6 avril 2015

Les étudiants reprennent la rue

C'est avec respect et admiration que j'ai récemment vu les étudiants reprendre la rue pour manifester leur opposition aux politiques dévastatrices du gouvernement libéral.

L'article que j'ai lu et qui rejoint le plus mon opinion est celui-ci de David Desjardins, dont voici un extrait:

(...) même les esprits le moindrement favorables à l’idée de rompre avec le rassurant ronronnement des choses s’interrogent un peu sur ce qu’espèrent les associations étudiantes au juste…

Sinon la simple finalité de foutre le bordel dans cette ère d’austérité sélective.

Mais bon, on ne va quand même pas reprocher à la jeunesse sa dissidence devant le conformisme, devant nos capitulations?

Eh ben oui. C’est exactement ce qu’on leur reproche. Leur idéalisme, grossièrement maquillé en caprice.

Bien sûr que les assos prêtent le flanc aux critiques. Elles sont cruellement mal outillées pour aller s’engueuler avec Richard Martineau à LCN. La tenue de leurs votes de grève relève parfois de l’insulte à la démocratie. Et puis, il y a l’étendue galactique de leurs réclamations qui, au mieux, a de quoi faire sourire.

Mais ce ne sont là que des détails.

En fait, la grogne, ou le simple désintérêt devant cette grève, est parfaitement symbolisée par une photo qui, jeudi matin, faisait le tour du monde : un policier pointant un fusil à grenades lacrymogènes en direction d’un manifestant, son armure antiémeute couverte d’autocollants qui dénoncent les modifications à son fonds de retraite.

Tout est là: il n’y a plus de «nous».

En fait, je ne suis pas certain qu’il y en a déjà eu un. Je ne sais plus rien, sinon le froid qu’il fait dans le coeur des hommes, sinon cette course au bonheur qui ressemble à cette catastrophique chasse aux oeufs de Pâques à Laval l’an dernier. Manière de dire qu’il importe peu de piétiner son prochain sur le chemin de son propre contentement, mes cocos.

(...) J’ai même l’impression de réécrire la même chronique depuis des années, de sans cesse refaire les mêmes constats, en m’incluant dans le lot des grégaires, faisant partie de cette classe de citoyens qui se sent incapable de changer ce qui se passe en haut, à la différence que cela ne me donne pas envie de cracher sur ceux d’en bas pour me venger.

Desjardins décrit parfaitement ce que je ressens et ce que je pense dans ces passages.

Et tout à l'opposé, on retrouve le mépris et la haine des étudiants, ainsi que le désir de les intimider et de les menacer. Et cette haine se personnifie dans la personne de mon nouveau patron, le merveilleux ministre libéral de l'éducation:

Le ministre de l'Éducation, François Blais, a recommandé aux recteurs des universités d'aller jusqu'à expulser chaque jour deux ou trois étudiants «qui vont beaucoup trop loin» dans le mouvement de grève.

Lors d'une rencontre, il a invité les recteurs à imposer des sanctions contre les étudiants «qui exagèrent».

«Il y a des règlements disciplinaires, et ça peut aller jusqu'à l'expulsion. Ils (les recteurs) peuvent le faire. Si c'est fait pour 2 ou 3 personnes par jour, ça refroidirait, je pense, les ardeurs de certains», a-t-il affirmé mardi dans une entrevue à la station de radio CHOI.

Le mépris du ministre pour les étudiants est particulièrement clair dans ce passage, alors qu'il les compare à des petits enfants déraisonnables et impolis qu'il faut discipliner:

En expulsant des étudiants, «on fait réfléchir les autres, c'est clair», a-t-il ajouté. «On fait ça avec les enfants quand on veut corriger leur comportement. On ne dit pas du jour au lendemain: va dans ta chambre, tu n'auras pas de souper. On commence par leur dire: il va y avoir une sanction pour ce que tu as dit à ta mère, etc. Et on s'assure qu'on pose ce geste-là.»

Tout simplement répugnant...



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