20 août 2015

Pour ou contre le pipeline Énergie Est?

L'enjeu qui m'intéresse le plus dans la présente campagne électorale fédérale est la question du projet de pipeline Énergie Est qui traverserait tout le territoire québécois pour acheminer le pétrole albertain vers le Nouveau-Brunswick et les marchés internationaux. Je suis même étonné de voir la place que prend ce débat. Pour une fois qu'une question environnementale reçoit l'attention qu'elle mérite!

Contexte: la compagnie TransCanada souhaite construire un oléoduc (pipeline) de 4 600 kilomètres qui transportera environ 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et de la Saskatchewan vers les raffineries et terminaux portuaires de l’Est du Canada. La compagnie nous assure que son projet est sécuritaire.

Vous pouvez cliquer ici pour en savoir davantage à propos des projets de pipelines Northern Gateway (vers la Colombie-Britannique), Keystone XL (vers les États-Unis) et Énergie Est (vers le Nouveau-Brunswick).

Le parti conservateur et le parti libéral du Canada sont favorables au projet Énergie Est. Le NPD a une position plus floue, j'y reviendrai plus bas. Quant au Bloc et au parti vert, ils s'y opposent fermement.

Pour mieux comprendre cet enjeu, il faut se poser les questions suivantes.

Le réchauffement climatique est-il bien réel?

Oui, cela ne fait plus aucun doute à quiconque est doté d'un minimum de bonne foi. 2014 a été l'année la plus chaude de toutes. Les marqueurs climatiques continuent de montrer une tendance au réchauffement planétaire: hausse des températures terrestres et océaniques et augmentation du niveau de la mer. Les taux des gaz à effet de serre battent de nouveaux records. La situation est très, très grave.

Il faut savoir que si seulement la moitié de la calotte glaciaire fond, le niveau de la mer grimpera de 40 mètres et altérera grandement la face du monde. Le site Spatialities a imaginé à quoi ressemblerait l’archipel de Montréal suite à la fonte des glaces dans le but de nous sensibiliser aux conséquences des changements climatiques et de nous donner une idée des dommages qu’engendrerait une telle catastrophe.

Une île du Pacifique se prépare présentement à une inévitable évacuation avant de se retrouver complètement submergée. L'horreur est à nos portes. D'ici 2050, environ 700 millions de personnes devront être déplacées à cause du réchauffement climatique.

Quelle est la cause de ce réchauffement?

C’est le fameux CO2: Ce gaz, le plus abondant émit par les activités humaines, assure à lui seul les deux tiers de l’effet de serre.

À l’échelle planétaire, il est dégagé:
À 75 %, par les hydrocarbures (charbon, pétrole, gaz).
À 20 %, par la destruction des forêts pour brûler le bois et cultiver les terres.
À 5 %, par les hydrocarbures comme composés chimiques.

Le pétrole de l'Alberta est-il si terrible?

Extraits de cet article de François Cardinal: Toutes les couleurs du paysage semblent avoir disparu. Le ciel est gris, le sol l'est encore plus. Il n'y a aucun arbre en vue, pas plus que de cours d'eau ou de végétaux. (...) Difficile de croire que cette mine à ciel ouvert était jadis une portion de la forêt boréale canadienne. L'odeur de pins a laissé place à une odeur plus âcre, celle des 155 000 barils de pétrole produits chaque jour ici (...) Un pétrole, cependant, très sale et très coûteux à extraire. (...) Du haut du ciel, les mines ressemblent à d'immenses plaies béantes suintant le pétrole, découpées à même la forêt. (...) 

Une fois l'exploitation démarrée, ce sont en effet des quantités astronomiques d'eau et de gaz naturel qui sont nécessaires. Et des quantités tout aussi impressionnantes de déchets de toutes sortes sont rejetées, les gaz à effet de serre en étant certainement le meilleur exemple. Comptant 10% de la population du Canada, l'Alberta émet à elle seule 33% de tous les gaz à effet de serre du pays.


C'est pour toutes ces raisons que le Prix Nobel Al Gore estime que cette aventure est «complètement folle». Que l'Alaska Fisheries Science Center a comparé cela au déversement de l'Exxon Valdez. Et que l'organisme Environmental Defence qualifie le tout de «projet le plus dommageable de la planète». «Cumulativement, on peut en effet dire qu'il s'agit du pire projet au monde», confirme Simon Dyer, de l'Institut Pembina, l'un de ses détracteurs les plus respectés en Alberta.


L'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta nécessitent d'enlever la végétation et entraîne une perte d'habitat pour la faune sauvage. Le processus d'extraction du bitume en surface et jusqu'à cent mètres de profondeur consiste à le séparer des autres éléments formant ces sables bitumineux avec de l'eau chaude à haute pression. L'eau chargée des résidus de l'extraction est acheminée dans des bassins de décantation. Elle contient des résidus de bitume, des métaux dissous et des composants organiques, notamment les HAP dont seize sont classés comme d'importants polluants par l'Agence américaine de protection de l'Environnement (EPA).

Selon le plus récent rapport canadien à l'ONU, les émissions de l'Alberta ont grimpé de 7 millions de tonnes entre 2006 et 2012. L'industrie des sables bitumineux est responsable à elle seule de 8,7% des émissions du Canada.

L'exploitation croissante des sables bitumineux arrive au cinquième rang des pires menaces climatiques au monde.

L'exploitation des sables bitumineux, si elle continue de s'accroître, fera exploser le bilan carbone du Canada et ruinera à elle seule les efforts de tout le pays en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES). Les émissions de GES de l'industrie, au rythme où elle croît, seront 3,5 fois plus élevées en 2020 que les cibles actuelles du gouvernement. En 2050, les GES produits par l'exploitation des sables bitumineux seront 40 fois plus élevées que ce que prévoit Ottawa.

Des chercheurs ont révélé que l'exploitation à ciel ouvert des sables bitumineux d'Alberta serait deux à trois fois plus polluante et risquée pour l'environnement et la santé humaine qu'estimé initialement.

Une étude établit un lien entre le traitement des sables bitumineux et un niveau élevé de métaux lourds dans l'environnement. Une telle conclusion peut expliquer un taux élevé de cancer chez des résidents. Les taux élevés d'arsenic et de mercure sont particulièrement dangereux pour les enfants. Les taux de cadmium sont également élevés. Les taux de sélénium sont quant à eux assez élevés pour être nocifs, chez les adultes comme chez les enfants.

Une autre étude affirme que les émanations peuvent rendre les gens malades. Des habitants de la région ont rapporté avoir souffert d'une grande variété de malaises à cause des émanations: nausées, migraines, pertes de mémoire, bourdonnements dans les oreilles, picotements aux yeux, diarrhée ou constipation et spasmes musculaires.

Les autochtones habitant en aval des gisements de sables bitumineux, dans le nord de l'Alberta, ont déclaré avoir pêché des poissons déformés dans le lac Athabasca. Les photos de deux poissons, une carpe noire et un grand brochet, ont été fournies par les résidants de la réserve. Le brochet semblait avoir une lésion rouge au bas du dos et plusieurs autres sur son ventre, tandis que la carpe semblait recouverte de tumeurs.


Les pipelines de pétrole sont-ils sécuritaires?

Des experts canadiens et américains mettent en garde contre une possible fuite d'un oléoduc dans les Grands Lacs et estiment que les conséquences économiques et environnementales seraient énormes. Le vaste bassin d'eau potable est vulnérable à des déversements importants de produits chimiques comme du pétrole brut, des hydrocarbures et du chlore, préviennent les experts.

Cinq millions de litres (l'équivalent d'une centaine de piscines hors terre) d'un mélange de bitume, de sable et d'eaux usées se sont déversés près de Fort McMurray, en Alberta, en raison d'une fuite d'un pipeline. La zone touchée par le déversement affecte une surface d'environ 16 000 mètres carrés. Au cours des dernières années, entre 200 et 300 déversements d'hydrocarbures liquides sont survenus en Alberta, selon le régulateur de l'énergie.

Des rapports d'accidents publiés par le gouvernement américain font état de plus de 170 fuites dans les pipelines américains de la compagnie Enbridge depuis 2002. La gravité des accidents est très variable, allant de fuites de quelques litres à plus de 3,8 millions de litres de brut dans le cas du déversement dans la rivière Kalamazoo dans le sud du Michigan en 2010.

En 2014, la fuite d'un oléoduc appartenant à la compagnie Canadian Natural Resources a causé le déversement de 60 000 litres de pétrole brut dans le nord de l'Alberta.

En 2012, l'équivalent de 1200 barils de pétrole, soit 190 000 litres, s'est déversé dans un champ près de la localité de Grand Marsh au centre du Wisconsin.

En 2011, les services américains de régulation des oléoducs ont informé Enbridge qu'il y avait une fuite sur son pipeline Stingray. Enbridge a déclaré que les opérations pouvaient continuer sur ce pipeline, qui transporte 560 000 000 pieds cubes par jour de gaz naturel depuis les puits du Golfe du Mexique. On pouvait apercevoir des bulles provenant de la fuite jusqu'à 100 km de la côte de la Louisiane.

Cliquez ici pour la liste de tous accidents reliés à des fuites de pipelines au Canada.


Peut-on faire confiance à l'industrie pétrolière?

La question est importante. Après tout, ce sont elles qui veulent nous vendre ce projet de pipeline et qui nous assurent qu'il est sécuritaire. Alors, dans les faits, ces entreprises sont-elles dignes de confiance?

L'un des propres experts du climat de la compagnie Exxon, Lenny Bernstein, a révélé que cette société connaissait déjà le lien qui existe entre les combustibles fossiles et les changements climatiques, il y a plus de 30 ans. C'est-à-dire sept ans avant que les dangers du réchauffement climatique deviennent un sujet d'intérêt public. Toutefois, la compagnie n'a rien dit de ce qu'elle savait. Pire, elle a nié que le phénomène existait et a massivement financé les initiatives des climato-sceptiques.

Un chercheur de l'UQÀR a récemment démontrée que les statistiques qui figurent sur le site web d'Énergie Est sont malhonnêtes.

La plus grande compagnie de pipeline de pétrole et de gaz au Canada enfreint les règles de sécurité du Conseil national de l'énergie à 117 de ses 125 stations de pompage 125 à travers le pays, mais Enbridge dit qu'elle n'est pas à blâmer.

En 2008, plus de 500 violations des normes sont observées dans les installations au Wisconsin, durant une année. Enbridge a connu plus de 600 fuites et bris de matériel au cours des 10 années précédentes.

Les compagnies pétrolières financent des campagnes de désinformations, même au Québec!

En Alberta, les compagnies pétrolières font de la propagande dans les écoles. Elles achètent aussi les médecins afin que ces derniers refusent de diagnostiquer les maladies causées par l'exploitation des sables bitumineux.

Contrairement à ce qu'elles prétendent, tout ce qui intéresse ces entreprises, ce sont les profits.

Peut-on faire confiance au gouvernement canadien?

L'exploitation des sables bitumineux dans le bassin de la rivière Athabaska ne fait pas l'objet d'une surveillance adéquate. «Avons-nous en place un système de surveillance de calibre international? La réponse est non.» Dans son rapport, le comité signale divers problèmes: dispersion des efforts en raison d'un système de surveillance et de recherche déficient; manque de crédibilité scientifique de plusieurs activités de recherche menées dans le secteur; données souvent impossibles à obtenir en temps opportun.

Le gouvernement fédéral contamine lui-même des sites au Québec et refuse de les nettoyer.

Le gouvernement canadien est une joke mondiale.

«L'espace démocratique au Canada rétrécit de jour en jour. Le gouvernement rend de moins en moins de comptes à la population en matière de droits humains. Nous sommes inquiets.» «Le gouvernement a une haute intolérance pour la dissension. Récemment, ils ont pris des actions contre des organisations qui avaient des opinions divergentes, notamment en restreignant leur financement.» -Le grand patron d'Amnistie internationale, Salil Shetty.

Pour plus de détails, lisez la section ci-dessous qui est dédiée spécifiquement au gouvernement conservateur de Stephen Harper.

L'industrie du pétrole est-elle bonne pour l'économie?

Non.

Extraits de l'article de Karel Mayrand:

Suite à l'effondrement des cours du pétrole, l'économie canadienne a enregistré cinq moins consécutifs de décroissance. Si ce recul se prolonge un mois de plus, le Canada se retrouvera le seul pays du G8 à être en récession. La bulle pétrolière qui vient d'éclater a nourri une bulle immobilière, qui risque elle aussi d'éclater à tout moment. De plus, la bulle pétrolière a fait augmenter la valeur du dollar canadien, rendant nos produits manufacturiers plus chers et moins compétitifs sur les marchés internationaux. Il s'est ainsi perdu 391 000 emplois manufacturiers au pays depuis 2006. Ces emplois ont été remplacés par des emplois dans le secteur de la construction, aujourd'hui menacés par le risque d'éclatement de la bulle immobilière. L'économie canadienne est aujourd'hui moins diversifiée et moins résiliente que par le passé. Elle est surtout plus vulnérable aux fluctuations du prix des matières premières. 

Rien ne semble vouloir faire remonter les cours du pétrole à court terme : selon Goldman Sachs, le prix du baril de pétrole devrait se maintenir autour de 55$ pour les cinq prochaines années en raison d'une demande plus faible et de l'augmentation de la production, notamment aux États-Unis. Dans ce contexte, le pétrole des sables bitumineux qui a les coûts de production parmi les plus élevés au monde n'est plus concurrentiel. 


Selon l'ancien économiste en chef de la banque CIBC, Jeff Rubin, les oléoducs dont le gouvernement fédéral a tenté d'accélérer la construction n'ont tout simplement plus de raison d'être dans ce nouveau contexte économique. Les projets qui doivent les alimenter risquent simplement de ne pas voir le jour. La stratégie pétrolière du Canada est un échec. 


Le pipeline amènerait-il des retombées économiques intéressantes au Québec?

Une étude conclut que le transport et le traitement des sables bitumineux de l'Alberta auraient des «retombées économiques négligeables» pour le Québec.

Une économiste soutient que la création d'emplois et les retombées pour le Québec seraient négligeables pour l'ensemble de l'économie de la province. «(Les risques) sont assumés par les citoyens du Québec et non par les entreprises».

Un bris d'oléoduc pourrait coûter des vies et des milliards de dollars en dommages - particulièrement si le déversement se produisait dans un secteur urbain comme Montréal ou Toronto.

Toutes retombées économiques minimes seraient ressenties durant la période de développement à court terme, et les projets généreraient peu d'emplois à long terme dans la province, a affirmé l'économiste.

Bien que les raffineries bénéficient probablement des prix plus bas du pétrole brut, ces économies ne se traduiraient sans doute pas par une baisse des prix à la pompe pour les consommateurs, ajoute l'étude.

Quelle est la position des conservateurs?

Depuis une décennie, les conservateurs sont en pâmoison devant le pétrole albertain et font tout ce qu'ils peuvent pour en favoriser l'exploitation et l'exportation. «Il s'agit d'un défi aux proportions épiques, qui s'apparente à la construction des pyramides ou de la Grande Muraille de Chine. Mais en plus gros encore», a déjà déclaré Stephen Harper dans une rare envolée verbale. Le ministre canadien des Ressources naturelles, Greg Rickford, vante le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada comme une «solution d’avenir» pour le Québec. Les conservateurs sont financés par l'industrie pétrolière et sont complètement dénués de sens critique à son endroit.

À l'ONU, pendant que la Chine affirmait pour la première fois son intention de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et que les plus importants chefs d’État réaffirmaient l’importance d’agir contre les changements climatiques, Stephen Harper discutait tranquillement d’économie et de ski alpin, à quelques pas de l’ONU, avec le maire de New York.

Le Réseau action climat Canada a publié un rapport démontrant que le gouvernement canadien travaille main dans la main avec le gouvernement de l'Alberta et l'industrie pétrolière pour mener un lobby secret, à l'étranger, afin de promouvoir et protéger la polluante industrie des sables bitumineux.

Afin de taire leur opposition, Harper a également muselé les scientifiques. Il détruit des pans essentiels de la recherche sur les milieux marins, dénoncent plusieurs experts chevronnés. Nos scientifiques sont espionnés dans les colloques internationaux par des fonctionnaires fédéraux.

Le gouvernement Harper a été très critiqué à l'international. Un index allemand des pays qui combattent le réchauffement climatique place le Canada au dernier rang des pays industrialisés. Le Canada a souvent été critiqué aux Nations Unies.

Quelle est la position des libéraux fédéraux?

Au parti libéral du Canada, Stéphane Dion, qui se prétendait jadis environnementaliste, a fait un virage à 180 degrés et défends non seulement le recours à cette ressource fossile, mais aussi son transport par pipeline.

Quelle est la position des libéraux provinciaux?

Au Québec, les libéraux de Philippe Couillard sont favorables au projet, bien que le premier ministre demeure très évasif et hypocrite sur cette question. Un rapport administratif sur le projet de port pétrolier de TransCanada qui devait voir le jour à Cacouna souligne des «irrégularités» dans l'octroi du certificat d'autorisation du Ministère à TransCanada. Le PLQ est prêt à tricher et à mentir à la population pour favoriser les projets de la pétrolière.

Pire, alors que les municipalités se battent actuellement pour faire respecter une distance minimale de deux kilomètres entre les forages pétroliers et les sources d’eau potable, voilà que le gouvernement Couillard vient forcer les municipalités et les citoyens québécois à tolérer ces forages à une distance quatre fois moindre, soit 500 mètres. Un message clair envoyé à tous les Québécois: votre eau potable est moins importante que le profit des pétrolières.

Quelle est la position du NPD?

Dans une entrevue au Calgary Herald du 5 juillet dernier, Thomas Mulcair affirmait souhaiter la réussite de Trans-Canada et du projet d’oléoduc Énergie Est. Il disait aussi souhaiter la réussite du secteur énergétique en Alberta, donc celle des sables bitumineux. Ce message passe sûrement très bien en Alberta, à Bay Street et dans les Maritimes, mais pas mal moins au Québec.

Puis, dans une entrevue avec L’Actualité accordée à Alec Castonguay, Thomas Mulcair affirme ceci: «On est contre ce pipeline». Cela allait contre toutes ses déclarations passées. Ce flip-flop complet avait de quoi réjouir le Québec. Mais aussitôt que cette déclaration a été traduite et publiée en anglais, les hautes instances du NPD ont réagi en affirmant que Thomas Mulcair avait été mal cité.

Dans le Globe and Mail, Adam Radwanski soulève la question du double discours du NPD, celui qu’il tient au Québec et l’autre au Canada. Dans le cas du projet d’oléoduc, le chef néodémocrate marche sur un fil de fer. Thomas Mulcair ne pourra plus, dorénavant, dire une chose en français pour le Québec et son contraire en anglais, pour le Canada. Son hypocrisie a été exposée.

Les Québécois sont-ils favorables à la construction de ce pipeline?

D’après un sondage commandé par plusieurs organismes environnementaux, 71% des personnes interrogées ne voulaient pas de la construction d’un port pétrolier à Cacouna. De plus, 87% des répondants estiment que le gouvernement du Québec devrait avoir le droit d’approuver ou de refuser le projet Énergie Est.

Les Québécois font véritablement bande à part en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en Amérique du Nord: ils sont les seuls à croire majoritairement qu'il est préférable de continuer à importer du pétrole de l'étranger au lieu de viser l'indépendance énergétique du continent si cela permet de réduire les émissions de GES.

Les Québécois sont-ils les seuls à s'opposer à ce projet?

En un mot: non.

Les anglophones sont généralement plus favorables au projet que les Québécois, mais tous ceux qui ont l'environnement à coeur s'opposent à ce projet.

Un nouveau rapport publié par le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick montre que le projet d'oléoduc Énergie Est proposé par la pétrolière TransCanada «pose un risque majeur pour la baie de Fundy» et le golfe du Maine. «Avec cette proposition d'oléoduc, nous mettons en jeu des milliers d'emplois permanents pour avoir des emplois à court terme qui mettent la baie de Fundy en danger à long terme.» Toutefois, le premier ministre de la province continue de donner son appui au projet.

La Commission de l'énergie de l'Ontario (CEO) conclut que le projet de pipeline Énergie Est ne serait pas avantageux pour les résidents de cette province. «La CEO a déterminé l'existence d'un déséquilibre entre les risques économiques et environnementaux du projet et les avantages prévus pour la population ontarienne.» Elle note aussi que la canalisation existante a des faiblesses. D'après elle, la principale menace réside au niveau des quatre tronçons du nord de la province qui sont revêtus d'un ruban de polyéthylène. Il faudrait, selon elle, que TransCanada prouve que ses méthodes d'inspection sont fiables.

En Colombie-Britannique, il y eut une vive opposition au projet de pipeline Northern Gateway.

Aux États-Unis, le gouvernement Obama a bloqué la construction du pipeline Keystone XL.



Sachant tout cela, quels choix s'offrent à nous?

Au provincial, nous sommes malheureusement coincés avec les libéraux de Couillard pour les prochaines années, il faudra donc les garder à l'oeil, manifester notre désaccord avec sa mauvaise gestion et signer des pétitions comme celle-ci ou encore celle-ci que je vous invite d'ailleurs à signer immédiatement.

Toutefois, la campagne électorale fédérale bat son plein et il sera donc important d'exercer son droit de vote.

Si, comme moi, vous vous opposez au passage de ce pipeline sur notre territoire, vous aurez alors le choix entre voter pour le parti vert ou pour le Bloc québécois. Et, comme d'habitude, le fait que vous soyez souverainiste ou fédéraliste viendra déterminer votre choix.

D'un côté, il y a les verts fédéralistes. L'un des candidats québécois de cette formation politique, Jici Lauzon, a affirmé que «L'urgence ce n'est pas l'indépendance, c'est l'environnement.»

De l'autre, il y a les souverainistes comme moi qui répliqueront que la question de la défense de l'environnement est indissociable de la cause souverainiste. Comme ce billet le démontre, notre appartenance à ce pays est contre nos intérêts et devient franchement une véritable source de honte sur la scène internationale. S'il était un pays, le Québec ne serait pas assujetti aux intérêts étrangers du Canada et pourrait simplement refuser que ce pipeline traverse son territoire et personne ne pourrait le lui imposer contre sa volonté. Mais dans le système fédéral, ce scénario est tout à fait possible.

La position du Bloc est claire: Après avoir clamé son opposition au projet de pipeline Énergie Est, de TransCanada, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'en prend aussi au projet de transport de pétrole par train vers Belledune, au Nouveau-Brunswick. Il martèle que le Québec n'a pas à être une autoroute pour le transport du pétrole albertain destiné à l'exportation. Le chef bloquiste martèle que c'est le Québec qui doit décider de ce qui passe sur son territoire, et non l'Office national de l'énergie, qui est une entité fédérale.

Je voterai donc pour le Bloc. Et vous? Vous penchez de quel côté?



4 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

Et encore aujourd'hui:

La planète a battu de nouveaux records de chaleur depuis janvier

La planète a battu de nouveaux records de chaleur en juillet, avec une température mensuelle sans précédent depuis le début des relevés en 1880 et les sept premiers mois de 2015 les plus chauds dans les annales, ont indiqué jeudi les autorités américaines.

Ces derniers chiffres paraissent confirmer une accélération du réchauffement climatique après 2014, qui avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis 135 ans.

Non seulement juillet a battu un record de chaleur sur la Terre pour ce mois depuis plus d’un siècle mais "la température y a également été au plus haut de tous les mois pour la période 1880-2015", a souligné l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) dans un communiqué.

http://www.journaldemontreal.com/2015/08/20/la-planete-a-battu-de-nouveaux-records-de-chaleur-depuis-janvier

Prof Solitaire a dit…

http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201508/29/01-4896348-explosion-sur-un-site-dexploitation-de-sables-bitumineux.php

Une explosion a interrompu les activités d'un lieu de transformation de sables bitumineux de l'entreprise Syncrude situé près de Fort McMurray, en Alberta.

(...) Par ailleurs, l'organisme régulateur de l'Alberta en matière d'énergie a ordonné à Nexen Energy de fermer immédiatement 95 oléoducs dans le nord-est de la province.

L'Alberta Energy Regulator (AER) a annoncé sa décision tard vendredi soir, affirmant que l'entreprise ne respectait pas les normes concernant l'entretien et la surveillance des oléoducs de son site d'exploitation de sables bitumineux à Long Lake.

Anonyme a dit…

Pourrais-je savoir d'où vient cette statistique? «La plus grande compagnie de pipeline de pétrole et de gaz au Canada enfreint les règles de sécurité du Conseil national de l'énergie à 117 de ses 125 stations de pompage 125 à travers le pays, mais Enbridge dit qu'elle n'est pas à blâmer.»
C'est pour un projet scolaire. Merci!

Prof Solitaire a dit…

Ici:

http://www.cbc.ca/news/politics/enbridge-breaks-safety-rules-at-pipeline-pump-stations-across-canada-1.1316100