16 juillet 2015

Deux féministes et la liberté d'expression

Un Ontarien a perdu son job et risque 6 mois de prison s'il est trouvé coupable de harcèlement envers deux féministes.

Pourtant, il ne les a pas menacées. Il n'a fait aucun commentaire de nature sexuelle. Il était simplement en désaccord avec ce qu'elles ont écrit sur Twitter.

Elles ont tenté de le faire bannir de Twitter. Elle lui ont fait perdre son job. Elles ont comploté et songé à le faire accuser de pédophilie (l'ultime talon d'Achille de tous les hommes, comme chacun sait) et ça n'a pas marché. Alors elles ont décidé de le poursuivre pour harcèlement.

Pour les féministes, la liberté d'expression est un concept qui ne s'applique apparemment pas aux hommes.

Cliquez ici pour plus de détails:

These are astonishing repercussions given that it’s not alleged he ever threatened either woman (or any other, according to the testimony of the Toronto Police officer, Detective Jeff Bangild, who was in charge) or that he ever sexually harassed them. Indeed, Elliott’s chief sin appears to have been that he dared to disagree with the two young feminists and political activists.

(...) As serious as the ramifications of a conviction could be for Elliott, so could they be dire for free speech online, Murphy suggested in his final arguments.

He said the idea that all it takes to end up charged with criminal harassment is vigorous participation in online debate with those who will not brook dissent “will have a chilling effect on people’s ability to communicate, and not just on Twitter”.

In fact, Murphy said that contrary to what Guthrie and Reilly testified to at trial, they weren’t afraid of his client — as suggested by both their spirited demeanour in the witness box and their deliberate online campaign to call Elliott out as a troll. Rather, Murphy said, they hated Elliott and were determined to silence him — not just by “blocking” his Tweets to them, but by demanding he cease even referring to them even in making comment about heated political issues.

(...) The criminal harassment charge is rooted in the alleged victim’s perception of the offending conduct. The statute says if that conduct caused the alleged victims “reasonably, in all the circumstances, to fear for their safety”, that’s good enough.

Yet Guthrie and Reilly didn’t behave as though they were remotely frightened or intimidated: They convened a meeting of friends to discuss how Elliott should be publicly shamed; they bombarded their followers with furious tweets and retweets about him (including a grotesque suggestion from someone pretending she was a 13-year-old that he was a pedophile); they could and did dish it out.

“They were not vulnerable,” Murphy said once. “They are very accomplished, politically savvy women. If they can’t handle being mentioned in the tail end of a political discussion (on Twitter), then they’re in the wrong business.”

And, he said, of the meeting both women attended in August of 2012, to discuss how Elliott would be called out, “That was a conspiracy to commit a criminal offence … they were conspiring to go out and publicly shame Mr. Elliott.”

Avec cette initiative des libéraux au Québec, je pense qu'on peut véritablement affirmer que la liberté d'expression est sérieusement menacée dans ce pays...



5 commentaires:

Henem a dit…

Attends un jugement qui le trouverait coupable et là je serais d'accord avec toi. D'ici là, je considère ce fait divers pour ce qu'il vaut : rien :)

Tu vas toujours trouver du monde qui veulent censurer les autres, mais je ne suis pas certain qu'un tribunal leur donnera raison, because les chartes. M'enfin, on dira cqu'on voudra, pour une fois qu'elle bénéficierait à un "criminel" pour éviter la prison sans que Boisvenu saute sa coche !

fylouz a dit…

Wow, Henem, ce "rien" a amené un procès fortement médiatisé, qui n'est toujours pas achevé. L'accusé a perdu son emploi (bien qu'on ne sache pas bien comment) et je n'ose imaginer la pression colossale qu'il doit subir (sans compter sa famille). Personnellement, je ne sais pas comment je ferais face à un tel orage.

fylouz a dit…

Prof, je viens de tomber sur cette vidéo et je me demandais si tu connaissais cette dame : https://www.youtube.com/watch?v=Y4YyXSy5cks

Prof Solitaire a dit…

Salut Henem, j'espère qu.elles ne gagneront pas, bien que l'article indique bien qu'elles ont une réelle chance. Mais au-delà de ce cas particulier, c'est d'une attaque contre la liberté d'expression dont il est question. Sans parler de l'intolérance incroyable et du fanatisme de ces deux féministes qui sont prêtes à tout pour faire taire leurs détracteurs. Sans parler des répercussion personnelles pour ce type, comme le souligne Fylouz. Je trouve donc cette histoire très importante et très révélatrice.

Bock-Côté parle également de ce type de personnes dans son article d'aujourd'hui:

"Pour emprunter la formule d’un ami, la trollitude ne fait pas distinction de classe, de genre, de camp. Elle détruit le tissu social de façon très égalitaire."

"Généralement, ils sont à gauche, très à gauche, même, et ont une bonne formation académique ce qui leur donne un surplus de crédibilité. Je ne crois pas me tromper en disant qu’ils se trouvent généralement dans la mouvance de Québec inclusif et se montrent très virulents dès qu’on touche aux questions liés à la diversité ou au féminisme. Ils sont aussi dans la mouvance de Québec solidaire même si je n’ai aucun doute que l'immense majorité des militants de ce parti ne se comportent pas de cette manière. Les gens dont je parle font régner sur les médias sociaux une petite terreur idéologique qui pousse bien des intellectuels à s’y tenir coi."

"J’écris un texte à propos des accommodements raisonnables, du multiculturalisme, de l’identité ou du féminisme. Dans ces réseaux, pour peu que mon texte heurte l’orthodoxie idéologique, j’aurai plusieurs centaines de personnes qui se déchaineront contre moi, en contestant non seulement mes analyses mais aussi mon droit de les faire valoir publiquement (on en profite aussi souvent pour me traiter de faux intellectuel)."

"Combien de fois ai-je lu ces bons esprits se désoler du fait que je dispose de quelques tribunes et qui invitent mes employeurs à me les retirer? Quelle marque admirable de pluralisme intellectuel! On peut ne pas aimer mes idées sur ces questions, je le conçois aisément, on peut aussi me critiquer sévèrement, m'expliquer en quoi j'ai profondément tort. Mais plus souvent qu’autrement, les attaques sont personnelles, injurieuses, comme si je n’étais tout simplement pas le bienvenu dans le débat public, alors que je me fais un devoir, même si personne n’est parfait, de ne pas attaquer personnellement mes adversaires, de ne pas les injurier, même lorsque mon propos est ferme et sans concession."

http://www.journaldemontreal.com/2015/07/16/quand-les-trolls-sont-diplomes

Prof Solitaire a dit…

Ah et oui, Fylouz, je la connais... je voulais en faire un billet mais j'avais oublié, merci de me le rappeler.