18 juillet 2015

Ô Canadââââ! Terre de mes pipeliiiiiines!

Énergies vertes? Réchauffement climatique?

Pfffft! Vous voulez rire? L'avenir, c'est le pétrole, tout le monde sait ça!

Même Philippe Couillard, sans doute le meilleur premier ministre de toute l'histoire du Québec, le dit!

Ben, en fait, il ne le dit pas exactement. C'est qu'il est vraiment fort notre premier ministre! Il DIT qu'il veut protéger l'environnement, mais il FAIT exactement le contraire. C'est un écran de fumée du tonnerre et les gens n'y voient que du feu! Il n'y a que ces maudits environnementalistes, cette bande de sales hippies anticapitalistes, qui s'en rendent compte... mais ils sont sans importance.

Regardez le maître à l'oeuvre:

Le premier ministre Philippe Couillard a annoncé mercredi qu’il engageait le Québec sur la voie d’une réduction extrêmement ambitieuse de ses émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines années. Un geste salué par les groupes environnementaux. Ceux-ci soulignent toutefois que les intentions mises de l’avant sont incompatibles avec les projets d’expansion de l’industrie des énergies fossiles auxquels le gouvernement se montre favorable.

De passage à Toronto pour le «Sommet des Amériques sur le climat», le chef libéral a ainsi fait savoir que le Québec adhère au «Protocole d’accord sur le leadership climatique mondial». Cet instrument prévoit que les signataires s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 80% à 95% d’ici 2050, par rapport à 1990.

(...) Dans les faits, le gouvernement Couillard a manifesté une ouverture certaine au projet de pipeline Énergie Est, qui facilitera le transport et l’exportation de 400 millions de barils de pétrole des sables bitumineux chaque année. Il a certes annoncé une évaluation environnementale du projet, mais celle-ci exclut les 32 millions de tonnes de GES qui seront produits annuellement dans le cadre de l’exploitation de ce pétrole albertain. Qui plus est, ce pipeline est conçu pour être utilisé pendant plusieurs décennies.

Québec est également favorable à l’exploration pétrolière et gazière sur le territoire québécois. Les études environnementales lancées par les libéraux au cours des derniers mois sur cette filière indiquent d’ailleurs clairement que le gouvernement a l’intention d’ouvrir toute grande la porte à l’exploitation. Même le gaz de schiste est évoqué.

En plus de financer des travaux d’exploration sur l’île d’Anticosti, le gouvernement a aussi annoncé récemment le dépôt d’un projet de loi qui marque une étape cruciale vers l’ouverture du golfe du Saint-Laurent aux projets pétroliers. Plus tôt cette année, il a aussi déposé un projet de loi pour s’assurer que la future cimenterie de Port-Daniel, qui sera un important émetteur de GES, échappe à une évaluation environnementale.

Par ailleurs, selon le plus récent bilan disponible, les émissions du Québec ont augmenté entre 2012 et 2013.

Avouez qu'il est fort, hein? Il est vraiment très, très fort. Et ce n'est pas tout, pourquoi s'arrêter là? Pourquoi pas... FINANCER une compagnies de pipeline, tiens! Mais pour confondre tout le monde, on va faire croire au monde que c'est une compagnie qui est bonne pour l'environnement! On va leur dire que ce sont des pipelines de gaz naturel et on va leur dire que ces gens-là sont des LEADERS dans le domaine environnemental! On va beurrer épais pour les épais! Une véritable idée de génie:

Le gouvernement Couillard vient d’accorder une subvention de près de 350 000$ à l’entreprise Canadoil Forge, qui fabrique des portions de pipelines pour TransCanada et dont les dirigeants font la promotion du projet Énergie Est. Les fonds publics ont été octroyés dans le cadre du programme ÉcoPerformance, mis sur pied afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre du Québec.

(...) Le communiqué du MERN annonçant la subvention précise par ailleurs que l’entreprise fabrique « des tuyaux et des raccords pour transporter du gaz naturel ». Or, selon ce qu’indique TransCanada sur son site consacré à la promotion d’Énergie Est, cette usine « fournit à un certain nombre de nos projets des pièces critiques telles que des coudes, des tés, des réducteurs ou des bouchons qui permettent de relier certaines sections de pipeline ».

L’entreprise en question, dont le premier actionnaire est basé au Luxembourg, travaille d’ailleurs depuis plusieurs années pour la pétrolière albertaine. «Nous faisons affaire avec TransCanada depuis plus de 30 ans, et grâce à eux nous avons connu une croissance constante», affirme ainsi son directeur général, Martin Toutant, dans une vidéo de promotion du projet Énergie Est mise en ligne en février par la multinationale.

M. Toutant y fait lui-même la promotion du projet de pipeline destiné à l’exportation de pétrole des sables bitumineux.

(...) Trois ministres du gouvernement Couillard sont cités dans le communiqué soulignant l’octroi de la subvention. Le ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, Laurent Lessard, et le ministre responsable du MERN, Pierre Arcand, y saluent tous deux le «leadership» de Canadoil dans le domaine environnemental.

Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, rappelle pour sa part que ce type d’annonce permet de soutenir les entreprises d’ici dans «leur transition vers un monde plus sobre en carbone».

Comme le dit si bien notre grand premier ministre, insulter le pétrole, c'est pas bien. C'est irrespectueux pour nos compatriotes canadiens. Ils ne disent pas que notre poutine est sale, eux! Alors on n'a pas à insulter leur beau pétrole:

Selon le premier ministre québécois, «le pétrole doit bouger» — y compris le pétrole issu des sables bitumineux, qualifié de «sale» par les groupes environnementaux. Ce qualificatif est «négatif et, à la limite, insultant pour nos compatriotes», a fait valoir M. Couillard, rappelant du même souffle qu’«on utilise déjà ce pétrole-là dans nos raffineries». «On a à voir cette réalité, à minimiser le risque et à avoir une bonne discussion sur le transport des hydrocarbures », a-t-il soutenu.

(...) Le Conseil de la fédération a fait un grand écart. Après trois ans d’âpres négociations, les premiers ministres des provinces et des territoires se sont entendus vendredi sur une Stratégie canadienne de l’énergie conciliant à la fois l’exploitation du pétrole et la lutte contre les changements climatiques.

Ils ont intégré dans un même document des objectifs à première vue inconciliables comme celui de « repérer les occasions de développer et de transporter l’énergie » — pétrolière et gazière par exemple — et celui de « réduire globalement les émissions de gaz à effet de serre ».

Et ce qu'il y a de bien avec les pétrolières, c'est qu'elles ont nos intérêts à coeur. On peut leur faire confiance aveuglément. Ce sont des entreprises extraordinaires qui existent pour l'édification de l'humanité. De plus, elles sont d'une transparence totale, jamais elles ne nous cacheraient des faits importants:

It has recently come to light, thanks to one of Exxon's own climate experts, Lenny Bernstein, that this company knew about the connection between fossil fuels and climate change over 30 years ago. That's seven years before the dangers of climate change became a public issue. 

(...) Federal Department of Justice lawyer Sharon Eubanks, who led a successful lawsuit against tobacco companies, noted the similarities between Exxon denying climate change and tobacco companies denying that smoking causes lung cancer. In both situations, the denial was opposed head-on with evidence to the contrary. Exxon's long history of publicly denying the links between climate change and human influence increases the company's liability for damage to the climate. 

“It starts to look like a much longer conspiracy. It's like what we discovered with tobacco – the more you push back the date of knowledge of the harm, the more you delay any remediation, the more people are affected. So your liability can grow exponentially as the timeline gets longer,” she said.

Exxon's denial of the connection between fossil fuels and climate change didn't stop at just brushing off a couple of claims. The company has spent millions on research that actively promotes climate change denial. 

“Instead of taking responsibility, they have either directly – or indirectly through trade and industry groups – sown doubt about the science of climate change and fought efforts to cut emissions,” wrote L. Bernstein.

De plus, comme chacun sait, l'industrie pétrolière est excellente pour l'économie! Tu VEUX que ton dollar soit collé sur la valeur du pétrole, c'est le scénario idéal... ben, enfin, presque:

L’annonce de la baisse du taux directeur par la Banque du Canada n’a pas surpris grand monde, hier. Même si le gouverneur n’a pas voulu prononcer le mot «récession», c’est bien de cela dont il s’agit. La chute des prix du pétrole a plongé le Canada en récession et a entraîné avec lui le dollar canadien, qui ne pèse plus que 77 cents par rapport au dollar US.

(...) Le dollar canadien joue au yoyo depuis des années, suivant en cela le prix du pétrole, qui est le vrai déterminant de la valeur de la monnaie canadienne. Cette instabilité nuit considérablement à l’économie québécoise. Il y a du bon quand le dollar est fort, ce qui permet d’acheter à meilleur prix des biens importés et surtout, des biens de productions (des machines) qui permettent d’augmenter la productivité de nos entreprises. Il y a aussi du bon dans un dollar faible, ce qui permet de vendre nos produits à meilleur prix sur le marché américain.

Mais il n’y a aucun avantage pour nos entreprises et notre économie à gérer la forte instabilité du dollar canadien. Quand il est élevé, les entreprises tentent de s’adapter et ça prend du temps. Au moment où elles y arrivent, plouf! Le dollar replonge. Elles repartent alors à l’assaut des parts de marchés étrangers qu’elles avaient perdues et juste quand elles y arrivent, hop! Le prix du pétrole remonte et le huard avec.

Dans un pays normal, les fluctuations de la monnaie sont le reflet de l’économie. Or, pour le Québec qui ne produit pas de pétrole, les soubresauts du dollar canadien n’ont aucun lien avec son économie. Le secteur de l’extraction minière et de pétrole ne compte que pour 1% de l’économie. Et pourtant, c’est bel et bien ce secteur qui détermine en bonne partie le comportement de notre monnaie.

Depuis des décennies, nous entendons les fédéralistes répéter que l’indépendance du Québec est synonyme d’incertitude et d’instabilité pour l’économie. Le projet de faire du Québec un pays est ainsi présenté comme un risque, d’autant qu’en demeurant dans le Canada, le Québec peut continuer de toucher la fameuse péréquation.

Il me semble que c’est plutôt le contraire. Le véritable risque économique pour le Québec, c’est demeurer une province du Canada, soumise aux décisions économiques et à la politique industrielle du gouvernement canadien et à l’instabilité systémique de sa monnaie.

Les secteurs de la finance et du transport concentrés à Toronto. Les chevauchements administratifs qui nous coûtent des milliards. L’aide à l’industrie de l’auto en Ontario. L’aide fiscale pour le pétrole de l’ouest. L’absence de politique manufacturière fédérale. Des contrats de construction navale payés (en partie) par le Québec, mais qui enrichissent la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse. La construction d’un pipeline sur le territoire québécois pour exporter du pétrole bitumineux, ce qui ne va qu’accentuer le poids du pétrole dans l’économie canadienne.

Tout cela nous coûte bien plus cher que ce que rapporte la péréquation, qui n’est finalement qu’un marché de dupe. Quant à l’instabilité économique, la prochaine fois que vous entendrez un fédéraliste affirmer que l’indépendance est synonyme d’instabilité, pensez au yoyo monétaire canadien.

Comme province, le Québec n’a pas le choix. Il doit vivre avec une monnaie arrimée au prix du pétrole, complètement déconnectée de sa propre économie, qui nous fait perdre des milliers d’emplois et beaucoup de richesse. Comme pays indépendant, le Québec aura le choix. Au moment de la transition, il pourra conserver la monnaie canadienne, le temps de mettre sur pieds un institut monétaire, embryon de la future Banque du Québec.


De plus, l'industrie pétrolière n'est même pas si pire pour l'environnement! Les supposés déversements n'arrivent jamais et ce n'est jamais si pire que ce que veulent nous faire croire les maudits hippies d'environnementalistes à la con! Un déversement, y'a rien là:

Cinq millions de litres d'un mélange de bitume, de sable et d'eaux usées se sont déversés près de Fort McMurray, en Alberta, en raison d'une fuite d'un pipeline appartenant à l'entreprise Nexen.

La fuite, décelée mercredi après-midi, a été colmatée, mais des équipes du régulateur de l'énergie de l'Alberta et de Nexen tentent toujours d'en déterminer les causes.

La zone touchée par le déversement se limiterait aux environs du pipeline sur une surface d'environ 16 000 mètres carrés.

(...) Ce déversement relance le débat sur la sécurité des installations pétrolières au Canada. Surtout qu'il survient au moment où les premiers ministres des provinces sont réunis à Terre-Neuve pour discuter notamment d'énergie et de certains projets d'oléoducs comme Énergie Est.

Selon le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, cet accident doit servir de leçon, «On a beaucoup de chemin à faire en matière de sécurité des pipelines, et les communautés ont raison d'être inquiètes de voir que les premiers ministres veulent construire de nouveaux pipelines», dit-il. 

Au cours des dernières années, entre 200 et 300 déversements d'hydrocarbures liquides sont survenus en Alberta, selon le régulateur de l'énergie. Mais les volumes sont la plupart du temps bien moins importants que ces 5 millions litres, l'équivalent d'une centaine de piscines hors terre.

Oui mes amis! L'avenir, c'est le pétrole!

Fuck l'environnement!

Vive les pipelines!

Vive le Canada!

Vive Philippe Couillard!

Think big, sti!



2 commentaires:

fylouz a dit…

Couillard en pleine discussion avec un bulletin de vote :

https://www.youtube.com/watch?v=ivJn40qMMwM

La discussion se poursuit ici, à 40:30 :

https://www.youtube.com/watch?v=hSIx6tKT_Co

Prof Solitaire a dit…

Étrangement approprié...