31 octobre 2015

Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»



C'est via une de mes Youtuber préférée que je suis tombé sur la chaîne de cette institution appelée "Prager University". Il ne s'agit pas du tout d'une véritable université, mais essentiellement d'un organe de propagation de la rhétorique conservatrice américaine. Si quelques vidéos ici et là offrent occasionnellement des perspectives intéressantes sur des enjeux politiques et sociaux, d'autres me font dresser le poil sur les bras.

La pire série de vidéos est probablement celle qui parle des dix commandements. J'ai vu beaucoup de propagande religieuse dans ma vie, mais rarement beurrée aussi épais (dans tous les sens du mot). La série est narrée par nul autre que Dennis Prager, le fondateur en personne, bien connu aux États-Unis. Si vous êtes curieux d'en apprendre davantage à propos de ce bonhomme, cliquez ici. Si vous voulez écouter une discussion entre Prager et Christopher Hitchens, cliquez ici. J'utilise le mot "discussion", mais c'est seulement vrai lorsque Prager laisse Hitch parler.

Pour le plus pur plaisir de la chose, je vais donc m'efforcer de déconstruire l'argumentaire du narrateur de ces vidéos, un commandement à la fois. Ça commence sur les chapeaux de roues avec l'intro:

"No document in world history so changed the world for the better as did the ten commandments."

T'sais quand je vous disais que le bonhomme beurre épais? La première phrase établit déjà le ton! Prager a ensuite le culot d'affirmer que la déclaration des droits de l'homme, l'abolition de l'esclavage et la DÉMOCRATIE découlent des dix commandements. Ben oui... fuck la Grèce antique, apparemment ce sont les Hébreux qui ont inventé la démocratie. Sans parler du fait que les propriétaires d'esclaves se sont servis de passages de la bible pendant des siècles pour se justifier. Quel culot quand même.

Mais bon, passons l'intro puisque la plupart de ses arguments seront répétés ad nauseam dans les vidéos suivants et attaquons-nous au vidéo qui traite du premier commandement dont voici quelques extraits.

"It asserts that God is giving these commandments, not Moses and not any other human being."

Oui, c'est effectivement ce que cette phrase affirme. Mais au-delà de ce qu'elle affirme, il faut regarder quelle est sa crédibilité.

Tout d'abord, pour ce qui est de l'origine divine, mentionnons simplement au passage que, selon des études, la véritable origine des dix commandements pourrait être les traités des Hittites qui empruntaient une formulation très similaire:

The Decalogue, he argues, was modeled on the suzerainty treaties of the Hittites (and other Mesopotamian Empires), that is, represents the relationship between God and Israel as a relationship between king and vassal, and enacts that bond.

"The prologue of the Hittite treaty reminds his vassals of his benevolent acts.. (compare with Exodus 20:2 "I am the LORD your God, who brought you out of the land of Egypt, out of the house of slavery"). The Hittite treaty also stipulated the obligations imposed by the ruler on his vassals, which included a prohibition of relations with peoples outside the empire, or enmity between those within." (Exodus 20:3: "You shall have no other gods before Me"). Viewed as a treaty rather than a law code, its purpose is not so much to regulate human affairs as to define the scope of the king's power.

Pourquoi un être suprême et parfait aurait-il eu besoin de s'inspirer de la phraséologie des traités mésopotamiens pour s'exprimer? Hum...

De plus, cet être suprême allégué qui manifeste sa présence affirme du même souffle qu'il a libéré les Juifs de l'esclavage en Égypte. Or, comme l'affirme Hareetz, le plus ancien quotidien israélien:

The reality is that there is no evidence whatsoever that the Jews were ever enslaved in Egypt. Yes, there's the story contained within the bible itself, but that's not a remotely historically admissible source. I'm talking about real proof; archeological evidence, state records and primary sources. Of these, nothing exists.

It is hard to believe that 600,000 families (which would mean about two million people) crossed the entire Sinai without leaving one shard of pottery (the archeologist's best friend) with Hebrew writing on it. It is remarkable that Egyptian records make no mention of the sudden migration of what would have been nearly a quarter of their population, nor has any evidence been found for any of the expected effects of such an exodus; such as economic downturn or labor shortages. Furthermore, there is no evidence in Israel that shows a sudden influx of people from another culture at that time. No rapid departure from traditional pottery has been seen, no record or story of a surge in population.

Bref, AUCUNE preuve ne vient étayer le mythe de l'exode des Juifs d'Égypte. Absolument aucune. Ce qui signifie que cela ne s'est fort probablement jamais produit. Quelle crédibilité doit-on alors accorder à un dieu qui affirme son existence et qui, du même souffle, tente de s'accaparer tout le crédit pour un événement... qui n'est jamais arrivé? Ça commence plutôt mal!

Mais évidemment, M. Prager, comme tous les croyants, n'est pas particulièrement intéressé par des choses aussi mondaines que des preuves scientifiques objectives. Il poursuit donc:

"This is the beginning of what is known as Ethical Monotheism, the greatest world-changing innovation of the Hebrew bible."

Supposons un instant que ce concept soit effectivement une grande innovation sans précédent (ce qu'il n'est pas, j'y reviendrai). Une question inévitable doit être posée: pourquoi Dieu aurait-il attendu aussi longtemps avant de livrer ses commandements?

On estime que l'évolution de nos ancêtres aurait finalement menée à notre espèce dans sa forme actuelle, homo sapiens, il y a environ 200 000 ans. Les estimations de l'âge des dix commandements les placent entre le 14e et le 7e siècle avant notre ère. Cela signifie que ce cher Dieu aurait attendu au moins 198 700 ans avant de daigner se manifester aux humains. Qu'est-ce qui pourrait justifier une telle attente? Pourquoi un dieu tout-puissant, doté d'une sagesse indiscutable et supposément rempli d'amour pour la race humaine aurait-il laissé toutes ces générations de gens vivre et mourir dans l'immoralité, l'ignorance, le vice et le péché sans jamais se manifester et sans jamais leur communiquer la bonne voie à suivre?

Et finalement, après 200 MILLÉNAIRES, lorsqu'il se décide finalement à communiquer avec l'humanité, pourquoi aurait-il choisi une obscure petite tribu insignifiante du fin fond de la Palestine? Son message aurait été diffusé beaucoup plus rapidement et efficacement s'il s'était manifesté dans l'un des grands centres civilisés! Ou encore mieux, en se révélant à tous les humains simultanément! En choisissant spécifiquement les Hébreux, il s'assurait que ses commandements demeureraient largement méconnus du reste de l'humanité pour plusieurs siècles encore.

Ça n'a, bien évidemment, absolument aucun sens.

"Morality, an objective code of right and wrong, does not emanate from human opinion, it emenates from God and therefore transcends human opinion."

Il s'agit là d'une des affirmations préférées des croyants. Malheureusement pour eux, comme à peu près tout le reste, elle est manifestement fausse.

Plusieurs théologiens, pasteurs, rabbins, imams et prêtres avancent l'argument que, sans Dieu, il n'y a plus de définition universelle du "bien" et du "mal". Sans Dieu, arguent-ils, rien ne nous empêche de voler, violer et tuer sans ambages et les lois humaines deviennent des constructions sociales aléatoires. Cela démontre de toute évidence une méconnaissance profonde de ce qu'est un être humain ou, devrais-je dire, un mammifère social.

En effet, les études ont démontré que beaucoup d'animaux possèdent ce qui pourrait être qualifié de "sens moral" rudimentaire. Ce dernier est même très développé et sophistiqué chez les primates qui sont nos cousins les plus rapprochés dans le grand arbre de la vie terrestre.

Prenez par exemple cet article:

(...) many animals have a moral compass, and feel emotions such as love, grief, outrage and empathy, a new book argues. (...) Some research suggests animals have a sense of outrage when social codes are violated. Chimpanzees may punish other chimps for violating certain rules of the social order (...) 

And there are many examples of animals demonstrating ostensibly compassionate or empathetic behaviors toward other animals, including humans. In one experiment, hungry rhesus monkeys refused to electrically shock their fellow monkeys, even when it meant getting food for themselves. In another study, a female gorilla named Binti Jua rescued an unconscious 3-year-old (human) boy who had fallen into her enclosure at the Brookline Zoo in Illinois, protecting the child from other gorillas and even calling for human help.

(...) All those examples suggest that animals have some sense of right and wrong, Rowlands said.

Ou encore celui-ci:

You might think of "morality" as special for humans, but there are elements of it that are found in the animal kingdom, says de Waal -- namely, fairness and reciprocity. His latest study, published this week in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences, suggests that chimpanzees may show some of the same sensibility about fairness that humans do.

(...) Mammals such as wolves, orcas and elephants need their groups to survive, and empathy and cooperation are survival mechanisms. (...) "We think that empathy evolved to take care of others that you need to take care of, especially, of course, between mother and offspring, which is universal in all the mammals," de Waal said.

(...) Like children, the monkeys feel they "need to get the same thing as somebody else," de Waal said.

Ou celui-ci:

Some animals are surprisingly sensitive to the plight of others. Chimpanzees, who cannot swim, have drowned in zoo moats trying to save others. Given the chance to get food by pulling a chain that would also deliver an electric shock to a companion, rhesus monkeys will starve themselves for several days. Biologists argue that these and other social behaviors are the precursors of human morality. They further believe that if morality grew out of behavioral rules shaped by evolution, it is for biologists, not philosophers or theologians, to say what these rules are.

(...) Dr. de Waal, who is director of the Living Links Center at Emory University, argues that all social animals have had to constrain or alter their behavior in various ways for group living to be worthwhile. These constraints, evident in monkeys and even more so in chimpanzees, are part of human inheritance, too, and in his view form the set of behaviors from which human morality has been shaped.

(...) He found that consolation was universal among the great apes but generally absent from monkeys — among macaques, mothers will not even reassure an injured infant. To console another, Dr. de Waal argues, requires empathy and a level of self-awareness that only apes and humans seem to possess. 

(...) Dr. de Waal sees human morality as having grown out of primate sociality, but with two extra levels of sophistication. People enforce their society’s moral codes much more rigorously with rewards, punishments and reputation building. They also apply a degree of judgment and reason, for which there are no parallels in animals.

Religion can be seen as another special ingredient of human societies, though one that emerged thousands of years after morality, in Dr. de Waal’s view. There are clear precursors of morality in nonhuman primates, but no precursors of religion. So it seems reasonable to assume that as humans evolved away from chimps, morality emerged first, followed by religion.

On voit bien que la moralité humaine n'est pas apparue comme par enchantement grâce à ce "document le plus important de l'histoire" comme le prétend M. Prager, mais plutôt qu'elle a évolué, comme tout le reste. En effet, dans le cas d'animaux sociaux comme les primates, des comportements dits "moraux" sont essentiels à la survie du groupe et de l'espèce. La religion n'est donc pas la source de la moralité humaine, mais l'un de ses dérivés.

Les dix commandements ne marquent pas l'apparition de la moralité, mais représentent simplement une des nombreuses tentatives humaines de la codifier. Tout en ajoutant une divinité au sommet de la hiérarchie sociale pour ajouter du poids à nos arguments, une stratégie qui s'est avérée follement efficace à l'époque mais qui devrait éveiller la méfiance chez tout citoyen contemporain qui a échappé à l'endoctrinement religieux et qui est doté d'un modicum d'esprit critique.

"Pre-ten commandments religions all believed that people must do a lot "for" their gods. For example feed them and even sacrifice people to them. But now, thanks to the ten commandments, mankind learned that what God wants is that we be good to our fellow human beings."

Cette affirmation est malhonnête à bien des égards.

Premièrement, le judaïsme et le christianisme ne sont certainement pas dépourvus de règlements auxquels les croyants doivent obéir afin de plaire à leur dieu et qui n'ont absolument rien à voir avec le fait d'être bon envers les autres. L'ancien testament chrétien est rempli de ces anciennes règles farfelues comme par exemple celles qui dictent ce que l'on peut ou pas manger, quels tissus on peut ou pas porter, quelles coiffures sont appropriées, comment les hommes peuvent porter la barbe, ce qu'on peut planter ou pas dans nos champs, ce qu'on peut toucher ou pas, etc. Ces règles ne font pas partie des dix commandements à proprement parler, mais elles sont présentes au coeur des religions qui en ont découlé.

Deuxièmement, le judaïsme et le christianisme affirment clairement que le croyant doit être "bon" et obéir à Dieu non pas parce que cela est la bonne chose à faire, mais plutôt parce qu'il subira les pires sévices à perpétuité s'il refuse de se soumettre. L'ancien testament est rempli de ces menaces de feu, de torture et de souffrances éternelles. Or, le fait d'obéir à des règlements par peur de représailles divines est clairement beaucoup moins admirable que de choisir des actions morales motivées par une véritable empathie qui est, rappelons-le, présente dans notre ADN depuis nos lointains ancêtres primates. À cet égard, l'introduction de telles menaces ne représente pas un pas en avant, mais plutôt un RECUL!

Troisièmement, les religions qui existaient avant le judaïsme ne pratiquaient pas toutes le sacrifice humain. Il s'agit d'une généralisation profondément abusive. Il est toujours amusant de voir les croyants parler avec tant de dévotion de leur foi et, du même souffle, vomir leur mépris pour les autres fois qui sont pourtant très similaires à la leur.

Quatrièmement, contrairement à ce qu'affirme M. Prager, il était tout à fait entendu pour les croyants de l'époque que ces règlements ne s'adressaient pas à l'ensemble de l'humanité, mais bien spécifiquement AUX JUIFS, le peuple élu de Dieu. Cela est vrai de TOUS les commandements, comme le démontre clairement l'allusion à la libération des Juifs d'Égypte. Ainsi, lorsque son dieu commande de ne pas tuer, la signification originale est qu'il est mal de tuer UN JUIF. Tuer les autres, ça, c'est parfaitement correct dans un paquet de contextes variés. On est bien loin d'une grande moralité universelle d'inspiration divine!

Si son dieu avait véritablement voulu nous commander d'être bon envers les autres êtres humains, alors pourquoi aucun des dix commandements ne dit simplement: "Sois bon envers les autres êtres humains"? Pourquoi a-t-on besoin d'un théologien moderne pour réussir, grâces à toutes sortes d'entourloupes, à extirper cette interprétation du texte?

Bref, cette tentative d'universaliser les dix commandements constitue un détournement du sens initial du texte qui n'aurait pas manqué de choquer profondément les Hébreux de l'époque.

"Note that God is not saying in this introduction to the ten commandments that he created the world, it surely would have made a lot of sense for God to introduce the ten commandments with this statement. (...) The one thing God declares is that he took the children of Israel out of slavery and into freedom. That's how much God hates slavery."

Oui, apparemment, son dieu déteste vraiment l'esclavage lorsque ceux qui sont enchaînés sont Juifs. Ah, mais lorsque ce sont des membres d'autres peuples qui sont enchaînés, ça n'a pas trop l'air de le déranger parce qu'il n'intervient jamais pour les libérer!

Rappelons que, selon toutes les études sérieuses qui ont investigué la question, absolument RIEN ne vient étayer la thèse d'un esclavage massif de Juifs en Égypte. Nothing. Nada. Zip. Eu-rien. Quelle sorte de dieu commencerait un texte aussi important en faisant référence à un événement qui ne s'est jamais produit?

"Je suis le Seigneur ton Dieu, qui se vante d'avoir fait quelque chose qui n'est jamais arrivé!"

En d'autres termes, quiconque est doté d'un minimum de sens critique réalisera facilement que l'esclavage et l'évasion des Juifs d'Égypte n'a fort probablement jamais eu lieu, que les dix plaies d'Égypte sont du plus pur mumbo-jumbo mythique qu'on retrouve dans toutes les religions et qu'il est impossible pour quiconque d'ouvrir la mer en deux avec un bâton afin de permettre à des gens de la traverser à pied... et il conviendra aisément que tout ceci ne fait absolument rien pour apporter de la crédibilité aux origines divines des commandements mais que, au contraire, il en démontre l'invraisemblance.

De plus, cette interprétation de M. Parger est profondément moderne et américaine. En effet, dans l'imaginaire collectif de nos voisins du Sud, la plus grande tache honteuse de leur histoire est l'esclavage des Noirs. c'est donc pour cette raison qu'il interprète cette phrase sous cet angle. Mais c'est, encore une fois, une déformation du sens original du texte.

Finalement, il est toujours extrêmement amusant de voir une religion parler de "liberté". Ces mêmes religions qui prêchent la soumission à l'autorité divine, l'obéissance aux lois religieuses, qui prodiguent d'innombrables menaces et dictent des punitions terribles à quiconque se montre désobéissant... vont venir nous faire des leçons de LIBERTÉ?

Risible.

"You cannot be a free people if you do whatever you want."

Ben oui, c'est clair. Tu ne peux pas être libre si tu es... libre. Ça tombe sous le sens.

"By telling us that he liberated the Hebrew slaves, God made clear that he cares deeply about human beings."

Non, non, non, encore une fois, M. Prager déforme le texte. Le sens original du texte est que Dieu aime LES JUIFS, point final. D'ailleurs le mépris des humains du dieu de l'Ancien testament s'exprime à de multiple reprises dans la bible. Est-ce qu'un dieu qui aime les humains aurait provoqué un grand déluge qui a noyé la quasi-totalité de la population du monde? Est-ce qu'un dieu qui aime les humains aurait ordonné aux Hébreux de massacrer les peuples qui occupaient leur "Terre Promise"? Est-ce qu'un dieu qui aime les humains aurait incinéré hommes, femmes et enfants des villes de Sodome et Gomorrhe?

J'en passe et des meilleures.

M. Prager, si votre dieu avait voulu nous dire ce que vous prétendez, pourquoi n'aurait-il pas introduit ses commandements avec:

«Je suis le Seigneur ton Dieu, qui déteste toute forme d'esclavage et qui aime profondément tous les êtres humains.»

Quoi? C'est trop simple?

Ou est-ce plutôt parce que dans l'esprit des véritables auteurs de ces commandements, des habitants superstitieux de l'âge de bronze, la solidarité ne s'étendait pas à toute l'humanité, mais seulement aux membres de la tribu, dans ce cas-ci aux autres Hébreux? Ça ne vous semble pas beaucoup plus vraisemblable, M. Prager?

À suivre...



2 commentaires:

Guillaume a dit…

Oh que je vais regarder ce débat avec intérêt. Et Hitchens a hitchspallé le Décalogue au complet: https://www.youtube.com/watch?v=x9weXGtCk7c

Prof Solitaire a dit…

Oui, merci, je l'avais vu il y a plusieurs années... je l'ai regardé à nouveau avec grand plaisir! :-)