30 janvier 2015

Couillard et les intégristes

Philippe Couillard joue avec les mots depuis des mois dans le dossier de l'intégrisme musulman:

Mais en matière de laïcité — vocable que M. Couillard a désormais banni au profit de «neutralité religieuse» —, le premier ministre use de sa passion du vocabulaire de façon dilatoire. Son discours a tellement été mouvant depuis son arrivée à la tête du PLQ et ses raisons pour ne pas agir si nombreuses, qu’observateurs et citoyens n’arrivent pas à comprendre où il va. Cela confirme plusieurs choses. D’abord, qu’il est profondément mal à l’aise à l’idée de légiférer en ces domaines. Ses convictions multiculturalistes jouent ici à fond. Ensuite, qu’il est à la tête d’un caucus et d’un parti qui refusent l’action en ces domaines pour des raisons électorales.

Mais cette fois-ci, on atteint le fond du baril. En effet, M. Couillard affirme maintenant qu'il n'a aucun problème avec les intégristes:

Lundi, Philippe Couillard avait affirmé que dans la mesure où les droits sont respectés, l’intégrisme «fait partie des choix personnels de chacun».

Oui, oui. C'est un choix personnel, voilà tout. Certaines personne choisissent une crème et deux sucres, certains choisissent la poutine à la place des frites, certains choisissent de porter leur chemise bleue et d'autres choisissent d'être des intégristes religieux. C'est un choix comme un autre, il ne faut pas en faire un plat! Couillard l'explique ainsi:

Mardi, il a cité l’exemple d’un intégriste catholique qui assiste à la messe deux fois par jour, porte un cilice et respecte toutes les prescriptions des Écritures. «Tant que cette pratique ne met pas en jeu les droits des autres, la sécurité des autres, les principes fondamentaux comme l’égalité hommes-femmes, cette pratique-là, à ce que je sache, personne ne songe à l’interdire. Et ça existe dans toutes les religions, c’est une minorité, mais ça existe», a-t-il expliqué.

Donc, pour M. Couillard, il y a des intégristes musulmans qui ne mettent pas en jeu les droits des autres. Vraiment, M. Couillard? Vous en connaissez beaucoup des intégristes musulmans qui sont des grands amants de nos droits et de nos libertés? Comme qui? Comme Mme Laouni qui demande que la liberté de la presse soit soumise à une censure gouvernementale (votre ministre de l'immigration trouve qu'elle a bien raison d'ailleurs)? Ce n'est pas "mettre en jeu les droits des autres" ça?

Vous en connaissez beaucoup des intégristes musulmans qui sont des grands amants de l'égalité entre les hommes et les femmes? Connaissez-vous UNE SEULE mosquée où les hommes et les femmes sont autorisés à prier côte à côte? Juste UNE? Non? Ah, bon...

Philippe Couillard aime bien les intégristes pour deux raisons. Premièrement, ils votent pour lui aux élections. Deuxièmement, il en est un lui-même. Il est un multiculturaliste intégriste. Alors, entre intégristes, faut s'entraider, n'est-ce pas?

C'est pour ces raisons qu'il est complètement impuissant face à la montée de l'intégrisme religieux. Il est impotent. Inutile. Pire, il est dangereux parce qu'avec ses petites acrobaties verbales, ses arguments fallacieux et sa malhonnêteté intellectuelle, il brouille tout et sème la confusion dans le débat. Pire que tout, son ridicule et obstiné refus d'agir pour contrer l'intégrisme ne pourra avoir que des conséquences terribles dans l'avenir.

Tiens, je laisse Mme Zineb El Rhazoui vous expliquer ça beaucoup plus clairement et éloquemment que moi:

Pourfendeuse de l'intégrisme islamique et rédactrice au tristement célèbre Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui considère que le premier ministre Philippe Couillard réserve au Québec des lendemains qui déchantent en évitant de se mouiller dans le dossier de la laïcité. «Quand tu as une politique pareille, ça ne présage rien de bon.»

De passage à la tribune parlementaire de l'Assemblée nationale jeudi, et au consulat général de France la veille, la femme de 33 ans, titulaire d'une maîtrise en sociologie des religions, estime que la position du gouvernement libéral - choisir la lutte contre le terrorisme plutôt que contre l'intégrisme religieux - revient à soulager uniquement le symptôme, non le mal en lui-même.

«Quand j'entends ça, je me dis: aïe! bonjour les dégâts...», explique Mme El Rhazoui en entrevue au Soleil. «Comment peut-on lutter uniquement contre le terrorisme en l'isolant comme phénomène et processus d'un long cheminement? Le répressif, ce n'est qu'une politique d'urgence, un pansement. Pour lutter véritablement contre le problème, il faut le prendre en amont. S'il n'y a pas de prise de conscience politique, on sera obligé dans l'avenir de toujours rester dans le répressif.»

L'ex-candidate péquiste et militante pour la laïcité Djemila Benhabib, à l'origine de la venue au Québec de sa collègue française, estime elle aussi que le terrorisme est un produit de l'intégrisme et, par la bande, un danger pour la démocratie.

«Montrez-moi un intégrisme qui respecte le droit des femmes, ça n'existe pas. L'intégrisme, ce n'est pas Le Petit Prince ou Alice au pays des merveilles. L'intégrisme est une idéologie abjecte qui porte en soi la discrimination, la haine de l'autre et la détestation. Par essence, il est antidémocratique, contrevient aux droits humains et bafoue la dignité humaine.» 

Encore ébranlée, trois semaines plus tard, par les tragiques événements de Charlie Hebdo, Mme El Rhazoui croit plus que jamais que le droit au blasphème est une condition sine qua non à la démocratie.

«Le droit de blasphémer est important, explique-t-elle, car il donne aussi le droit de déconstruire les idéologies intégristes qui mènent au terrorisme. Si on ne laisse pas les gens critiquer les religions, comment peut-on déconstruire l'idéologie intégriste qui produit le terrorisme?»

La caricature provient d'ici.



La Brigade de l'Honneur

Asra Q. Nomani, une réformiste musulmane, vous présente la Brigade de l'Honneur, une armée d'idéologues qui n'hésitent pas à utiliser l'intimidation, la menace et la diffamation pour faire taire toute critique de l'Islam:

“You have shamed the community,” a fellow Muslim in Morgantown, W.Va., said to me as we sat in a Panera Bread in 2004. “Stop writing.”

Then 38, I had just written an essay for The Washington Post’s Outlook section arguing that women should be allowed to pray in the main halls of mosques, rather than in segregated spaces, as most mosques in America are arranged. An American Muslim born in India, I grew up in a tolerant but conservative family. In my hometown mosque, I had disobeyed the rules and prayed in the men’s area, about 20 feet behind the men gathered for Ramadan prayers.

Later, an all-male tribunal tried to ban me. An elder suggested having men surround me at the mosque so that I would be “scared off.” Now the man across the table was telling me to shut up.

“I won’t stop writing,” I said.

It was the first time a fellow Muslim had pressed me to refrain from criticizing the way our faith was practiced. But in the past decade, such attempts at censorship have become more common. This is largely because of the rising power and influence of the “ghairat brigade,” an honor corps that tries to silence debate on extremist ideology in order to protect the image of Islam. It meets even sound critiques with hideous, disproportionate responses.

The campaign began, at least in its modern form, 10 years ago in Mecca, Saudi Arabia, when the Organization of Islamic Cooperation — a mini-United Nations comprising the world’s 56 countries with large Muslim populations, plus the Palestinian Authority — tasked then-Secretary General Ekmeleddin Ihsanoglu with combating Islamophobia and projecting the “true values of Islam.” During the past decade, a loose honor brigade has sprung up, in part funded and supported by the OIC through annual conferences, reports and communiques. It’s made up of politicians, diplomats, writers, academics, bloggers and activists.

In 2007, as part of this playbook, the OIC launched the Islamophobia Observatory, a watchdog group based in Jiddah, Saudi Arabia, with the goal of documenting slights against the faith. Its first report, released the following year, complained that the artists and publishers of controversial Danish cartoons depicting the prophet Muhammad were defiling “sacred symbols of Islam . . . in an insulting, offensive and contemptuous manner.” The honor brigade began calling out academics, writers and others, including former New York police commissioner Ray Kelly and administrators at a Catholic school in Britain that turned away a mother who wouldn’t remove her face veil.

“The OIC invented the anti-‘Islamophobia’ movement,” says Zuhdi Jasser, president of the American Islamic Forum for Democracy and a frequent target of the honor brigade. “These countries . . . think they own the Muslim community and all interpretations of Islam.”

Alongside the honor brigade’s official channel, a community of self-styled blasphemy police — from anonymous blogs such as LoonWatch.com and Ikhras.com to a large and disparate cast of social-media activists — arose and began trying to control the debate on Islam. This wider corps throws the label of “Islamophobe” on pundits, journalists and others who dare to talk about extremist ideology in the religion. Their targets are as large as Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and as small as me.

The official and unofficial channels work in tandem, harassing, threatening and battling introspective Muslims and non-Muslims everywhere. They bank on an important truth: Islam, as practiced from Malaysia to Morocco, is a shame-based, patriarchal culture that values honor and face-saving from the family to the public square. Which is why the bullying often works to silence critics of Islamic extremism.

“Honor brigades are wound collectors. They are couch jihadis,” Joe Navarro, a former supervisory special agent in the FBI’s behavioral analysis unit, tells me. “They sit around and collect the wounds and injustices inflicted against them to justify what they are doing. Tragedy unites for the moment, but hatred unites for longer.”

In an e-mail exchange, the OIC’s ambassador to the United Nations denied that the organization tries to silence discussion of problems in Muslim communities.

The attacks are everywhere. Soon after the Islamophobia Observatory took shape, Sheik Sabah Ahmed al-Sabah, the emir of Kuwait, grumbled about “defamatory caricatures of our Master and Prophet Muhammad” and films that smear Islam, according to the OIC’s first Islamophobia report.

The OIC helped give birth to a culture of victimization. In speeches, blogs, articles and interviews widely broadcast in the Muslim press, its honor brigade has targeted pundits, political leaders and writers — from TV host Bill Maher to atheist author Richard Dawkins — for insulting Islam. Writer Glenn Greenwald has supported the campaign to brand writers and thinkers, such as neuroscientist and atheist Sam Harris, as having “anti-Muslim animus” just for criticizing Islam.

“These fellow travelers have made it increasingly unpleasant — and even dangerous — to discuss the link between Muslim violence and specific religious ideas, like jihad, martyrdom and blasphemy,” Harris tells me.

Noticing the beginnings of this trend in December 2007, a U.S. diplomat in Istanbul dispatched a cable to the National Security Council, the CIA, the Defense Intelligence Agency and various State Department offices. The cable said the OIC’s chief called supporters of the Danish cartoons of Muhammad “extremists of freedom of expression” and equated them with al-Qaeda.

Most of the criticism takes place online, with anonymous bloggers targeting supposed Islamophobes. Not long after the cable, a network of bloggers launched LoonWatch, which goes after Christians, Jews, Hindus, atheists and other Muslims. The bloggers have labeled Somali author Ayaan Hirsi Ali, a born Muslim but now an atheist opponent of Islamic extremism, an “anti-Muslim crusader.” Robert Spencer, a critic of extremist Islam, has been called a “vicious hate preacher” and an “Internet sociopath.” The insults may look similar to Internet trolling and vitriolic comments you can find on any blog or news site. But they’re more coordinated, frightening and persistent.

One prominent target of the honor brigade’s attacks was Charlie Hebdo, the French newspaper where several staffers were recently killed by Islamic extremists. According to some accounts, as the killers massacred cartoonists, they shouted: “We have avenged the prophet Muhammad.” The OIC denounced the killings, but in a 2012 report, it also condemned the magazine’s “Islamophobic satires.” Its then-secretary general, Ihsanoglu, said the magazine’s “history of attacking Muslim sentiments” was “an outrageous act of incitement and hatred and abuse of freedom of expression.”

Charlie Hebdo is not the only evidence that, to self-appointed defenders of the faith, a call to kill the message can very easily become a plan to kill the messenger. In January 2011, a security officer for the governor of Pakistan’s Punjab province, Salman Taseer, assassinated him after Taseer defended a Christian woman accused of blasphemy. In court, supporters laid flowers on the shoulders of the assassin in approval.

Murderers like him would be much harder to radicalize in a climate that welcomed debate about Islam rather than seeking revenge on its critics. But in so many Muslim communities now, saving face trumps critical thinking and truth-telling. This is why reform from within Islam is so difficult. In my experience, if you try to hold the community accountable, you’re more likely to be bullied and intimidated than taken seriously.

When Rupert Murdoch recently tweeted, “Maybe most Moslems peaceful, but until they recognize and destroy their growing jihadist cancer they must be held responsible,” he was criticized for indelicately saying all Muslims were responsible for the acts of a few. But I do believe we bear collective responsibility for the problems in our communities.

After my threatening meeting at Panera, I kept advocating for women’s rights in the mosque and in the bedroom. Among other things, I argued that Muslim women have the right to orgasm, an intimacy too often denied in societies with a tradition of female genital mutilation.

Then came the death threats. In the fall of 2004, my parents and my son picked me up after I spoke at a conference. “Somebody wants to kill you,” my father said from behind the wheel of our gold Dodge Caravan, his voice trembling. The death threat was posted on Muslim WakeUp!, a now-defunct progressive Web site. The offender told the FBI that he would stop harassing me, and he did. More prosaic taunts in the past decade have called me a “Zionist media whore,” a “House Muslim” and many other unprintable insults.

Two years ago, Zainab Al-Suwaij, executive director of the American Islamic Congress, was so battered by online attacks aimed at silencing her that she experienced a physical response to the stress and anxiety, and ended up in an emergency room. When I met her in her office near the White House, she pulled up her sleeves to show me the marks left by IV injections that the hospital staff had administered to get her necessary fluids.

“The attacks just killed me,” Al-Suwaij said, wearily.

Bullying this intense really works. Observant members of the flock are culturally conditioned to avoid shaming Islam, so publicly citing them for that sin often has the desired effect. Non-Muslims, meanwhile, are wary of being labeled “Islamophobic” bigots. So attacks against both groups succeed in quashing civil discourse. They cause governments, writers and experts to walk on eggshells, avoiding important discussion.

For my part, I have continued to write, calling on American Muslims to root out extremism in our communities and arguing that certain passages of the Koran are too antiquated for our times. As I see it, the injunction to “stand out firmly for justice even against . . . your kin” is our divine “See something, say something” mandate. But too often, this passage is misused as a justification for attacking our own.

(...)

Next month, the Obama administration will hold a conference on challenging violent extremism, and President Obama last year called on Muslim communities to “explicitly, forcefully and consistently reject the ideology of al-Qaeda and ISIL.” But his administration isn’t framing extremism as a problem directly tied to Islam. Last month, by contrast, Egyptian President Abdel Fatah al-Sissi acknowledged that there was an ideology problem in Islam and said, “We need to revolutionize our religion.”

When I heard Sissi’s words, I thought: Finally.

Beyond these statements, though, we need a new interpretation of Islamic law in order to change the culture. This would require rejecting the eight schools of religious thought that dominate the Sunni and Shiite Muslim world. I propose naming a new one after ijtihad, the concept of critical thinking, and elevating self-examination over toxic shame-based discourse, laws and rules. Such a project could take the power out of the hands of the status quo clerics, politicians and experts and replace it with a progressive interpretation of faith motivated not by defending honor but acting honorably.


La victoire des islamistes

Vous croyez que la liberté d'expression est inattaquable? Vous croyez que les islamistes ne réussiront pas à y mettre un terme, comme ils le souhaitent si ardemment? Vous croyez qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter?

Détrompez-vous. Parce que dans les faits, les islamistes sont en train de gagner. Leurs menaces, leurs injures, leurs mensonges et leur terreur fonctionnent à merveille. En voici des exemples concrets:

La vague d’attentats à Paris a poussé des festivals, des musées ou des salles de cinéma à retirer des œuvres jugées sensibles.

Pour ne pas heurter la sensibilité du public, par mesure de sécurité ou pour éviter de raviver les tensions… Des producteurs, directeurs, élus ou mêmes artistes tentent de se justifier après avoir censuré des œuvres d’art ces dernières semaines. Des mesures de précaution qui font de ces œuvres des victimes collatérales des attentats à Charlie Hebdo. Passage en revue.

CARNAVAL CHAMBOULÉ

Il n’y aura finalement pas de char Charlie Hebdo au carnaval de Cologne, le plus célèbre d’Allemagne. Les organisateurs l’ont annoncé ce jeudi : «Nous souhaitons que tous ceux qui viennent […] vivent un carnaval joyeux, libres et sans préoccupations.» Aucune menace ne pesait sur l’événement mais quelques citoyens avaient fait part de leurs inquiétudes. Ce char avait pourtant été prévu en hommage… à la liberté d’expression.

AFFICHES RETOQUÉES

«On ne peut pas rire de tout»: le nouveau spectacle de Patrick Timsit à Paris n’a jamais si bien porté son nom. L’affiche de sa représentation au théâtre du Rond-Point a été refusée le 12 janvier par le groupe JCDecaux parce qu’on y voyait l’humoriste enlacer une bombe. Cela n’a pas amusé le publicitaire qui a préféré la modifier «pour ne pas heurter la sensibilité des personnes après les attentats».

Autre affiche abandonnée: celle représentant une femme voilée avec une larme de sang sur le visage. Elle devait être placardée sur les colonnes Morris et dans les couloirs du métro parisien pour la pièce de théâtre Lapidée. Ce spectacle sur la lapidation des femmes au Yémen a aussi été annulé: il n’a été joué que trois fois sur les trente représentations prévues au départ au petit Ciné 13 à Paris. «La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que, dans les circonstances, l’affichage pourrait être considéré comme une provocation, a expliqué le producteur de la pièce, Claude Telliez. Comme il ne s’agit pas d’un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de Vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c’est possible pour trois représentations mais pas pour trente. Il ne s’agit pas d’autocensure, il s’agit de responsabilité.» L’équipe a donc décidé de jouer en juillet au festival «off» d’Avignon avant de reprendre la pièce début 2016 à Paris, selon la Tribune de Genève.

FILMS DÉPROGRAMMÉS

On ne sait jamais. Un film sur le terrorisme, ça peut donner des idées. Nommé aux oscars et aux césars, Timbuktu, le long-métrage franco-mauritanien d’Abderrahmane Sissako, a aussi fait parler de lui après avoir été déprogrammé plusieurs fois en France et en Belgique. «Il faut éviter que des jeunes prennent des jihadistes comme modèles»,s’est justifié le maire UMP de Villers-sur-Marne (Val-de-Marne) après avoir annulé sa projection du cinéma municipal. Jacques-Alain Bénisti aurait même déclaré que Timbuktu faisait «l’apologie du terrorisme» avant de démentir l’information.

Face aux critiques, l’édile a finalement repoussé la programmation à plus tard mais la polémique ne s’arrête pas là. Le film, qui dénonce la terreur menée par les islamistes à Tombouctou, au nord du Mali, va même précipiter, pour un temps seulement, l’annulation du festival Ramdam de Tournai en Belgique «en raison de menaces terroristes», selon les autorités. Une autre œuvre représentait aussi une cible potentielle pour le festival: celle d’un documentaire, Essence of Terror. Quelques jours plus tard, Timbuktu est encore annulé en Belgique dans un ciné-cocktail de Louvain-la-Neuve, comme le rapporte Le Soir. Une décision prise par la direction du cinéma et l’Association des habitants de la ville. Il n’y avait cette fois-ci pourtant eu aucune menace: «La décision est de notre seul ressort, même si nous la regrettons», ont-ils expliqué.

Même sort réservé au film L’Apôtre de Cheyenne Carron qui raconte la conversion d’un jeune musulman au catholicisme. Sa projection a été annulée le 15 janvier dans un cinéma de Nantes. «La Direction générale de la sécurité intérieure nous a vivement conseillé d’annuler notre soirée devant les risques d’attentats, avance la Fédération des associations familiales catholiques de Loire-Atlantique, cette projection pouvant être perçue comme une provocation par la communauté musulmane.»

EXPOS ANNULÉES

Le 22 janvier, le Musée Hergé de Louvain-la-Neuve, en Belgique, décide aussi d’annuler «pour des raisons de sécurité» une exposition temporaire sur «la caricature», en hommage à Charlie Hebdo. La décision a été prise après le coup de filet effectué le 15 janvier dans les milieux jihadistes pour déjouer un attentat contre des policiers.

Quelques jours plus tard, une œuvre représentant des paires d’escarpins posées sur des tapis de prière musulmans est retirée de l’exposition Femina à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Une décision prise par l’artiste elle-même et par les commissaires de l’exposition, par mesure de précaution. La Fédération des associations musulmanes de Clichy avait en effet envoyé un message à la mairie pour dire son inquiétude de voir exposée une œuvre sur la prière, l’un des cinq piliers de l’islam, et se déresponsabiliser par avance de tout incident pouvant survenir. Ce mercredi, la direction est finalement revenue sur cette décision après avoir convaincu le maire de mettre en place un dispositif de sécurité et des prises de parole sous forme de dialogues avec les citoyens.

Si certains musées ont décidé de s’autocensurer, d’autres préfèrent jouer la carte de la discrétion pour éviter les ennuis. The Observer, journal du dimanche britannique associé au Guardian, a révelé, le 25 janvier dernier, la tromperie des responsables du musée Victoria & Albert Museum à Londres. Ces derniers avaient assuré à des historiens de l’art et des religions, qui enquêtaient là-dessus, ne posséder aucune image représentant le prophète Mahomet dans leurs collections. Mais un spécialiste américain a trouvé la trace d’un poster iranien représentant le prophète dans leur catalogue numérique. Une image qui a subitement disparu de la base de données accessible en ligne. Selon le musée, l’image a été retirée du catalogue pour des raisons de sécurité: «Malheureusement, nous avons eu tort de dire qu’il n’y avait pas d’œuvre montrant le prophète Mahomet dans les collections du V & A.» L’image reste conservée dans les collections, mais n’est pas exposée. De son côté, The Observer glisse le poster en question dans son article mais préfère prévenir en gras au début de son texte : «Attention, cet article contient l’image du prophète Mahomet, qui pourrait offenser certaines personnes.»

Enfin, à Welkenraedt, en Belgique, une exposition qui prévoyait un panneau consacré à Charlie Hebdo, a également été censurée. Elle était pourtant consacrée à… la censure. Selon le site de la RTBF, la direction a préféré la retirer par crainte, là encore, d’un acte isolé.

L'Occident est à genoux devant les islamistes. Leur stratégie fonctionne à merveille.



Stop-Djihadisme



J'adore. C'est bien fait, c'est poignant, c'est audacieux... bravo! Vive la France!

Trouvé ici.

Tyler James II

Mathias Zamęcki II

29 janvier 2015

Kathleen Weil est contre la liberté de la presse

De toutes les conneries libérales que j'ai archivées sur mon blogue ces dernières années, de toutes les déclarations insipides et stupides, de toutes les idioties proférées par des élus libéraux, je crois bien qu'aucune, absolument AUCUNE n'arrive à la cheville de celle-ci. La ministre de l'immigration, Kathleen Weil, vient d'atteindre un nouveau sommet dans la bêtise.

Et ce n'est pas peu dire, mes amis.

Ils en ont dit des conneries les libéraux québécois. Ils en ont vomi des débilités. Mais ce qui différencie celle-ci des autres, c'est que ce n'est pas simplement une platitude irréfléchie et inconséquente. Dans ce cas-ci, il s'agit d'une prise de position dangereuse, malveillante et profondément anti-démocratique. J'écris ces lignes et j'arrive à peine à croire que Weil a pu acquiescer à une chose pareille.

D'abord, voici un peu de contexte:

L'ex-candidate du NPD, Samira Laouni, a plaidé en commission parlementaire mercredi pour une représentation plus positive des musulmans dans les médias d'information québécois. (...) Les médias font trop souvent preuve de «sensationnalisme» quand ils abordent les questions liées à l'Islam, est venue dire la présidente du C.O.R (Communication, ouverture et rapprochement interculturel) devant la commission parlementaire chargée d'étudier la réforme de l'immigration au Québec. Samira Laouni souhaite que le Québec se donne les moyens «d'influencer collectivement» les journalistes pour qu'ils diffusent une «information objective en évitant le sensationnalisme» aux sujet des musulmans.

Oui, vous avez bien lu. Mme Laouni trouve que les médias ne sont pas gentils à l'égard des musulmans. Elle aimerait que le gouvernement prenne des mesures pour "influencer" (lire "intimider" et "contrôler") les journalistes et les forcer à diffuser des informations "objectives" (lire "favorables à l'Islam"). Elle souhaite ni plus ni moins que le gouvernement limite la liberté d'expression des médias, qu'il les censure et qu'il les muselle pour les empêcher de tenir des propos qui heurtent les convictions religieuses des musulmans.

C'est une déclaration tout simplement dégueulasse, mais pas du tout surprenante. Au contraire, Mme Laouni s'inscrit ici parfaitement dans la lignée des autres déclarations de leaders musulmans québécois, canadiens et étrangers qui ont récemment demandé que la liberté d'expression soit limitée et abrogée afin que leur pitoyable idéologie soit mise à l'abri de toute critique et de toute parodie. Et que les gens qui les insultent ou se moquent de leurs croyances arriérées soient "punis". C'est ce qu'a écrit Mehdi Hasan, c'est ce que demande Imtiaz Ahmed, c'est ce que souhaite Geneviève Lepage, c'est ce que réclame Mohammed Kounna! Ce sont des fanatiques, leurs propos sont donc choquants et répugnants, mais pas du tout étonnants.

Ce qui est ahurissant, tout simplement scandaleux, c'est la réaction de la ministre libérale de l'immigration aux propos de Mme Laouni:

L'idée a semblé plaire à la ministre Weil qui a vanté les reportages des médias régionaux sur les succès d'immigrants installés dans la région. «Ça me touche beaucoup quand je vois ces reportages et je les vois beaucoup plus en région [...] ce n'est pas les médias nationaux qui le font», dit-elle.

Mme Weil considère que les médias devraient parler de manière plus positive des "immigrants" (lire "musulmans").

Mme Weil ne s'indigne pas lorsqu'une fanatique religieuse lui propose que le gouvernement intervienne afin de réguler ce que peuvent ou ne peuvent pas dire les médias. Au contraire, elle trouve que c'est une idée très valable.

C'est tellement dément que ça défie l'entendement. Est-ce que vous réalisez que cette femme est une élue qui occupe un poste de MINISTRE au sein du gouvernement du peuple du Québec et qu'elle se dit favorable à un contrôle gouvernemental des médias? Un contrôle qui viserait à empêcher les critiques légitimes d'idéologies fanatiques, dangereuses, malsaines et souvent violentes? Un contrôle qui forcerait les médias à systématiquement dissocier les gestes violents des fanatiques de l'idéologie religieuse qui a motivé leurs actes? Parce que c'est exactement ce que souhaite Mme Laouni, rien de moins:

Par exemple, les médias n'auraient pas dû insister sur la religion de Martin «Ahmad» Rouleau, qui a tué deux soldats avec sa voiture à Saint-Jean-sur-Richelieu. «Ce que je déplore, c'est qu'on la mentionne de prime abord», dit-elle. Samira Laouni souligne qu'un ensemble de facteurs, dont sa santé mentale, ont pu motiver son geste. «C'est un type qui était perdu», dit-elle.

Comme si les médias et les politiciens n'étaient pas encore suffisamment couards, serviles et soumis à l'idéologie multiculturaliste, comme je l'ai déjà écrit ici et ici. Les médias chient déjà dans leurs culottes et s'auto-censurent déjà en affirmant que ces agresseurs qui tuent des gens pour des motifs religieux ne sont en fait que des "déséquilibrés", des "terroristes" et des "loups solitaires" pour éviter de dire ce qu'ils sont réellement: des fanatiques religieux musulmans. Cela ne suffit pas à Mme Laouni. Elle aimerait voir le gouvernement intervenir pour dicter aux médias ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas dire. Elle voudrait que le gouvernement empêche les médias de nous dire la vérité sur sa religion et la violence qu'elle engendre.

Et Weil, en grande multiculturaliste qu'elle est, trouve que c'est une maudite bonne idée.

Si des intentions pareilles étaient exprimées par une personne quelconque et sans importance, comme Mme Laouni par exemple, je les dénoncerais comme étant idiotes et ignares. Mais lorsqu'elles émanent d'une personne en position d'autorité, une MINISTRE élue du gouvernement, une personne dont le rôle est de représenter et de défendre la démocratie québécoise, on ne peut plus simplement et gentiment critiquer ses propos et les qualifier d'idiots. Il importe de les dénoncer pour ce qu'ils sont vraiment: DANGEREUX, FASCISTES ET ANTI-DÉMOCRATIQUES!

Cette femme abominable est indigne du poste qu'elle occupe. Que ce soit par sa stupidité, par son aveuglement ou par son propre fanatisme multiculturel, elle représente un danger pour notre démocratie. C'est aussi simple que ça. Sa présence au sein du gouvernement est une menace à la liberté de nos institutions.



Bande d'islamophobes!

Extrait de la nouvelle:

Le Québec doit éviter de sombrer dans l'islamophobie, a dit en substance la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, mardi, à la veille d'entreprendre une série de consultations publiques qui mènera à une importante réforme de la politique québécoise en matière d'immigration et de la loi qui l'accompagne.

Réaction de Mathieu Bock-Côté:

Étrange gouvernement qui considère son propre peuple à la manière d'une collection de dégénérés islamophobes n'attendant qu'une occasion pour stigmatiser les musulmans, et qui ainsi, valide un discours culpabilisant plus généralement les Québécois cherchant à les faire passer pour des xénophobes.



Sam Harris à propos de Charlie Hebdo et de la censure




2:40 - The first thing to say is that the response of liberals, and again it is so depressing to have to use the term "liberal" in a pejorative way in this context, but liberalism has completely lost its moorings on the topic of Islam.

3:15 - You can't help but hear the stupid things they say about Islam, even in the immediate aftermath of an atrocity like this. As will come as no surprise, they will tell you that this has nothing to do with Islam, it has nothing to do with heartfelt religious convictions. No, it has everything to do with capitalism and the oppression of minorities and the racism of white people in Europe and the racism of cartoonists at a magazine like Charlie Hebdo. THAT is the cause of this behaviour. That's what causes someone to grab an AK-47 and then murder 12 cartoonists and then scream "Allahu Akbar!" in the streets. It is a completely insane analysis.


3:46 - Even if you grant everything that's wrong with capitalism and the history of colonialism, you should not be able to deny that these religious maniacs are motivated by concerns about blasphemy and the depiction of the prophet Muhammed, and consider their behaviour entirely ethical in light of specific religious doctrines. It is a kind of masochism and moral cowardice and lack of intelligence, frankly, at this point, that is allowing people to deny this fact.


4:40 - We hear everywhere about this false trade-off between freedom of speech and freedom of religion. As though there was some kind of balance to be struck here. There is no balance to be struck! Freedom of speech NEVER infringes on freedom of religion! There's nothing I could say in this podcast about religion generally or about Islam in particular, that would infringe upon someone else's freedom to practice his or her religion. 


5:05 - If your freedom of religion entails that you force those who do not share it to conform to it, well then that's not freedom of religion! We have a word for that. That's theocracy. This respect that we are all urged to show for "religious sensitivity" is actually a demand that the blasphemy laws of Islam be followed by non-muslims. And secular liberals in the West are defending this thuggish ultimatum and putting the lives of cartoonists, of journalists and free thinkers and public intellectuals in jeopardy day after day.


5:40 - The muslim world simply has to get used to free speech winning. And we should make no apologies for this.


7:53 - And we should notice how euphemism is preventing honest conversation on this topic. We use words like "extremist" and "extremism". What do these words mean? Well "extremism" generally suggests that expression of a certain set of ideas has become an exageration, a distortion of those ideas. But when we're talking about muslim extremists, have they really exagerated or distorted the core teachings of Islam? No! Muslim extremists are motivated by the most litteral and straightforward and compregensive resort to the ideas expressed in the Coran and the hadiths. What is ISIS doing that Muhammed didn't do or didn't advocate somewhere in the scripture?


11:55 - It doesn't matter if a person's had direct contact with Al Qaeda or ISIS or wether he's a "lone wolf". We're talking about the spread of ideas. Again, ideas about martyrdom and Jihad and paradise and the rights of women and blasphemy. The point we cannot ignore, the point that should never be obfuscated is that we are at war with a global phenomenon of Jihadism. And there can be no compromise with this death cult. And these fake liberals, these fellow travelers with theocracy, these people who in the name of liberalism protect only political correctness and masochism, they're absolutely part of the problem! They're preventing us from demanding that the muslim community worldwide get its act together. 


12:42 - And this is why expressions of horror and rejection are insufficient in the muslim community. Of course you're horrified by this behaviour if you're a decent human being and you have an even tenuous connection to civil society in the XXIst cebtury. But that's not enough! Muslmims have to honestly grapple with the bad doctrine in their faith. They can no longer just say that Islam is a religion of peace. They can no longer lie about the doctrines that relate to martyrdom and Jihad and apostacy and the rights of women. Muslims have to fight a civil war of ideas or a civil war against Jihadism and Islamism generally. That's what has to happen. It's not a matter of blaming all muslims for the actions of a few, it's a matter of demanding a reformation within Islam that only muslims can accomplish. The civilised world is waiting for this to happen and people continue to die until it does. 


21:30 - How careful, if at all, should liberal critics of Islam be that their criticisms don't give cover to illeberal racists? Again, I think this is a non-issue. I think that if what you're saying relays to ideas and their consequences and you're actually not promulgating racism, which is to say you're not concerned about the color od people's skin or their ethnicity, you're just talking about ideas. Well then people are going to use your clear thinking for some nefarious purpose, that is outside of your control. There obviously are racists who are going to continue to be racists (...) but that's not something you can correct for by NOT criticising bad ideas or specific policies. (...) I think we should disparage racism whenever we encounter it and we should talk candidly about specific ideas, in this case, within Islam. 

22:50 - How can we convince apologists that religious people really do believe what they say they believe and that their god is not metaphorical? Well, this is actually a very difficult problem. I think that many apologists know that they're lying. (...) But there are people that are simply confused, they don't know what it's like to believe in god and for that reason they doubt that anyone really does. And this is a difficult problem to get around. There seems to be no manifestation of religious fanaticism that is so unequivical as to convince people that it really must have been born of religious ideology, rather than some other motive. Now curiously, they don't tend to feel this about other kinds of religious behaviour. So people who go to church on Sundays and eat the communion host at the mass and they say the rosary, when you ask people why catholics, in this case, would behave this way, well they will admit that it is on the basis of their catholic beliefs. But when you talk about behaviour that causes immense harm in the world, then they ascribe this behaviour to some other motive. Even in the case of a suicide bomber who has left a video testimony as to his expectations about getting into paradise. So there is no evidence that would be sufficient for many of these people and they have, for whatever reason, rigged the game this way. They either rig their own minds or they rig the public conversation and there's nothing to do but keep talking past them in the hope of reaching other people. 



Trouvé ici.



Vous n'avez pas à me suivre!

Philippe Muray

«Un écrivain digne de ce nom est celui qui additionne contre lui les plaintes de tous les lobbies.»

--Philippe Muray



Plongez dans la galaxie d'Andromède

Victor Maury

Dont let the bastards grind you down (The Toasters)




28 janvier 2015

Collègue harcelé

Il se passe quelque chose de vraiment, vraiment inquiétant à mon école présentement. Quelque chose qui n'est pas sans me rappeler ce que mon ancienne directrice m'a fait subir, il n'y a pas si longtemps.

Ma présente directrice semble être déterminée à se débarrasser d'un prof. Plusieurs membres du personnel participent à l'opération de salissage. Et évidemment, le type qui est la cible de cette campagne est un homme.

Vous voyez pourquoi ça me rappelle des mauvais souvenirs?

En gros, ce que je sais, c'est que le type en question, appelons-le Yassine, est un nouvel employé de la commission scolaire. Il n'est pas encore permanent et a donc un contrat de bouche-trou. Il travaille deux jours à mon école et deux autres ailleurs. Ces derniers mois, plusieurs personnes l'auraient pris en grippe, dont quelques parents, quelques enseignantes, les t.e.s. et, de toute évidence, la directrice. Cette dernière l'a convoqué dans son bureau la semaine dernière, lui a exposé ses doléances et l'a intimé de démissionner. Sans quoi, a-t-elle dit, il serait congédié, ce qui l'empêcherait de trouver du boulot pour une autre commission scolaire.

Évidemment, je n'ai que sa version des faits. Mais c'est un type bien, très transparent et très terre à terre. Il me semble parfaitement fiable.

Je lui ai demandé quels étaient les reproches de la directrice. J'étais complètement abasourdi lorsqu'il m'a répondu. Elle lui a dit qu'on ne le comprend pas quand il parle. Il faut savoir que le type est d'origine algérienne, alors il a un accent, mais ce dernier n'est pas du tout inusité. Il parle un français tout à fait impeccable et si certains enfants ont pu avoir un peu de mal à le comprendre au tout début, ce n'est certainement plus le cas 6 mois plus tard! Il ne parle tout de même pas avec un accent hongrois, bordel! Quelle espèce de reproche débile est-ce là?

Elle lui aurait également reproché de ne pas savoir enseigner, toutefois selon ce qu'il m'a dit, ses reproches sont demeurés plutôt vagues à cet égard. Mais de toute façon, supposons un instant que les remontrances de la directrice soient fondées. Pourquoi ne lui a-t-elle pas offert du soutien auparavant? Pourquoi ne l'a-t-elle pas invité à entrer en contact avec les conseillères pédagogiques? Pourquoi va-t-elle directement à la menace de congédiement? Qu'est-ce qui peut bien justifier une chose pareille?

Elle l'a accusé de ne pas collaborer avec ses collègues. C'est là qu'on voit transparaître les manigances des enseignantes de l'école. Elles ont clairement joué un rôle important dans cette crise. Or, leurs allégations sont répugnantes parce que, premièrement, le type est là seulement deux jours par semaine! Évidemment qu'il sera moins impliqué! Il me dit avoir collaboré avec ses collègues à chaque opportunité et avoir mis sur pied un projet de science que toutes les enseignantes de son niveau ont utilisé en classe. De plus, je l'ai moi-même vu s'asseoir avec l'ortho pour discuter des difficultés de certains de ses élèves APRÈS LA FIN DES CLASSES et je peux vous affirmer que je n'ai pas vu de nombreuses enseignantes faire ça dans ma vie! Le type est de toute évidence très consciencieux.

Elle lui a reproché d'expulser trop souvent des élèves de sa classe. Or, tout le monde sait que cette classe est difficile. De plus, il soupçonne que l'autre enseignante qui partage cette classe, la t.e.s. et possiblement la directrice auraient subtilement monté certains élèves contre lui. Il fut une époque lointaine où j'aurais immédiatement soupçonné la paranoïa, mais après tout ce que j'ai vécu et vu ces dernières années, sa théorie me semble malheureusement tout à fait plausible.

Il s'est rendu au syndicat pour discuter de sa situation et on lui a évidemment confirmé que la directrice n'a absolument pas le droit de l'intimer de démissionner et que les reproches qu'elle a formulés à son égard semblent frivoles. Alors il a décidé de ne pas démissionner. Il a décidé de rentrer travailler et s'attend à être congédié.

Je crois qu'il se trompe. À mon avis, si la directrice avait pu le congédier, elle l'aurait déjà fait. Je crois qu'elle bluffe. Et je crois qu'elle et les autres femmes qui sont impliquées dans cette histoire vont tout faire pour qu'il quitte de son plein gré. Elles vont lui empoisonner l'existence. Elles ne vont pas le lâcher d'une semelle jusqu'à ce qu'il parte. Exactement comme ce qu'on m'a fait il y a quelques années.

Voilà que je vois le même cirque se répéter sous mon nez et ça m'enrage.

Comme je suis déterminé à ne pas faire comme mes anciens collègues, cette bande de misérables pleutres couards qui ont tous tourné la tête sans lever le petit doigt, j'ai offert mon aide à Yassine. Je lui ai dit que lorsqu'il souhaite expulser un élève de la classe, qu'il vienne le placer dans la mienne plutôt que de faire appel à la t.e.s. De cette manière, elles cesseront peut-être de le lui reprocher. C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit. Je lui ai dit que je l'aiderais autant que je le pourrais dans les circonstances.

Évidemment, je risque gros. Jusqu'à maintenant, la directrice a toujours semblé avoir une opinion très positive de mon travail et elle ne m'a jamais fait le moindre reproche. Au contraire, elle n'a pas manqué de me complimenter. Mais si elle considère que je joue contre elle dans cette histoire, je suis fichu. J'ai déjà vu ce dont est capable une directrice malhonnête et cruelle qui a décidé d'avoir ma tête. Je n'ai vraiment pas envie de répéter l'expérience. De plus, il semblerait que Yassine ne soit pas la première personne à qui elle aurait fait subir ce genre de traitement.

Il y a aussi les autres enseignantes qui ont déjà commencé à le traiter comme un pestiféré. Je suis allé dîner avec lui aujourd'hui et lorsqu'elles nous ont vu rentrer ensemble, les regards qu'elles m'ont jetés n'étaient vraiment pas très chaleureux. Après 20 ans dans ce métier, je commence à comprendre la mentalité de groupe des femmes. "L'ami de mon ennemi est également mon ennemi." Que Yassine réussisse ou non à passer à travers des 5 prochains mois, je risque de me retrouver dans leur ligne de tir après son départ. Ou même avant.

Bref, à mon profond désespoir, cette petite école dans laquelle je ne travaille que depuis 6 mois s'avère être exactement comme les précédentes. J'avais espéré que le personnel moins nombreux et sa situation géographique plus éloignée de la grande ville aient pour effet de créer une atmosphère plus humaine, plus chaleureuse et plus amicale. Ben non,on dirait bien que ce sont les mêmes esti de louves partout...

Ça augure plutôt mal pour l'avenir. Et moi, dans les circonstances, j'ai recommencé à regarder mes collègues et la directrice avec suspicion et appréhension. Et j'ai recommencé à me demander quelle nouvelle merde va me tomber sur la gueule...



25 janvier 2015

"Québec s’oppose aux minorités francophones"

Cette histoire est la plus belle illustration récente de la débilité profonde du Canada dès qu'il est question de la langue.

Et de l'ineptie totale du PLQ.

Extraits de la nouvelle:

Pendant que les francophones de l’ouest du pays revendiquent envers et contre tous le droit à la gestion de leurs écoles, le Québec arrive à la rescousse… des gouvernements qui y font obstacle. Un appui inespéré pour les provinces qui souhaitent limiter l’accès à l’éducation de langue française.

Les provinces souhaitent limiter l'accès à l'éducation en français, ça a au moins le mérite d'être clair. Et ce n'est pas étonnant pour quiconque connaît un tant soi peu la véritable histoire de ce pays.

Mais que le Québec vienne à leur rescousse? QUOI???

Dans un geste rarissime, le gouvernement du Québec est intervenu mercredi devant la Cour suprême dans un dossier concernant l’éducation dans la langue de la minorité. Non pas pour affirmer son appui aux communautés francophones du reste du pays, mais pour enjoindre à la Cour de ne pas tenir compte de précédents jugements en leur faveur, de crainte que la décision n’élargisse le droit à l’instruction de langue anglaise au Québec.

Renversant. Pourquoi le Québec devrait-il planter un poignard dans le dos des minorités francophones du Canada pour assurer sa propre survie? Mais qu'est-ce que c'est que cette saleté de pays?

Les francophones du Yukon — ils sont près de 1700 — souhaitent que leur commission scolaire puisse décider, comme c’est le cas dans diverses provinces, d’admettre des élèves même s’ils ne répondent pas aux stricts critères énoncés à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Les tribunaux ont interprété depuis 20 ans de façon très large cet article, notamment en guise de «réparation», permettant ainsi aux écoles francophones minoritaires d’accueillir des élèves dont les parents n’ont pas eux-mêmes été éduqués dans la langue de Molière, ou encore de jeunes arrivants francophones ne détenant pas pour l’instant la citoyenneté canadienne et n’étant donc pas, techniquement, admissibles à l’éducation dans la langue de la minorité.

Le Yukon LIMITE l'accès à l'école publique francophone? Mais comment diable peuvent-ils justifier une décision pareille?

Dans le cas du Québec, ça crève les yeux: le français est en déclin, une réelle menace d'assimilation pèse sur lui et il s'agit d'une mesure de protection nécessaire dans ce contexte! Mais cette logique ne s'applique clairement pas au Yukon! Depuis quand l'anglais est-il menacé au Yukon? Depuis quand le français constitue-t-il une telle menace qu'il faille limiter l'accès à l'école francophone? Ça ne tient pas debout!

Évidemment, pour la Cour suprême, les deux cas sont parfaitement comparables puisque aucune loi fédérale ne reconnaît le déclin du français et aucune protection, ni statut particulier ne lui sont conférés. Aux yeux des lois canadiennes, il y a deux langues officielles et ni l'une, ni l'autre n'est menacée. Alors, pour les juges de la CS, le cas des francophones du Yukon est équivalent à celui des anglophones du Québec. Point final. Ce qui est, évidemment, complètement ridicule. L'anglais est en pleine expansion au Québec et il se porte à merveille, tandis que le français est en train d'être complètement éradiqué dans les autres provinces canadiennes! Et pour accélérer le génocide linguistique, voilà que des provinces et des territoires souhaitent LIMITER l'accès à l'éducation en français?

Ce pays est complètement débile...

Dans son mémoire, le Québec plaide pour que soit appliqué de façon restrictive l’article 23. «Dans le contexte québécois où l’anglais exerce un fort pouvoir d’attraction, un tel élargissement du pouvoir de gestion et de contrôle des représentants de la minorité aurait de graves conséquences sur la protection [du français au Québec]», écrit-il.

Vous voyez ça? Dans ce contexte où le déclin du français n'est légalement reconnu nulle part et où aucun statut particulier n'est conféré ni à la langue française minoritaire menacée et ni au Québec, seule société majoritairement francophone, on se retrouve dans l'obligation de gifler et de trahir nos frères et soeurs francophones pour éviter notre propre extinction.

C'est dément.

Évidemment, même dans un système aussi ridicule, le gouvernement du Québec était-il obligé d'agir ainsi? N'aurait-il pas pu présenter un mémoire qui explicite clairement, chiffres à l'appui, que la situation au Québec est particulière et qu'elle ne peut pas être considérée comme équivalente à celle du Yukon ou d'une autre province? N'aurait-il pas pu rappeler que dans le cas du Québec, la langue majoritaire provinciale est la langue minoritaire nationale, ce qui n'est le cas d'aucune autre province ou territoire? N'aurait-il pas pu expliquer que dans le contexte québécois, l'accès illimité à l'école anglaise constituerait une menace sérieuse à la pérennité de la langue française, contrairement au Yukon où la langue provinciale majoritaire n'est nullement menacée par le français? En d'autres termes, le Québec n'aurait-il pas pu se défendre et en même temps, venir en aide aux francophones hors-Québec qui luttent courageusement pour la survie de notre langue commune?

Ben oui, il aurait pu:

Chez la demi-douzaine de groupes francophones qui participent au recours, plusieurs ont été stupéfaits de cette prise de position. On s’attendait à ce que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée plaide «l’exception québécoise» plutôt qu’une application universelle de l’article. La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Marie-France Kenny, est du lot. «Il y a des mécanismes qui existent, dans la Charte, afin que le Québec préserve sa spécificité sans nuire aux communautés francophones en milieu minoritaire», souligne-t-elle. Roger Paul, de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, abonde dans le même sens. «On trouve ça désolant de voir cette position du Québec. Qu’aurait-il perdu à nous appuyer en disant haut et fort que le contexte est différent entre le Québec et ailleurs, comme il l’a déjà fait dans d’autres circonstances? Ce n’est pas ça qu’ils ont choisi de faire.»

Mais voilà, quand on retrouve à la tête du Québec un gouvernement fédéraliste servile et couard qui souhaite à tout prix se plier aux lois et aux conventions de la fédération canadienne, se mettre à genoux sans faire de vagues et surtout ne JAMAIS demander la moindre reconnaissance de sa spécificité, c'est ce qui arrive.

Résultat: le Québec, seule province francophone et allié naturel des minorités francophones des autres provinces et territoires, poignarde ces dernières dans le dos et vient en aide aux provinces et territoires francophobes qui tentent d'exterminer sa langue. Et on ne parle pas seulement du Yukon:

Les Franco-Yukonais ne sont pas les seuls à se battre à l’heure actuelle pour obtenir la pleine gestion de leurs écoles. Les francophones de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan et des Territoires du Nord-Ouest sont, eux aussi, devant la cour de dernière instance dans des dossiers semblables.

C'est ça le Canada. Et c'est ça le parti libéral du Québec. Dans toute son indécrottable stupidité.



Lisée quitte la course

Je ne vous ai jamais raconté ça, mais je suis membre officiel du PQ depuis environ trois mois. Et, croyez-le ou non, pour la première fois de ma vie! Je suis pourtant souverainiste depuis 1989, mais je n'ai jamais été officiellement membre du PQ.

Vous savez quel est le seul parti politique qui avait jadis obtenu mon membership? Le parti libéral du Québec. Je sais, j'ai honte, mais j'étais bien jeune à l'époque. Il faut savoir que j'ai grandi dans une famille très fédéraliste qui méprisait ouvertement les péquistes. Ma mère est même passée à deux doigts d'être candidate libérale dans notre circonscription et, n'eût été de la santé de ma soeur, je suis convaincu qu'elle aurait tenté sa chance. Bref, quand j'avais environ 16 ou 17 ans, je suis brièvement devenu membre du PLQ.

Il faudrait que je vous raconte comment s'est effectuée ma conversion souverainiste, un de ces quatre. Disons simplement que l'odieuse trahison de Bourassa m'a amené à déchirer ma carte de membre du PLQ en tout petits morceaux et à la crisser par la fenêtre de l'auto alors que je traversais le pont Victoria. Et je n'ai été membre d'aucun parti politique pendant les 25 années suivantes. Pourquoi? Comme ils disent en anglais: Fool me once, shame on you, fool me twice, shame on me!

Mais me voilà maintenant membre du PQ. L'une des raisons principales qui m'a donné envie de devenir membre, c'est la course au leadership. Et mon candidat préféré était Jean-François Lisée. Mais malheureusement, il a décidé de quitter.

Je ne peux pas le blâmer. Je comprends. Et en même temps, c'est peut-être mieux ainsi. Parce que, malheureusement, comme je l'ai déjà écrit ici, beaucoup de gens n'aiment pas Lisée. Je ne me l'explique pas, mais c'est un fait. Et dans cet étrange jeu qu'est la politique, il semblerait que les impressions superficielles des électeurs aient plus d'importance que les faits et les paroles. Ça non plus, je ne me l'explique pas, mais c'est ainsi.

Je comprends, mais en même temps, ça me déçoit profondément. Je l'aime bien, moi, ce type-là. Et depuis longtemps. Il a une solide tête sur les épaules et j'aime sa franchise. J'aime sa clairvoyance. J'aime la plupart de ses idées.

Mais bon, il faudra bien que je me fasse à l'idée... je devrai me trouver un autre candidat à appuyer... c'est à suivre...

En espérant que M. Lisée demeure car sa présence et son intelligence ne peuvent qu'être bénéfiques au PQ et à la cause de la souveraineté.



Ivan Alifan

23 janvier 2015

Je suis Raïf


Si ce n'est pas déjà fait, signez s'il vous plaît.

Merci.

PROMISE de Lamy et Mikaël‏


L'Ouest des USA, hiver 1864. Un pasteur errant, tout de noir vêtu, se promène d'habitation en habitation, une bible à la main, un sabre à la ceinture et tenant en laisse un menaçant molosse noir. Les gens lui ouvrent la porte sans hésiter, lui offrant le gîte et le couvert. Mais ils découvrent bientôt avec effroi que cet homme n'a rien de saint. Il s'agit en fait d'un véritable démon et ses hôtes finissent dépecés et dévorés par son chien.

Par un jour d'hiver, il approche une maison isolée qui est habitée par un couple et leur petite fille. Suite à un conflit, le père quitte et s'enfonce dans la forêt où il fera la rencontre du pasteur. Après plusieurs jours d'absence et de battues infructueuses de la part d'amis et voisins, la fillette s'enfonce dans la forêt à la recherche de son père. Pendant son absence, le pasteur entreprend de conquérir le coeur de sa mère et de se faire accepter par la petite communauté de Promise. Sa venue est perçue comme une bénédiction du ciel par les habitants, mais il s'agit en fait d'une terrible malédiction.

J'ai beaucoup aimé cette BD. L'atmosphère et l'intrigue y sont excellentes. Les dessins me turlupinaient un peu au départ, mais en la lisant, je me suis surpris à les apprécier davantage. Thierry Lamy est vraiment en train de construire une mythologie fort intrigante autour de son personnage principal et je suis très curieux de lire la suite pour en savoir plus. Cette BD ferait vraiment un film d'horreur du tonnerre!


RcGraphics

Anastasia Osipova

22 janvier 2015

Couillard le Saoudien!

OK, croyez-le ou non, je suis sur le point de prendre la défense de Philippe Couillard et de planter des péquistes. Marquez votre calendrier d'un gros X, l'heure est grave.

Voyons d'abord ce qui s'est passé aujourd'hui:

Le premier ministre Philippe Couillard démontre une «grande insensibilité» à la «réalité québécoise» — où tous les cas de violation de droits de la personne sont condamnés avec force — sans doute en raison de son passage en Arabie saoudite, soupçonne le Parti québécois.

Le chef intérimaire Stéphane Bédard prie M. Couillard de ne pas «importer» les valeurs saoudiennes au Québec. «Il a été consultant auprès [de l’Arabie saoudite] à une certaine époque. Il semble [aujourd’hui] très imprégné de ces valeurs, de cette réalité», a déclaré M. Bédard lors d’un point de presse en marge du caucus pré-sessionnel du PQ. «On peut voir ce qui se passe ailleurs, mais en même temps on lui demande de ne pas importer cette réalité ici», a-t-il ajouté.

Ben voyons donc... si c'est pas malheureux de lire des conneries pareilles.

Couillard ne s'oppose pas à la laïcité parce qu'il est "empreint" des valeurs de l'Arabie saoudite, bordel! Il s'y oppose parce qu'il est un bon petit multiculturaliste canadien, c'est tout!

Il a travaillé en Arabie saoudite, c'est vrai! En quoi cela signifie-t-il qu'il approuve de tous les aspects de cette théocratie? En quoi cela signifie-t-il qu'il soit "imprégné" de leurs valeurs? En quoi cela signifie-t-il qu'il souhaite même les IMPORTER ici! On nage en plein délire, là! Et en tenant des propos paranoïaques aussi ridicules, le PQ se discrédite complètement. C'est bien assez facile de critiquer Couillard pour ce qu'il dit, ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas! Il est parfaitement inutile d'inventer des idioties pareilles! Franchement...

Son recours à un paradis fiscal est scandaleux. Son refus d'agir dans le dossier de la laïcité est méprisable et lâche, mais pas du tout surprenant. Mais de là à dire qu'il est secrètement un Saoudien qui complote pour établir une théocratie islamiste au Québec, il ne faut tout de même pas exagérer! Bédard vient vraiment de manquer une jolie occasion de fermer sa gueule!

Et les propos de l'animateur Benoît Dutrizac sont encore plus cinglés:

L’animateur du 98,5 FM Benoît Dutrizac a fait un parallèle jeudi entre le séjour effectué par Philippe Couillard en Arabie saoudite, dans les années 1990, et le travail d’un collaborateur du Troisième Reich.

Maudit calvaire...

C'est à cause d'esti d'imbéciles comme ces deux-là qu'il n'y a pas moyen d'avoir une conversation intelligente à propos de la laïcité et de la religion au Québec! C'est à cause d'hurluberlus comme eux qu'on se fait immédiatement taxés de racistes dès qu'on ose critiquer l'Islam.

Calvaire, vos mères ne vous ont jamais dit de vous taire plutôt que de dire n'importe quelle ânerie, les boys?



BORGIA de Jodorowsky et Manara‏


Ouf... je ne sais même pas où commencer pour la décrire, celle-là.

Inspirée de l'histoire du pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia), mais surtout des rumeurs sordides qui entourent son règne, cette série est un étrange mélange de drame historique, d'horreur et d'érotisme. Au coeur d'une Rome exagérément décadente où les gens envahissent la Place Saint-Pierre pour s'abandonner à des partouzes débridées, le pape Innocent VIII est mourant. Afin de prolonger sa vie, il exige que des jeunes mères lui soient livrées afin qu'il s'abreuve à leur sein. De plus, il se fait faire des transfusions sanguines de jeunes hommes qui ne survivent pas à l'expérience. Mais malgré toutes ces mesures, ce pape abominable, dégénéré, décrépit et monstrueux finit tout de même par crever.

Le cardinal Borgia entreprend alors d'être élu pape. Après une tentative d'empoisonnement, il envoie ses enfants en lieux sûrs le temps que l'élection soit passée. Il s'emploie ensuite à déjouer les manigances de certains de ses rivaux et à soudoyer ou intimider les autres. Comme par exemple, en apportant les pénis coupés de ses amants à un cardinal homosexuel. Suite à cette orgie de violence et de sexe, Rodrigo gagne son élection. Afin de reprendre contrôle de la cité, il organise le meurtre de citoyens respectés puis fait exécuter par écartèlement un faux coupable dans l'arène du colisée, se donnant ainsi le beau rôle de pape justicier et s'attirant le respect de la population.

Il rappelle donc ses enfants qu'il souhaite marier à des nobles importants afin de renforcer sa position et d'assurer la pérennité de son règne. Sa fille Lucrèce est retirée du couvent, où elle avait développé une relation amoureuse avec une autre pensionnaire, ce qui a servi de prétexte à quelques scènes d'amour lesbien. Une fois ses enfants réunis, Rodrigo leur explique quelle destiné il réserve à chacun d'eux. Lucrèce sera mariée au duc de Pesaro, mais comme Rodrigo considère que "le premier homme avec lequel couche une femme devient le maître de son coeur et de ses actes", il lui ordonne de perdre sa virginité dans les bras de son frère César, afin de s'assurer que "la loyauté à la famille passe par-dessus tout." Je vous laisse imaginer le malaise que j'ai éprouvé en lisant la suite, déchiré entre les magnifiques dessins de Manara et mon dégoût pour ce qui était en train de se dérouler.

En fait, cela résume assez bien mon expérience de lecture dans ce cas-ci. Mon coeur a constamment balancé entre ravissement et répugnance. Les dessins de Manara sont superbes et ses femmes, tout simplement sublimes. Mais la qualité de son dessin ne rend pas seulement toute l'exquise beauté, elle donne également vie aux plus abominables horreurs.

Pour ce qui est du scénario, je l'ai trouvé correct, sans plus. J'ai pourtant beaucoup d'admiration pour Jodorowsky, mais ceci n'est définitivement pas sa plus grande oeuvre. Il faut dire que je suis assez pointilleux lorsqu'il est question de récits basés sur des personnages et des faits historiques. Je n'exige pas que le scénariste ne prenne aucune liberté, mais je tiens à ce que la réalité décrite demeure crédible et aussi fidèle que possible aux événements réels. Or, ce n'est certes pas le cas de cette vision anarchique de Rome, transformée pour l'occasion en bordel à ciel ouvert.

Franchement, je préfère Manara quand il s'en tient à l'érotisme. Sa plume est trop efficace pour l'horreur. Les deux premiers tomes de cette série m'ont suffi, je n'ai aucune envie de lire la suite. Je crains que ma digestion ne le supporte pas.




I saw your willie!

Excellente petite animation pour sensibiliser les jeunes aux dangers de l'Internet.




Lady-Spitfire

Erwin Tirta

21 janvier 2015

Charte, charte, charte...

Bon, voilà M. Drainville qui revient à la charge avec sa Charte de la laïcité, version revue et corrigée. Qu'est-ce qui a été modifié? Pas grand-chose:

Le député péquiste propose maintenant de soustraire les employés actuels de l'État à l'interdiction de porter des signes religieux. Autre changement majeur par rapport à la charte qu'il défendait bec et ongles sous le gouvernement Marois: cette interdiction ne s'appliquerait pas aux cégeps, aux universités et aux municipalités. «J'ai pris acte des critiques», a dit le candidat à la direction du Parti québécois, hier.

Bref, la première version était inepte. La deuxième l'est tout autant.

Bon, ok, j'exagère un peu. Cette Charte a des aspects intéressants (Enchâsser dans la Charte des droits et libertés l'égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la neutralité religieuse de l'État? Oui! Respecter le patrimoine historique? Évidemment, mais encore faut-il être capable de le définir, j'en ai déjà parlé ici et ici.)

Pour ce qui est de l'interdiction du port de signes religieux par les fonctionnaires, je l'ai déjà écrit et je n'ai pas envie de m'éterniser là-dessus. Disons simplement que je ne considère pas que c'est là le noeud du problème. Le fait que des femmes choisissent de porter le voile ne m'émeut pas du tout. Les femmes peuvent bien s'habiller comme elles le souhaitent, ça m'est égal. Tant que l'employée fait son travail adéquatement et qu'elle garde ses convictions religieuses dans sa vie privée, je me fiche de ce qu'elle a sur la tête.

Le vrai problème, je l'ai dit et redit, c'est l'endoctrinement religieux des enfants et le financement public des religions. Permettez-moi de me citer moi-même (oui, je sais, je deviens de plus en plus épris de ma personne, c'est une vraie plaie):

D'autre part, les cas qui m'écoeurent le plus à propos des religions sont d'ailleurs tous des aspects auxquels la Charte ne touche pas du tout. Le financement des écoles privées religieuses qui endoctrinent les enfants, ÇA c'est choquant! Elles devraient être abolies, à mon avis. L'imposition de restrictions religieuses aux non-croyants, cela aussi devrait être banni! Qu'une commission soit créée pour se pencher sur la viande halal, à savoir si les animaux qui sont abattus de cette façon subissent oui on non un traitement inhumain et cruel et si c'est le cas, qu'on bannisse ces pratiques du territoire québécois et que les produits halal soient disponibles en importations lourdement taxées! Cela aussi  aurait du sens à mes yeux! Abolir les avantages fiscaux des organismes religieux et les faire payer des taxes comme tout le monde, encore une fois, il serait plus que temps! Voilà des mesures qui s'attaqueraient à de véritables situations injustes et répandues dans notre société. Mais la Charte ne s'y intéresse pas du tout.

C'était vrai de la première version de la Charte et ça l'est malheureusement toujours. M. Drainville n'a rien compris. Et ce n'est certainement pas le parti libéral, éternel lèche-cul des communautés religieuses, qui va nous proposer quoi que ce soit d'intéressant à cet égard.

Jean-François Lisée nous offre son point de vue ici:

Il est cependant surprenant que Bernard n’aborde pas enfin un élément essentiel de la laïcisation: l’éducation, pour faire en sorte que tous les jeunes québécois, de toutes origines, soient spécifiquement sensibilisés aux valeurs de la démocratie et de la laïcité.

Les futurs candidats locaux au djihadisme et à l’intolérance passent, tous, sur des bancs d’école. C’est notre chance de tenter de partager largement nos valeurs démocratiques et de prôner le primat de la norme sociale sur la norme religieuse.

Il faut, à mon avis, agir au moins sur trois fronts, par :

1) la réforme du cours Éthique et culture religieuse pour y insérer clairement le primat des normes démocratiques, en société, sur les croyances religieuses et en faire un principe fort de ce programme qui couvre l’ensemble du primaire et du secondaire;

2) le retrait graduel des subventions de l’État québécois aux écoles qui dispensent un enseignement religieux ;

3) un encadrement beaucoup plus strict des enseignements prodigués dans les écoles religieuses non subventionnées, y compris du cours Éthique et culture religieuse tel que modifié.

C'est mieux. Ce n'est pas parfait, mais c'est beaucoup mieux! Quelqu'un semble avoir enfin compris...