19 avril 2015

La confession de John Martino

"Il est impossible de garder un secret indéfiniment. Depuis le temps, quelqu'un aurait parlé."

Voilà l'argument habituellement utilisé pour discréditer les théories de complot à propos de l'assassinat du Président JFK.

Or, des gens ont parlé, mais on accorde généralement bien peu d'intérêt à leur témoignage.

Et l'une des histoires les plus intrigantes est celle de John Martino.

En 1963, Martino était un militant anti-Castro qui fréquentait des membres du crime organisé et des officiers de la CIA. On le sait aujourd'hui, le crime organisé et la CIA ont collaboré pour tenter de faire tomber le régime cubain de Fidel Castro. Les premiers souhaitaient remettre la main sur les casinos, la prostitution et les trafics de l'île, les seconds voulaient se débarrasser d'un allié communiste situé si près des côtes américaines. Nous étions alors en pleine guerre froide, rappelez-vous.

Dans sa jeunesse, Martino (un natif du New Jersey) était un petit bandit et un gambler. Il a été arrêté à de multiples reprises pour gambling et prêts usuraires. Dans les années 1950, il a développé une expertise dans les équipements électroniques liés aux jeux de hasard. Il opérait dans le Sud de la Floride, puis à La Havane (Cuba) où ses compétences lui ont valu un travail de sécurité dans un grand casino de la capitale cubaine.

Lorsque le mouvement révolutionnaire de Castro prend le pouvoir en 1959, les hôtels offrant jeu et prostitution sont fermés. Martino est arrêté pour avoir critiqué Castro et passe trois ans en prison, une expérience pénible qu'il a détaillé dans un livre.

Après sa libération en 1962, Martino s'enrôle dans la guerre clandestine de la CIA contre Castro. À la Nouvelle-Orléans et à Dallas à l'automne 1963, il fréquente d'autres militants anti-castristes furieux à propos de la politique cubaine de JFK.

Une décennie après l'assassinat de JFK, Martino se savait mourant et il confia à deux connaissances qu'il avait participé à un complot visant à assassiner le Président.

Son premier confesseur était John Cummings, un journaliste d'investigation réputé qui travaillait au Newsday de New York, qui avait couvert la libération de Martino de la prison de Castro en 1962 et qui était resté en contact avec lui au cour des années.

"Il m'a dit qu'il avait fait partie de l'assassinat de Kennedy," raconte Cummings. "Il n'était pas à Dallas et n'a pas appuyé sur la gâchette, mais il était impliqué. Il a laissé entendre que son rôle était de livrer de l'argent et de faciliter les choses. Il m'a demandé de ne pas publier sa confession de son vivant."

La deuxième personne à qui Martino s'est confié est un ancien partenaire d'affaires du nom de Fred Claassen. Il affirme que Martino lui a dit:

“The anti-Castro people put Oswald together. Oswald didn’t know who he was working for — he was just ignorant of who was really putting him together. Oswald was to meet his contact at the Texas Theater. They were to meet Oswald in the theater and get him out of the country, and then eliminate him. Oswald made a mistake . . . there was no way we could get to him. They had Ruby kill him.”

La veuve de Martino a refusé de parler aux enquêteurs du Congrès dans les années 1970, mais plus tard a confirmé l'histoire de son mari à l'auteur britannique Anthony Summers. Elle a dit que son mari avait eu connaissance à l'avance de l'assassinat de JFK. "Flo, ils vont le tuer" lui avait dit son mari en novembre 1963. "Ils vont le tuer quand il arrivera au Texas."

Le fils de Martino, Edward, qui fréquentait alors le secondaire, se rappelle que le vendredi 22 novembre 1963, son père lui a dit de sécher l'école et d'écouter la radio. Lorsque les nouvelles sont arrivées de Dallas, "mon père est devenu blanc comme une feuille. Mais ce ne était pas par surprise. C'était plutôt comme une confirmation."

Ni Edward Martino, ni sa mère n'ont cherché à tirer profit en racontant cette histoire.

Évidemment, la confession de Martino est très vague et nous fournit bien peu de détails. Mais plusieurs autres indices pointent en direction d'un complot qui aurait impliqué des militants anti-castristes, des membres du crime organisé et des éléments de la CIA (lire Oswald était-il à l'emploi de la CIA?Les balles de la CIA, Le message d'Oswald, La carte de bibliothèque de David Ferrie, Magouilles modernes de la CIA, Bloomfield et l'assassinat de JFKDave Perry et George DeMohrenschildt‏). De plus, son affirmation selon laquelle Oswald s'est rendu au Texas Theater pour y rencontrer un contact me semble intéressante à la lumière de ce que l'on sait à propos de cet événement:

Qui a tué Tippit? - première partie
Qui a tué Tippit? - deuxième partie
Qui a tué Tippit? - troisième partie
Qui a tué Tippit? - quatrième partie
Qui a tué Tippit? - cinquième partie

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