27 novembre 2014

Le merveilleux "humour" de Sugar Sammy...


Où est la ligne entre l'humour et le mépris? Où est la frontière entre l'amusement innocent et la propagande d'idées politiques?

Extrait de cette chronique de Bock-Côté:

Il faut vraiment adorer se plonger la tête dans le sable pour s’imaginer que Sugar Sammy n’est pas en guerre ouverte contre le Québec français.

(...) Sa dernière campagne publicitaire a bien évidemment fait réagir. Provocateur comme à son habitude, il a lancé dans l’espace public une publicité exclusivement en anglais, où il demandait pour Noël une plainte à l’Office québécois de la langue française. (...) On peut bien en rire. Pourtant, François Côté rappelait une chose: cette publicité n’est pas qu’une publicité, mais un manifeste politique et une déclaration de guerre contre le principe même de la loi 101.

Car si Sugar Sammy se permet effectivement de rire de tout le monde, ses charges contre les Québécois francophones sont d’une autre nature : elles sont politiques. Avec eux, il ne se contente pas de jouer sur les stéréotypes culturels plus ou moins répandus : il attaque la légitimité même de l’option souverainiste en la présentant comme la cause de xénophobes et de racistes sous-éduqués.

(...) Sugar Sammy est fondamentalement un militant. Il a déjà reconnu que l’humour était la méthode qu’il avait adoptée pour faire la promotion de ses convictions fédéralistes.

(...) son combat nous en dit beaucoup sur le néo-fédéralisme contemporain, qui ne se contente plus de plaider pour le maintien du Québec dans le Canada. Désormais, il s’agit d’imposer un Québec bilingue et multiculturel où les Québécois francophones ne sont qu’une communauté parmi d’autres, appelés à chanter un peu tardivement mais hardiment le génie de la diversité canadienne. (...) Il veut casser le nationalisme québécois dans ses consensus les plus élémentaires, notamment celui portant sur les principes de la loi 101.

On nous dit souvent que Sugar Sammy représente une frange significative des fameux enfants de la loi 101. Si tel est vraiment le cas, cela confirmerait une inquiétude profonde: cette dernière est moins parvenue à faire des Québécois francophones que des Canadiens bilingues, interagissant sans problème avec leur société d’accueil, au point d’en comprendre les codes, et peut-être surtout, les faiblesses, mais refusant d’embrasser ses grandes aspirations. Et c’est un réflexe de cocus contents, de colonisés fiers d’applaudir ceux qui les méprisent, de célébrer son génie sans porter attention à ce qu’il dit, comme s’il fallait s’aplatir devant sa dégaine de matamore souriant, qui regarde les Québécois comme des vaincus, avec la confiance du dominant.



2 commentaires:

Anonyme a dit…

http://www.infopresse.com/Uploads/images/Article/Body/sugar_sammy_bill2.jpg


Au moins!! :)

marâtre

Prof Solitaire a dit…

Hahahaha, j'adore! Celui ou celle qui a fait ça mérite une belle bouteille! ;-)