26 octobre 2015

"Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle spermatozoïdes?"

Le merveilleux ministre de la santé, Gaétan Barrette, souhaite que la vasectomie ne soit plus payée par le régime public:

«La vasectomie, est-ce que ça doit être payé par le public? [...] Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle spermatozoïdes?» a-t-il dit.

J'ai juste quelques questions pour M. Barrette.

Si le gouvernement ne paie plus pour les vasectomies, alors pourquoi paierait-il pour les femmes qui se font ligaturer les trompes? Et pourquoi le régime d'assurance-médicament public paierait-il pour la pilule anticonceptionnelle? Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle menstruation? Et tant qu'à y être, pourquoi le régime public paierait-il pour les avortements? Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle grossesse?

En passant, soyons clair, je ne suis pas en train de dire que je serais en faveur d'un tel désengagement de l'état dans ces interventions qui touchent les femmes. Ce que je dis, c'est qu'il est discriminatoire de couper l'un sans toucher l'autre.

Imaginez la réaction des féministes si le gouvernement osait la moindre remise en question de la gratuité de ces services destinés aux femmes. Mais est-ce qu'elles montent aux barricades quand ce sont les services aux hommes qui sont menacés? Bien sûr que non.

Pourtant, je croyais qu'elles étaient en faveur de l'égalité? Comme c'est étrange!



3 commentaires:

PJ a dit…

Correction: ministre de la santé, non de l'éducation, mais le plan de notre bon gouvernement de docteurs en médecine (néo-)libérale est de graduellement tout privatiser, alors on commence avec des petits morceaux plus faciles à faire passer. Normaliser les frais accessoires (parce que les patients en paient déjà depuis longtemps, parce que c'est plus simple de payer que de contester l'illégalité de la facture), ne plus couvrir les vasectomies, justement parce que c'est un choix, une chirurgie "élective", et qu'il n'y a pas de véritable groupe de revendication pour défendre la vasectomie en particulier, c'est le genre d'endroit où tu commences à ne plus faire payer l'état pour ensuite justifier de ne plus payer d'autres procédures semblables qui risquent de réveiller la population et faire plus de bruit. Sous prétexte que "qui ne dit rien consent" on s'attaque d'abord à des trucs anodins qui passeront pratiquement inaperçus, on pourra ensuite utiliser l'excuse de "l'égalité" pour justement couper le soutien, entre autres, aux équivalents féminins qui causera sûrement plus de protestation. Une fois les frais accessoires légalisés, la liste des trucs considérés "accessoires" va s'allonger aussi. Ça fait partie du plan de match.

PJ a dit…

Un autre exemple de privatisation faite pour passer inaperçue: la moitié du ministère du tourisme.

Comme je dis, côté santé, s'attaquer à la vasectomie en premier n'est pas un cas de sexisme, c'est parce que c'est une proie plus facile.

Prof Solitaire a dit…

Merci de ton commentaire fort pertinent et lucide. Il y a clairement des projets de privatisation derrière tout ça.

Le temps nous dira si tu as raison. Moi, je parie que le gouvernement ne touchera jamais aux services offerts aux femmes, même pas avec une perche de 10 pieds. Ils ont beaucoup trop peur d'être traités de misogynes. Et ils ne toucheront jamais à la circoncision, de peur d'être traités de racistes xénophobes islamophobes antisémites.

Et comme tu le dis, les droits des hommes, tout le monde s'en balance...