15 octobre 2015

Météorites et volcans

Il semblerait que la météorite qui a frappé le Mexique il y a 66 millions d'années ne serait pas la seule responsable de la disparition des dinosaures. C'est du moins ce qu'avance une nouvelle étude:

(...) De nouvelles analyses et mesures de l'activité des volcans dans ce qui est aujourd'hui l'Inde indiquent une très forte augmentation des éruptions sur le plateau du Deccan dans les 50 000 ans qui ont suivi l'impact de l'astéroïde.

(...) L'impact ainsi que l'activité volcanique plus intense auraient recouvert la planète de poussière et d'émanations toxiques qui ont fortement modifié le climat terrestre et provoqué la fin de nombreuses espèces animales et végétales.

«Sur la base de notre datation des laves de Deccan, nous pouvons être assez certains que ce regain d'activité volcanique et l'impact de la météorite se sont produits dans une même période de 50 000 ans», souligne Paul Renne, professeur de géologie et de sciences planétaires à l'Université de Californie à Berkeley, le principal auteur de ces travaux.

«Il est de ce fait difficile de faire une distinction entre ces deux événements dans leur rôle dans l'extinction, car les effets atmosphériques de ces deux phénomènes étaient clairement présents en même temps», explique-t-il.

Selon les géophysiciens, l'impact de la météorite géante a changé la «plomberie» des volcans ce qui a profondément modifié la chimie et la fréquence des éruptions qui ont duré très longtemps, retardant ainsi la réémergence de la vie animale et végétale pendant 500 000 ans comme en témoigne l'absence de fossiles datant de cette période d'un grand nombre d'animaux terrestres et de petites créatures marines.

«La biodiversité dans les océans a mis environ un demi-million d'années pour vraiment récupérer après l'extinction ce qui correspond à la durée de la période pendant laquelle l'activité volcanique s'était intensifiée», conclut le professeur Renne.

«Le scénario que nous suggérons selon lequel l'impact de la météorite a provoqué une plus grande intensité de l'activité volcanique permet de réconcilier ce qui paraissait jusqu'alors être une coïncidence incroyable», pointe pour sa part Mark Richards, professeur de géophysique à l'Université de Californie à Berkeley, un des principaux coauteurs de cette recherche. Il avait été le premier à proposer cette hypothèse.



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