25 avril 2015

Oswald et le FBI

Non seulement des liens entre Oswald et la CIA sont tout à fait probables, mais de plus, contrairement à ce qu'a affirmé la Commission Warren, Oswald était également très bien connu du FBI et collaborait fort probablement avec lui.

Plusieurs documents ont été déclassifiés pendant les cinq dernières décennies et on sait maintenant que le FBI a eu de nombreux contacts avec Oswald. En fait, le célèbre directeur du FBI, Edgar Hoover lui-même, s'est intéressé à lui. 

RAPPORTS DÉCLASSIFIÉS

L'intérêt du Bureau pour Oswald a apparemment débuté lors de son départ pour l'URSS. En 1960, Hoover lui-même fit parvenir un mémo au State Department afin de signaler qu'un imposteur utilisait possiblement le certificat de naissance d'Oswald. Ce document est très révélateur, d'abord et avant tout parce qu'il donne beaucoup de crédibilité à la possibilité que des agents aient utilisé l'identité d'Oswald. Il semble également indiquer qu'à l'époque, Hoover ignorait tout des liens probables entre Oswald et la CIA.

Le 27 avril 1960, un agent du FBI interrogea Robert Oswald, le frère de Lee, à propos des activités de son frangin en URSS. Il affirma que toute la famille était renversée par cette défection et que Lee ne leur avait jamais fait part de ses opinions communistes auparavant. Cela s'expliquerait facilement s'il s'agissait d'une fausse défection motivée non pas par des convictions communistes, mais plutôt par une opération secrète d'infiltration.

Le 3 juillet 1961, plus d'un an avant le retour d'Oswald d'URSS, le même agent du FBI rédigea un rapport très complet sur Oswald, incluant le récit complet de sa vie et ses activités connues en URSS. Le document affirme tenir bon nombre de renseignements de la Office of naval intelligence à la Nouvelle-Orléans. 

Le 25 juin 1962, moins de deux semaines après le retour d'Oswald aux USA, deux agents le convoquèrent aux bureaux du FBI de Fort Worth pour un interrogatoire. Puis, le 16 août 1962, Oswald est rencontré à nouveau par le même agent et un collègue près de l'appartement de Fort Worth qu'il occupait depuis moins d'un mois. Étrangement, l'entretien eu lieu dans la voiture des agents plutôt que dans la maison d'Oswald située tout près ou encore aux bureaux du FBI. Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est très louche. Plusieurs chercheurs soupçonnent que le FBI aurait commencé à recruter Oswald à ce moment-là.

Un autre rapport du FBI concernant Lee Oswald a fait surface et est daté du 31 octobre 1963. Il y est question des activités d'Oswald à la Nouvelle-Orléans cet automne-là. Le FBI s'était donc intéressé à sa soi-disant croisade communiste pro-Castro.

OSWALD ARRÊTÉ

Mais l'événement le plus intriguant et le plus révélateur est survenu le 10 août 1963. Après avoir été arrêté sur un coin de rue parce qu'il distribuait des pamphlets pro-Castro et qu'il avait été impliqué dans une bagarre avec des immigrés cubains, Oswald préféra contacter un agent du FBI plutôt qu'un avocat. Et malgré que ce jour-là fut un samedi, un agent fut immédiatement dépêché au poste de police et conféra avec Oswald pendant une heure et demi! Selon le rapport officiel, Oswald souhaitait parler à un agent à propos du groupe auquel il appartenait et dont il était le seul membre; le "Fair-Play for Cuba Committee". On sait aujourd'hui que ce soi-disant comité était non seulement une pure invention, mais que ses bureaux étaient situés à la même adresse que les bureaux de Guy Bannister, un ancien agent du FBI officiellement devenu détective privé.
Toute cette histoire est vraiment inusitée, sauf si on conclue qu'Oswald tentait de se créer une fausse image de communiste, possiblement sur les ordres de la CIA. Et son appel au FBI indique qu'il collaborait fort probablement avec le Bureau.

OREST PENA

Cette possibilité est corroborée par Orest Pena, un propriétaire de bar de la Nouvelle-Orléans. Pena était un exilé cubain associé au Conseil révolutionnaire cubain (mis sur pied par la CIA) et était lui-même informateur pour le FBI. En 1975, il a affirmé avoir aperçu Oswald en compagnie d'agents du FBI à plusieurs occasions en 1963. Il raconta également avoir reçu des menaces d'un agent du FBI. Environ 10 jours avant sa comparution devant la Commission Warren, un agent lui aurait servi cet avertissement sans équivoque: "If you ever talk anything about me, I'll get rid of your ass." Il ajouta que le conseiller de la Commission qui l'a interrogé ne l'a pas laissé s'exprimer librement et qu'il avait donc décider de garder le silence à propos d'Oswald. On retrouve des récits semblables auprès d'un très grand nombre de témoins, quand ces derniers ne meurent pas carrément dans des circonstances pour le moins étranges.

WILLIAM S. WALTER

Mais le témoignage le plus révélateur est probablement celui d'un employé du bureau du FBI, William S. Walter. Ce dernier, qui travaillait dans les bureaux de la Nouvelle-Orléans en 1963, affirma au HSCA qu'il travaillait le jour où Oswald rencontra un agent du FBI au poste de police. Lorsque l'agent l'appela afin de lui demander de vérifier le dossier d'Oswald, Walter réalisa que ce dernier n'en possédait pas un seul, mais plutôt DEUX dossiers distincts: un dossier de sécurité et un dossier d'informateur! Cette histoire fut corroborée par Will Hayden Griffin, un agent du FBI en poste à Dallas. Il faut toutefois souligner que ce dernier s'est éventuellement rétracté pour des raisons inconnues.

Mais Walter avait une autre anecdote encore plus renversante à raconter au comité. Il a affirmé que le 17 novembre 1963, il travaillait de nuit et que les bureaux de la Nouvelle-Orléans reçurent un "teletype" issu de Washington et qui avertissait de l'existence d'une menace d'assassinat contre Kennedy lors de sa visite à Dallas, quelques jours plus tard. Walter était seul dans les bureaux lorsque le message est arrivé et qu'il était marqué "URGENT". Le message affirmait qu'un "groupe révolutionnaire militant" pourrait tenter d'assassiner le Président et ordonnait aux agents d'immédiatement contacter tous leurs informateurs afin de déterminer si la menace était réelle. Walter contacta les agents par téléphone puis, à 8h, il retourna chez lui.

Cinq jours plus tard, Walter était chez le barbier lorsqu'il a entendu parler de l'attentat pour la première fois à la radio. Il se rendit aux bureaux du FBI et dactylographia une copie du fameux "teletype" qu'il apporta ensuite chez lui.

Peu après l'assassinat, Walter affirme que le directeur Hoover ordonna à tous ses agents de lui faire parvenir tous les rapports qui avaient un lien avec l'affaire t de brûler les originaux. L'objectif, selon Walter, était d'éviter d'embarrasser le Bureau.

En 1975, lorsque Walter montra sa copie dactylographiée du fameux message, le HSCA contacta les agents impliqués qui affirmèrent tous n'en avoir jamais entendu parler. Quelqu'un ment, mais qui?

ADRIAN THOMAS ALBA

En 1963, M. Alba était co-propriétaire du garage qui était adjacent à la William Reily Coffee Company. Cette compagnie employait Oswald cet été-là. Alba affirme que le garage avait décroché de contrat pour s'occuper des voitures du FBI et des Services Secrets dont les bureaux étaient situés tout près. Il raconte qu'Oswald fréquentait régulièrement le garage et qu'il a appris à bien le connaître. Il parlaient entre autres choses d'un intérêt commun, les armes à feu, et Alba lui aurait prêté quelques-uns de ses magazines d'armes.

Au début de l'été, Alba affirme qu'un agent du FBI qui venait d'arriver de Washington se pointa au garage, montra une pièce d'identité et quitta avec l'un des véhicules du Bureau, une Studebaker verte. Le lendemain, Alba aperçut cette même voiture qui était stationnée près du lieu de travail d'Oswald. Ce dernier s'en approcha, l'occupant de la voiture lui remit une grosse enveloppe blanche qu'Oswald dissimula sous sa chemise avant de retourner travailler. Le manège se répéta le surlendemain, mais comme la voiture était plus loin, Alba ne fut pas en mesure d'apercevoir ce qui a été remis à Oswald.

Lorsqu'il raconta son histoire au HSCA, ces derniers consultèrent les documents du garage et constatèrent que deux Studebaker gouvernementales avaient été utilisées pendant cette période, mais qu'elles avaient été empruntées par... des agents du Service Secret!

Peu après son congédiement de la compagnie de café, Alba discuta avec Oswald. Selon Alba, ce dernier semblait ravi de la tournure des événements et affirma qu'il travaillerait bientôt à l'usine de la NASA près de la Nouvelle-Orléans. "I have found my pot of gold at the end of the rainbow" dit-il à Alba. Or, le procureur Jim Garrison découvrit que cinq ex-employés de l'usine de café avaient effectivement été embauchés pas la NASA peu après le congédiement d'Oswald! Deux autres témoins potentiels dans l'affaire reçurents des jobs au même endroit et ne furent jamais interrogés par la Commission Warren.

LE CARNET D'OSWALD

Bien que le FBI tenta d'abord de le cacher à la Commission Warren, il fut éventuellement obligé d'admettre qu'une découverte importante avait été faite dans le carnet d'adresses d'Oswald. En effet, y figurait l'adresse, le numéro de téléphone et le numéro de plaque d'immatriculation de l'agent du FBI James P. Hosty Jr. Hosty affirma alors n'avoir jamais rencontré Oswald en personne et le Bureau tenta de minimiser cette découverte en disant qu'il n'était pas rare pour un agent de donner son adresse et son numéro de téléphone à une personne avec qui il entre en contact. Et le numéro de plaque, alors?

WAGGONER CARR

Le 22 janvier 1964, le procureur général du Texas, Waggoner Carr, entre en contact avec la Commission Warren et affirma qu'il possédait des informations fiables selon lesquelles Oswald avait été recruté comme informateur pour le FBI en septembre 1962 et qu'il recevait 200$ par mois pour ses services. Il leur fournit même le numéro d'informateur qui avait été assigné à Oswald! Mais le FBI affirma qu'aucun informateur n'était identifié par ce numéro.

Toutefois, si Oswald recevait effectivement des mandats-postaux du FBI, il devait bien les échanger quelque part. Bien qu'aucune trace papier ne fut découverte par la commission, plusieurs personnes racontèrent des histoires qui viennent valider cette thèse. Quelques jours après L'assassinat, le gérant d'un bureau de la Western Union Telegraph Company affirma à un journaliste qu'Oswald s'était présenté à plusieurs reprises pour échanger des mandats-postaux. Son témoignage fut discrédité par la Commission Warren.

Le propriétaire d'un marché texan affirma que, peu avant l'assassinat, Oswald s'était souvent rendu à son magasin et que lors d'une de ses visites, il était accompagné d'une vieille dame et d'une jeune femme qui parlait une langue étrangère (l'épouse d'Oswald était russe). Lors d'une autre visite, Oswald aurait tenté de payer avec un mandat-postal de 189$ (ce qui équivaut exactement au montant qui resterait sur une paye de 200$, après taxes). La Commission Warren conclua qu'un tel chèque n'avait jamais existé.

DESTRUCTION DE PREUVES

Derrière les portes closes, la Commission Warren était face à un dilemme. Face à ces indications de plus en plus nombreuses que des liens existaient entre Oswald et le FBI, les membres décidèrent de supprimer ces preuves. Étonnement, cette conversation tenue en privé et effacée des minutes de la Commission fut enregistrée, dactylographiée et déclassifiée en mars 1975. La voici:


Oui, vous avez bien lu: “I think this record ought to be destroyed.” Et après ceci, on viendra essayer de nous convaincre que le rôle de la Commission Warren était de faire la lumière sur l'assassinat! Dans les faits, on sait maintenant avec certitude que des documents ont été cachés et détruits.

La Commission n'est pas la seule à avoir fait disparaître des preuves embarrassantes. Deux semaines avant l'assassinat de Kennedy, Oswald se présenta aux bureaux du FBI et laissa une note manuscrite à l'agent Hosty. Peu après l'assassinat, la note fut tout simplement... détruite. Sur les ordres de son supérieur, Hosty la déchira et la jeta dans une toilette.



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