10 juillet 2015

Waterloo et la fin des démocrates britanniques

Voici un article fort intéressant, publié dans le Guardian, qui explique que Waterloo n'a pas seulement été une grande défaite pour la France, mais également un désastre pour les démocrates britanniques. Extraits:

(...) The second thing that Waterloo means is the victory of the feudal crowned heads of Europe over the forces of the French revolution. This Waterloo ushered in the repressive united Europe of the Vienna settlement: Castlereagh and Metternich, Louis XVIII and Charles X of France and Ferdinand VII of Spain, anti-liberal anti-democratic reactionaries set on consigning the Europe of republics and peoples to the history books.

(...) The post-Waterloo years really were politically repressive and economically austere. And though there were fewer in Britain to mourn in 1815 than to celebrate the victory, there were still plenty of mourners. And some of us still share that pain today.

Lord Byron, visiting the field of Waterloo in 1816, early in his exile, was one of these. He wrote back to a friend: “I detest the cause and the victors – and the victory.” A few months later he again railed against the battle in the third canto of Childe Harold’s Pilgrimage as “the grave of France, the deadly Waterloo”, before asking the question: “But is Earth more free?” The answer was no.

(...) In one conversation on St Helena, Napoleon was asked by his doctor what he would have done if he had managed to invade southern England in 1805. Napoleon’s reply was an absolute cracker: “I would have hastened over my flotilla with two hundred thousand men, landed as near Chatham as possible and proceeded direct to London, where I calculated to arrive in four days from the time of my landing. I would have proclaimed a republic and the abolition of the nobility and the House of Peers, the distribution of the property of such of the latter as opposed me amongst my partisans, liberty, equality and the sovereignty of the people.”

If that was the real Napoleonic deal for Britain – and of course no one can say for sure whether it would have been – then what’s not to like. Of course I’m glad that Waterloo brought an end to a long and horrible era of war in Europe. But it was also a huge setback for the cause of democracy and equality. You won’t find me celebrating an event that helped to stop Britain from becoming the democratic republic that we still ought to be one day.



13 commentaires:

fylouz a dit…

Effectivement, Waterloo a vu la victoire des partis conservateurs européens et un recul des libertés. Mais souvenons nous que cela est du aussi à l'attitude jusqu'auboutiste de Napoléon, un type qui s'est proclamé empereur, a placé les membres de sa famille à la tête de ses conquêtes et instauré une nouvelle aristocratie impériale. La liberté, l'égalité et la fraternité ont bon dos. Souvenons-nous aussi qu'après Waterloo, une grande partie des français poussait Napoléon à poursuivre le combat mais que celui-ci s'y est refusé car la dernière chose qu'il souhaitait bien voir, c'était un retour du petit peuple pouvant qu'il imaginait déboucher sur une nouvelle Terreur. Ceux qui souhaitaient le plus le voir partir étaient bien ceux qui avaient le plus profité de son ascension : l'aristocratie impériale qui s'était enrichie grâce à lui et la bourgeoisie. Cinquante-cinq ans plus tard, cette alliance de l'armée et de la bourgeoisie verra l'écrasement de la Commune de Paris.
D'autres part, le quart de siècle de guerre qui s'achevait laissait l'Europe exsangue et sur la paille. Difficile dans ces conditions de mettre en place des politiques libérales. Enfin, c'est Napoléon qui a favorisé l'émergence de "l'Europe des nations" qui débouchera sur la guerre franco-prussienne de 1870 puis les première et seconde guerres mondiales. Bel héritage, comme on peut le voir.

Prof Solitaire a dit…

Tu soulèves d'excellents points et c'est certain que le bonhomme a un côté sombre, c'est d'ailleurs ce qui le rend si fascinant... mais je ne peux m'empêcher de me demander comment ça avait tourné s'il avait gagné...

fylouz a dit…

Je dirais qu'il aurait été battu ultérieurement. Son aventure était désespérée. Il est même possible que les alliés aient fait payer plus chèrement encore sa résistance à la France, par la suite.

Prof Solitaire a dit…

Peut-être. Mais s'il n'avait pas perdu son temps et ses hommes en Russie, s'il s'était contenté d'étendre son influence en Europe de l'Ouest, peut-être qu'il aurait réussi à établir un empire durable. Et notre monde serait bien différent... et peut-être, à certains égards, meilleur.

fylouz a dit…

Franchement je n'y crois pas.
1) Peu importe ses qualités, c'était un dictateur, point.
2) Ses guerres ont saigné les peuples d'Europe. Même ceux qui lui étaient assujettis ou alliés ne pouvaient que finir par le haïr.
3) Il a provoqué l'émergence d'un Europe des nations, dans laquelle chaque peuple possède une vision personnelle de son propre destin et de ses propres qualités, forcément meilleures que ceux des autres.
4) Le Royaume-Uni n'aurait JAMAIS permis qu'il impose sa loi au reste de l'Europe. C'était anathème pour les anglais. Il se seraient retrouvés pratiquement encerclés et ne l'auraient jamais accepté.

A part ça, Liddell Hart écrit dans son ouvrage "Stratégie" (Tempus, 2007, page 263) : "En outre, le dommage causé à la fortune de Napoléon par sa défaite en Russie fut considérablement aggravé par les effets, moraux et matériels, de l'insuccès de ses armées en Espagne. Et il est intéressant de noter, en mentionnant les effets meurtriers de l'action Britannique en Espagne, que l'Angleterre suivait dans cette campagne sa traditionnelle politique de guerre visant toujours les racines de la puissance adverse."

Rappelons nous également que Napoléon aura eu le triste privilège de mettre à bas trois des quatre grandes révolutions de son temps : la révolution Française, la révolution Corse et la révolution Haïtienne. La seule qui lui échappa étant la révolution Américaine. Vraiment pas de quoi pavoiser...

Prof Solitaire a dit…

Tu as peut-être bien raison... je ne veux pas défendre Napoléon parce que je suis d'accord avec ce que tu dis. Oui, il a complètement détourné la Révolution française, mais n'était-il pas plus lucide que les illuminés de la Terreur? En même temps, son époque n'était pas la nôtre et pour beaucoup d'historiens, il a davantage agi comme un émancipateur plutôt qu'un tyran. Certainement pas pour Haïti, c'est vrai. Mais pour les Européens? N'a-t-il pas valorisé l'éducation et la fin des persécutions religieuses?

fylouz a dit…

La Terreur était terminée lorsqu'il est arrivé au pouvoir... sur un coup d'état. Et a t-il vraiment favorisé l'éducation et la fin des persécutions religieuses ou la machine (issue des Lumières et de la Révolution) n'était-elle pas déjà en route en dépit de sa personne ? Rappelle toi qu'il a rétabli l'esclavage. Va voir comment il traita le général Alexandre Dumas, père du romancier.

"La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires."
Georges Clémenceau

Prof Solitaire a dit…

Et il a vendu la Louisiane, signant ainsi l'arrêt de mort final de l'Amérique française...

Tu le détestes vraiment... est-il généralement perçu aussi négativement par tes compatriotes?

fylouz a dit…

C'est pas que je le déteste, mais je refuse de le mettre sur un piédestal. Quand à mes compatriotes, je pense (peut-être à tort) qu'il leur est indifférent, ou alors qu'ils éprouvent cet étrange sentiment d'amour/haine qu'on a souvent pour les "grands hommes". Bien sûr, il y a des exceptions, notamment chez certains guignols de droite qui aiment bien caser ce genre de référence dans leurs discours, tout en se drapant du drapeau tricolore.

fylouz a dit…

Afin de nous réconcilier, je te propose une autre uchronie :

http://www.spinnyverse.com/comic/71315

Voir Cat o'nine tails, en bas à gauche.

C'est autrement plus sérieux.

Prof Solitaire a dit…

Hahaha, enfin quelqu'un qui reconnaît le Canada comme l'empire du Mal! ;-)

fylouz a dit…

Ah, mais attend, c'est pas fini :

http://www.spinnyverse.com/comic/52015

Prof Solitaire a dit…

Bordel... arrête, tu vas faire de moi un lecteur assidu des Spinerettes! ;-)