8 novembre 2014

Solutions féministes

Le scandale baptisé Ghomeshigate entourant cet animateur de radio anglo-canadien bat son plein et ne semble pas s'essouffler, bien au contraire. La suspensions de deux députés du PLC n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. L'un des résultats de ces événements est cette immense vague de confessions de victimes de viol sur Twitter. La dernière fois qu'on a vu un phénomène semblable, c'est à l'époque où Nathalie Simard avait rendu son histoire publique.

Évidemment, on ne peut qu'applaudir cette démarche. Le fait d'exprimer quelque chose qu'on garde pour soi comme un secret honteux depuis des années est excellent pour l'équilibre psychologique et la santé mentale. De plus, cela peut être bénéfique aux autres victimes qui souffrent en silence. Le fait de voir des gens qui ont survécu à des agressions et qui ont réussi à s'en sortir constitue un message d'espoir aux victimes récentes qui ne voient pas la lumière au bout du tunnel.

Malheureusement, tout n'est pas rose dans tout ça et à travers cette démarche positive et constructive, on entend la vipère du sexisme et de la misandrie s'immiscer insidieusement dans le débat. Et évidemment, personne ne dénonce ces propos discriminatoires par peur d'être taxé de misogyne ou d'ami des violeurs. C'est toujours le même cirque.

Mais revenons aux sources. Il y a tout d'abord le congédiement de cet animateur de radio. Je trouve cela extrêmement troublant parce qu'il ne s'agit, à ce stade-ci, que d'allégations parfois anonymes, rien de plus. La police commence à peine son enquête et personne n'e encore vu l'intérieur d'un palais de justice. Or, n'a-t-on plus ce principe fondamental appelé la présomption d'innocence? Ce que cela signifie, c'est que toute personne doit être considérée innocente jusqu'à preuve du contraire. Pourquoi donc congédier le bonhomme? Interrompre temporairement son émission, d'accord, ça peut se justifier. Mais le crisser dehors?

Le cas des députés libéraux, lui, est encore pire. Dans ce cas-là, il n'est même plus question d'allégations ou d'accusations, mais de simples RUMEURS. En effet, les femmes qui auraient été victimes de harcèlement sexuel ont refusé de porter plainte ou même d'être identifiées! Malgré tout, Trudeau suspend les deux députés. Il ne les congédie pas, parce qu'il ne le peut pas. Un chef de parti n'est pas l'employeur des députés. Mais il les suspend du caucus et contribue à anéantir leur réputation sur la place publique, ce qui n'est guère mieux.

Pour ce qui est de la couverture médiatique de ces événements et de ce qui a suivi, elle dérape souvent et est teintée d'une extraordinaire malhonnêteté. Les élucubrations des commentateurs viennent renforcer la perception populaire que SEULES des femmes peuvent être victimes d'agressions sexuelles et que SEULS les hommes s'en rendent coupables. Ce qui est, en passant, totalement faux.

Les propos idiots prononcés sur les ondes de la radio et de la télé sont trop nombreux pour qu'on en dresse la liste. Je vais me limiter, en guise d'exemple, à un article publié dans Le Devoir sous la plume de Josée Blanchette parce qu'on y trouve toutes les habituelles idioties en un seul endroit.

Voici donc quelques extraits de son article:

«Une question demeure en suspens: pourquoi les femmes se taisent, même dans un état de droit où l’égalité et l’émancipation font partie des idéaux à atteindre au même titre que la fin des GES d’ici 2100? Depuis Ève, le sexe faible est coupable de susciter le désir, voilé ou non, marié ou pas, vierge ou plus tout à fait… Si cette pulsion sexuelle emprunte des formes plus perverses ou agressives, les femmes n’ont qu’à s’en prendre à elles-mêmes, au fond, semble leur souffler une société demeurée victorienne en sous-main. L’époque deDownton Abbey n’est pas si lointaine. Si ces femmes hésitent à parler, c’est qu’elles savent instinctivement qu’elles vivent toujours dans un monde où sexe, pouvoir et patriarcat vont encore main dans le gant.»

La malhonnêteté de ce paragraphe est tout simplement ahurissante. Premièrement, il est faux de dire que toutes les femmes se taisent, ce qui est particulièrement apparent dans le contexte actuel de ce raz-de-marée de confessions publiques. Certaines femmes se taisent, c'est vrai. Mais pas toutes.

Mme Blanchette nous sert alors l'argument féministe habituel: la société PATRIARCALE aux moeurs dignes de l'époque victorienne blâme les victimes d'agression plutôt que les agresseurs. Cette affirmation est complètement ridicule. Notre société est gouvernée par des lois qui rendent clairement toute forme d'agression sexuelle ILLÉGALE et CRIMINELLE. Les agresseurs qui sont trouvés coupables de ce crime sont PUNIS et son passibles d'emprisonnement. De plus, il leur est interdit de s'approcher ou d'entrer en contact avec leur victime. C'est ÇA, la vérité, n'en déplaise à Mme Blanchette.

Nous ne vivons absolument pas dans une société qui considère le viol comme normal ou qui blâme les victimes. AU CONTRAIRE! Nous vivons dans une société ou une ALLÉGATION ou encore pire, une simple RUMEUR est suffisante pour qu'un type perde sa job, avant même que l'enquête policière ait le temps de débuter et, comme dans le cas des deux députés libéraux, sans même qu'un plainte soit déposée! Concrètement, ce que cela signifie, c'est que dans des cas d'allégation d'agression ou de harcèlement sexuel d'un homme contre une femme, ces dernières sont IMMÉDIATEMENT crues sur parole sans qu'aucune autre preuve ne soit nécessaire. Pour les hommes qui sont la cibles de ces allégations, la présomption d'innocence n'existe plus et leur réputation est immédiatement traînée dans la boue. Dans l'opinion publique, ils sont immédiatement considérés comme coupables.

Finalement, ce qui est peut-être l'aspect le plus cruel et le plus monstrueux de l'argument de Mme Blanchette, c'est que lorsqu'elle se lamente que toutes les femmes se taisent, ce qui est faux, elle ne semble pas voir que ceux qui se taisent VRAIMENT, ce sont les hommes. Normal, puisqu'aux yeux des féministes, dans leur petit patriarcat imaginaire, seules les femmes peuvent être des victimes. Dans toute cette vague de confessions publiques sur les médias sociaux, combien d'hommes avez-vous lus ou entendus? Ben oui, aucun, comme c'est étrange.

Pour Mme Blanchette, ce que cela signifie, c'est tout simplement que les hommes ne sont jamais victimes d'agressions sexuelles, évidemment. Or, cela est complètement faux. Mme Blanchette serait sans doute étonnée d'apprendre que beaucoup d'hommes sont victimes d'agressions sexuelles et elle tomberait carrément en bas de sa chaise en apprenant que dans de nombreux cas, les agresseurs sont... DES FEMMES! Mais ça, on n'en entend jamais parler, pas vrai? La véritable honte, le vrai silence, il est là. Et elle en est la complice.

Ceux qui ne parlent pas, ce ne sont pas les femmes, ce sont les hommes. Ils ne disent rien, ils ne dénoncent jamais, ils ferment leur gueule et souffrent en silence. Pire, la plupart des hommes sont tellement imbibés des foutaises féministes dans lesquelles ils baignent depuis la naissance qu'ils ne croient même pas eux-mêmes qu'il est possible pour une femme de les agresser. Et même lorsqu'on les agresse, ils ne croient pas que c'est une agression. Surtout quand l'agresseur est une femme. Dans ces cas-là, personne, absolument personne, ne prend l'agression au sérieux. Même pas la victime!

Oui, des femmes peuvent violer des hommes. Et plusieurs le font. Mais on n'en entend JAMAIS parler dans les médias. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Premièrement, les hommes n'en parlent pas. La honte est trop grande et ils se font répéter depuis leur plus jeune âge qu'ils doivent être "forts" et qu'ils doivent cesser de se plaindre. Fais un homme de toé! Take it like a man! Deuxièmement, le discours féministe veut nous faire croire que les hommes veulent toujours baiser avec tout ce qui bouge, ils sont donc toujours considérés comme consentants. Troisièmement, les gens pensent que la présence d'une érection signifie que l'homme est consentant. Or, cet argument est aussi imbécile que si on affirmait qu'une femme dont le vagin est lubrifié est consentante. Quatrièmement, dans certains cas, le viol d'un homme n'est même pas légalement considéré un viol selon la définition très étroite de la loi! Cinquièmement, les hommes qui parlent savent que leur dénonciation sera reçue avec moqueries et incompréhension. C'est ça la vraie vie. C'est ça que les féministes refusent de voir. Et si elles le voient, elles s'en fichent éperdument.

Il est également intéressant de noter que dans son texte, Mme Blanchette confie avoir été victime à deux reprises. Dans le premier cas, dit-elle, elle n'était âgée que de 15 ans et il s'agissait d'un prof de philo de 30 ans son aîné. Voilà une histoire d'une grande tristesse qui mérite d'être racontée. J'applaudis son courage de la partager avec nous. Évidemment, si les faits rapportés sont véridiques, les agissements de ce bonhomme sont complètement illégaux et, selon les lois existantes, il s'agit de pédophilie, une offense reconnue et punie par la loi. Je l'encourage donc à poursuivre sa démarche et à porter plainte à la police. Ce serait un bel exemple à donner aux autres victimes qui se taisent.

La deuxième fois, dit-elle, elle a été «le jouet consentant d’un psychopathe, manipulateur, menteur et voleur de petite notoriété, il y a quelques années. Ce pervers narcissique était célébré par les médias (même des chroniqueurs d’expérience n’y ont vu que du feu) et il a usé de son mythe pour hypnotiser plus d’une outarde.» Ce cas-ci diffère du premier puisque, si je comprends bien, Mme Blanchette était alors d'âge majeur. Cela ne rend pas la chose plus morale ou éthique que la première, mais d'un point de vue légal, ce n'est plus la même chose.

Ce que j'aimerais demander à Mme Blanchette, c'est ceci: Croit-elle que seuls les hommes sont capables d'être des pervers? Seuls les hommes sont narcissiques? Les femmes ne sont jamais psychopathes, ni manipulatrices? Seuls les hommes se servent de leur charme pour "hypnotiser" les pauvres femmes sans défense? Les femmes ne font jamais ça, pas vrai? Les hommes ne sont jamais naïfs et ne se font jamais manipuler par des femmes cruelles et narcissiques, c'est bien ça?

Ce n'est pas ce qu'elle dit clairement, mais c'est le message qui se dégage de son texte, surtout à la lecture de la suite. En effet, Mme Blanchette sombre ensuite dans le délire féministe habituel, déguisé en recherche de solutions:

«Une chose est certaine: l’équilibre entre les sexes, la justice en matière de relations intimes, ne se rétablira en partie qu’au prix d’un retour sur nos pratiques libertines et une solide éducation des garçons.»

Je n'ai pas envie de commenter cette allusion aux pratiques libertines, à part pour dire que ce que sous-tend cette affirmation, c'est que le libertinage ne se fait qu'aux dépends des femmes et que les hommes en sortent toujours gagnants, ce qui est une affirmation absolument stupide, fausse, sexiste et sans le moindre fondement.

Là où elle dépasse vraiment les bornes, c'est quand elle parle de sa SOLIDE ÉDUCATION DES GARÇONS. Tout le sexisme, tous les préjugés et toute la misandrie de Mme Blanchette sont là, dans ces mots. Ses préjugés sont plus ou moins cachés dans le reste du texte, mais ici, ils éclatent au grand jour. Pour Mme Blanchette, le problème, ce sont les garçons et les hommes. TOUS les hommes. Ils sont TOUS potentiellement dangereux, TOUS de possibles prédateurs, TOUS des agresseurs dans l'âme qui n'attendent que leur chance pour frapper et abuser d'une pauvre petite femme innocente et naïve. Ce sont EUX le problème. Ce sont eux qui doivent être SOLIDEMENT ÉDUQUÉS afin d'éradiquer le fléau à la source! Si on ne les éduque pas, ils ne seront jamais capables de distinguer le bien du mal, ni d'agir correctement. Leur nature est sombre et dangereuse. Il faut les éduquer, les domestiquer, leur apprendre à se comporter comme des êtres civilisés.

Voilà ce qu'engendre inévitablement le dogme féministe: la PEUR et la HAINE des hommes. Ça crève les yeux ici, on l'a en pleine gueule.

Ce que Mme Blanchette et les féministes comme elles ne comprennent pas et refusent de voir, c'est que PERSONNE ne devrait être victime d'agression sexuelle, POINT FINAL. Le sexe de la victime n'a absolument AUCUNE importance, pas plus que pour d'autres crimes violents comme les vols qualifiés, les voies de fait ou les meurtres.

Et que ça leur plaise ou non, les faits sont clairs: les hommes ne sont pas TOUS des violeurs. Et les agresseurs ne sont pas toujours des hommes.

Et puis tenez, puisqu'on est dans les confidences, je vais vous conter un truc que j'ai très rarement raconté. Quand j'étais étudiant à l'université, je devais avoir 20 ans, une fille qui était dans un de mes cours m'a invité chez elle. J'aimais beaucoup cette fille. Je la trouvais vraiment jolie et il me semblait que nous avions beaucoup en commun. Cette invitation était donc inespérée pour moi. Sauf qu'une fois que je suis entré chez elle, vous savez ce qu'elle m'a dit?

«Viole-moi.»

Carrément. Comme ça. En ces mots.

Selon la définition féministe d'un homme, vous croyez sans doute que je me suis rué sur elle, que j'ai déchiré sa petite culotte et que je l'ai sauvagement baisée, pas vrai?

Ben non, Mme Blanchette. Ses mots ont eu le même effet sur moi qu'une douche d'eau glacée. J'étais dégoûté. Je ne l'ai même pas touchée. Et je ne suis jamais retourné chez elle. Pourtant, je suis un homme tout ce qu'il y a de plus hétérosexuel et ma libido était au sommet de sa gloire à cette époque. Mais l'idée même d'agresser une femme, la simple mention du mot "viol" m'a complètement repoussé. Même si, de toute évidence, elle était consentante et que ça n'aurait donc pas été un viol. Pas grave. Turn off total.

Et voilà la logique féministe qui disjoncte: Does not compute... Does not compute... Does not compute...


15 commentaires:

fylouz a dit…

Je suis assez d'accord avec ce que tu dis, bien que je pense que tu sois à la limite du dérapage par moments. Je dirais juste que l'influence de l'éducation "de genre" joue également beaucoup. Ce ne sont pas les féministes qui demandent à ce que les petits garçons évitent de montrer leurs sentiments, d'être des hommes, de "mettre leurs culottes". Ce sont les éléments les plus conservateurs (pour ne pas dire réactionnaires) de la société (voir les délires des tarés de la "Famille pour tous" en France). Rappelle toi de ta vasectomie. Ce sont des hommes qui t'ont raconté qu'il n'y avait rien, là.

En passant, je me permet de remettre un lien qui est plus que jamais d'actualité à lire ton commentaire.

http://www.liberation.fr/societe/2014/11/06/en-finir-avec-la-fabrique-des-garcons_1137816

Prof Solitaire a dit…

Mais mon cher, si je dérape, je t'en prie, rappelle-moi à l'ordre! Je ne demande que ça!

Tes références françaises sont fort intéressantes, mais je dois t'avouer ne pas avoir suivi toute cette controverse française de très près. Je t'accorde que les féministes ne sont pas les uniques responsables de ce brainwashing massif de petits garçons. En fait, je ne l'ai jamais pensé. Les hommes ont une gigantesque part de responsabilité à cet égard. Mais les féministes sont responsables de la diabolisation des hommes.

À propos de quoi d'autre dérape-je?

Merci pour le lien, je vais aller voir ça.

Anonyme a dit…

Je suis plutôt d'accord avec fylouz...

Je me suis longtemps considérée comme féministe, car je crois que je vaux autant qu'un homme... Maintenant, je me considère plutôt comme humaniste parce que pour certains, dès que je disais être féministe, les hommes à qui je le disais, me démonisait. J'étais une frigide frustrée qui détestait les hommes...

Je crois que tu tombes dans ce même pattern. Tu agis exactement comme ces féministes que tu dénonces.

Je connais plusieurs femmes violées. Et ce n'est pas une histoire floue. Toutes en parlent du bout des lèvres, ça les a changées. Elles ne dénoncent pas, parce que lors du procès, on fait leur procès à elles. Je connais une femme qui travaillait en centre jeunesse qui en début de carrière incitait les gamines à dénoncer. Plus maintenant. Les filles en ressortent plus détruites...

Tu mets toutes les filles violées dans le panier des féministes. Ce n'est pas le cas. Tu dénigres les filles qui vivent un viol sous prétexte que certaines inventent des viols où il n'y en a pas.

Au Québec, on n'est pas au USA... Certaines filles vont dénoncer quand il n'y a rien et c'est déplorable pour celui qui est faussement accusé... Rien ne pourra réparer ce qu'il aura vécu. Mais il ne faut pas oublier toutes les filles qui ont la vie détruite mais ne dénoncent pas, celles qui dénoncent et se font dire que c'est leur faute en cour, etc.

La vie n'est pas blanc ou noir. C'est une succession de gris. Oui, il y a des folles. Mais oui, il y a des violeurs et peu sont dénoncés. Et oui, les femmes sont plus souvent victimes. Ça n'exclue pas que les hommes soient aussi victimes, mais c'est moins fréquent...

Marâtre


Prof Solitaire a dit…

Salut Marâtre, merci de ton commentaire fort intéressant. Si tu me permets, j'aimerais te citer afin qu'on creuse un peu. J'espère que tu n'auras pas d'objections à te prêter à l'exercice.

"Je me suis longtemps considérée comme féministe, car je crois que je vaux autant qu'un homme... Maintenant, je me considère plutôt comme humaniste parce que..."

Si je comprends bien, tu n'as aucun problème avec l'idéologie féministe, la seule raison pour laquelle tu n'utilises plus le mot, c'est à cause de la réaction des hommes? C'est bien ça?

"Je crois que tu tombes dans ce même pattern. Tu agis exactement comme ces féministes que tu dénonces."

OK, premièrement, je n'ai jamais dit que les féministes sont "frigides" ou "frustrées". Ce que je dis, c'est que le féminisme est une idéologie qui diabolise les hommes. Je ne m'exprime peut-être pas correctement, mais c'est l'idéologie, ses contractions et sa naïveté que je dénonce! Et je ne vois pas très bien en quoi mes arguments sont exactement ce que je dénonce. Vraiment pas. Explique-moi stp.

"Je connais plusieurs femmes violées..."

Mais je ne le nie absolument pas. Je n'ai jamais dit que le viol n'existait pas, au contraire! J'ai même dit que cette vague de confessions sur les médias sociaux était une bonne chose, relis le début de mon billet! Je connais aussi des femmes qui ont été victimes de viol et cela a été pour elles une épreuve abominable dont elles ne se sont jamais remises. Je ne dis absolument pas le contraire!

En fait, corrige-moi si je me trompe, mais tu es en train d'illustrer un de mes points: quiconque ose critiquer le féminisme est immédiatement assimilé à un misogyne pro-viol. Ça ne marche pas de même, moi j'avance que toute idée peut être analysée, décortiquée, critiquée et débattue. Le féminisme ne fait pas exception, à mon avis.

"Tu dénigres les filles qui vivent un viol sous prétexte que certaines inventent des viols où il n'y en a pas."

Trouve-moi la phrase que j'ai écrite qui exprime ça. Je t'en prie, je veux vraiment savoir où j'ai écrit une horreur pareille. Trouve-la moi stp et je m'excuserai immédiatement.

Le fait de dire qu'une allégation de viol doit être investiguée comme n'importe quelle autre crime ne constitue pas un dénigrement des victimes de viol.

Selon cette logique, faudrait-il croire sur parole toutes les personnes qui prétendent avoir été volées sans vérifier si c'est vrai? Et lorsque la police enquête sur une allégation de vol pour en découvrir la véracité, est-elle en train de dénigrer les victimes de vols? Ça n'a pas de sens.

Oui il y a des femmes qui sont victimes de viol. Oui c'est un crime abominable. Mais il y a aussi des femmes qui accusent faussement pour toutes sortes de raisons. C'est un FAIT. Et comme pour n'importe quel autre crime, je crois que la personne qui est la cible d'une accusation devrait être considérée innocente jusqu'à preuve du contraire. Explique-moi en quoi ceci constitue un dénigrement des victimes stp.

"Ça n'exclue pas que les hommes soient aussi victimes, mais c'est moins fréquent..."

C'est plus fréquent que ce que tu crois...

Anonyme a dit…

question1 : L'idéologie féministe est ce qui a permis aux femmes de voter, de CHOISIR avec qui elles couchent ou leur emploi... Ce n'est pas le démon. Ce n'est pas non plus ce que certaines femmes en font : une arme de destruction des hommes. Je suis féministe. Mais dès que je le dis, on me met dans le même paquet que ces folles...

question2 : je ne dis pas que tu as dit qu'elles étaient frigides et frustrées. Mais c'est un discours qu'on entend souvent.

question3 : arrête-moi si je déduis mal, mais tu sembles reprocher aux féministes de mettre tous les hommes dans le même paquet. Tu fais de même avec toutes les féministes. Pour moi, féminisme veut dire choix, possibilités et égalité. Je ne vois pas en quoi cela pourrait être négatif, pour l'homme ou la femme.

question 4 : je ne parle pas uniquement de ce billet... J'ai l'impression, et j'extrapole, j'en conviens, que tu en veux aux féministes et que tu t'acharnes à trouver tout ce qui touche au sujet afin de pouvoir étayer ton point. Malheureusement, ce dont on entend parler sont celles qui sont problématiques. On n'entend jamais parler de celles qui font le bien, qui explique aux petits garçons et aux petites filles qu'ils sont égaux, que les couleurs de gars ou de filles n'existent pas, ni les jouets, que tous ont une valeur, des forces et des faiblesses qu'on peut compenser avec les forces des autres..

Je précise que tu n'as pas écrit noir sur blanc que tu croyais que le viol ne devait pas être puni. C'est simplement que tes propos me dérangent par ce qu'ils impliquent pour les filles qui veulent dénoncer. Je m'explique. Une fille se fait violer par son prof de philo, par exemple. Elle dénonce. Si on part du principe que tous sont innocents et qu'on ne retire pas la personne de ses fonctions, le choix qu'il demeure pour la supposée victime, c'est A) abandonner son cours B) avoir son violeur dans la face pendant le reste de la session...
La seule chose avec laquelle j'ai de la difficulté, c'est la façon que les médias ont de se mêler de tout ça. Mais suspendre quelqu'un sous des supposition est la chose à faire.

En fait, je trouve simplement que dernièrement, tu sembles en croisade contre les féministes et que tu mets les folles des USA dans le même panier que même celles qui sont simplement pour l'égalité.

Prof Solitaire a dit…

Merci de ces précisions qui m'aident à mieux comprendre ton point de vue. Et qui m'aident également à raffiner les miens. Je t'en suis sincèrement reconnaissant. Sois assurée que tes opinions seront toujours les bienvenues ici.

Maintenant, j'aimerais réagir à tes commentaires, j'espère que tu n'y verras pas d'objections.

"L'idéologie féministe est ce qui a permis aux femmes de voter, de CHOISIR avec qui elles couchent ou leur emploi... Ce n'est pas le démon. Ce n'est pas non plus ce que certaines femmes en font : une arme de destruction des hommes. Je suis féministe. Mais dès que je le dis, on me met dans le même paquet que ces folles... "

Historiquement, l'idéologie féministe a été nécessaire, absolument d'accord avec toi là-dessus. Les femmes qui sont descendues dans la rue pour demander le droit de vote sont de véritables héroïnes, ce n'est pas moi qui dirai le contraire. Les premières qui ont bravé les tabous et qui sont allées à l'université le sont également. Ce n'est pas avec ces gens-là que j'ai un problème.

C'est au féminisme moderne que je m'objecte. Celui qui existe en 2014, dans une société comme la nôtre où les femmes ne sont plus des citoyens de seconde zone comme c'était le cas avant. Bien sûr, des inégalités persistent et doivent être dénoncées, mais elles ne sont pas l'apanage des femmes. Dans de nombreux cas, ce sont les hommes qui souffrent de ces inégalités, comme je l'ai illustré dans plusieurs billets.

Notre société est un ensemble diversifié et complexe et les stéréotypes naïfs véhiculés dans le discours féministe actuel ne décrivent tout simplement pas adéquatement cette réalité. Il s'agit d'une vision manichéenne qui ne rate jamais une occasion de nous répéter combien les femmes sont des éternelles victimes et les hommes des abominables oppresseurs. Je considère que ce type de discours ne reflète pas (ou plus, si tu préfères) adéquatement la réalité et je suis franchement écoeuré de voir les médias le répéter ad nauseam comme un mantra.

Ce que je souhaite, c'est qu'on cesse de répéter que les femmes sont des petits chaperons rouges et que les hommes sont des gros méchants loups.

Dénonçons TOUS les viols et les cas de harcèlement sexuel, pas seulement ceux que subissent les femmes. Dénonçons TOUTE forme de violence conjugale, pas seulement celle perpétrée par des hommes. Dénonçons TOUS les cas de détournement de mineurs, pas seulement quand le mineur est de sexe féminin. Dénonçons TOUTE discrimination, pas seulement celle qui vise les femmes! C'est ça que je dis. Qu'y a-t-il de déraisonnable là-dedans?

Mais ce n'est pas du tout ce que véhicule le discours féministe. Ce dernier ne s'intéresse pas aux situations où des femmes s'en prennent à des garçons ou des hommes. Pire, il prétend que ces cas sont marginaux ou n'existent carrément pas. Ce déni de la réalité n'est pas constructif. C'est du sexisme.

Pour être l'équivalent de ces gens-là, il faudrait que je dise que SEULS les hommes sont TOUJOURS des victimes et que les femmes sont TOUTES soit des agresseuses, soit des prédatrices potentielles. Or, ce n'est pas ce que je fais. Pas du tout. Je dis simplement que les victimes masculines ne doivent pas être oubliées et que les agresseuses féminines existent. C'est tout! Et le simple fait de l'affirmer fait de moi une espèce d'extrémiste? Pourquoi? Tu vois ce que je veux dire?

Prof Solitaire a dit…

"je ne dis pas que tu as dit qu'elles étaient frigides et frustrées. Mais c'est un discours qu'on entend souvent."

Certainement pas de moi. Ne m'associe pas à ces crétins misogynes qui dénigrent les femmes et les considèrent comme des connasses. Ce n'est pas mon cas. Regarde mes propos pour ce qu'ils sont, c'est tout. Ce que je dis n'est pas motivé par une haine des femmes, ils le sont par un mépris de l'injustice et des mensonges.

Prof Solitaire a dit…

"arrête-moi si je déduis mal, mais tu sembles reprocher aux féministes de mettre tous les hommes dans le même paquet. Tu fais de même avec toutes les féministes. Pour moi, féminisme veut dire choix, possibilités et égalité. Je ne vois pas en quoi cela pourrait être négatif, pour l'homme ou la femme."

Sauf tout mon respect, ta définition n'est pas une définition qui décrit adéquatement le mouvement féministe actuel. Un mouvement qui s'intéresserait véritablement à l'égalité entre tous les humains dénoncerait toutes les inégalités, peu importe que ces dernières visent des hommes ou des femmes. Tu crois vraiment que c'est ce que fait le féminisme?

Beaucoup plus d'hommes que de femmes meurent ou sont blessés en travaillant. Où sont les féministes avec leurs pancartes? Le nombre de jeunes hommes dans nos universités est en chute libre. Où est l'indignation des féministes? Il y a beaucoup plus de sans-abris hommes que de femmes, où sont les ténors féministes pour le dénoncer? Plus de femmes que d'hommes obtiennent la garde des enfants après un divorce, où sont les demandes égalitaires des féministes?

Trouve n'importe quelle situation où les hommes sont désavantagés par rapport aux femmes et trouve-moi des féministes qui protestent cette situation. Tu n'en trouveras pas.

Parce que ce qui intéresse le féminisme, ce n'est pas l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est uniquement les cas où les femmes sont victimes de cette inégalité. C'est l'évidence même! Pour elles, ce sont les seules situations discriminatoires qui existent! Regarde ce qui se passe présentement dans les médias, c'est exactement ça!

C'est inacceptable à mes yeux. Pour moi, toute discrimination est répugnante, je me fiche que la victime ait un vagin ou pas. Or, pour le féminisme, cette distinction est absolument essentielle. Pourquoi?

Prof Solitaire a dit…

"je ne parle pas uniquement de ce billet... J'ai l'impression, et j'extrapole, j'en conviens, que tu en veux aux féministes et que tu t'acharnes à trouver tout ce qui touche au sujet afin de pouvoir étayer ton point."

Pour être honnête avec toi, je cherche désespérément un contre-exemple qui me prouvera que le féminisme est crédible et utile. Mais je n'en trouve pas. Les arguments féministes que je trouve dénoncent des inégalités imaginaires, ou encore ils dénoncent une vraie inégalité, mais refusent de voir que ce ne sont pas seulement les femmes qui en souffrent. Bref, c'est au mieux incomplet, au pire de la foutaise. Ma recherche se poursuit... si tu veux m'aider à trouver l'exception, n'hésite pas!

"Malheureusement, ce dont on entend parler sont celles qui sont problématiques."

Mme Blanchette du Devoir n'est pas une débile hystérique. Je l'ai expressément choisie pour cette raison. C'est facile de démolir les arguments des harpies haineuses, mais je voulais m'attaquer aux arguments qui s'approchent plus des propos de Madame Tout-le-Monde.

"On n'entend jamais parler de celles qui font le bien, qui explique aux petits garçons et aux petites filles qu'ils sont égaux,"

C'est de cette fa^con que j'élève mes enfants et je ne suis pas féministe.

"que les couleurs de gars ou de filles n'existent pas, ni les jouets,"

Mon fils cadet aime le rose et joue parfois avec des Barbie que je lui ai moi-même achetées (à sa demande) et je ne suis pas un féministe.

"que tous ont une valeur, des forces et des faiblesses qu'on peut compenser avec les forces des autres.."

Ce que tu décris n'est pas l'apanage du féminisme.

C'est comme un chrétien qui me dit qu'il inculque sa religion à ses enfants pour qu'ils soient moraux, généreux et vertueux. Mes enfants le sont et ils ne sont pas élevés dans la religion chrétienne!

C'est exactement la même chose.

Prof Solitaire a dit…

"Je précise que tu n'as pas écrit noir sur blanc que tu croyais que le viol ne devait pas être puni."

Merci de le reconnaître.

"C'est simplement que tes propos me dérangent par ce qu'ils impliquent pour les filles qui veulent dénoncer. Je m'explique."

Je t'en prie.

"Une fille se fait violer par son prof de philo, par exemple. Elle dénonce. Si on part du principe que tous sont innocents et qu'on ne retire pas la personne de ses fonctions, le choix qu'il demeure pour la supposée victime, c'est A) abandonner son cours B) avoir son violeur dans la face pendant le reste de la session..."

OK. Je répondrais trois choses à ceci.

1- Ce que j'ai dit, c'est que dans certains cas, je peux comprendre que la suspension soit de mise. Comme dans le cas de cet animateur de radio anglo-canadien. Alors oui, tu suspends, mais temporairement et avec salaire. Si ce n'est pas possible, alors tu tentes d'accommoder la plaignante en lui permettant de transférer dans un autre cours de philo. Il y a moyen de trouver une solution temporaire sans se substituer à la justice.

2- Si le prof est trouvé coupable, tu le crisses dehors. Pas avant. Parce que des fausses accusations, ça existe. C'est pas beau, il n'y a pas de quoi être fier et on préférerait tous que ça n'existe pas, mais ça existe. Je sais de quoi je parle, j'ai été cloué au pilori par des débiles à cause d'allégations frivoles et stupides. Personne ne devrait subir ce que j'ai subi. Ce sont les coupables qu'il faut punir, pas les innocents.

3- La présomption d'innocence est primordiale dans notre société. Imagine s'il était aboli. N'importe quel fafouin pourrait t'accuser de n'importe quel crime et tu serais immédiatement punie sans procès! Je t'accuse de meurtre et même si je ne fournis aucune preuve valable, tu es immédiatement congédiée de ton emploi et ta réputation est anéantie sur la place publique? Ça n'a aucun sens!

"La seule chose avec laquelle j'ai de la difficulté, c'est la façon que les médias ont de se mêler de tout ça. Mais suspendre quelqu'un sous des supposition est la chose à faire."

Pas toujours. Dans le cas des députés libéraux, par exemple, on ne parle même pas d'accusations, mais de RUMEURS! Personne n'a porté plainte! Alors à moins que ces deux types-là aient avoué leur culpabilité, cette suspension est complètement injustifiée, à mon humble avis.

Prof Solitaire a dit…

"En fait, je trouve simplement que dernièrement, tu sembles en croisade contre les féministes et que tu mets les folles des USA dans le même panier que même celles qui sont simplement pour l'égalité."

L'idéologie est la même, que la féministe soit québécoise ou américaine ou allemande. Le féminisme est basé sur trois assomptions:

1- Nous vivons dans une société patriarcale qui avantage systématiquement les hommes aux détriment des femmes.

2- Les femmes sont victimes de discrimination à tous les jours et de multiples façons.

3- Les hommes sont responsables de cette discrimination, qu'ils en soient conscients ou non.

Que tu sois dans le pays que tu veux, c'est toujours avec ces lunettes-là que les féministes voient le monde.

Je dis lunettes, mais je devrais dire ornières.

La réalité, c'est que:

1- Nous vivons dans une société imparfaite où existent des situations discriminatoires dont souffrent toute sorte de monde.

2- Aucun groupe n'a l'exclusivité quant à ces discriminations, tout le monde est victime de sexisme, de racisme ou de discrimination à un moment donné dans sa vie.

3- TOUTES les situations discriminatoires doivent être dénoncées peu importe le sexe, la couleur de peau, l'orientation sexuelle ou l'origine ethnique de la victime.

4- PERSONNE ne devrait être décrit comme un prédateur ou un danger à cause de son sexe ou d'un sous-groupe auquel il appartient.

C'est tout ce que je veux.

Et ça ne me semble pas extrémiste du tout...

fylouz a dit…

Une fois de plus, tes explications sont très claires et il est bien difficile d'y trouver contradiction.

Ce qui est dommage, je pense, c'est le ton quelque peu agressif que tu emploies dans ton premier jet. C'est ensuite que viennent les éclaircissements (si tant est que quelqu'un t'interpelles à ce sujet).

Mon conseil, essaye de mettre de l'eau dans ton vin, efforce toi d'être aussi clair et objectif que possible dans tous tes propos (et ça passe aussi pour ton livre).

Pourquoi ? Parce que si un jour tu deviens un auteur reconnu (ce que je te souhaite), on risque de fouiller dans tous tes textes pour y trouver de quoi retourner tes propos contre toi. Ça risque d'être peu objectif, partial, mesquin, saignant.

Si la "Factual Feminist", aussi posée et objective soit elle, se fait traiter de "réactionnaire" et qu'on suggère que son "indifférence au sexisme dans les jeux vidéos" représentait "l'abrogation irresponsable de notre humanité commune", et ce, de la part d'un journaliste professionnel, imagine les réactions dans ton cas.

Ici, une analyse d'une controverse française autour du film "Gone Girl" :

http://www.liberation.fr/chroniques/2014/11/07/bienvenue-chez-les-sluts_1138762

Et un résumé de la polémique sur "l'ABCD de l'égalité".

http://fr.wikipedia.org/wiki/ABCD_de_l'%C3%A9galit%C3%A9

Prof Solitaire a dit…

Ah, tu soulèves un aspect intéressant... le ton. C'est vrai que je peux être cassant et je te mentirais si je n'éprouvais pas une certaine colère face à des déclarations publiques sexistes.

Je crois que la colère peut être justifiée et qu'elle peut même être saine, mais c'est vrai que dans un débat constrictif, c'est pas la meilleure approche. Tu me donnes matière à réflexion, merci.

Prof Solitaire a dit…

*constructif

fylouz a dit…

Boah... Tant que c'est pas constrictor.