le type a le coeur brisé et est encore plus démoli qu'avant. Encore une fois, ceci est parfaitement plausible et ça arrive. Et il est intéressant de noter que, dans ce scénario, ce n'est pas le prof qui est en position de domination, c'est l'étudiante. C'est elle qui utilise son pouvoir de séduction pour le manipuler, LUI!

Le prof, lui, a manqué de jugement et a fait une connerie. Parce que des adultes, parfois, ça fait des conneries. Qu'ils soient des hommes ou des femmes. Et certaines femmes sont aussi prédatrices que certains hommes. Et certains hommes sont aussi vulnérables que certaines femmes.

Comme d'habitude, les généralisations des féministes ne reflètent pas la réalité et ne nous permettent pas de mieux comprendre le monde complexe dans lequel nous vivons.

Les "solutions" qu'elles proposent sont, par conséquent, inappropriées, injustes. réductrices et inacceptables.



3 commentaires:

Guillaume a dit…

Oui, c'est franchement une situation inquiétante, ce climat de chasse aux sorcières... ou aux sorciers.

Guillaume a dit…

Et j'ajouterais que non seulement ce climat hystérique est malsain et destructeur, mais ce climat de dénonciation sans preuves n'aide absolument personne et certainement pas les victimes de viols ou d'agressions sexuelles. Crier au loup, c'est banaliser le vrai danger, c'est le rendre anonyme.

Prof Solitaire a dit…

Bien dit!