30 octobre 2015

Les notes des garçons

Les tendances inquiétantes qui avaient été observées dans de précédentes études semblent se confirmer. En effet, ils semble de plus en plus évident que les élèves masculins sont victimes d'évaluations discriminatoires à l'école.

Il y a eu cette étude du Centre for Economic Performance, qui a trouvé que les enseignantes donnent des notes plus basses aux garçons:

Ground-breaking research shows that boys lower their sights if they think their work is going to be marked by a woman because they believe their results will be worse. It also shows their suspicions are correct – female teachers did, on average, award lower marks to boys than unidentified external examiners. Male teachers, by contrast, awarded them higher marks than external examiners.

Puis, il y a eu celle-ci, réalisée par des chercheurs des universités de Georgie et Columbia, qui révèle que même lorsqu'ils obtiennent les mêmes résultats que les filles dans leurs tests, les garçon reçoivent des notes de bulletin plus basses afin de les punir de leur "mauvaise attitude":

A new study on gender disparities in elementary-school performance (...) found that boys were given lower grades than girls, even in cases (such as math and science) where their test scores were either equal to or higher than the girls’ test scores.

Et maintenant, cette récente étude de l'OCDE révèle que les filles bénéficient de plus de clémence que les garçons lorsqu'elles sont évaluées:

An OECD report on gender in education, across more than 60 countries, found that girls receive higher marks compared with boys of the same ability. Researchers suggest girls are better behaved in class and this influences how teachers perceive their work. Differences in school results can sometimes "have little to do with ability", says the study.

Selon cette étude, à compétence égale, les garçons recevraient de moins bonnes notes que les filles parce que leur "comportement" influence la perception des profs. Les notes, qui sont supposées évaluer objectivement la performance d'un élève dans une matière spécifique, seraient injustement influencées par le "comportement" de l'élève. Un petit garçon aussi compétent qu'une fillette, mais plus turbulent qu'elle, verra donc ses notes baisser. Choquant.

Les révélations de cette étude sont profondément troublantes:

But it also reveals that teachers can be biased towards giving girls higher results than boys, even when they have produced the same quality of work.

The researchers suggest that this reflects expectations about girls being positive towards learning and less disruptive.

In contrast, boys are more likely to be hostile towards school and likely to do fewer hours of homework, says the OECD study.

"From a young age, boys are less likely to raise their hand in class to ask to speak, they are worse at waiting their turn to speak or engage in an activity, they are less likely to listen and pay attention before starting a project," says the study.
And as they get older, boys are more likely to "start withdrawing in class and becoming disengaged".

When it comes to teachers' marking, the study says there is a consistent pattern of girls' work being "marked up".

It suggests that "teachers hold stereotypical ideas about boys' and girls' academic strengths and weaknesses".

Teachers are said to reward "organisational skills, good behaviour and compliance" rather than objectively marking pupils' work.

Léa verra sa note finale rehaussée parce qu'elle est mieux organisée, calme et obéissante.

Léo, lui, même s'il a démontré qu'il est aussi compétent que Léa, recevra une note finale plus basse parce qu'il n'aime pas l'école, qu'il perturbe parfois la classe et qu'il n'attend pas toujours son tour pour parler. 

Quand on dit que le système scolaire est biaisé en faveur des filles, qu'il est hostile aux garçons et que les dés sont pipés, c'est de ça qu'on parle.

Et après ça, face à cette discrimination institutionnalisée à leur égard, on s'étonnera que plus de gars décrochent et soient complètement écoeurés de l'école.



8 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, tout ca est vrai, et il y a pas juste ca.

Une fille qui fait un travail sur un sujet féminin va probablement recevoir une meilleure note qu'un garçon qui écrit sur un sujet masculin qui intéresse moins/pas sa prof et même le répugne.

Ensuite y a aussi les idées et valeurs.
Un garçon qui a des valeurs autre que le feminisme-religieux par exemple va avoir quel note venant d une prof feministe?

Je pense aussi que même la plupart des prof masculin doivent favorisé plus ou moins les filles aussi...On vit tellement dans une société fémi-centriste.
Ca doit être pas mal plus difficile donner une mauvaise note a une fille qu'a un garçon.

Sujet semblable, tu dois avoir vu l article aujourd'hui du journal de Montréal sur un entrepreneur de construction qui affirme engager de préférence des femmes car elles seraient de *meilleurs* employés...et que grâce aux femmes, son entreprise ferait des plus gros profit...pur stupidité et propagande..

http://www.journaldemontreal.com/2015/10/30/des-employees-qui-rapportent

Martin Malthus a dit…

Il n'y a absolument rien de surprenant à cette étude, ce constat. Nul besoin pour le prof d'être féminazi ou uberféministe; l'ensemble de la pensée féministe des derniers 60 ans et l'accès incroyable que cette philosophie aura trouvé dans les média de masse aura permis à ce culte de s'élever au statut de religion et de semer dans son sillage des synodes similaires à ceux du Vatican. Voici la Loi de votre culte. Les garçons sont problématiques, les filles sont meilleures. Point.

Anonyme a dit…

Hein?!? Ça va loin...

J'avoue que si je regarde autour de moi, c'est pas faux... mais ça dépend. Je n'entrerai pas dans les détails, mais j'ai souvent eu des collègues un peu castrantes! ;)

Personnellement, j'avantage plus les garçons. D'ailleurs, je m'en suis toujours un peu voulu de ne pas être totalement impartiale. Peut-être que c'est ma façon de me racheter parce que je sais que j'ai parfois de la difficulté à en faire plus pour mes gars... J'essaie de penser comme eux, mais je suis une fille. Désolée! ;)

Avec une classe grande comme ma main, remplie à pleine capacité d'adolescents plus grands que moi, je trouve toujours difficile d'organiser le tout pour que ce soit plus vivant, convivial pour mes gars. J'essaie, à petite échelle...

(Et surtout, je ne leur fais pas recommencer un travail un peu moins propre et mal écrit. Ça s'est déjà vu!!!)

Bref, j'en suis consciente. C'est déjà ça.

A.

Anonyme a dit…


Je viens de relire ton texte...

Ça me hante depuis hier. C'est vraiment vrai que ça fonctionne ainsi? Ça me perturbe...

Femme ou homme, même combat. C'est notre rôle de prof d'intéresser le plus possible les garçons. On le sait que c'est plus ardu pour eux. Raison de plus pour s'y intéresser davantage.

Permettre aux garçons d'apprécier un peu plus l'école, ça peut être aussi simple que :

- décorer la classe avec des trucs sportifs;
- faire la causerie en lançant un ballon;
- récompenser les bons coups en sortant parfois plus tôt à la récréation;
- faire un pool de hockey;
- donner des exemples avec des noms de garçons;
- jouer avec eux une partie de mini hockey;
- permettre de travailler debout, de changer de place pour travailler ou de prendre des pauses;
- avoir des balles de stress et des ballons pour s'asseoir;
- etc.

Pas besoin de tout changer, pas besoin d'y passer des heures. Évidemment, je parle du primaire...

Faisons toutefois attention pour éviter de verser dans les stéréotypes. On met souvent tout le monde dans le même panier. Pourtant, certains garçons aiment l'école, contrairement à certaines filles. C'est aussi une question d'attitude et d'éducation.

Bref, c'est notre rôle de différencier nos approches.

A.

Prof Solitaire a dit…

Salut, je te comprends d'être hantée par ce que ces études impliquent et j'applaudis ta volonté de remettre tes pratiques en question. Certaines de tes idées sont très bonnes, mais ne tombe pas non plus dans le stéréotype du p'tit gars qui adore le hockey. C'est vrai qu'il y en a, mais tu n'iras pas tous les chercher avec ça. Moi, enfant, ça m'aurait laissé de glace (sans mauvais jeu de mot).

Il n'y a pas de réponses faciles... il faut constamment se remettre n question, réévaluer nos pratiques et ne pas avoir peur de briser le moule et de sortir des sentiers battus.

Tu me donnes envie de pondre un billet à propos de ce que je fais pour aller accrocher mon p'tit monde, là...

Anonyme a dit…

Bennnnnnn non! T'inquiète!

J'essaie aussi de les accrocher avec d'autres sports, des BD, les sciences, la techno, la musique, des travaux d'équipe, des projets personnels... J'ai donné seulement quelques idées simples, d'où le « etc. »!

Même chose pour les filles. Elles n'aiment pas nécessairement le rose et les paillettes!

Je pense qu'on peut tout simplement leur demander ce qui les motive, les aide. On dirait qu'on a peur des fois... ;) Par exemple, dernièrement, j'ai eu une discussion au sujet du fameux code d'autocorrection qui est une corvée pour eux. C'est tellement long et compliqué les flèches, les lignes, les encadrés, les couleurs... Bref, mes élèves ont apprécié que je demande leur avis. Je suis au 3e cycle, je me permets un peu de liberté. J'ai donc fait des compromis. Depuis, ils ne chialent plus lors de la correction (bon, encore un peu quand même, rien n'est parfait, mais tout est mieux qu'avant!).

Finalement, je réalise que j'essaie bennnnn fort de les intéresser. Je continue... et je n'inonderai plus ta page de mes commentaires!

Ciao!

A.

Prof Solitaire a dit…

Inonde tant que tu veux ma chère, tes commentaires sont pertinents et intéressants. Le code de correction, c'est vrai que ça les écoeure... c'est une excellente idée de le simplifier.

Anonyme a dit…

Bien vu votre article. Ca me rappelle mon fils qui devait retenir des parties d'un texte sur une petite souris et d'en rappeler les éléments. Bien entendu qu'à 10 ans, les histoires de petites souris, ça ne l'intéressait pas. Plus récemment, il devait faire le même exercice : rappeler les éléments d'un texte sur le travail des enfants dans certains pays. Il a rapporté tous ces éléments. Donc mon fils est incapable de se rappeler les éléments d'un texte selon cette personne. Si le texte n'est pas niais et stupide, il saura le faire! Allez leur faire comprendre! Bien entendu, j'ai dit Tchao à cette personne et j'ai perdu 400 dollars.