7 novembre 2015

Le second commandement: «Tu n’auras pas d’autres dieux que moi...»

La première partie est ici: Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»

Passons maintenant au second commandement, que voici dans son intégralité:

«Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux: chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur garde ma fidélité jusqu’à la millième génération.»

C'est à glacer le sang, n'est-ce pas? Mais apparemment, pas pour M. Prager qui y voit quelque chose de merveilleusement inspirant. Voici son interprétation:



"The most common translation begins..."

Il est intéressant de noter que M. Prager passe sous silence la partie horrifique de ce commandement, ne s'attardant que sur le début. C'est carrément malhonnête, mais pas étonnant. Les croyants utilisent cette tactique très souvent, mettant toute l'emphase sur les parties socialement acceptables ou admirables de leurs écrits sacrés et minimisant les abominations.

"Because today we have as many false gods as the ancients did! (...) If we identify false gods and avoid worshipping them, we will eliminate one of the greatest barriers to a good world."

À quoi M. Prager fait-il référence lorsqu'il parle de "faux dieux"? Il ne le dit pas clairement pour l'instant, mais les petites images qui défilent à l'écran nous permettent de le déduire et il est tout à fait hilarant de voir que, selon lui, le fait d'adorer ces "faux dieux" est plus destructeur que le fait d'adorer son dieu à lui!

On a tout d'abord le sac d'argent. Il est vrai d'affirmer que le fait d'adorer l'argent, c'est-à-dire la cupidité, est la mère de bien des maux. L'humanité a commis des atrocités terribles dans le but de s'emparer des richesses des autres et de s'enrichir. La cupidité des riches et des puissants engendre encore aujourd'hui la misère, l'injustice, la corruption, le détournement des institutions démocratiques, l'évasion fiscale, etc. On pourrait s'étonner de voir une telle allusion dans le vidéo d'un conservateur américain. Est-il en train de critiquer le capitalisme? Probablement pas. Aux USA, les gens de droite révèrent les riches qu'ils idéalisent et perçoivent comme de généreux employeurs et de merveilleux mécènes qui font rouler l'économie. Mais une chose est certaine, s'il est vrai que la cupidité a engendré une grande quantité de souffrance, la religion en est encore plus coupable.

On a ensuite un bonhomme à cravate qui pointe vers lui-même. Est-il sensé représenter l'adoration de soi-même, c'est-à-dire le narcissisme? Encore une fois, il s'agit là d'un comportement toxique qui peut avoir des conséquences néfastes sur les autres, mais quelle personne saine d'esprit oserait affirmer que ce vilain défaut a causé plus de souffrance dans l'histoire du monde que la religion?

L'image suivante est tout simplement hilarante. C'est un arbre. Pour n'importe quel être humain normal, un arbre devrait être le symbole de la nature dans tout ce qu'elle a de plus beau à offrir. Mais dans l'esprit d'un conservateur américain, un arbre est sans doute un symbole sinistre qui représente les environnementalistes "extrémistes". Pas plus tard qu'hier, suite à la décision du président Obama de rejeter le projet d'oléoduc Keystone XL, le chef de la majorité sénatoriale républicaine a déclaré: «Il est de plus en plus clair que le président préfère apaiser [...] des extrémistes que d'aider des dizaines de milliers d'Américains qui auraient pu bénéficier des bons emplois de Keystone.»

Or, que faut-il penser de gens qui refusent de croire que le réchauffement climatique existe ou encore qu'il est causé par l'activité humaine et ce, malgré l'avalanche d'études diverses qui le démontrent clairement? Peut-on s'étonner que ces mêmes personnes, qui composent en grande partie la droite américaine, croient que les environnementalistes sont "des extrémistes" qui "vénèrent" le "faux dieu" de la nature? Faut-il s'étonner qu'ils aient le culot de nous dire que le fait de vénérer la nature serait plus destructeur que le fait de vénérer leur dieu?

Vous savez comment on appelle des gens qui croient que des êtres imaginaires invisibles existent, mais que les preuves scientifiques objectives n'existent pas?

Des fous.

C'est probablement ici que Prager démontre le plus clairement à quel point il vit dans un univers imaginaire parallèle. Il est également amusant de constater que la destruction de l'environnement est d'abord et avant tout motivée par... la cupidité. Oui, oui, t'sais le sac d'argent qu'il dénonçait comme un "faux dieu" juste avant? Mais apparemment, pour nos amis conservateurs religieux, si la cupidité entraîne la destruction de la nature, là ce n'est plus trop grave.

L'image suivante est un Oscar. Je serai le premier à affirmer que le culte des "stars" me tombe sur les nerfs et qu'il est le passe-temps par excellence des pauvres d'esprit. Vous pouvez fouiller ce blogue de fond en comble à la recherche de potins sur la vie des vedettes, vous n'en trouverez pas. Ça me pue au nez. Mais de là à affirmer que le fait de vénérer des acteurs est plus DESTRUCTEUR que la religion, c'est complètement ridicule. Je ne me souviens pas d'avoir déjà vu quelqu'un se faire sauter dans un autobus au nom de Brad Pitt. Il y a bien sûr ces idiots qui ne font pas vacciner leurs enfants parce qu'ils croient en Jenny McCarthy, mais même ces cloches-là n'arrivent pas à la cheville des fanatiques religieux.

Bref, tout ça pour dire qu'aucun des exemples de "faux dieux" auxquels font référence ces images n'est plus destructeur que la croyance au "vrai dieu" de Prager.

D'ailleurs, si certains de ses arguments semblent si pertinents, c'est qu'il sait magnifiquement s'y prendre. Cette habileté est maîtrisée par tous les charlatans spécialistes de l'endoctrinement. Il identifie des problèmes véritables, mais offre ensuite sa religion comme "solution". Or, dans la réalité, on pourrait argumenter que le fait de vénérer N'IMPORTE QUOI est malsain, car on idéalise ce que l'on vénère et l'on s'y dédie entièrement, ce qui ouvre la porte à tous les excès. Le remède à ce genre de fanatisme, ce n'est certainement pas la religion qui est sans doute le pire de tous les fanatismes! La solution, c'est le SCEPTICISME et la PENSÉE CRITIQUE.

Mais Prager ne l'entend évidemment pas ainsi et il donnera ensuite des exemples plus concrets de ses "faux dieux". Mais avant, cet étrange détour:

"One God means one human race. Only if we all have the same creator or father as it were, are we all brothers and sisters."

Complètement faux. Je ne vois pas le rapport avec le deuxième commandement, mais cette affirmation est malhonnête et  ridicule. Nous savons maintenant que les êtres humains descendent d'ancêtres primates communs et c'est CETTE RÉALITÉ PROUVÉE SCIENTIFIQUEMENT qui fait de nous une seule race humaine, pas l'existence d'un quelconque créateur paternaliste imaginaire.

De plus, ce que nous sert ici Prager est encore une fois une interprétation moderne d'un texte ancien. Le concept de race humaine unique n'est pas véhiculé dans les dix commandements et à aucun moment le dieu des Hébreux affirme-t-il: "Il n'existe qu'une seule race humaine et tous les êtres humains sont frères et soeurs!" Comme je l'ai déjà écrit ici, il était entendu pour les croyants de l'époque que ces commandements ne s'adressaient pas à l'ensemble de l'humanité, mais bien spécifiquement AUX JUIFS, le peuple élu de Dieu. Autrement, comment justifier les massacres des non-Juifs qui remplissent les pages de l'ancien testament?

Je sauterai donc par dessus son petit détour impertinent pour revenir à la question des faux dieux:

"When anything else is worshipped, bad things result."

Ah? Et quand ton dieu invisible est vénéré, pas de problème, c'est ça? Quel culot! Et regardez le niveau de langage qui est utilisé: "bad things!" Calvaire, on dirait qu'il s'adresse à des enfants! C'est ça son niveau de sophistication pour parler d'une question aussi complexe?

Prager essaie ensuite de nous faire la démonstration que le fait de vénérer des choses en apparence inoffensives peut mener à des "résultats terribles". Il commence avec les arts:

"Take art. Many of the cruelest humans in history loved beautiful music and art."

Wow. C'est le meilleur argument qu'il est capable de nous offrir pour défendre sa thèse? Si c'est le cas, elle ne vaut rien.

Pour nous prouver que le fait de "vénérer" les arts peut mener à des "résultats terribles", Prager devait nous donner un exemple de gens qui, à cause de leur amour des arts, seraient devenus monstrueux ou auraient commis des atrocités.

Or, ce n'est pas du tout ce qu'il fait. Il nous dit simplement que certains des personnages historiques les plus cruels aimaient les arts. Ouais, et? Où veut-il en venir? Qu'Adolf Hitler était un type merveilleux jusqu'à ce que la musique de Wagner fasse de lui un psychopathe raciste et sanguinaire? Ben voyons...

T'as mieux que ça mon p'tit Dennis?

"Take education. We all recognise how important education can be (...) but education in and of itself, divorced from the higher ends of God and goodness, can lead and often has led to great evil."

La première chose qui me frappe ici, c'est encore la puérilité de l'argumentaire et le manichéisme de sa vision du monde. Il y a le "bien" et le "mal". Dieu est "bon" et tout le reste peut mener au "mal". C'est tellement épais...

Voyons donc comment, selon lui, l'éducation peut mener au "Mal"...

"Many of the best educated people in Germany supported Hitler and the Nazis. And almost all of the Western world supporters of the genocidal regimes of Staline in the Soviet Union and Mao in China were highly educated."

Tout comme il l'a fait avec les arts, Prager ne fait que démontrer, une fois de plus, qu'il ne comprend pas le concept (pourtant simple) de la causalité. Pour étayer sa thèse, Prager devait nous donner un exemple de gens qui, À CAUSE de leur révérence envers l'éducation, auraient perdu tout sens moral et auraient décidé de soutenir des régimes "génocidaires".

Or, encore une fois, ce n'est pas du tout ce qu'il fait. Il nous dit simplement que certains des supporteurs du communisme étaient éduqués. Ouais, et? Je suis certain que certains d'entre eux étaient gauchers aussi, Prager y verra-t-il une nouvelle raison valide de se méfier des gauchers? C'est vraiment n'importe quoi...

De plus, soulignons que les Occidentaux qui supportaient le communisme au XXe siècle le faisaient sur une base idéologique. D'ailleurs, plusieurs aspects de l'idéologie communiste sont intéressants et admirables. Albert Camus, par exemple, a été brièvement communiste à une certaine époque, mais de toute évidence, ce n'était pas parce qu'il était en faveur des "massacres génocidaires" de Staline et Mao, dont tout le monde ignorait l'existence à l'époque!

"There is nothing about a PhD that guarantees a person will be wiser, kinder or more ethical."

Ben non, mon p'tit Dennis... et tu sais quoi? Même le fait de connaître ta bible par coeur ne garantis pas que tu seras plus sage, meilleur ou plus honnête. Alors à quoi tu veux en venir exactement? Parce que là, sincèrement, tu dis n'importe quoi...

Et finalement, je le répète, remarquez que Prager ne mentionne nulle part la fin du second commandement.

Pas un esti de mot à propos de ce "Dieu jaloux" qui châtiera ceux qui le haïssent en punissant "la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération", mais qui récompensera ceux qui lui obéissent "jusqu’à la millième génération"...

Pourtant mon p'tit Dennis, qui es-tu pour décider quelles parties du message de ton Dieu doivent être diffusées et quelles parties doivent être cachées?

Pas très éthique, ça, mon p'tit Dennis...



1 commentaire:

fylouz a dit…

Je suppose ici qu'il s'agit de lire entre les lignes. C'est un peu comme un rébus : appât du gain + narcissisme + écologie = libéraux (au sens états-uniens, en France on parlerait des "bobos parisiens") probablement d'Hollywood. Donc toutes ces personnalités bien-pensantes à la vie (forcément) dissolue qui vénèrent des trucs qui ne font que vous détourner de la Bible (le seul bouquin qui vaille la peine d'être lu) et ressemblent pas mal à de l’idolâtrie. Qui plus est, rappelons que les écologistes sont des cons, forcément, puisque chacun sait que Dieu arrangera tout ça en réparant les dégâts ou en nous transférant au Paradis.

"One god means one human race" : ce commentaire est très, très intéressant pour une raison très simple. Ça n'est rien de moins qu'une justification de tous les génocides. Tu t'étonnes que Prager ne s’appesantisse pas sur la deuxième partie du deuxième commandement ? La réponse est là. Si tu ne vénères pas Dieu (celui de Prager, s'entend), alors tu ne fais tout simplement pas partie de la race humaine. Tu peux donc être réduit en esclavage, ou tout simplement exterminé. L'attitude de l'Eglise Catholique durant la seconde guerre mondiale en est l'exemple parfait. Combien de juifs sauvés par l'Eglise ? Combien de Nazis après la guerre ? La différence, c'est que non seulement les premiers n'étaient pas de la bonne religion mais ces gros bâtards de fils de p... ONT TUE JESUS ! PUTAIN ! LE CHRIST, MERDE ! NOTRE PUTAIN DE SAUVEUR, QUOI !

"When everything else is worshipped..." Ça ressemble pas mal à certains pourriels que je reçois parfois, genre "Dearest in the Lord, si vous ne me donnez pas votre numéro de carte bancaire et si vous ne transmettez pas ce message au maximum de personnes dans le minimum de temps, un gros bras à l'accent italien (ou russe) avec un bâton de base-ball va rendre visite à vos enfants..."

"Take education. We all recognise how important education can be (...) but education in and of itself, divorced from the higher ends of God and goodness, can lead and often has led to great evil."

Je l'adore celle-là. Donc, si on se fie à ce jugement, alors le meilleur endroit où envoyer ses enfants est une madrassa. Yeah ! Bien sûr, si vous n'avez pas ça sous la main, vous pouvez toujours les confier à une école talmudique ou à un curé. Comme tu le sais, ça donne de très bons résultats.

"Many of the best educated people in Germany supported Hitler and the Nazi."

Non seulement c'est vrai, mais Hitler était végétarien et aimait la peinture et le cinéma. Si c'est pas une preuve, ça...

https://www.youtube.com/watch?v=0SyIMY8B5pQ

"There is nothing about a PhD that guarantees a person will be wiser, kinder or more ethical."

Tout à fait d'accord ! La preuve : https://www.youtube.com/watch?v=tHGjT6ts-eQ

Allez, tous en chœur bande de mécréants bobos sans dieux, avant que le "rapture" ne vous laisse seul et abandonné dans cette vallée de larmes.

https://www.youtube.com/watch?v=9XOQC--udY4