29 juin 2015

Classe 2014-15: un bilan

Avec la fin de l'année scolaire, le temps des bilans arrive. Je ne sais pas si mes collègues se prêtent à cet exercice, mais pour moi, c'est un incontournable. C'est un moment à la fois exaltant et angoissant. Pendant les 10 derniers mois, on m'a confié 26 jeunes. Ai-je réussi à avoir un impact positif sur eux? Ai-je réussi à les faire progresser? Ai-je échappé le ballon? Quels sont mes succès? Quels sont mes lacunes?

Poser ces questions me semble essentiel. Parfois, les réponses font bomber le torse et d'autres fois, elles font mal. Mais c'est la seule façon de progresser.

Notez que les noms des élèves ont évidemment été modifiés.

Xénon: Un grand bonhomme souriant, je dois dire que je suis assez fier du travail accompli avec lui. Comme la plupart des p'tits gars, il n'aimait ni lire et ni écrire en arrivant dans ma classe. À la fin, il m'écrivait des bons textes remplis d'action et d'humour. Je crois que ça a été une véritable révélation pour lui. Côté lecture, avec l'emphase que je mets sur la BD, il a découvert plein de séries dont il ignorait l'existence et il s'est mis à lire plusieurs d'entre elles avec énormément d'intérêt. Il venait me voir régulièrement pour que j'achète d'autres albums. D'un point de vue plus personnel, sa mère m'a confié qu'elle le soupçonne d'être homosexuel. Je n'y avais pas pensé avant qu'elle m'en parle, mais plus j'ai appris à le connaître, plus je me suis dit qu'elle avait peut-être raison. Dans mes cours, j'ai donc mis une emphase particulière en classe sur le respect des homosexuels, sur le fait qu'un couple homosexuel peut élever des enfants aussi bien qu'un couple hétéro, etc. S'il s'avère que la mère a raison à propos de son orientation, j'espère que ces messages positifs rendront son éventuel "coming out" plus paisible et harmonieux. Bref, j'ai fait de la bonne job avec ce kid-là et je suis très fier de moi.

Charlotte: Une fille sportive, discrète mais toujours attentive en classe. J'aurais aimé lui donner envie de participer davantage mais elle a gardé sa discrétion. Toutefois, du point de vue social, il s'est passé de belles choses pour elle cette année. Je travaille très fort pour créer une atmosphère de camaraderie dans ma classe et Charlotte est l'une de celles qui en a le plus profité. Elle avait une seule copine en septembre, mais à la fin, elle avait sa gang d'amis dans la classe. Cette appartenance à un groupe semble avoir eu un impact positif sur son assurance.

Mark-Ovide: Ah! grands dieux... cette année, il a été l'un des élèves qui m'a plongé dans les plus grands questionnements et les plus grandes incertitudes. Ce p'tit gars-là n'était pas méchant, mais il parlait sans cesse. Et là, n'allez pas croire que j'exagère! Je n'ai jamais vu ça, il parlait tout le temps. C'était hallucinant. Or, ce comportement est extrêmement problématique dans une classe comme la mienne où le fonctionnement n'est axé sur la discipline autoritaire. J'aime bien que les élèves puissent prendre la parole et qu'ils participent à la vie de la classe. Le silence est plutôt rare avec moi. Mais avec cet élève-là, ça a été très pénible. J'ai bien essayé de lui faire comprendre qu'il y a des moments propices pour s'exprimer et d'autres qui ne le sont pas, qu'il y a des commentaires qui sont pertinents et d'autres qui ne le sont pas, j'ai essayé de sévir avec lui et je lui ai fait subir des conséquences, mais rien à faire. Il s'est fait aller la gueule jusqu'à la dernière journée d'école. Complètement exaspérant. Je suis bien obligé de faire un constat d'échec avec celui-là. J'ai vraiment l'impression que tout le temps et l'énergie que je lui ai consacré ont été une perte totale. À ma défense, il faut dire que c'était pareil pour lui en 5e année dans un contexte beaucoup plus autoritaire sans que cela ne donne le moindre résultat. De plus, je n'ai jamais vu les parents de l'année. Ils ne se sont jamais présentés à l'école. Ils signaient mes notes écrites à l'agenda, mais je crois qu'un meilleur support aurait donné des résultats plus probants.

Daniel: P'tit bonhomme sympathique et souriant, mais en grandes difficultés d'apprentissage. Dans une classe régulière, l'aide que je peux lui apporter est limitée. Mais, comme il était très discret et qu'il prenait rarement l'initiative de demander de l'aide, je crois que je ne lui ai pas donné autant d'attention que j'aurais dû. J'avais plusieurs élèves en difficulté cette année et je me consacrais naturellement à ceux qui me demandaient de l'aide. Mais je crois que ceci est une faiblesse chez moi, il faut que je fasse davantage d'efforts pour ne pas laisser des élèves comme Daniel passer sous le radar. Je dis ça, mais peut-être suis-je un peu trop sévère. Après tout, il a passé son année. De justesse, oui, mais ce n'était vraiment pas gagné d'avance.

Mariette: Cette cocotte a beaucoup de difficulté à l'école, mais une attitude en or. J'ai sincèrement trouvé sa persévérance inspirante. Oui, les enfants peuvent être des sources d'inspiration et plus souvent qu'on le pense. Mariette est une combattante qui ne baisse jamais les bras. Elle VEUT apprendre, elle VEUT travailler. Moi, quand des élèves comme ça me demandent de l'aide, je suis incapable de refuser. J'ai travaillé avec elle et quelques autres pendant d'innombrables récréations et dîners. Elle est toujours au bord du précipice, mais elle a passé sa 6e année. Cette réussite, elle la doit d'abord et avant tout à elle-même. Elle a obtenu son diplôme à la sueur de son front. J'espère que l'ampleur de ses efforts continuera à lui apporter la réussite au secondaire. En ce qui me concerne, je lui ai consacré énormément de temps, mais c'est un véritable plaisir de travailler avec des jeunes comme elle.

Martin: J'ai connu un début d'année difficile avec celui-là. C'est un jeune que le langage non-verbal rend très antipathique. Il a toujours un petit sourire en coin comme s'il se foutait de ta gueule, il ne te regarde pas quand il te parle, etc. Les enseignantes et les surveillantes ne l'aimaient pas du tout et le trouvaient "effronté" et "impoli". Mais lorsqu'on se donne la peine d'apprendre à le connaître, on s'aperçoit que sous ses extérieurs de petit baveux se cache un grand sensible qui a la larme facile. Je pense que j'ai réussi à l'atteindre éventuellement. Bref, malgré des débuts difficiles, je pense que l'année s'est plutôt bien terminée. Je ne dirai pas qu'une complicité s'est établie, ce serait un peu fort, mais définitivement un certain respect réciproque.

Élène: Cette fille était la définition de ce que la plupart de mes collègues féminines considèrent l'élève idéale. Elle était complètement silencieuse, complètement soumise, complètement obéissante. Le travail d'Élène était toujours parfait, mais elle était invisible en classe. Elle était si timide qu'elle était même incapable de projeter sa voix avec plus de force qu'un murmure. Moi, ça m'a brisé le coeur de voir ça. J'ai travaillé fort pour l'amener à s'exprimer par écrit sur des sujets de SON choix et les résultats ont été mirobolants. Elle s'est mise à écrire, à écrire, à écrire, comme si elle venait de découvrir une soupape dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Ses textes sont rapidement devenus de plus en plus élaborés, de plus en plus sophistiqués et de plus en plus touffus. À la fin, elle me remettait des trucs de trois à quatre pages tapés à l'ordinateur! Et à mon plus grand bonheur, elle s'est mise à parler et à lever la main en classe. Elle a commencé à s'exprimer de plus en plus. Je lui ai appris à mieux projeter sa voix en se servant de son diaphragme et sa voix a augmenté. Elle a fait un bon bout de chemin et je suis très fier du travail accompli avec elle.

Michael: Ouf... difficile de parler de celui-là. C'est difficile parce qu'à plusieurs égards, il me rappelle le flo que j'étais à cet âge: introverti, rêveur, toujours le nez dans une BD ou en train de dessiner. C'est habituellement le type de p'tit gars que j'arrive à accrocher le plus efficacement. Mais avec lui, ça a été un échec et je ne suis pas certain de comprendre pourquoi. Il faut dire qu'il est élevé dans une famille assez particulière. Ses parents ne croient pas à la discipline ou aux conséquences, mais alors là, pas du tout. C'est l'extrême. Ce qui fait que le jeune a grandi en se disant que les règles, c'est pour les autres. Il ignorait allègrement toutes mes consignes. Lorsque j'ai été obligé de sévir contre lui, les parents me sont tombés sur la tomate (par chance, j'avais ma directrice qui a pris mon parti). De plus, les parents ont toujours refusé de le faire évaluer. Je ne veux pas jouer aux pseudo-médecins, mais force est d'admettre que ce jeune-là a une problématique claire au niveau de sa capacité d'attention. Bref, sur papier, il semblait être le candidat idéal pour ma classe. Mais dans les faits, il était physiquement présent, mais il n'était pas vraiment là. La plupart de mes efforts pour accrocher son intérêt se sont avérés vains. Je doute beaucoup avoir eu un impact quelconque sur lui.

Isabeau: Lui, c'est mon gros "success story" de l'année. Je crois en avoir déjà parlé sur ce blogue dans un ancien billet. Énormes difficultés à l'école, refusait catégoriquement d'ouvrir un livre à la maison. Après seulement quelques mois dans ma classe, il a demandé à sa mère d'installer une petite bibliothèque dans sa chambre et de lui acheter des livres. La mère n'en croyait pas ses yeux et elle m'a écrit pour m'attribuer ce changement d'attitude qu'elle qualifiait de "miraculeux". Pour la première fois, m'a-t-elle dit, il avait hâte de venir à l'école. Il avait plein de trucs à raconter à la fin de sa journée. Sa mère me dit qu'il est méconnaissable. Selon elle, l'impact positif que j'ai eu auprès de ce jeune-là est majeur. Je m'en pète les bretelles et je bombe le torse.

Anthony: La présence de ce jeune dans ma classe a été une source de stress pour moi cette année. Oh, ce n'est pas à cause du jeune qui était un élève souriant, enthousiaste et qui semblait adorer ses journées, mais plutôt à cause de sa mère qui est une de mes collègues. C'était la première fois que j'enseignais au fils d'une collègue. Et comme c'est une enseignante tout ce qu'il y a de plus traditionaliste, j'ai bien vu qu'elle n'approuvait pas trop de mes méthodes. Ça se voyait bien dans sa froideur à mon égard. Je crois qu'elle m'a immédiatement trouvé antipathique. C'était donc une situation extrêmement angoissante pour moi qui était nouveau dans cette école. Mais comme son fils réussit généralement plutôt bien et qu'il s'est beaucoup épanoui dans ma classe, ses critiques n'ont pas été trop fréquentes et si elle est allée se plaindre de moi à la directrice, je n'en ai jamais entendu le moindre écho. Mais quel stress... ouf...

Madison: Une élève très douée qui excelle à l'école, elle est très intelligente, motivée et a d'indéniables talents de leadership. Elle aurait bien réussi même si on m'avait remplacé par une chèvre. Je peux toutefois prendre le crédit d'avoir su encourager ses talents artistiques. Mais mon crédit s'arrête probablement là. Son beau sourire et son enthousiasme ont été très bénéfiques pour moi. En ce sens, c'est probablement moi qui lui suit redevable.

Coralina: Comme Mariette, Coralina est une élève en grande difficulté, mais dotée d'une persévérance exemplaire. Et, contrairement à Mariette qui bénéficiait d'aide supplémentaire à l'extérieur de l'école, la mère de Coralina est monoparentale et en mauvaise posture financièrement. C'est une dame qui ne valorise pas vraiment l'éducation. Cela constitue évidemment un obstacle supplémentaire à la réussite de Coralina. Mais comme Mariette, elle VEUT réussir et j'ai passé beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps avec elle, surtout en maths. Comme elle a une estime d'elle-même très fragile, j'ai essayé de la valoriser en lui donnant différentes responsabilités. Je ne sais pas si j'ai réussi. J'ai consacré tellement de temps à cette élève que cela a donné naissance à de la jalousie et du ressentiment chez certains élèves, mais je crois avoir réussi à régler cette situation rapidement et efficacement. J'aurais aimé en faire plus pour elle...

Adrienne: Le défi de cet élève n'était pas académique, puisqu'elle est très performante et a d'excellentes notes. Le défi était de briser son isolement et cette épaisse carapace dont elle semblait être entourée. Et à ce niveau-là, je dois dire que je suis très, très fier du progrès accompli. Ça a été très long et ça a pris beaucoup de patience, mais elle s'est finalement ouverte aux autres et à la fin, elle était un membre actif du groupe. Sa crainte des autres s'était en grande partie estompée. Elle qui ne me disait pas deux mots au début de l'année, c'était tout le contraire en juin. Elle ne tarissait plus d'histoires à raconter. J'investis beaucoup d'efforts pour arriver à créer une atmosphère de camaraderie dans mes classes. Ça ne fonctionne pas toujours et jamais avec tout le monde, mais avec Adrienne, ça a été un vif succès et je suis persuadé que ces nouvelles habiletés sociales lui seront bénéfiques au secondaire. Je crois qu'elle a beaucoup développé son intérêt pour l'écriture également. Côté lecture, ça a moins bien été. Les livres que j'ai achetés ne l'intéressaient pas vraiment. Il faut dire qu'elle a un champ d'intérêt très limité. Essentiellement, si ça ne parlait pas de dragons, elle ne voulait rien savoir. Mes tentatives de l'intéresser à autres choses ont été vaines. On ne peut pas gagner toutes les batailles, j'imagine...

Mélanie: Très bonne élève, excellentes notes, mais quelle attitude! Mélanie est fille unique et elle est élevée comme une petite princesse. Elle a toujours tout ce qu'elle veut et lorsque quelque chose la contrarie, c'est immédiatement la crise de larmes pour obtenir ce qu'elle veut. Malheureusement pour elle, son enseignant est complètement immunisé contre le chantage émotif. J'ai été dur avec elle, très dur. Ses larmes de crocodile ont été soit ignorées ou, lorsqu'elle n'en finissait plus, je l'ai réprimandée, parfois assez sévèrement. Comprenons-nous bien, il y a des raisons légitimes de pleurer et je suis le premier à consoler un enfant dans ces cas-là. Mais des petites crises de princesse trop gâtée, alors là, non. Il était temps qu'elle découvre que l'univers n'est pas en orbite autour d'elle. J'ai été tellement intraitable avec elle que j'ai véritablement cru qu'elle finirait pas me détester. Étrangement, c'est le contraire qui s'est produit et c'est probablement elle qui a semblé la plus malheureuse de me quitter à la fin de l'année. Pour une fois, les larmes avaient l'air authentiques... ce doit être ça que les Anglais appellent du "tough love"!

Magalie: Des fois, il y a des enfants comme ça qui sont tellement maganés, tellement blessés et tellement éclopés que ça t'arrache littéralement le coeur. C'était le cas de Magalie. C'est vraiment l'un des jeunes les plus amochés auxquels j'ai enseignés dans ma vie. Je ne peux pas tout vous raconter, ça prendrait 10 pages. En gros, la cour a ordonné qu'elle ne voit plus sa mère et a accordé la garde exclusive à son père. La mère est, selon une des versions, très toxique pour la petite. Elle n'a même pas le droit d'approcher sa fille. Mais selon une autre version, il s'agirait plutôt d'un cas d'aliénation parentale et ce serait plutôt le père et sa nouvelle conjointe (qui est l'ancienne meilleure amie de la mère) qui aurait monté Magalie contre sa mère. J'ignore qui dit vrai et je ne peux rien y faire de toute façon puisque la cour a tranché. Étrangement, la mère n'a plus le droit de voir sa fille, mais elle a toujours la garde de la demi-soeur de Magalie, issue d'une autre union. Comment une mère peut-elle être jugée dangereuse pour un enfant et apte à élever l'autre? Je n'y comprends rien. Bref, tout ce que je vous dis là est appris entre les branches parce que je n'ai pas accès à ces dossiers confidentiels. Ce que je sais, par contre, c'est que cette petite fille-là est profondément, mais alors là profondément troublée. Son comportement est tout à fait étrange, elle fabule et ment beaucoup, s'invente des histoires à dormir debout et est prête à jurer que c'est vrai, elle a beaucoup de difficulté à entrer en relation avec les autres qui la trouvent très bizarre. Mais encore là, je ne peux rien faire puisque la DPJ est déjà impliquée dans le dossier et qu'elle est suivie en pédopsychiatrie et en psychoéducation. Lorsqu'elle est arrivée dans ma classe, tout ça était déjà derrière elle. Je me sentais bien impuissant face à ce que vis cette enfant si profondément traumatisée mais pour qui je ne pouvais malheureusement pas faire grand-chose. Ça dépasse complètement mes compétences. J'ai bien tenté de l'intégrer au groupe, avec plus ou moins de succès. Au moins, elle a réussi à passer sa 6e année. Dans les circonstances, il ne s'agit pas d'une petite victoire.

Clara: Avant que l'année scolaire commence, mes collègues m'avaient averti que cette élève avait un problème au niveau de l'hygiène. J'ai pris ça avec un grain de sel, je me suis dit qu'elles exagéraient probablement. Les enseignantes sont toujours en train de se plaindre que tout est sale. Bon, elles ont un peu raison mais disons que moi, la poussière ne m'empêcher pas de dormir. Bref, je me suis dit qu'il s'agissait probablement d'une obsession de bonnes femmes. Grave erreur. Jamais de ma vie je n'ai vu une élève aussi sale. C'était ahurissant. Comme la DPJ et les services sociaux sont déjà impliqués auprès de la famille, je ne pouvais pas faire appel à eux. J'ai essayé l'approche subtile (pour éviter d'endommager son estime d'elle-même), puis j'ai essayé l'approche directe, j'ai même mis la directrice dans le coup. La situation s'améliorait pour quelques jours, mais ensuite, le naturel revenait au galop. Je n'aurais jamais pensé une chose pareille possible au Québec en 2015. Ahurissant de voir ça. La seule bonne nouvelle sur ce front, c'est qu'elle s'est jointe aux cadets de l'air dernièrement. Si l'armée n'arrive pas à lui inculquer une meilleure hygiène, alors c'est vraiment une cause perdue. Du reste, il était quasi-impossible de l'intégrer au groupe à cause de l'odeur. C'est vraiment dommage parce qu'elle était tout de même sympathique et avait un bon sens de l'humour. Je n'ai jamais vu ses parents, mais mes collègues me disent qu'ils sont encore plus malpropres que la petite. Cette fois-ci, j'ai choisi de les croire sur parole.

Tien: Contrairement à mes classes montréalaises dans lesquelles les Québécois de souche étaient en nette minorité, dans mon coin perdu c'est plutôt le contraire. Tien est la Néo-Québécoise de la classe, à part pour deux autres élèves qui sont respectivement moitié philippin et l'autre, moitié polonais. Tien est d'origine chinoise, mais elle est née ici, alors pas de problème d'adaptation. De plus, les parents parlent bien le français et comme elle a toujours fréquenté les écoles francophones, elle se débrouille très bien. Elle en arrachait un peu en maths, mais comme elle est une élève motivée qui n'hésite pas à demander de l'aide, elle a tout de même bien réussi. Je pense qu'elle a bien aimé fréquenter ma classe. Elle était toujours attentive et semblait très intéressée par mes cours. Elle a fini l'année un peu moins timide qu'elle l'a commencée, alors c'est un beau succès de ce côté-là.

Thomas: Si vous croyez que Magalie est en détresse, voici sa version masculine. Ce jeune-là est issu d'une famille violente, mère dépressive, père suicidaire, un vrai scénario de cauchemar. Les services sociaux et la DPJ sont déjà impliqués auprès de cette famille depuis des années. Les parents se sont séparés au début de l'année scolaire, ce qui ne peut être qu'une bonne nouvelle, mais qui signifiait également encore plus d'incertitude et d'instabilité pour le jeune. Il y a quelques mois, la DPJ a menacé de placer Thomas en foyer d'accueil et tout d'un coup, littéralement du jour au lendemain, ses parents ont commencé à s'intéresser à ses résultats scolaires abyssaux. Leur intérêt soudain, après des années de négligence, a été accueilli avec scepticisme par la directrice qui a été absolument extraordinaire dans ce dossier. De mon côté, j'étais encore une fois plutôt impuissant. Thomas ne fait strictement, mais alors là strictement rien en classe. La discipline ne fonctionne absolument pas avec lui. Les récompenses non plus. Vers le mois de novembre, la directrice m'a dit que ce jeune-là n'était tout simplement apte à l'apprentissage et m'a demandé de ne plus rien exiger de lui. Pour le reste de l'année, tout ce que je lui ai demandé, c'est de ne pas déranger la classe et de ne pas empêcher les autres de travailler. S'il avait un comportement perturbateur et qu'il ignorait mes avertissements, je l'envoyais chez la TES (technicienne en éducation spécialisée) ce qui est arrivé assez rarement en fin de compte. Je dois vous avouer que je me suis senti complètement inutile en ce qui concerne Thomas. Il n'a essentiellement rien fait, à part le projet de BD qu'il a adoré. Pourtant, il était souvent souriant et semblait beaucoup m'apprécier. Je pense que dans l'ouragan de sa vie, ma classe faisait figure d'oasis de stabilité et de tranquillité. C'est peut-être seulement de cela qu'il avait vraiment besoin, à ce stade-ci de sa vie. J'ignore ce qui va arriver de lui, mais je suis très, très inquiet.

Naomi: Très sympathique cette petite blondinette au sourire moqueur. Bonnes notes, sociable, il s'agit d'une élève qui était déjà sur la voix du succès assuré bien avant d'arriver dans ma classe, alors j'ai très peu de mérite. Elle aurait réussi même avec une plante verte comme enseignante. Le seul problème était ses fous rires parfois interminables, mais également contagieux, alors c'était assez difficile de se fâcher! ;-)

Alexandre: Hyper-sympathique, réussit plutôt bien à l'école, très apprécié des autres. Son estime de lui-même était un peu fragile, mais rien de dramatique. J'ai essayé d'étoffer un peu son ego, mais il est trop tôt pour savoir si j'ai eu un réel impact. Je crois avoir su lui donner le goût de lire davantage, aussi. Je garde des bons souvenirs de ce grand bonhomme souriant. J'espère que c'est réciproque.

Onésime: P'tit bonhomme très sympathique et doté de talents de leadership qu'il ne soupçonne même pas lui-même. J'ai essayé de lui donner des opportunités pour le développer et l'utiliser de façon positive. J'aurais peut-être dû essayer de le faire davantage. Il donnait toutefois un peu trop d'importance à sa vie sociale et pas assez à ses études. J'aurais dû être plus sévère avec lui là-dessus et le forcer à rester en récupération plus souvent. Cette question est d'ailleurs toujours problématique pour moi. D'une part, je veux que les jeunes restent en récupération de leur plein gré d'abord et avant tout parce que je veux que ce soit perçu comme un privilège et pas une punition. Je veux aussi les amener à être plus autonomes, plus matures et plus responsables, je veux qu'ils prennent leur réussite en main. Mais dans le cas d'un Onésime, je devrais peut-être utiliser une approche plus autoritaire. Je dis ça, mais il a tout de même passé sa 6e année. Anecdote: quelques jours avant la fin de l'année scolaire, mes élèves étaient tout excités de me dire que Onésime et sa blonde Mauritanie (dont je n'ai pas encore parlé) s'étaient "frenchés" au cinéma! J'ai bien rigolé quand ils m'ont dit ça, en grande partie à cause de leur réaction qui était un hilarant mélange de dégoût et de jalousie! Preuve que l'école primaire devenait un peu trop petite pour eux et qu'il est grand temps d'aller au secondaire! ;-)

Doris: Très difficile d'aller rejoindre cette petite. J'ai vraiment essayé, croyez-moi, mais je ne crois pas avoir eu un grand succès. Autant mon approche est bénéfique pour la plupart des élèves, autant, de temps en temps, je tombe sur des petites filles pour qui ça ne fonctionne pas vraiment. Tout ce qui l'intéresse, c'est les chevaux, la mode et le cheerleading. Est-il nécessaire de souligner que ces sujets ne figurent nulle part dans la liste (pourtant très longue) des intérêts et passions de son prof? Bref, très peu d'atomes crochus et mes tentatives de l'intéresser à autre chose se sont avérées vaines. Mais je crois que j'ai su bien exploiter ses intérêts dans mes cours de français, en lui faisant écrire des textes assez touffus sur ces sujets. Mais la plupart du temps, elle avait l'air de s'emmerder. Il faut que je réfléchisse à d'autres moyens d'aller chercher l'intérêt des filles comme elle. Autre problème: elle était très affectueuse. Comme je ne peux pas me permettre de l'être, j'ai dû être froid et distant avec elle. Si j'avais été plus chaleureux, je serais peut-être mieux parvenu à la rejoindre et à la motiver... mais je ne peux pas me permettre ce comportement parce que je suis un homme.

Samantha: Excellente élève, hyper-motivée, souriante... une autre qui n'avait absolument pas besoin de moi et qui aurait réussi même avec un dalmatien comme enseignant. D'un autre côté, je crois qu'elle a bénéficié à plein de mes cours et qu'elle a beaucoup développé son esprit critique et son estime d'elle-même. Et il faut bien admettre que ce sont des élèves comme elle qui gardent ma motivation en vie dans les bouts plus difficiles. Quand tu as l'impression de parler tout seul, tu regardes Samantha qui boit tes paroles et ça te remonte le moral!

Mauritanie: C'est pas compliqué, cette élève-là dégage du bonheur à l'état pur. Toujours souriante, toujours rieuse, toujours de bonne humeur, toujours positive, sens de l'humour hyper-développé... vraiment une personne extraordinaire. Elle était comme un soleil dans la classe. Je crois que ce n'est pas elle qui m'est redevable, c'est moi. Elle avait un effet très bénéfique sur l'atmosphère de la classe, beaucoup plus qu'elle ne le réalisait elle-même d'ailleurs. Je ne sais pas ce que l'avenir lui réserve, mais si elle continue sur sa lancée, the sky is the limit! Et si j'ai pu donner un peu de momentum, alors tant mieux!

Jeannot: Petit bonhomme très silencieux, très réservé, très introverti, champion d'échecs. J'aurait dû en faire plus pour essayer de l'intégrer davantage au groupe et pour le faire sortir de sa coquille. Je dis ça, mais étant assez introverti moi-même, je ne devrais peut-être pas voir ce trait de caractère comme une faiblesse ou quelque chose qu'il faut corriger. Le monde a besoin d'intellectuels introvertis aussi, après tout. Je crois que Jeannot était heureux dans ma classe. Il était souriant et semblait très intéressé par mes cours. Mais tout de même... j'aurais peut-être pu faire plus pour l'amener à construire des ponts entre lui et les autres.

Jacques: Mon gros bébé! Autant Onésime et Mauritanie sont prêts pour le secondaire, autant Jacques serait très à l'aise en 2e année. Lui, je pense que la plupart de mes propos lui sont passés 12 kilomètres au-dessus de la tête. Tout ce qui l'intéresse, c'est jouer et lire des BD juvéniles. Or, moi, jouer à la nounou, ce n'est pas mon fort. J'ai trouvé ça très, très pénible et exaspérant par moments. Quand j'en ai parlé au père, il m'a répondu qu'il n'était pas du tout étonné parce que Jacques passe tout son temps à jouer avec ses deux frères qui sont plus jeunes que lui. Disons que papa est aussi très, très protecteur. Ceci explique cela. Le secondaire va être un choc brutal pour Jacques. J'ai bien essayé de lui inculquer un petit peu de maturité, mais sans grand succès. Je ne peux qu'espérer avoir semer des idées dans son crâne qui fleuriront plus tard.

Alors voilà, c'était eux les 26 élèves de ma classe cette année. Comme à chaque fois, j'ai mon lot de succès, mon lot d'échecs et plusieurs pistes d'auto-amélioration à explorer. Je me console en me disant que l'an prochain, je serai un peu meilleur. Et que j'ai peut-être eu des effets bénéfiques insoupçonnés sur ces jeunes-là qui se révéleront plus tard, sans que j'en sois témoin.

Je l'espère.


L'austérité - un mal confédérationnel




Discrimination

Évolution de notre espèce

Voici 550 millions d'années d'évolution en quelques secondes:



Trouvé ici.


Cerveaux


Selon cette étude, il existerait des différences physiologiques entre les cerveaux émotifs et les cerveaux rationnels.



Philosophie expérimentale



Préféreriez-vous une vie véritable et moche ou une vie virtuelle extraordinaire?

Et si vous découvriez que la vie que vous avez présentement était virtuelle? Choisiriez-vous d'en sortir ou d'y rester?



Star Wars ou Star Trek?





shaungsimpson

Renu Sharma

Guillaume Poux

Marcio Abreu

28 juin 2015

Le petit monde du primaire

Je l’ai écrit par le passé et je le maintiens, l’école dans laquelle je travaille présentement est de loin le milieu de travail le plus agréable que j’ai connu depuis de nombreuses années. Ce n’est pas parfait, mais comparativement à ce que j’ai connu récemment, j’y suis très à l’aise.

Je ne suis pas certain de comprendre ce qui fait de ce milieu un endroit plus sympa que les autres. Plusieurs facteurs possibles pourraient l’expliquer.

Ce pourrait être la situation géographique. Pour la première fois de ma vie, je travaille dans un milieu plus rural, assez éloigné de Montréal. Les mentalités sont différentes par ici, ce n’est pas tout à fait pareil. Cela pourrait expliquer mon confort, du moins en partie.

Il y a aussi le fait que je travaille dans une toute petite école qui compte beaucoup moins de classes que ce que j’ai connu auparavant. Nous sommes une dizaine d’enseignants en tout, ce qui est très loin de la trentaine que je côtoyais habituellement. Cela explique peut-être beaucoup de choses. Comme les enseignantes y sont moins nombreuses, on dirait qu’elles ont moins tendances à se regrouper en sous-groupes rivaux qui se jalousent et qui sèment la pagaille. Quand on est dix, c’est assez difficile de subdiviser en gangs et d'isoler les autres.

Il y a sûrement d’autres raisons, mais ce sont surtout ces facteurs qui me semblent plus susceptibles d’expliquer la mentalité généralement plus tolérable de ce milieu.

Évidemment, ce n’est pas parfait et plusieurs des irritants que je retrouvais ailleurs sont encore présents, mais en moins fortes doses. L’un de ces irritants est cette bonne vieille obsession du silence à propos de laquelle j'ai déjà écrit ici, iciici et ici.

Comme je l’ai déjà dit, ma priorité présentement est d’éviter les conflits, alors je n’ai pas suggéré de changement de règlement. Récemment, une enseignante avec qui j’avais beaucoup d’atomes crochus, a proposé de changer cette politique du silence. À mon grand étonnement et malgré une certaine résistance, la proposition a été accepté et le règlement a été changé. Dorénavant, les enfants ne doivent plus entrer en silence mais plutôt «calmement». J’étais très heureux à l’idée de pouvoir enfin accueillir les élèves avec des salutations et des sourires plutôt que de sévères avertissements.

La suite n’aurait pourtant pas dû me surprendre. Les «Chut» et les «Silence!» ont été remplacés par des «On chuchote!», des «Je ne dois pas entendre ce que tu dis!» et des «Si je t’avertis à nouveau, tu auras une conséquence!»

Tant pis pour l’accueil chaleureux.

Moi, évidemment, j’ai choisi une approche plus sympathique. Je parle aux élèves le matin, je leur souris, je leur demande comment ils vont, je blague avec eux. Cela n’a pas manqué de provoquer l’ire de certaines collègues qui m’ont fait savoir que je devais chuchoter moi aussi. L’une d’elle m’a même dit que le fait que je parlais aux élèves sur un ton normal «causait beaucoup de frustrations» et que je devais arrêter si je prévoyais rester plusieurs années dans cette école et avoir des relations harmonieuses avec mes collègues. Suis-je le seul à voir une menace sous-jacente à cette recommandation?

La convivialité n’est tout simplement pas une valeur de nos écoles primaires. Ce qui importe, c’est la discipline. Il faut rappeler à tout moment à l’élève qu’il est en dessous de nous dans la hiérarchie. Sympathiser avec la plèbe, c’est très mal vu.

C'est tellement petit le primaire… petit, petit, petit, petit... et je ne parle pas de la taille des enfants qui le fréquentent...



Les deux faces de Mulcair

Extrait de cet article de Stéphane Gobeil:

- Ouin. Mais en même temps, il faut que Mulcair convainque les Canadiens qu'il va écraser les séparatistes. C'est pas facile. D'un côté, il doit dire aux Albertains qu'il ne nuira pas à l'industrie des sables bitumineux et en même temps, il essaie de faire croire aux Québécois que le NPD est un parti vert. Il s'oppose à un oléoduc bitumineux en Colombie-Britannique, mais il est d'accord pour que ça passe par le Québec. 

- C'est un peu ça. Mulcair doit nous faire croire qu'il respecte notre identité québécoise et, en même temps, blaster les souverainistes, même si la moitié des francophones le sont. 

- Tu sais, Mulcair a travaillé pour Alliance Québec, le groupe qui s'acharnait à charcuter la loi 101. 

- J'ai entendu ça. C'est vrai aussi que c'était un ministre libéral dans le gouvernement Charest. Et il a voté pour les libéraux de Couillard. Bizarre, ça aussi. Le NPD, c'est pas supposé être un parti progressiste? 

- En tous cas, Mulcair a voté pour l'austérité libérale. C'est comme s'il avait voté pour couper le salaire des profs et des infirmières. 



Boussole politique

Ce site vous propose un questionnaire suite auquel vous serez positionné dans un graphique politique selon vos opinions.

Mon résultat est ci-dessous. Comme vous le constatez, je suis très à gauche sur l'axe horizontal. En fait, je soupçonne que je le serais moins s'il y avait eu des questions à propos de la protection du français au Québec, de l'immigration massive ou de la tolérance de la religion et du féminisme. J'ai aussi parfois rejeté certaines affirmations à cause de la formulation, comme celle qui utilisait le mot "races" (un concept auquel je ne souscris pas).

Sur l'axe vertical, je suis également beaucoup plus libertarien qu'autoritaire, ça c'est bien moi.

Le site vous propose ensuite des livres qui reflètent les différents points de vue. Allez faire un tour, c'est vraiment intéressant.


Cliquez ici pour un site semblable.



Les premières étoiles et la vie


Extrait de la fascinante nouvelle:

A team of astronomers this week announced the discovery of a galaxy that contains stars from the very first generation after the Big Bang—the ones we have to thank for life on Earth.

When the first stars in our universe died and exploded, they would gush hydrogen and helium into space, causing thermonuclear reactions. These reactions eventually formed elements that are now abundant in the universe, including oxygen, carbon, and iron, the key ingredients to life and the reason for our existence today.

This ancient galaxy is three times as luminous of any other known galaxy, according to their paper published in The Astrophysical Journal. Since it came into existence only 800 million years after the Big Bang, the light from the galaxy has been travelling for 12.9 billions years to reach Earth. As far as astronomers can tell, the galaxy is a bright blue cloud consisting of only hydrogen and helium, and since the earliest stars were only made up as hydrogen, helium, and small amounts of lithium, it’s likely they were among the first stars in the universe.

David Sobral, a professor at Portugal’s University of Lisbon, led the team of astronomers and decided to name this galaxy CR7, or Cosmos Redshift 7, after the universe dating technique. (...)

The stars in CR7 contain the building blocks for most of the stars that exist today, including our solar system’s sun. Today’s younger stars contain a mix of heavier elements, called metals and are in the spiral arms and younger parts of galaxies.

In the mid-twentieth century, astronomers first noticed that in the oldest parts of galaxies stars are older and have fewer metals. Because of this, they realized that the earliest stars must have consisted almost entirely of hydrogen and helium. Stars in CR7 fit this profile, what astronomers call Population III stars.

(...) So while the stars in CR7 are truly old, they’re not quite the absolute oldest stars in the universe.

The science isn’t quite settled, though. There is a remote possibility that the light is coming from a primordial cloud—containing only hydrogen and helium and created by the Big Bang—that skipped becoming a star and then collapsed into a black hole. But that’s never been seen before, so to rule it out, they’ll be training the Hubble and James Webb space telescopes on that part of the sky.



L'infidélité selon Esther Perel



Il n'y a rien de plus dévastateur pour une relation amoureuse qu'une infidélité. Elle seule peut complètement anéantir en un clin d'oeil une relation qui perdure depuis des décennies. Voici une présentation fort intéressante à propos de l'évolution des relations de couples et la nature de l'infidélité et de ses conséquences. Mme Perel nous pousse à repenser la nature de l'acte et à l'analyser au-delà des idées préconçues et des perceptions traditionnelles. Vraiment fascinant. Et parfois même renversant.

Trouvé ici.


Esclaves blancs?

Voici un débat intéressant à propos des "esclaves blancs". Il s'agit d'un narratif que l'on entend de plus en plus fréquemment dans les médias anglophones. Voici un des articles qui fait la promotion de cette version de l'histoire:

IRISH: THE FORGOTTEN WHITE SLAVES

They came as slaves: human cargo transported on British ships bound for the Americas. They were shipped by the hundreds of thousands and included men, women, and even the youngest of children.

Whenever they rebelled or even disobeyed an order, they were punished in the harshest ways. Slave owners would hang their human property by their hands and set their hands or feet on fire as one form of punishment. Some were burned alive and had their heads placed on pikes in the marketplace as a warning to other captives.

We don’t really need to go through all of the gory details, do we? We know all too well the atrocities of the African slave trade.

But are we talking about African slavery? King James VI and Charles I also led a continued effort to enslave the Irish. Britain’s Oliver Cromwell furthered this practice of dehumanizing one’s next door neighbour.

The Irish slave trade began when James VI sold 30,000 Irish prisoners as slaves to the New World. His Proclamation of 1625 required Irish political prisoners be sent overseas and sold to English settlers in the West Indies.

By the mid 1600s, the Irish were the main slaves sold to Antigua and Montserrat. At that time, 70% of the total population of Montserrat were Irish slaves.

Ireland quickly became the biggest source of human livestock for English merchants. The majority of the early slaves to the New World were actually white.

From 1641 to 1652, over 500,000 Irish were killed by the English and another 300,000 were sold as slaves. Ireland’s population fell from about 1,500,000 to 600,000 in one single decade.

À première vue, on pourrait croire qu'il s'agit effectivement là d'esclavage, comparable à celui que subirent les ancêtres de la plupart des Américains noirs. Or, ce n'est pas le cas, comme le souligne cette thèse:

Recent years have seen the marked growth of the “Irish slaves” narrative, which is itself a subset of the “white slavery” myth. This myth has been currency in ultranationalist, white supremacist and neo-Nazi circles for decades and their promotion of it frequently occurs on their websites and across social media.

 The myth has recently entered the mainstream, partly due to the decision by national newspapers and popular websites to endorse a spurious “Irish Slave Trade” article that conflates indentured servitude or forced labour with chattel slavery.

 Surprisingly, this claim has gone relatively unchallenged in the public domain, thus this paper will analyse its veracity.

Confusion

As slavery is such a widely used, all-encompassing term, we need to clarify the relevant nomenclature. This is especially important when it is realised that the “white slavery” myth relies on disinformation, which in turn encourages confusion and the blurring of lines. 

(...) The thesis of this paper is that confusion over the servile status of some of the Irish in the colonies has led, disturbingly, to their condition being conflated with that of the chattel slave. This use of the phrase “white slavery” or “irish slave trade” in the same context as actual chattel slavery or the actual slave trade, is a political act, for it has no historical  justification. This sophism makes the co-option of the legacy and truth of the Atlantic slave trade a logical next step. At its best this conflation is ignorance. At its worst it is an attempt to diminish responsibility for one of the greatest crimes committed in human history.

L'instrumentalisation de l'histoire à des fins politiques ne cessera jamais de me dégoûter...



Évolution de Rick Grimes



Les gags de Rick Grimes






Je me roulais à terre en lisant ça... et je pouvais totalement entendre la voix de Rick dans ma tête...

Trouvé ici.



Devon Dorrity

Rachel Young

ArtDoge

tierno beauregard

27 juin 2015

Mairesse menacée

Ne pas avoir de pays à soi, ça fait en sorte que lorsqu'une mairesse québécoise souhaite que la langue nationale soit la seule utilisée au conseil municipal de sa ville, elle reçoit des insultes et des menaces de mort.

Extrait de la nouvelle:

Caroline St-Hilaire maintient un contact régulier avec le chef de police depuis hier, en raison de menaces à son intégrité physique proférées sur les médias sociaux. Sans avoir de garde du corps en permanence, elle pourra à sa demande bénéficier d'un accompagnement du service de police, qui s'informe maintenant de ses déplacements.

(...) Le débat sur la langue du conseil municipal de Longueuil a soulevé les passions et fait couler beaucoup d'encre au Canada. Après sa prise de position contre le bilinguisme revendiqué par le chef de l'opposition, la mairesse a reçu près de 1000 commentaires.

Parmi eux: un grand nombre sont des messages d'appui, mais il y a aussi des propos haineux, des insultes et même des menaces de mort.

Le chef de l'opposition au conseil municipal, Robert Myles, tient à s'exprimer dans les deux langues et à traduire toutes ses déclarations par respect pour la minorité anglophone. Sauf que 96% des citoyens de la municipalité comprennent le français et Longueuil ne fait pas l'objet d'une reconnaissance bilingue permise par la Charte de la langue française.

(...) D'autres personnalités politiques québécoises ont été victimes de menaces de mort sur Internet ces derniers mois, dont Pierre Karl Péladeau et Pauline Marois.


Évidemment, à travers les menaces et les insultes, on remarque que de nombreux commentaires sont dirigés vers les Québécois en général et les souverainistes en particulier.

Ainsi, nous sommes des "suprémacistes" (terme qui réfère aux racistes anti-Noirs du Sud des USA) contre les pauvres Anglos qui sont "les Noirs" opprimés du Québec! Nous sommes des "xénophobes" et des "fascistes". Nous réécrivons l'histoire. Nous sommes les ennemis de "la paix et l'amour":


Cette dame admet qu'elle nous "hait". Les souverainistes sont des "méchants dictateurs" qui "tuent" et "piétinent" le peuple... ce sont des "fascistes narcissiques" qui n'ont "pas d'âme":


Pour ce type, le Québec tente de faire du "nettoyage linguistique" et souhaite rien de moins que le "génocide" des anglophones. Oui, ces pauvres Anglos perdent leurs écoles! Ils n'ont "pas le droit" de voir leur nombre augmenter! Nous sommes des "racistes" qui perpétuent un système "comme l'Afrique du Sud pendant l'Apartheid"! Nous sommes une population "arriérée":


Bobby n'a pas encore dit son dernier mot. Le Québec est en train de "discriminer", "d'humilier" et "d'exterminer" la communauté anglophone. Ce pauvre Bobby n'a pas le droit de parler anglais au travail! La Loi 101 est "raciste" et les Québécois sont des "ignorants". Le fait de nommer une autoroute en l'honneur de Félix Leclerc est "une humiliation"! Les Anglos qui utilisent le transport en commun sont "battus" et "harcelés" par les employés "tous blancs et français". Urgence Santé est "très raciste". Nous ne somme qu'une bande de "provinciaux" qui devraient "grow up".

Son pote Malkinson déclare que nous lui donnons envie de vomir, tous et chacun d'entre nous:


Oui, laissons Walmart et Costco tranquilles... pauvres petites multinationales sans défense... quels monstres nous sommes...

Vous voyez, si on était un pays, ben on aurait davantage de gens comme M. Klein, des gens qui CHOISISSENT de venir vivre ici, qui ne méprisent pas la population francophone et qui épousent notre culture et nos valeurs:


Sans parler du fait que, pour ce qui est de l'éradication des pauvres anglophones par les Québécois racistes et xénophobes, on repassera:

Savez-vous que les Québécois qui en font la demande peuvent recevoir tous leurs documents officiels du gouvernement du Québec exclusivement en anglais ? Vous voulez un permis de conduire ? Le seul gouvernement francophone d’Amérique du nord correspondra avec vous exclusivement en anglais. Vous pouvez payer vos impôts en anglais seulement, recevoir des informations sur l’Assurance maladie en anglais seulement, etc.  Même chose pour divers formulaires du gouvernement du Québec. Jamais vous ne verrez sur ces documents officiels du gouvernement du Québec un seul mot de français.

(...) C'est le français qui est menacé, et non pas l'anglais. (...) il n'y existe aucune commune mesure entre les franco-ontariens et les anglo-québécois, en dépit de ce que ces derniers voudraient faire croire. 

Je laisse le dernier mot à l'immortel Pierre Falardeau:




Protéger plutôt qu'intimider



Quand on apprend aux enfants à respecter et protéger plutôt qu'à humilier et intimider, ça donne des petits miracles comme celui-ci.

Trouvé ici.



Knights of the Fallen Empire



J'ai déjà écrit à ce propos (ici et ici), je joue occasionnellement à ce jeu depuis quelques temps, mais je dois avouer que ça fait un bail parce que ça devenait répétitif. Toutefois, cette superbe animation est précurseur de grands changements. Ma curiosité est piquée.



Les débuts de la vie

Absolument fascinant de voir les scientifiques décoder les débuts de la vie sur notre planète:

Between 4.6 billion and 4.0 billion years ago, there was probably no life on Earth. The planet's surface was at first molten and even as it cooled, it was getting pulverized by asteroids and comets. All that existed were simple chemicals. But about 3.8 billion years ago, the bombardment stopped, and life arose. Most scientists think the "last universal common ancestor" — the creature from which everything on the planet descends — appeared about 3.6 billion years ago.

But exactly how that creature arose has long puzzled scientists. For instance, how did the chemistry of simple carbon-based molecules lead to the information storage of ribonucleic acid, or RNA? The RNA molecule must store information to code for proteins. (...)

The new research — which involves two studies, one led by Charles Carter and one led by Richard Wolfenden, both of the University of North Carolina — suggests a way for RNA to control the production of proteins by working with simple amino acids that does not require the more complex enzymes that exist today. 

Missing RNA link

This link would bridge this gap in knowledge between the primordial chemical soup and the complex molecules needed to build life. Current theories say life on Earth started in an "RNA world," in which the RNA molecule guided the formation of life, only later taking a backseat to DNA, which could more efficiently achieve the same end result. Like DNA, RNA is a helix-shaped molecule that can store or pass on information. (DNA is a double-stranded helix, whereas RNA is single-stranded.) Many scientists think the first RNA molecules existed in a primordial chemical soup — probably pools of water on the surface of Earth billions of years ago. 

The idea was that the very first RNA molecules formed from collections of three chemicals: a sugar (called a ribose); a phosphate group, which is a phosphorus atom connected to oxygen atoms; and a base, which is a ring-shaped molecule of carbon, nitrogen, oxygen and hydrogen atoms. RNA also needed nucleotides, made of phosphates and sugars.

The question: How did the nucleotides come together within the soupy chemicals to make RNA? John Sutherland, a chemist at the University of Cambridge in England, published a study in May in the journal Nature Chemistry that showed that a cyanide-based chemistry could make two of the four nucleotides in RNA and many amino acids.

That still left questions, though. There wasn't a good mechanism for putting nucleotides together to make RNA. Nor did there seem to be a natural way for amino acids to string together and form proteins. Today, adenosine triphosphate (ATP) does the job of linking amino acids into proteins, activated by an enzyme called aminoacyl tRNA synthetase. But there's no reason to assume there were any such chemicals around billions of years ago.

Also, proteins have to be shaped a certain way in order to function properly. That means RNA has to be able to guide their formation — it has to "code" for them, like a computer running a program to do a task.

Carter noted that it wasn't until the past decade or two that scientists were able to duplicate the chemistry that makes RNA build proteins in the lab. "Basically, the only way to get RNA was to evolve humans first," he said. "It doesn't do it on its own."

Perfect sizes

In one of the new studies, Carter looked at the way a molecule called "transfer RNA," or tRNA, reacts with different amino acids.

They found that one end of the tRNA could help sort amino acids according to their shape and size, while the other end could link up with amino acids of a certain polarity. In that way, this tRNA molecule could dictate how amino acids come together to make proteins, as well as determine the final protein shape. That's similar to what the ATP enzyme does today, activating the process that strings together amino acids to form proteins.

Carter told Live Science that the ability to discriminate according to size and shape makes a kind of "code" for proteins called peptides, which help to preserve the helix shape of RNA.

"It's an intermediate step in the development of genetic coding," he said.

In the other study, Wolfenden and colleagues tested the way proteins fold in response to temperature, since life somehow arose from a proverbial boiling pot of chemicals on early Earth. They looked at life's building blocks, amino acids, and how they distribute in water and oil — a quality called hydrophobicity. They found that the amino acids' relationships were consistent even at high temperatures — the shape, size and polarity of the amino acids are what mattered when they strung together to form proteins, which have particular structures.  

"What we're asking here is, 'Would the rules of folding have been different?'" Wolfenden said. At higher temperatures, some chemical relationships change because there is more thermal energy. But that wasn't the case here.

By showing that it's possible for tRNA to discriminate between molecules, and that the links can work without "help," Carter thinks he's found a way for the information storage of chemical structures like tRNA to have arisen — a crucial piece of passing on genetic traits. Combined with the work on amino acids and temperature, it offers insight into how early life might have evolved.

This work still doesn't answer the ultimate question of how life began, but it does show a mechanism for the appearance of the genetic codes that pass on inherited traits, which got evolution rolling.

The two studies are published in the June 1 issue of the journal Proceedings of the National Academy of Sciences.




Ewgeny Hontor

Rodrigo Vega II






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Joschua Knüppe (Hyrotrioskjan)






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