15 juillet 2015

THE END OF ETERNITY de Isaac Asimov (1955)

Je suis tombé sur ce vieux bouquin dans une boutique de livres usagés et j'ai sauté dessus. J'adorais Asimov quand j'étais plus jeune et la mélancolie m'a donné envie de me remettre à le lire. Pour quelques dollars, je me suis dit que je ne pouvais pas me tromper.

Le roman se déroule dans un monde futuriste où une élite maîtrise le voyage dans le temps. Établissant une gigantesque entreprise hors du temps, appelée Eternity, des hommes brillants tirés de différentes époques et qui se font appelés les "Eternals" se sont donnés pour mission d'assurer le meilleur avenir possible à l'humanité.

Pour ce faire, ils effectuent des "changements de réalité" à des moments-clé de l'histoire, en éliminant un politicien dangereux, confisquant une invention au potentiel destructeur ou en évitant les guerres.

L'un des techniciens d'Eternity, Andrew Harlan, est l'un des membres les plus prometteurs de l'entreprise lorsqu'il rencontre Noÿs, une femme magnifique dont il tombe immédiatement sous le charme. Pour elle, il brisera toutes les règles et mettra en danger l'existence même d'Eternity.

Pas mauvais comme roman, mais disons qu'il n'a pas très bien vieilli. Il est à la fois rigolo et exaspérant de voir les personnages de ce monde futuriste se comporter exactement comme des gens des années 50. L'obsession de la cigarette, par exemple, ou encore le traitement assez douteux des femmes (elles sont interdites dans Eternity parce qu'elles sont des "distractions") tombaient sous le sens en 1955, mais font très, très vieillot en 2015.

L'histoire elle-même n'est pas mauvaise pour l'époque. Évidemment, les histoires de voyages temporels se sont multipliés dans les années subséquentes, nous donnant souvent des récits beaucoup plus sophistiqués et crédibles que celui-ci. Toutefois, Asimov s'avère assez visionnaire en s'attaquant à des thèmes tels que les paradoxes temporels et la nature même du temps, bien que le récit demeure plombé de contradictions. Le héros, par exemple, est capable de modifier l'avenir, les objets et l'environnement, mais sans affecter sa propre existence, ni ses souvenirs. Les tentatives d'Asimov d'expliquer cela m'ont semblé insatisfaisantes.

Il y est également question, à la toute fin, d'ingénierie sociale. Est-il vraiment dans l'intérêt de l'humanité d'être sans cesse protégée d'elle-même et tenue loin de toute difficulté et de tout danger? Ou en paiera-t-elle éventuellement le prix? J'ai trouvé ce questionnement fort intéressant.

Les dialogues sont parfois un peu ennuyeux et les descriptions d'Eternity et de l'endroit exact qu'elle occupe dans la réalité demeurent assez floues, ce qui crée une certaine confusion. La paranoïa du personnage principal est tantôt divertissante, tantôt exaspérante.

Bref, je suis content de l'avoir lu jusqu'au bout, mais je ne le relirais pas.



2 commentaires:

Guillaume a dit…

Je dois avoir lu une nouvelle d'Asimov et c'est tout.

Prof Solitaire a dit…

Il n'est pas toujours bon, mais on tombe parfois sur des perles.