9 décembre 2014

Pour la CSDM, des élèves, ça sert à ça...

Extrait de l'ahurissante nouvelle:

Ne décolérant pas contre le projet de redécoupage des commissions scolaires qui lui ferait perdre des dizaines de milliers de jeunes, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) organise des manifestations d'élèves.

La semaine dernière, c'était une chaîne humaine autour de l'École Internationale de Montréal, à Westmount. Hier, c'était une chaîne humaine de jeunes autour de l'école Saint-Luc, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Dans les deux cas, le service de communication de la CSDM a publié un communiqué pour inviter les médias à ces évènements, dont la porte-parole principale était chaque fois la commissaire de la CSDM du quartier.

Jeudi dernier, pendant un jour de classe, la CSDM a aussi loué un autobus scolaire pour que 12 élèves aillent à Québec protester contre le projet de fusions.

Je n'en reviens tout simplement pas.

C'est dément.

Imaginez si les enseignants se servaient des élèves pour manifester lors d'une future négo. Imaginez si on les amenaient avec nous en autobus pour les manif. Imaginez si on les encourageait activement à sortir de l'école avec leurs pancartes et à manifester devant l'école. Imaginez le scandale!

Et vous savez quoi? Les gens auraient parfaitement raison de s'indigner. Les enseignants n'ont pas à impliquer des élèves dans des négos avec leur employeur et ils n'ont pas à se servir des élèves dans leur moyens de pression. De plus, il est du devoir d'un enseignant d'exposer ses étudiants aux deux côtés d'un débat et d'un conflit afin qu'ils puissent se faire leur propre opinion. Autrement, ce n'est plus de l'éducation, c'est de l'endoctrinement, calvaire!

Mais pour les bureaucrates de la commission scolaire, ça deviendrait acceptable? Ben voyons!

La réalité, c'est qu'on soit d'accord ou pas avec ce redécoupage de la carte des CS (et j'ai déjà dit que je doute beaucoup de la bienveillance des libéraux dans ce dossier), il s'agit d'une manoeuvre qui n'aura aucun impact sur les élèves. Absolument rien ne changera pour eux, à part le petit logo de CS qui sera imprimé sur leur agende scolaire en septembre! On n'a donc aucune raison valable de les impliquer dans cette histoire.

La suite nous informe sur les motivations des jeunes qui acceptent de participer à ces manifs:

(...) De fait, hier, une cinquantaine d'adolescents - dont certains étaient vêtus en plein froid d'un chandail ou de manteaux très légers - ont consacré une partie de leur heure de dîner à manifester contre le démantèlement de la CSDM et, disent-ils, de leur école, Saint-Luc.

«À notre école, on a un programme de musique exceptionnel et on risque de le perdre», a dit Jasmine Istiytieh, 16 ans, qui fait partie de l'Association des élèves.

Plusieurs d'entre eux ont affirmé que c'est précisément cette grande crainte de perdre leur programme de musique ou leur programme international qui les a amenés à se mobiliser.

Qui leur a dit que le transfert de leur école vers la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys ferait planer une grande menace sur ces programmes?

Les élèves interrogés ont mentionné que cela leur avait été expliqué en classe par des enseignants, de même que dans une lettre que la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, avait fait parvenir à tous les parents.

Jasmine Istiytieh, pour sa part, a dit que c'est la commissaire Marie-José Mastromonaco qui l'avait sensibilisée.

(...) Ménélik Philip, président de l'Association des élèves du secondaire de la CSDM, raconte que c'est sa crainte pour les programmes particuliers qui l'a motivé à prendre part au voyage à Québec, la semaine dernière, pour y rencontrer des députés et les sensibiliser aux dangers de la nouvelle carte scolaire.

Qui a eu l'idée de ce voyage? L'idée, a-t-il répondu, est venue de la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, et de sa conseillère stratégique, Christine Mitton.

Voyez-vous ça? Qui sème la panique parmi ces jeunes en leur disant que leur école va être DÉMANTELÉE et leurs programmes ABOLIS? La présidente de la CS, un commissaire et des profs!

Or, il s'agit évidemment de grossiers mensonges:

Jean-Michel Nahas, porte-parole de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, signale que selon le dernier scénario à l'étude, Notre-Dame-de-Grâce - et, partant, l'école Saint-Luc - est de toute façon destiné à rester à la CSDM. Mais surtout, dit-il, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys n'a aucune intention de mettre la hache dans les programmes particuliers des écoles dont elle héritera.

Voilà... les bureaucrates de la CS tirent la sonnette d'alarme pour RIEN. Ils manipulent les jeunes, leur remplissent la tête de balivernes et de mensonges et les mobilisent pour RIEN.

Non, pas pour rien, pour sauver leurs esti de jobs de parasites à eux, puisqu'ils sont les seuls qui seront véritablement affectés par ces changements administratifs. À leurs yeux de sangsues égoïstes, ceci a beaucoup plus d'importance que l'éducation des élèves et ils ne voient aucun conflit d'intérêt, ni aucun problème à mentir aux élèves qui sont sous leur responsabilité et à les effrayer inutilement pour atteindre leurs buts et protéger leurs fesses.

C'est tellement écoeurant que ça dépasse l'entendement. Ces gens-là n'ont vraiment aucun scrupule...

Abolissez-moi ça au plus sacrant!!!!!!!!!!!!!



5 commentaires:

Le professeur masqué a dit…

«aucun impact sur les élèves. »

Faux. L'énergie qu'on va perdre à gérer ces conneries de fusion, on ne le mettra pas sur les élèves. Le tout va couter plus cher.

Pour le reste, personne n'a démontré les avantages d'abolir les CS. Tu aurais aimé que ton seul patron soit une directrice folle comme tu as connue?

Prof Solitaire a dit…

Ah non mon cher collègue masqué, je ne suis pas d'accord. Est-ce que les politiques d'austérité du gouvernement auront un impact négatif sur les services aux élèves? Absolument et c'est déjà commencé, comme tu le sais fort bien.

Est-ce que le redécoupage des territoires des commissions scolaires aura un impact négatif sur les services aux élèves? Pas nécessairement. Ce n'est pas parce qu'on dit à une école qu'elle est dorénavant sous la supervision de la CS d'à côté que ça change quoi que ce soit pour les élèves.

Les gens qui vont gérer ces conneries de fusions, ce sont des bureaucrates qui ne consacrent déjà pas un iota de leur énergie aux élèves, alors ce n'est pas une grosse perte!

Comprends-moi bien, je ne suis pas en train de dire que c'est une bonne idée ce redécoupage territorial, au contraire! C'est stupide! Mais rien n'indique pour l'instant qu'il y aura un impact sur les services aux élèves, alors ils crient au loup pour rien.

Pour ce qui est de l'abolition des CS, au point où j'en suis, je suis convaincu que n'importe quoi serait mieux que ça, tant que c'est plus petit.

À quoi elle a servi ma CS pendant mon conflit avec mon esti de folle de directrice? À PRENDRE PARTI POUR ELLE! Comme ça, à la place d'avoir juste une esti d'illuminée au cul, j'avais aussi la responsable des relations de travail, la responsable de la SST et la responsable des ressources humaines au cul aussi! Et tout ce beau monde n'écoutait que la version de la directrice sans jamais s'intéresser ni aux faits, ni à ma défense! Alors tu viens de choisir le pire exemple que tu aurais pu imaginer! Sans commission scolaire, j'aurais eu seulement UNE crisse de folle après moi plutôt que QUATRE!

Pas besoin de démontrer les avantages d'abolir les CS, on n'a qu'à démontrer les coûts, les détournements de fonds, l'inefficacité des structures en place et le fait que les parasites en place ne sont pas là pour les élèves, mais plutôt pour protéger leurs fesses! Et tout ça est démontrable.

On a besoin de quelque chose de plus petit et de moins puissant, c'est aussi simple que ça.

PJ a dit…

Quand les taxes scolaires augmentent, où va l'argent...

Le professeur masqué a dit…

«rien n'indique pour l'instant qu'il y aura un impact sur les services aux élèves»

J'ai vécu une fusion de deux commissions scolaires. J'ai vu tout le personnel rebrassé au complet, des équipes-école déchirées, des professionnels devoir abandonner des cas d'élèves qu'ils commençaient à apprivoiser et je t'en passe des meilleurs. Il a fallu deux ou trois pour revenir à une certaine normale, à un certain rythme. Le redécoupage des CS, c'est aussi le redécoupage des ressources et du personnel. Et ça, c'est une perte de temps pour les élèves.

Prof Solitaire a dit…

Écoute... je me sens un peu entre deux chaises ici...

D'une part, je ne veux pas avoir l'air de défendre ces manoeuvres ridicules et inutiles des libéraux et tu as sûrement raison, connaissant l'inefficacité, la négligence et l'incompétence des CS, ce redécoupage territorial va probablement causer des retards et des désagréments pour les élèves.

Mais rien de tout ça ne justifie de manipuler, de mentir et d'instrumentaliser les élèves à cause d'un différend administratif entre la CS et le ministère.

Je suis convaincu que tu ne ferais jamais ça en contexte de négo pour mettre de la pression sur l'employeur. Pourtant, de meilleurs services et des classes moins surpeuplées sont toujours au coeur des revendications des enseignants et cela est CLAIREMENT dans l'intérêt des élèves. Mais malgré ça, on ne s'est pas SERVI de nos élèves la dernière fois, on ne l,a jamais fait à ce que je sache et on ne penserait même pas à le faire la prochaine fois.

Parce les profs sont conscients qu'ils sont là POUR les élèves et pas le contraire.

Ce n'est pas le cas de ces bureaucrates sans scrupules qui confondent leurs propres intérêts avec ceux des élèves.