25 février 2015

Support inconditionnel à Israël?

Vous vous souvenez que le gouvernement du Canada offre son support inconditionnel à Israël? Une telle allégeance, c'est du jamais vu dans l'histoire récente de ce pays, à part bien sûr envers le Royaume-Uni.

Vous croyez que j'exagère? Jugez par vous-mêmes:

Le Canada a demandé que le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de la personne dans les Territoires palestiniens soit congédié pour avoir critiqué Israël, bien que les colonies israéliennes soient illégales et que la décision de construire des logements à Jérusalem-Est ait été dénoncée par la chef de la diplomatie européenne et même les Américains?

Le Canada a espionné le Venezuela pour le compte d'Israël et le ministre des affaires étrangères a déclaré qu'une «attaque contre Israël est une aussi une attaque contre le Canada.»

À la demande d'Israël et à l'encontre des intentions de Washington, le Canada a causé du tort au processus de paix avec la Palestine en faisant retirer toute mention des questions frontalières.

Le Canada a soutenu Israël suite aux bombardements de la Palestine pendant lesquels de nombreuses personnes ont été tuées (près de la moitié des Palestiniens tués étaient des non-combattants).

Lorsqu'une entente historique a été conclue sur le nucléaire iranien, les deux seuls pays qui l'ont critiqué étaient Israël et... le Canada!

Or, il n'est clairement pas dans l'intérêt de quelque pays que ce soit de donner son soutien INCONDITIONNEL à un autre pays et certainement pas à Israël!

En effet, ce pays a été décrit par Max Blumenthal comme étant "une société déboussolée, qui célèbre la violence contre la population immigrante et arabe, et réprime la dissidence." Il ajoute: "En Israël, le prix à payer pour attiser la colère contre les réfugiés et les Palestiniens, c'est un plus grand nombre de votes, un plus grand soutien populaire, une plus grande couverture médiatique et l'adulation de vos concitoyens."

Dans un récent rapport, Amnesty International affirme que l'armée israélienne a fait preuve d'un «mépris choquant» pour les vies civiles à Gaza lors des 50 jours de guerre qui ont ravagé le territoire palestinien. Amnesty fait état de huit attaques menées par l'armée contre des habitations «sans aucun avertissement» et dans lesquelles «au moins 104 civils dont 62 enfants» ont péri. Le rapport fait apparaître qu'à de nombreuses reprises les Israéliens ont utilisé des bombardements aériens pour raser des maisons, tuant parfois des familles entières. Amnesty accuse Israël d'avoir parfois «directement et délibérément ciblé des civils ou des bâtiments civils, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre».

Ce soutien indéfectible du Canada à Israël a été vertement critiqué par près de 500 universitaires, juristes et défenseurs des droits de l'homme. Ils ont accusé le gouvernement de Stephen Harper de «discréditer» le Canada en adoptant une position «déséquilibrée et partisane» exagérément pro-israélienne. «L'adoption d'une telle position manichéenne nuit aux propres objectifs de politiques étrangères (du gouvernement canadien, ndlr), à savoir la conclusion d'un accord de paix global, équitable et durable entre Israël et la Palestine», remarquent les signataires.

Les politiques d'Israël ont également été vertement critiquées par de grands intellectuels juifs tels que Norman Finkelstein et Noam Chomsky.

Alors de tous les pays que le Canada aurait pu choisir de soutenir INCONDITIONNELLEMENT, Israël me semble être l'un des pires choix possibles.

On a maintenant droit à un autre exemple éclatant de l'extraordinaire manque de jugement du gouvernement du Canada. En effet, on voit maintenant que le Canada s'est auto-proclamé le fidèle caniche d'un gouvernement étranger malhonnête et belliqueux qui a sciemment menti à la face du monde:

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a été contredit par ses propres services secrets en 2012 lorsqu'il a déclaré que l'Iran était à environ un an de se doter de l'arme atomique, selon des documents secrets publiés lundi par le Guardian et Al-Jazeera.

Ces câbles révélés par le quotidien britannique et la chaîne qatarie proviennent d'échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers comme le Mossad israélien, la CIA américaine ou le MI6 britannique.

(...) Un de ces échanges remet en cause l'intervention de M. Nétanyahou à la tribune des Nations Unies en 2012. Le premier ministre israélien y avait brandi un carton en papier illustré d'une bombe sur le point de détonner pour s'alarmer de l'état d'avancement du programme nucléaire iranien.

Disant se baser sur les informations de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), M. Nétanyahou avait assuré qu'à partir de l'été 2013 «au plus tard», l'Iran n'aurait plus besoin que «de quelques mois voire de quelques semaines pour obtenir suffisamment d'uranium enrichi en vue de sa première bombe».

Quelques semaines plus tard, le Mossad a conclu dans un rapport reçu par les services sud-africains le 22 octobre 2012 que l'Iran n'avait «pas l'activité nécessaire» pour la produire. L'Iran «ne semble pas être prêt pour enrichir l'uranium à un niveau suffisant pour produire des bombes nucléaires», a insisté le rapport.

Selon le Guardian, cet épisode illustre un «fossé» entre la rhétorique des hommes politiques israéliens et l'analyse des services de renseignements de ce pays.





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