7 décembre 2014

UTLIMATE FF: Strangest Ever‏


Il y a parfois de ces BD dont le concept semble tellement intéressant qu'on se dit qu'elle ne pourra qu'être géniale. Et pourtant, ses créateurs réussissent à tout bousiller. Celle-ci en est un excellent exemple.

L'action débute sur un site de construction au New Jersey. Un étrange liquide bleuté surgit du sol et englobe une partie du site sous un grand dôme bleu partiellement translucide. Des travailleurs qui ont été enveloppés par cette bulle n'en sont pas ressortis.

Arrivent sur les lieux les nouveaux FF. Non, pas les Fantastic Four, mais bien la Future Foundation, composée de Susan Storm (la femme invisible), Falcon et Iron Man qui porte une armure mauve et bleue, l'une des plus laides qu'il m'ait été donné de voir. Un autre membre du groupe, Machine Man, leur vient en aide à distance. On comprend que ce groupe a pour mission d'intervenir en cas "d'anomalies trans-dimensionnelles". Les trois héros pénètrent dans le dôme et sont attaqués par les travailleurs, transformées en créatures grotesques et agressives. Un combat s'engage, évidemment, et en fin de compte, les héros et les travailleurs sont sauvés à la dernière minute par Doctor Doom. Ne me demandez pas comment, je n'ai rien compris.

Apparemment, cette seule action est suffisante pour justifier son membership dans le groupe puisque Doom est avec eux lors de l'intervention suivante. Ils sont maintenant au fond de l'océan Pacifique dans une base sous-marine qui est la scène d'une nouvelle incursion trans-dimensionnelle. Namor est déjà sur place, il commence par attaquer nos héros avant de se joindre à eux, comme si on n'avait pas déjà vu ça des millions de fois auparavant. Ils sont ensuite attaqués par une armée d'Atlantéens originaires d'un univers parallèle. Après une suite d'événements aussi interminables qu'inintéressants où les règles qui régissent ces anomalies trans-dimensionnelles sont inventées à mesure, Doom ouvre un nouveau portail trans-dimensionnel qui aspire tous les Atlantéens et Namor.

Les quatre membres de la FF échappent à l'hécatombe en sautant dans un troisième portail (je sais, il y en a tellement que c'en est ridicule) qui les conduit dans une dimension étrange et désertique, parsemée d'éclairs et de roches suspendues dans les airs. Ils y rencontrent un type qui porte un étrange uniforme. Si j'ai bien compris, il s'agit de Rick Jones, le Captain Marvel de l'univers Ultimate. Mais comme je ne lis que très peu de BD dont l'action se déroule dans cet univers, cette rencontre n'a donc aucune signification, ni aucun contexte pour moi. Bref, nos héros sont coincés dans cette dimension avec Jones et des milliards de robots "Gah Lak Tus", une version vraiment ringarde du grand dévoreur de mondes de Lee et Kirby. Après des tergiversations qui paraissent encore une fois interminables, les naufragés dimensionnels réussissent à ouvrir un nouveau portail (et un de plus!) qui les ramène dans leur dimension d'origine.

Puis, enfin, à la toute fin, l'histoire commence enfin à regagner un peu en originalité.

Les membres de la FF font la connaissance d'un voyageur trans-dimensionnel qui a un message d'importance capitale pour eux. Ce voyageur est un porc humanoïde qui parle. Les vieux lecteurs de Marvel l'auront deviné, c'est nul autre que Spider-Ham (version Ultimate). Il leur raconte alors la suite d'événements qui a mené à la destruction de son univers, scénario qu'il a ensuite vu se répéter dans de nombreux univers parallèles, afin que la même chose ne se produise pas à nouveau dans celui-ci.

L'univers de Spider-Ham est exactement le même que celui de Ultimate Marvel, à la différence que les personnages qui l'habitent ne sont pas des humains, mais plutôt des animaux anthropomorphes. Captain America est un chat, Hulk est un lapin, Galactus est un ornithorynque (Galactypus), etc. Le super-héros porcin explique que l'événement déclencheur qui causera ultimement la destruction de l'univers est une romance entre Susan Storm et le Docteur (Ducktor) Doom. Le seul univers qui a survécu, dit-il, est celui où elle a un enfant avec Reed Richards. Cet enfant, dit-il, sera doté de pouvoirs extraordinaires et il sera en mesure de sauver l'univers le moment venu.

Le problème, c'est que dans l'univers Ultimate, non seulement Susan n'est plus en couple avec Reed Richards, mais elle le méprise au plus haut point. Elle est plutôt en couple avec Ben Grimm, The Thing, qui peut reprendre sa forme humaine à volonté. Malgré tout, dans la scène suivante, Susan se rend dans les ruines du Baxter Building et confronte un Reed rongé par ses regrets et ses remords. Elle l'immobilise, matérialise des scalpels et des outils de chirurgie et lui demande de la pardonner, mais qu'elle doit le faire pour sauver le monde. La scène se termine avec les hurlements de Reed Richards. On laisse au lecteur le soin d'imaginer ce qui est en train de se passer.

Saut en avant, nous voici neuf mois plus tard et Susan Storm est en train d'accoucher. Ben Grimm est à ses côtés et professe son amour pour Susan, "même si Reed est le père." Pendant l'accouchement, Machine Man sonne l'alarme générale qui rejoint tous les super-héros du monde. Un événement majeur et dévastateur est sur le point de se produire. Tout le monde attend de savoir à quel endroit exactement l'anomalie aura lieu. Machine Man complète ses triangulations et découvre qu'elle a lieu... juste devant l'hôpital où Susan Storm accouche.

Là, ça devient franchement bizarre. Des super-héros d'un monde parallèle, où tout le monde n'est doté que d'un seul oeil, font irruption devant l'hôpital. Ils affrontent les héros de l'univers Ultimate. Puis, le bébé de Susan Storm naît enfin. C'est une fille. Alors que sa mère la tient dans ses bras, l'enfant se met à briller et un cordon d'énergie s'étire de sa tête en direction du combat à l'extérieur de l'hôpital. Le cordon crée un nouveau portail qui avale tous les intrus cyclopes et les renvoie dans leur dimension d'origine.

Susan apprend alors à Ben Grimm que l'enfant n'est pas de Reed, mais bien de lui! Cet enfant sera-t-il assez puissant pour sauver l'univers? L'avenir le dira.

À part pour le dernier volet qui est intéressant, le reste de cette BD est totalement nul. Je n'ai pas vu d'histoires aussi absurdes et répétitives depuis très longtemps. Et pour couronner le tout, les dessins des premières parties sont tout simplement atroces. Je ne sais pas s'il faut blâmer le dessinateur ou l'encreur, mais le résultat est vraiment médiocre. Si au moins les dessins avaient été réussis, cela aurait rendu cette lecture un peu moins indigeste. Ça se corrige un peu vers la fin, mais même là, on est loin du chef-d'oeuvre.


2 commentaires:

fylouz a dit…

A propos de Super, ce vieil article : http://www.ouest-france.fr/concordia-deguise-en-spiderman-il-sauve-huit-enfants-109731

Une jolie histoire jusqu'à ce qu'on arrive à ce passage : "Pour remonter le moral des enfants, je me suis habillé successivement en Spiderman, puis en M. Indestructible et Wonderwoman".

Là, comme dans les films, j'ai entendu le disque vinyle brusquement arraché de la platine.

Il y a aussi ça : http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/08/vu-caire-spider-man-galere-256453

Prof Solitaire a dit…

Sache que j'ai totalement entendu le bruit décrit et j'ai bien ri! ;-D