30 décembre 2014

La haine n'a pas de sexe

Il y a des gens qui détestent les féministes pour les mauvaises raisons.

Plutôt que de s'attaquer à leurs arguments fallacieux ou à la fausseté de plusieurs de leurs affirmations, ils vont s'attaquer aux personnes. Ils diront que ce sont une bande de lesbiennes enragées, des vieilles filles frustrées, des folles ou encore des grosses laides qui sont incapables d'être en couple. Ces commentaires sont mesquins et plutôt que de faire progresser le débat, ils le démolissent.

Il est toutefois intéressant de noter que ce type de commentaires n'est pas exclusif aux hommes qui critiquent le féminisme. Les femmes qui s'opposent au mouvement de défense des droits des hommes font exactement la même chose.

Un premier centre pour hommes a été ouvert cette année à Toronto. Ce centre offrira des ressources légales et des groupes de soutien pour les hommes, les pères et les garçons qui en ont besoin. Bref, c'est un organisme communautaire comme il en existe des centaines pour femmes, mais pour une fois, il se consacrera à l'autre moitié de la race humaine. C'est tout à fait admirable.

Les féministes, qui prétendent avoir l'égalité des sexes à coeur, devraient s'en réjouir, pas vrai? Ha!

Regardez cet article d'une certaine Heather Mallick qui a été publié dans le Toronto Star. La chroniqueuse commence par se moquer de l'apparence du type qui est à l'origine de cette belle initiative:

There was a news conference in Toronto this week to announce the unveiling of a men’s rights office. It will be run by a thin pale wary-looking male-victimhood guy who I always get mixed up with another scrawny depressed-looking men-imist, mainly because they tend to pose for photos against walls, cement and brick respectively, and glower at the camera.

Women always smile in photos. I guess men don’t because they’re victims of women and it’s so grim for them right now. Or maybe these two had bad divorces — but find me a good one — or can’t find girlfriends.

Puis, on ajoute une autre couche de dérision en affirmant que ce n'est pas en défendant les droits des hommes qu'il va se faire une blonde:

I would suggest that setting up a group like this is not a winning strategy on OkCupid: “Likes: two straws and a latte, walking by the lake, watching a little suicide video called The Disposable Man over and over again. Dislikes: misandry, male mockery and early death.”

Et elle ne s'arrête pas là. Une fois que tu as démoli le gars, tu démolis sa cause:

I don’t know why men’s rights groups exist in North America or indeed anywhere, and they could have chosen a better moment than this one when women are suddenly coming forward about decades of rape and harassment by rich famous men, or campus sexual assault , or their failure to get into boardrooms, or get leave to have babies, etc.

Ce bout-là est vraiment fascinant. Selon cette chroniqueuse, le moment est mal choisi pour fonder un centre de soutien aux hommes. Pourquoi? Parce que les femmes sont victimes de discrimination.

Il faut comprendre le sous-texte ici. Pour les féministes, les femmes sont victimes de discriminations À CAUSE des hommes. Dans leurs esprits tordus, un centre d'aide pour les hommes, c'est comme le Klu Klux Klan, c'est une organisation qui favorise des prédateurs et des gens privilégiés qui s'en prennent aux moins fortunés qu'eux. Les féministes sont incapables de concevoir que des hommes puissent avoir besoin d'aide ou être victimes de discrimination. Donc, comme elle l'écrit clairement avec une honnêteté désarmante et sans la moindre honte, la chroniqueuse NE SAIT PAS pourquoi des centres pour hommes existent en Amérique du nord.

Et plutôt que d'essayer de s'informer, elle va nous vomir sa litanie de remontrances féministes. Ce n'est pas un bon moment pour fonder un centre pour les hommes, dit-elle, parce que les femmes sont présentement en train de sortir de l'ombre pour dénoncer des décennies de viol et de harcèlement, d'assaut sexuel sur les campus, etc.

Vous savez quoi? Je pourrais démontrer que certaines de ces affirmations sont fausses, mais ce n'est pas le but. Parce que même si elles étaient toutes vraies, elles ne constitueraient pas une raison valide pour critiquer la fondation du centre pour hommes.

En quoi les injustices que vivent les femmes viennent-elles invalider celles que vivent les hommes? En quoi le fait que des femmes soient victimes de situations discriminatoires rend-il acceptables les discriminations qui affectent des hommes?

À moins de croire au patriarcat et de penser que TOUS les hommes sont des êtres privilégiés et dangereux qui sont responsables de la discrimination entre les hommes et les femmes, cette affirmation n'a absolument aucun sens.

Je vous épargne le reste de l'article, dans lequel la chroniqueuse parle des situations discriminatoires qu'elle a vécues pour ensuite s'empresser de dire qu'elle ne veut pas en parler. Une belle façon de balancer une accusation en empêchant quiconque de répliquer ou de se défendre.

Elle affirme ensuite que les inquiétudes à propos des garçons qui réussissent moins bien à l'école sont de "la foutaise" (tosh). Pourquoi? Parce que personne ne s'inquiétait quand les filles réussissaient moins bien.

Encore une fois, supposons que cette affirmation soit vraie (ce qu'elle n'est pas), en quoi une discrimination passée rend-elle acceptable une discrimination présente?

Elle se dépeint comme une "féministe modérée" et décrit les hommes qui ont fondé ce centre à Toronto comme un "Extremist male group".

Et elle termine son article avec une série d'anecdotes bizarres de gens qui ont été surpris à baiser en public dans le métro de Toronto.

Apparemment, c'est ça l'égalité des sexes pour cette chroniqueuse.

Je lis son article et j'ai l'impression d'être en train de fouiller dans un flaque de vomi pour essayer de comprendre ce qu'elle a manger pour dîner.

Remarquez que l'article ne contient d'ailleurs absolument aucune information à propos du centre en question.

D'ailleurs, rectifions la situation, si vous êtes curieux d'en savoir plus sur le Canadian Centre for Men and Families, cliquez ici.




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