1 février 2015

L'affaire Hamza Chaoui

Cette saga a eu des échos dans tous les médias et sur toutes les tribunes cette semaine: un imam islamiste voulait ouvrir un "centre communautaire" (elle est bonne, celle-là) dans l'est de Montréal! Voici un petit retour commenté sur cette histoire.

Comme d'habitude, ce sont les médias qui attirent l'attention des politiciens sur une situation hautement problématique et inquiétante dont ils ignoraient absolument tout:

Un imam controversé qui prêche que l'islam et la démocratie sont «complètement» incompatibles parce qu'un homosexuel ou un athée peut devenir député ouvrira un «centre communautaire islamique» destiné aux jeunes Montréalais.

Quoi? Un imam qui n'aime pas les homosexuels, les athées et la démocratie? Cela surprend vraiment quelqu'un? Vous voulez rire? Ce qui surprendrait, ce serait de trouver un imam qui dirait le contraire! Que prêche-t-il d'autre exactement, ce coucou-là?

Hamza Chaoui prône une vision rigoriste de l'islam selon laquelle les femmes doivent avoir un tuteur, les hommes doivent porter la barbe et la musique doit être interdite.

Ah, d'accord. Disons que ce type-là va un tout petit peu plus loin que les autres. Juste un petit peu. Et surtout, qu'il ose le faire publiquement et sur Youtube plutôt qu'en cachette dans sa mosquée, comme le font les autres. Bref, il délire, mais les imams, les curés et les rabbins délirent tous, alors où est le scandale?

Parce que, comme vous le voyez, il n'y a aucune incitation à la violence dans ce qu'il dit. Et ses propos ne sont pas "extrémistes" au yeux de la communauté musulmane. Ils ne le dénoncent pas du tout. Ils n'y voient rien de bien terrible. La preuve:

L'Association des étudiants musulmans de l'Université Laval (AEMUL), pour qui l'imam radical Hamza Chaoui a déjà dirigé des prières, n'appuie ni ne condamne la vision rigoriste que ce dernier a de l'islam. Elle a refusé jeudi de «juger» les propos de celui qui projette d'ouvrir un centre communautaire islamique destiné aux jeunes Montréalais.

Alors qu'on arrête de nous faire croire que Chaoui est terriblement pire que les autres, parce que c'est faux. Ses propos sont inspirés du Coran et sont en harmonie avec l'idéologie musulmane. Il n'est pas particulièrement plus timbré que les autres, il est juste plus visible et plus transparent!

Et comme il n'y a pas d'incitation à la violence, ni de menaces, ni de propos haineux, c'est donc un cas difficile à régler. Toutes les lois actuelles jouent en sa faveur. En effet, les lois canadiennes nous disent qu'il faut "respecter" les religions et que le fait d'empêcher une personne de pratiquer sa religion comme il l'entend constitue une forme de discrimination. Ajoutez à cela l'éternel relativisme multiculturel, et les autorités ont les mains liées.

Il est là le problème! Le problème, c'est le système! C'est lui qu'il faut changer! C'est uniquement lui qu'on peut espérer changer! Parce que des barbus débiles comme Chaoui, il y en a des tas et il y en aura d'autres! Sauf que la plupart d'entre eux se rendent beaucoup moins visibles que lui! Un grand nombre sont également beaucoup plus habiles que lui pour cacher leurs véritables intentions et se faire passer pour des "modérés"! Au fond, ce qui différencie vraiment Chaoui de ses coreligionnaires, c'est qu'il a au moins l'honnêteté de répéter en public ce qu'il prêche! Sans gêne! Il s'assume publiquement, au moins!

Mais qu'ils se cachent ou non, ces types-là, ce sont des fanatiques, alors on ne les fera pas disparaître et on ne les convaincra jamais de cesser leur délire. Ce qu'il faut changer c'est le système.

Comment?

Premièrement, il faut enlever toute protection légale aux religions. Elles ne sont que des idéologies et les idées ne devraient être protégées d'aucune façon. La religion, ce n'est pas comme l'origine ethnique ou la langue maternelle d'une personne. Ces éléments-là ne peuvent pas être modifiés, il font partie de l'identité immuable d'une personne. Ce n'est pas le cas de la religion. J'en suis un parfait exemple. Je ne pourrai jamais changer la couleur de ma peau, mon origine ethnique et le fait que ma langue maternelle est le français. Mais je me suis débarrassé de la religion catholique en apostasiant. Ça se peut que quelqu'un change d'idée.

Deuxièmement, il faut aussi arrêter de financer les religions. Le gouvernement n'a absolument pas à contribuer financièrement, à coups de subventions et de crédits d'impôt, aux organisations religieuses. On n'a pas à financer les temples, les mosquées, les églises et les "centres communautaires" religieux! Il faut que ça cesse immédiatement.

Troisièmement, il faut combattre l'endoctrinement religieux des mineurs. On peut y arriver en abolissant les écoles privées religieuses et en instaurant un cours obligatoire qui apprend aux enfants à correctement faire usage de la pensée critique. Les enfants ont le DROIT de recevoir une éducation complète et d'apprendre la vérité à propos de la science, de l'origine du monde, de l'évolution de la vie, de l'histoire de notre civilisation et des plus récentes découvertes scientifiques. Le fait de contrevenir à ce droit en remplaçant l'éducation moderne par n'importe quelle forme d'endoctrinement religieux institutionnalisé doit être vu comme une forme d'abus, rien de moins. Et là, je ne parle pas de ce que les parents enseignent à leurs enfants, ça c'est privé et ça appartient à chacun. Je parle de ce qui est enseigné aux enfants à l'extérieur du foyer familial.

C'est de cette façon-là qu'on combat efficacement l'intégrisme religieux. Il faut changer le système parce que le système actuel FINANCE ET PROTÈGE des cinglés comme Chaoui! Le système joue en sa faveur! Il le dit lui-même:

Dans sa première entrevue depuis le début de la controverse, l'imam Hamza Chaoui s'est défendu de commettre quelque geste illégal que ce soit en prêchant une vision rigoriste de l'islam et nie être un «agent de radicalisation» (...) Il a affirmé à La Presse qu'il exerçait tout simplement sa «liberté d'expression» dans ses prêches, que ce soit sur Facebook ou devant des fidèles. «Est-ce qu'il y a dans mes propos une incitation à la violence, par exemple?», a-t-il demandé (...) «la démocratie est critiquée par des non-musulmans, pas juste par des musulmans comme moi», a-t-il souligné (...)

Et vous savez quoi? Il a parfaitement raison! C'est vrai qu'il se sert de la liberté d'expression pour dire ses conneries et qu'il a le droit de le faire. C'est vrai que ses propos ne constituent pas une incitation à la violence. C'est également vrai que le fait de critiquer la démocratie ou n'importe quel autre système politique ne constitue pas un crime et que ce n'est pas l'apanage de l'Islam. Il a raison! Il peut dire toutes les idioties qu'il veut, tant que ça ne constitue ni une menace et ni un propos haineux!

Évidemment, c'est extraordinairement hypocrite de la part des fanatiques religieux d'utiliser le parapluie de la liberté d'expression pour dire leurs conneries tout en exigeant qu'elle soit abrogée pour empêcher qu'on critique ou qu'on se moque de leur religion, mais ça c'est un autre débat.

Bref, Chaoui a raison lorsqu'il dit qu'il a le droit de déconner. Et le plus écoeurant, c'est que s'il avait poussé un peu plus loin et qu'il avait dit qu'il a le droit d'endoctriner des jeunes dans son "centre communautaire" s'il en a envie, là aussi il aurait eu raison dans le système actuel! S'il avait dit qu'il a le droit de recevoir des subventions et des crédits d'impôts pour son centre, encore une fois, il aurait eu raison! Parce que c'est comme ça que le système fonctionne! C'est ça qui est dégueulasse!

On ne peut pas empêcher les gens de dire des conneries. Mais on ne devrait pas être obligés de les "respecter", de les aider, de les protéger, de les laisser abuser de la naïveté des mineurs et de les subventionner, bordel!

Évidemment, certains diront que le système actuel fonctionne puisque qu'en fin de compte, Chaoui n'aura pas son "centre communautaire". Mais regardons de plus près comment la partie s'est jouée.

Pour ce qui est du gouvernement du Québec, la merveilleuse ministre de l'immigration, Kathleen Weil (celle-là même qui ne verrait pas d'objection à ce que le gouvernement limite la liberté d'expression des médias pour protéger les musulmans) s'est dite très choquée, mais concrètement, n'a absolument RIEN fait. Sous prétexte qu'"il faut bien examiner la question", "il y a beaucoup d'acteurs au sein du gouvernement pour examiner ces questions", "on pourra vous donner des réponses en temps et lieu" et gna gna gna... La réalité, c'est que dans le système actuel, elle ne peut strictement RIEN faire.

Elle le nie, évidemment. Selon elle, le gouvernement peut agir:

Parmi les outils à la disposition du gouvernement, elle a parlé de manière générale de «mesures dans la prévention, la détection et la répression de certains actes». 

Prévention? Quelles mesures de préventions? De quoi parle-t-elle? Comment un gouvernement qui finance les écoles religieuses peut-il prétendre avoir à sa disposition des moyens de prévention? Elle débloque complètement cette bonne femme...

Détection? Quelles mesures de détection? Si ça n'avait pas été des médias, Chaoui aurait fondé son "centre communautaire" sans problème! Les autres imams qui sont moins visibles que lui obtiennent les leurs sans problème!

Répression? Quelles mesures de répression? De quoi parle-telle? Répression de quoi? De qui? Pour quels motifs?

En fait, on voit bien qu'elle dit n'importe quoi. C'est sa spécialité. La réalité, c'est que non seulement le gouvernement québécois n'a rien fait, mais dans le système actuel, il ne peut strictement RIEN faire!

La balle a alors été passée aux autorités municipales:

L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve n’entend pas accorder de certificat d’occupation au centre islamique de l’imam Hamza Chaoui (...) Un permis de transformation a bel et bien été délivré au centre Ashabeb mardi dernier, mais l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve n’a reçu à ce jour aucune demande de certificat d’occupation qui permettrait à l’organisme de mener ses activités, a fait savoir Réal Ménard. Et si une demande lui était soumise, l’arrondissement la refusera, a-t-il précisé. «J’ai toutes les raisons de croire que sous le couvert d’activités communautaires, la direction du centre Ashabeb se livrera à des activités de culte dans un secteur où le zonage l’interdit.»

C'est ça la solution ultime? Se servir des règlements de zonage?

Alors qu'est-ce qui empêchera Chaoui ou un autre zigoto comme lui d'aller établir son centre d'endoctrinement religieux dans un autre secteur où le zonage permet les activités de culte? Réponse: absolument rien! Alors qu'est-ce qu'on a réglé au juste? RIEN!

Et le plus drôle dans tout ça, c'était de voir Coderre faire le matamore devant les caméras de télé:

«Ce n’est pas une question de liberté d’expression qui est en jeu», a dit le maire Denis Coderre lors d’une conférence de presse samedi matin en compagnie du maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard. «Nous avons affaire aujourd’hui à un cas de sécurité publique et d’ordre public», a-t-il ajouté en qualifiant l’imam Chaoui d’«agent de radicalisation» et de «fomenteur de tension sociale».

Quel pitoyable hypocrite...

Un problème de sécurité et d'ordre public? Vraiment? Alors pourquoi la police n'intervient-elle pas, mon p'tit Denis? Et si elle le faisait, ce serait sur quelle base? Chaoui n'a fait aucune menace et, à ce que je sache, n'a pris la tête d'aucune émeute! Où est le problème d'ordre public et de sécurité? Coderre déconne complètement.

Des écoles islamiques et des "centres communautaires" propagandistes, il y en a déjà plein à Montréal! Et ils en ouvriront un nouveau sous peu! Où est l'indignation de Coderre?

Ce même Denis Coderre qui, aux dernières élections, a obtenu les votes des communautés religieuses en promettant qu'il combattrait la Charte de la laïcité?

Mais apparemment, ça, personne ne s'en souvient dans les médias. Surtout pas Michel Hébert qui dédie aujourd'hui cette vibrante lettre d'amour à Coderre en lui déclarant qu'il a été mêlé au scandale des commandites, c'est vrai, mais qu'aujourd'hui, tout est pardonné! Je t'aime Denis! Quel Hercules! Quel Goliath! Quel preux défenseur de la veuve et de l'orphelin! Quel vaillant rempart de la démocratie contre l'obscurantisme religieux! Viens me donner un câlin mon gros nounours d'amour!

Et ce sont ces gens-là qui sont les chiens de garde de la démocratie? On est vraiment dans la merde...

Alors, récapitulons, voulez-vous?

1- Les médias tirent la sonnette d'alarme lorsqu'ils découvrent qu'un islamiste s'apprête à ouvrir un centre d'endoctrinement à Montréal. Malheureusement, ce sera leur seule contribution constructive.

2- Le type en question s'avère n'être pas particulièrement pire que n'importe quel autre imam. Mais il est plus visible, alors on en fait un gros cas. Les médias déchirent leurs chemises.

3- Devant le tollé, Kathleen Weil joue les vierges offensées, mais ne fait strictement rien.

4- La balle est renvoyée dans le camp de l'arrondissement qui décide de refuser d'émettre un certificat au bonhomme pour une question de zonage.

5- Le gros Coderre va jouer au dur devant les caméras, les médias sont en pâmoison et en font un héros.

6- Rien n'a changé, la vie continue, on finance la religion, les centres d'endoctrinement et de recrutement islamiques continuent de pousser comme des champignons. Chaoui pourra aller s'installer un peu plus loin.

Et on veut nous faire passer ça pour une grande victoire.

Pitoyable, j'vous dis...

Savez-vous ce que je souhaite? Que Chaoui poursuive Coderre, la ville et l'arrondissement pour diffamation et discrimination religieuse. Vous savez pourquoi? Parce qu'il gagnerait. Et les multiculturalistes seraient alors bien obligés de voir que leur système à la con ne fonctionne pas.



3 commentaires:

Guillaume a dit…

Moi je crois qu'il faut le laisser prêcher... On fait comme avec fred Phelps est ses zouaves: qu'ils montrent ce qu'ils sont. C'est vrai, ils ont le droit de dire des âneries. Mais qu'on les surveille, au cas où quelqu'un voudrait passer des paroles aux actes ou (plus probable) il commence à prêcher la sédition. Et qu'on dénonce ses conneries aussi. Et qu'on s'en moque ouvertement.

Guillaume a dit…

Et je suis d'accord avec Chaoui sur une chose: on ne peut être un bon croyant, peu importe la religion et un bon citoyen dans une démocratie. Parce que justement, ce qu'on permet dans une société est souvent immoral dans une croyance, alors que ce qui est prescrit comme "moral" dans une croyance est souvent antisocial et antidémocratique.

Prof Solitaire a dit…

Qu'il prêche auprès d'adultes tant qu'il veut... mais pas auprès d'enfants. Et pas à mes frais. Et tu peux être sûr que je vais me moquer de ses conneries.