31 décembre 2015

Test scientifique

Je viens de répondre à un petit test qui porte sur quelques connaissances de base en science (bien que la dernière question n'ait absolument rien à voir avec les sciences et que je ne suis pas sûr de comprendre ce qu'elle fiche là).

Le test a été administré à 3278 répondants dans le cadre d'une étude du Pew Research Center. Vous pouvez essayer la version en ligne et à la fin du test, nos résultats sont comparés à ceux des répondants. Comme j'ai répondu correctement à 10 questions sur 12, pour moi ça donne ceci:


Également intéressant, on voit ensuite comment les répondants ont réussi chaque question selon un paquet d'indicateurs tels que l'âge, le sexe, l'ethnie et le niveau d'étude.

Si vous avez envie d'essayer le test, arrêtez de lire ce billet maintenant parce que le reste du texte contient des réponses.

Je suis agréablement surpris de voir que les répondants ne se sont pas avérés être complètement nuls, comme on aurait pu le craindre:

The encouraging news is that most participants answered more questions right than wrong. Eighty-six percent of those surveyed were able to identify the earth’s core as its hottest layer, and 82 percent of people knew that uranium was the element needed to make nuclear materials. Less encouragingly, only 35 percent of participants knew that amplitude determines the loudness of a sound wave and 34 percent correctly answered that water boils at a lower temperature in higher altitudes.

D'autres questions ont été plus ou moins réussies selon l'âge des répondants:

Eighty percent of 18- to 29-year-olds knew that radio waves transmit cell phone calls compared to only 57 percent of people over 65 who answered correctly. But when it came to a question about the developer of the polio vaccine, the over-65 population beat the 18- to 25-year-olds 86 percent to 68 percent. 

En ce qui me concerne, les deux questions dans lesquelles je me suis planté sont celles-ci:

Denver, Colorado, is at a higher altitude than Los Angeles, California. Which of these statements is correct?

J'ai répondu que l'eau bouillait à la même température, mais ce n'est pas le cas. Apparemment, l'eau bout à une température plus basse à Denver qu'à LA. Je ne savais pas ça du tout! À ma défense, c'est la question qui a été la moins bien réussie. Si vous êtes curieux, l'explication scientifique est ici.

L'autre question que j'ai manquée était accompagnée d'une illustration:

Which of these pictures best illustrates what happens when light passes through a magnifying glass?

J'ai répondu 2, la bonne réponse est évidemment 3. J'aurais dû y penser à celle-là. Seuls 46% des répondants ont bien répondu.

J'ai réussi à répondre à toutes les autres.

La deuxième question qui a été moins bien réussie par les répondants est celle-ci:

The loudness of a sound is determined by what property of a sound wave?

Seuls 35% des répondants on bien répondu, c'est très bas.

La question la mieux réussie est celle-ci:

This picture shows three layers of the Earth. Which layer is the hottest?

Un gros 86% des répondants l'ont eue, celle-là.

Lorsqu'on regarde les indicateurs, on constate que les hommes répondent toujours mieux que les femmes. La seule question à laquelle les femmes ont presque le même taux de réussite, c'est la dernière qui est à propos de... l'astrologie. Hum.

Lorsqu'on regarde les groupes d'âge, c'est plus fluide. Parfois les résultats sont semblables pour tout le monde, parfois les jeunes sont meilleurs et parfois les vieux. À part les exemples cités plus haut (les cellulaires et le vaccin contre la polio), les questions où on voit une bonne variation sont celle l'énergie nucléaire (les vieux ont mieux répondu) et les deux questions que j'ai manquées (qui ont été mieux réussies par les jeunes, preuve additionnelle que je suis un vieux fossile).

Pour ce qui est de l'ethnie, l'étude fait la distinction entre "blancs", "noirs" et "hispaniques" (pas d'Asiatiques?) et là, certaines observations sautent aux yeux. Les blancs scorent toujours mieux et les noirs ont presque systématiquement les pires résultats, ce que je trouve assez troublant et difficile à comprendre.



Entrevue avec Christina Hoff Sommers



J'ai adoré cette entrevue avec Christina Hoff Sommers, la Factual Feminist, par l'un de mes Youtubeurs préférés, Sargon od Akkad. La conversation porte évidemment sur le féminisme et elle mérite vraiment d'être écoutée dans son entier. Toutefois, comme elle est assez longue, je vais inclure quelques moments forts de l'entrevue ci-dessous pour vous permettre d'aller directement écouter les extraits qui vous intéressent.

(1:01) Mme Sommers parle du féminisme de sa jeunesse auquel elle souscrit toujours. Elle parle ensuite du féminisme qui est enseigné dans nos universités de nos jours.

(6:37) Mme Sommers raconte comment elle a écrit un article et qu'elle est allée le présenter à la American Philosophical Association. L'accueil fut pour le moins glacial.

(10:10) Ce bout-là est hilarant. Mme Sommers raconte sa visite à la National Women's Studies Association. Tordant.

(14:20) Mme Sommers explique que les tentatives d'endoctrinement des féministes ne fonctionnaient généralement pas, mais que la tendance est en train de changer. Elle explique pourquoi, à son avis.

(19:50) Le succès des féministes modernes est qu'on les laisse dire n'importe quoi sans les critiquer. Les hommes sont particulièrement couards. Mme Sommers parle également des fausses statistiques qu'utilisent les féministes.

(32:10) Mme Sommers considère que la question des genres (gender studies) devrait être abordée sous plusieurs angles, pas seulement par des féministes qui affirment qu'il s'agit là d'une construction sociale patriarcale sans aucune base génétique, ce qui est faux.

(36:00) Mme Sommers parle des réactions des gens du milieu universitaire à ses présentations et de la façon dont il faut s'y prendre pour briser le monopole des féministes sur les débats sociaux. Elle donne l'exemple d'une féministe qui a présenté une "map of misery" qui illustrait les meurtres de femmes à travers le monde.

(40:20) La diabolisation de la masculinité.

(48:50) Qui sont les victimes du féminisme moderne? Les petits garçons.

(1:09:30) Les concepts les plus ridicules véhiculés par le féminisme moderne?

(1:13:00) Les taux de suicides masculins et la psychologie des hommes et des femmes.

(1:21:10) La diabolisation du regard masculin et l'hétérophobie.

(1:23:40) La soi-disant iniquité salariale.

(1:31:20) Y a-t-il deux genres, hommes et femmes? Ou y en a-t-il d'autres?

(1:38:40) Mme Sommers parle de l'expérience de Norah Vincent, une femme qui s'est déguisée en homme afin de voir ce qu'est la vie pour eux.


"I really like being a woman. ... I like it more now because I think it's more of a privilege."

— Norah Vincent



LhuneArt

atilgan asikuzun

29 décembre 2015

Le quatrième commandement: "Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré."

Ce billet s'inscrit dans une série de textes que je publie en réplique à des vidéos de Dennis Prager qui chantent les louanges des dix commandements.

La première partie est ici: Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»

La deuxième partie est ici: Le second commandement: «Tu n’auras pas d’autres dieux que moi...»
Passons maintenant au quatrième commandement, que voici dans son intégralité:

"Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a consacré."

J'ai bien hâte de voir comment Dennis Prager va s'y prendre pour rendre admirable un commandement aussi délirant:



Voici quelques extraits de ce vidéo:

"For nearly all of human history, life consisted overwhelmingly of work. In effect, humans were beasts of burden. This commandment and only this commandment changed all that by insisting that people cease working one day out of seven."

Quel joli détournement de sens!

Premièrement, lorsqu'on relit le commandement, on voit bien que dieu ne demande pas à ses fidèles de se reposer le septième jour "parce qu'ils ne sont pas des bêtes" ou "parce qu'ils ont besoin de repos"... Non! Il ordonne le sabbat afin qu'ils s'en servent pour "l'honorer"! Dieu ne veut pas "élever" l'être humain, il veut le FORCER à l'adorer pendant une journée entière! Prager est profondément malhonnête en injectant dans ce commandement des concepts qui sont complètement absents du sens original du texte. Mais, comme vous le savez si vous avez lu mes billets précédents, ce n'est pas la première fois qu'il le fait.

Deuxièmement, sa vision de l'histoire de l'humanité est profondément naïve et manichéenne: AVANT les commandements, tout le monde travaillait sans cesse et APRÈS les commandements, les humains se sont dit qu'il serait bien de se reposer une journée par semaine. Or, c'est complètement ridicule. Vous croyez vraiment que pendant les 200 000 années qui ont précédé la rédaction des commandements, personne n'avait réalisé qu'un peu de repos est essentiel pour ne pas s'épuiser et crever? Ben voyons donc...

"More than any other commandment, the Sabbath day reminds people that they are meant to be free."

Ceci est sans contredit le détournement de sens le plus malhonnête, le plus répréhensible et le plus risible de Prager.

Il veut nous faire croire que l'objectif de ce commandement est de rappeler aux humains qu'ils sont libres!

Relisez le commandement. On peut clairement y lire: "ni ton serviteur, ni ta servante..." Savez-vous de quoi il est question ici? D'ESCLAVES!

Si dieu avait vraiment voulu affirmer que les humains doivent être libres, alors pourquoi n'aurait-il pas tout simplement interdit l'esclavage? Ça aurait bien mérité un commandement, à mon avis, et il me semble que le message aurait été très clair!

Mais non, tout ce qu'il dit, c'est que tu ne dois pas faire travailler tes esclaves le jour du Sabbat! Et Prager y voit une déclaration du droit des humains d'être libres?

Complètement ridicule.

"People who choose to work seven days a week are essentially slaves. Slaves to work, slaves to money, but slaves nonetheless."

Oui, Dennis Prager considère que la seule différence entre un esclave et un homme libre, c'est une journée de travail par semaine.

Fascinant.

Je me demande s'il a déjà entendu parler du véritable esclavage. Celui qui permet d'acheter et de vendre des êtres humains. Celui qui permet de posséder complètement des êtres humains. Celui qui permet de violenter, violer ou même tuer impunément des êtres humains.

J'aimerais voir Prager dire en pleine face à un véritable esclave que sa condition est la même que celle d'un employé de bureau qui travaille le dimanche ou encore que celle d'un "millionnaire qui travaille sept jours par semaine".

"While the Bible cannot universally abolish slavery, the Sabbath commandment greatly humanized that terrible institution and even helped make slavery impossible."

Ça devient de plus en plus impossible de prendre ce gars-là au sérieux.

La Bible ne PEUT pas abolir l'esclavage? Pourquoi pas? Selon Prager, il s'agit de la parole de son dieu tout-puissant! Il ne se gêne pas pour ordonner aux croyants de lui être fidèles, de ne pas évoquer son nom pour le mal et de ne pas travailler le jour du Sabbat! Pourquoi ne pourrait-il pas interdire l'esclavage? Il est tout-puissant ou pas? Il est doté d'une moralité parfaite ou pas?

Un dieu moralement parfait n'aurait pas simplement "humanisé" les esclaves, il aurait ordonner leur libération, point final. C'est probablement l'une des plus belles illustrations que ces commandements sont un ramassis d'âneries de l'Âge de bronze dont la valeur morale est infiniment inférieure à celle des occidentaux modernes!

"The Sabbath almost single-handedly creates and strenghtens family ties and friendships."

C'est peut-être une des conséquences de l'application de ce commandement, mais rien ne permet de croire que c'est une de ses raisons d'être. Relisez le commandement, rien n'indique que le renforcement des amitiés et des familles ne fait partie des préoccupations de dieu. Prager injecte encore un sens moderne qui est absent du texte original.

De plus, je suis certain qu'il existe des gens si abominables que le fait qu'ils aillent travailler est une libération et un bonheur pour les membres de leur famille qui aimeraient bien en être débarrassés sept jours par semaine...

"The Sabbat commandment granted animals dignity." 

Pourtant, Prager vient juste d'affirmer que ce commandement avait pour but de rendre l'esclavage impossible!

Dans la même logique, puisqu'il ordonne dans la même phrase exactement le même privilège pour les humains et les animaux, dieu ne rend-il pas l'exploitation des animaux domestiques impossible? Ce n'est évidemment pas le cas puisqu'ils existent encore. Prager ne boit-il jamais de lait? Ne mange-t-il jamais de viande ou d'oeufs?

Comment le même commandement pourrait-il signifier la liberté pour les esclaves mais pas pour les animaux?

Se pourrait-il que Prager voit ce qu'il veut bien voir dans ces commandements et qu'il ne se gêne absolument pas pour y injecter toutes les significations et les interprétations qu'il souhaite sans aucune considération pour le texte original?

C'est vraiment n'importe quoi.

En passant, quiconque possède des animaux domestiques n'a pas besoin d'un commandement divin pour savoir qu'il est tout à son avantage de ne pas maltraiter ses animaux et de les laisser se reposer. S'il ne le fait pas, l'animal mourra et la rentabilité de sa ferme en souffrira. Un commandement divin à cet effet est complètement inutile.

"All five of these life-changing and society-changing benefits of the Sabbath are available to anyone."

Prager fait sans doute référence à la partie du commandement qui mentionne "l'immigré qui réside dans ta ville".

Ce passage est très important et démontre que, comme je l'ai affirmé à maintes reprises dans les billets précédents, les dix commandements originaux ne s'adressent pas à l'humanité toute entière comme le prétend Prager, mais spécifiquement aux Juifs.

Si son dieu s'adressait à tous les humains, alors l'utilisation du terme "immigré" n'aurait aucun sens. Ce que ce terme signifie, c'est qu'il s'adresse aux Juifs et par "immigré", qu'il utilise à la troisième personne, il fait référence aux non-Juifs, à qui il ne s'adresse pas directement. Remarquez que dieu les nomme en dernier en ordre d'importance, après même les animaux de ferme. Il est important de comprendre ceci pour interpréter correctement les dix commandements.

De plus, Prager est encore une fois malhonnête lorsqu'il affirme que le Sabbat est un joli privilège qui est mis à la disposition de quiconque souhaite en profiter. Ce n'est pas du tout le sens original du texte.

Relisez le commandement. Ce que celui-ci ORDONNE, c'est de FORCER les non-croyants à respecter le Sabbat! Il s'agit d'une imposition des croyances religieuses juives à des gens qui ne sont pas Juifs! Ces derniers DOIVENT respecter le Sabbat, dieu l'ordonne! Et pas n'importe quel jour de congé, mais bien le même jour que les Juifs! Ceci constitue une attaque directe sur la liberté de religion des non-Juifs.

Ce texte n'est pas une gentille offre qui vise le bien-être de chacun, c'est un ORDRE qui force les Juifs à passer une journée sur sept à adorer dieu et qui FORCE les non-Juifs à faire de même, contre leur gré.

Il n'y a absolument rien de libérateur, de sain, d'édifiant ou de respectueux là-dedans.

Sans parler de la dernière partie du commandement qui affirme que dieu a créé l'univers en six jours, ce qui est complètement ridicule de tous les points de vue. D'un point de vue scientifique, on sait que c'est faux. D'un point de vue philosophique, pourquoi le créateur de l'univers calculerait-il le temps en heures terrestres? D'un point de vue religieux, pourquoi un dieu doté d'une puissance infinie aurait-il eu besoin de six jours pour créer l'univers ou encore d'un jour de repos par la suite?

Comme tout le reste, ça ne rime strictement à rien.



Le troisième commandement: «Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal...»

Ce billet s'inscrit dans une série de textes que je publie en réplique à des vidéos de Dennis Prager qui chantent les louanges des dix commandements.

La première partie est ici: Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»

La deuxième partie est ici: Le second commandement: «Tu n’auras pas d’autres dieux que moi...»

Passons maintenant au troisième commandement, que voici dans son intégralité:

"Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal."

C'est probablement le plus vague (et le plus répétitif, quel manque de vocabulaire!) de tous les commandements. Certains y voient une interdiction de blasphémer, d'autres y voient un avertissement contre "l'hérésie". Quoi qu'il en soit, c'est également l'un des commandements qui contient une menace très claire. Même le commandement qui interdit le meurtre n'est pas accompagné d'une telle menace. Il sera fort intéressant de voir quelle interprétation M. Prager lui donnera afin de nous convaincre de son origine divine:



L'interprétation de Prager est donc que le troisième commandement interdit de faire le mal au nom de la religion. Et il nous présente évidemment ceci comme s'il s'agissait d'un concept parfaitement logique. Malheureusement pour lui, ça ne l'est pas.

Voici quelques extraits de ce vidéo:

"But most people intuitively, as well as Biblically, understand that some sins are clearly worse than others. We are confident that God has at least as much common sense as we do."

M. Prager croit que les récits de la Bible se sont vraiment déroulés dans la vraie vie. Il croit que la Bible est un récit fidèle de l'histoire. Et il a le culot de nous dire en pleine face que son dieu a AU MOINS autant de "common sense" que nous...

Vraiment?

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a puni Adam et Ève pour avoir mangé le fruit interdit de la connaissance? Vous puniriez des gens pour leur curiosité, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a décidé d'inonder la terre et de noyer tous les êtres vivants qui y habitaient (hommes, femmes, enfants et bébés naissants) SAUF UNE SEULE FAMILLE? Vous tueriez l'humanité toute entière, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a décidé d'anéantir les villes de Sodome et de Gomorrhe en les bombardant de boules de feu célestes sous prétexte que tous ceux qui y habitaient (hommes, femmes, enfants et bébés naissants) étaient des pécheurs? Vous incinéreriez toute la population d'une ville, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a décidé de faire crever tous les fils aînés d'Égypte? Vous exécuteriez des nourrissons, des bébés, des petits garçons et des jeunes hommes innocents pour punir le chef d'un état, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a ordonné l'extermination des Cananéens et des Amalécites tout simplement parce qu'ils se trouvaient sur les terres qu'il avait promis aux Hébreux? Vous approuveriez du génocide de toute une population dans le but avoué de vous approprier son territoire, vous? Moi non plus.

Comment Dennis Prager, qui croit vraiment que tous ces événements se sont RÉELLEMENT PRODUITS, peut-il oser affirmer que son dieu possède au moins autant de "common sense" que nous? En réalité, un enfant de 5 ans fait preuve d'un meilleur jugement. Seuls les psychopathes et les illuminés génocidaires pourraient prétendre avoir une moralité comparable à celle du dieu de Prager!

"The worst sin is committing evil in God's name. (...) This is the only one of the ten commandments that states that God will not forgive a person who violates the commandment."

Tout d'abord, la seconde partie de cette affirmation est fausse. J'ai déjà expliqué que le deuxième commandement affirme: "chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération"! C'est encore pire que la menace du troisième puisqu'il ne se contente plus de ne pas pardonner le fautif, mais il punit également ses descendants!

Ah, mais seulement les descendants masculins parce que, apparemment, ce dieu parfait et rempli de "common sense" est également un esti de sexiste.

Deuxièmement, réfléchissez un instant à ce qu'affirme Prager ici. Il dit que pour son dieu, le pire des péchés n'est pas de faire le mal, mais plutôt de faire le mal en affirmant qu'on le fait pour dieu.

En d'autres termes, tuer quelqu'un est mal, mais peut être éventuellement pardonné. Toutefois, tuer quelqu'un au nom de dieu, ça c'est pire et ça ne peut être pardonné.

Pourquoi?

Parce que dans le deuxième cas, le tueur ternit la réputation de dieu! Et ÇA, apparemment, c'est pire que tout! Pire que le fait d'assassiner quelqu'un!

Dieu est prêt à te pardonner si tu massacres quelqu'un à coups de hache. Mais si tu le débites en affirmant que tu le fais pour dieu, alors là, ça devient impardonnable parce que tu ternis l'image de marque de dieu. Tu contreviens à sa campagne de marketing. Tu fais du tort à sa réputation! Tu endommages sa marque de commerce!

Oui, rien n'est pire pour dieu que le fait de salir sa réputation.

Dans le second commandement, il t'interdit d'adorer un autre que lui, et dans le troisième, il t'avertit de ne pas faire de tort à son image.

Quel dieu pathétique, superficiel et narcissique! Dans cette version de Prager, on dirait un chef d'entreprise américain qui pique des crises quand ses clients vont ailleurs et qui poursuit en cour les gens qui ternissent l'image de la compagnie! Et on est supposé adorer ce connard?

Non merci, Dennis!

Dans mon "common sense" à moi, tuer quelqu'un est mauditement pire que de ternir l'image de marque de ton ami imaginaire...



«On était bien ici avant»

Excellent texte de Christian Rioux à propos de la France et de son cancer islamiste:

Mohamed Annag a près de 70 ans. Cela fait quatre décennies qu’il habite à l’ombre de la basilique de Saint-Denis, ce joyau de l’art gothique où ont été enterrés presque tous les rois de France. Arrivé de Casablanca en 1973 pour une simple visite touristique, il s’est aussitôt fait proposer du travail et des papiers. La France avait alors besoin de travailleurs. En 1977, il s’est donc installé à Saint-Denis, en banlieue nord de Paris, où il a élevé sa famille et fait sa vie. Une vie heureuse, dit-il.

Réveillé mercredi par les tirs de l’assaut donné par les policiers sur la petite rue du Corbillon, ce grand vieillard efflanqué ne cesse de répéter: «On était bien ici avant!» Mais avant quoi au juste ?

Avant l’arrivée de l’islamisme! Car, c’est bien de cela qu’il s’agit et de rien d’autre. Lorsqu’on interroge Mohamed, il explique qu’il a toujours pratiqué sa religion librement, avec la modération dont font généralement preuve les catholiques et les juifs français, sans ostentation et sans prosélytisme excessif. Bref, comme on fait en France depuis la grande réconciliation qu’a représentée l’adoption de la loi de 1905 sur la laïcité.

Lorsque Mohamed est arrivé en France, les femmes de Saint-Denis ne portaient pas le voile. À Casablanca non plus, d’ailleurs. Mais, depuis une dizaine d’années, les choses se sont mises à changer. Ceux qu’on surnomme les «barbus» sont arrivés. «Ce ne sont plus les mêmes musulmans», tranche Mohamed.

On parle beaucoup de «l’islam de France». En réalité, cet islam existe. Du moins a-t-il existé. Depuis des décennies, la France abritait un islam paisible et respectueux de ses traditions laïques. Ce n’est plus le cas depuis l’arrivée du salafisme. Si les événements des derniers jours ont une cause, elle est dans cet islam radical que les responsables politiques ont laissé se développer impunément.

De même serait-il temps de cesser de peindre les banlieues françaises en ghettos noirs américains. Ceux qui cultivent cette image n’y vont jamais. Ils n’en ont donc que la vision déformée que leur présentent le cinéma et le rap. Certes, il existe des cités délabrées en banlieue où règnent de petits caïds. Mais rien ne peut occulter le fait que l’État a investi depuis vingt ans des milliards dans la rénovation de ces quartiers dits difficiles. La France a plus investi à Clichy-sous-Bois après les émeutes de 2005 que Québec et Ottawa ne le feront jamais à Mégantic malgré le cataclysme que l’on sait. Saint-Denis, une ville en pleine rénovation urbaine, en est d’ailleurs l’exemple. Certes, on y trouve encore des squats comme celui de la rue du Corbillon, mais ils côtoient des HLM de qualité à faire rêver bien des habitants des quartiers pauvres d’Amérique du Nord.

Mais la réalité importe peu au choeur des pleureuses multiculturelles pour qui les islamistes radicaux ne sont que de pauvres hères victimes de la misère sociale la plus abjecte. Le cerveau présumé des attentats de Paris était pourtant issu d’une famille de petits commerçants marocains qui ne vivait pas dans la pauvreté. Abdelhamid Abaaoud avait même fréquenté le collège privé Saint-Pierre à Uccle, une sorte d’Outremont bruxellois. « Notre famille doit tout à ce pays », dit d’ailleurs son père, heureux de vivre en Belgique. Sa cousine Hasna Aitboulahcen, qui se serait fait exploser mercredi à Saint-Denis, était gérante d’une entreprise de maçonnerie à Épinay-sur-Seine. Parmi les kamikazes de vendredi dernier, on trouve un fonctionnaire chauffeur de bus à la RATP et un tenancier de café. Pas vraiment des miséreux.

Depuis quand d’ailleurs les pauvres seraient-ils moins vertueux que les bourgeois? Il ne faut pas confondre la « misère » avec la crise d’identité qui frappe souvent les enfants d’immigrants. C’est elle qui les pousse à se tourner vers cet islamofascisme que l’on a vu à l’oeuvre vendredi dernier. Ce terrorisme n’a rien à voir non plus avec cette islamophobie fantasmée dont on nous rebat les oreilles. En France, depuis une semaine, on a peut-être vu quelques gestes isolés, mais pas l’ombre d’une vague d’islamophobie, autrement appelée « amalgame ». On a plutôt vu un peuple debout capable de faire les nuances nécessaires. Si les Français ne confondent pas les terroristes avec les musulmans, ils ne confondent pas non plus les musulmans qui s’intègrent avec cet islamisme rampant qui sera toujours incompatible avec la France. Un islamisme qui n’a pas sa place dans un pays laïc et démocratique, car, en plaçant l’oumma au-dessus du pays et des lois, il en rejette tous les principes.

Si la France a failli quelque part, ce n’est certainement pas en laissant libre cours à la xénophobie. Celle-ci n’y est pas plus présente qu’ailleurs, contrairement à ce que laisse entendre le « french bashing » ambiant. Ce n’est pas non plus faute de mesures sociales pour aider les défavorisés. C’est faute d’avoir su faire respecter ses règles d’intégration et mené la lutte idéologique — un mot que François Hollande ne prononce pas — contre un islamisme incompatible avec la République. Après 40 ans d’une vie paisible en France, voilà ce que Mohamed Annag a vu se dérouler sous ses yeux.

Cela devrait servir d'avertissement aux petits multiculturalistes québécois...



Le Coran est de la foutaise

Si la plupart des Occidentaux ne ressentiront aucune hésitation à affirmer que la Bible est un ramassis de platitudes ineptes, ils hésiteront avant de faire de même pour les autres livres sacrés comme le Coran. Il auraient trop peur d'être taxés de racistes xénophobes islamophobes rednecks...

Toutefois, Ahmad est un apostat musulman. Il connaît le livre et n'a aucune hésitation à le dénoncer pour ce qu'il est et à se moquer des arguments de ceux qui y voient un texte d'origine divine.

Extrait de son texte:

Six years ago, it never crossed my mind that I would be writing an article like this. I never thought I’d be looking on the religion I believed in once the way I am today. 

(...) The problem with Islam for the outsider is that in the face of it and in the way it’s generally presented, it kind of makes more sense than any other Abrahamic religion. It’s kind of more practical, and it has way less nonsense in its teachings, yet still, it has what is enough for it to share the same quality of being man made.

(...) The Quran makes the claim that it’s the word of God, and that it’s miraculous, and so do Muslims. Just ask any average Muslim for a proof of that, they will straight away tell you that the Quran is a linguistic miracle as it claims, that no other book is like it, that the Arabs at the time of Muhammad – who regarded language, poetry and eloquence in the highest regards- could never produce anything like it in its beauty. 

Yet ask the same person for a single example, then watch them stand there with no answer, simply because they just repeat what they were told. It’s true that the Quran’s language is somewhat unique, yet only just like the works of Shakespeare and the symphonies of Mozart. No one could produce anything like them, because each carry the style of their author. No miracle is needed, not to mention that the Arabic speaker can search online to find that the Quran does in fact contain grammatical and linguistic errors, which Muslim scholars tried to come up with the most bizarre excuses for as many as they could of these errors.

(...) That’s when Muslims start pouring their “Scientific miracles in the Quran” on you, which is basically a verse in the Quran that is given steroids and then bent in all shapes and directions to make it look as if it holds a fact that only modern science could discover. 

(...) Scientific Errors

Quran is full of them, simple as that. It says that asteroids, planets and stars are for shooting devils that try to listen to the heavens. Its says that a famous general (not named but is believed to be Alexander the Great) has found the sun to be setting in a hot muddy water spring. It says that an ant spoke and that King Solomon heard it. It says that heaven (the sky) was raised and is being held so that it won’t fall on earth. Do I need to go on or are you still laughing?

(...) I have chosen to only consider the Quran here as it’s what all Muslim, regardless of what sect they belong to hold as true. Hopefully in a later blog I’ll be able to include the Hadith (Muhammad's sayings and actions). Until then do not let any Muslim –ignorantly in their good intention- fool you with a book that you can’t read in its original language.

Un des mes anciens élèves m'avait offert un Coran en cadeau. J'ai essayé de le lire car je voulais être capable de le critiquer, mais c'est tellement tordu comme texte que j'ai abandonné à chaque fois. Un jour, j'aurai peut-être assez de temps à perdre pour y replonger...

D'ici là, je vous invite à écouter les témoignages d'autres ex-musulmans qui sont très bien placés pour nous parler de leur ancienne religion, comme par exemple Maryam Namazie, Salman Rushdie, Soufiane Zitouni, Ayaan Hirsi Ali, Djemila Benhabib, Nabila Ben Youssef ou Mona Walter (bien que dans ce dernier cas, à en juger par son pendentif, elle semble avoir malheureusement échangé un endoctrinement pour un autre):





Les petits jeux politiques de Trudeau

Extrait du très intéressant témoignage:

(...) Gerry Van Kessel en a assez de voir le gouvernement libéral constamment fixer des objectifs pour le programme d'accueil des réfugiés de la Syrie, puis, les changer.

«Il y a un côté superficiel dans tout cela, qui garde l'attention sur les apparences et non sur la substance», a-t-il dit en entrevue.

(...) M. Van Kessel était le directeur général, section des Réfugiés, pour le ministère de l'Immigration lorsque le Canada a évacué 5000 Kosovars et accéléré la relocalisation de plus de 2000 autres en 1999.

Dès que ses anciens collègues et lui ont vu le programme syrien du gouvernement, ils ont su qu'il serait impossible de faire venir plus de trois fois cette quantité de gens en seulement quatre mois.

Ce qui s'est produit depuis, ce n'est rien d'autre que de la politique, assure-t-il.

«C'est devenu un enjeu politique pour les libéraux - leur nervosité découlant du fait qu'ils se rendent compte de leur incapacité à tenir leur promesse - donc ils font semblant qu'ils la tiennent.»

(...) Gerry Van Kessel voit deux écueils potentiels au fait de se mettre autant de pression avec une date: que les fonctionnaires ressentent l'obligation de prendre des raccourcis pour réaliser les objectifs, et que les autres programmes soient négligés.

«Le programme de réinstallation est un vraiment bon programme, lâche-t-il. Et je n'aime pas qu'il serve à des jeux politiques

Superficiel... garde l'attention sur les apparences... sans substance... fait semblant de tenir ses promesses... petits jeux politiques...

Ouais, ça résume bien la nouvelle ère Trudeau, ça!



khumbirafoxhound

28 décembre 2015

Processus de révision

Oui, chères lectrices et chers lecteurs, votre blogueur préféré sera très bientôt un auteur publié. C'est exaltant!

Le processus de révision va bon train, j'ai fait quelques ajouts de dernière minute, je suis très satisfait et fier du résultat.

Maintenant que le contrat est officiellement signé, je peux vous donner quelques détails supplémentaires. La maison d'éditions qui a accepté de me publier est Perro Éditeur. Je dois dire que ça a été toute une surprise pour moi puisque, de toutes les maisons à qui j'ai envoyé mon manuscrit, celle-ci me semblait être la moins susceptible de manifester de l'intérêt. Je croyais qu'elle ne publiait que des romans. Toutefois, sans le savoir, mon manuscrit tombait à pic puisqu'ils s'apprêtent à publier des essais.

Alors pourquoi le leur avoir tout de même envoyé? La raison est simple: j'adore Bryan Perro. Je suis un fan de tout ce qu'il fait depuis des années. Sa série Amos Daragon est sublime, je l'ai dévorée et je relis avec délectation le premier tome avec mes élèves à chaque année scolaire. Je l'ai même déjà invité dans ma classe, il y a plusieurs années de cela et tout comme mes élèves, j'avais été complètement emballé et enchanté de sa visite. Et à mon grand étonnement, je l'ai croisé à quelques reprises par la suite et il m'a toujours reconnu. J'adore ce type-là.

Donc, je lui ai envoyé le manuscrit, mais sans rien attendre.

J'ai vraiment été agréablement surpris de voir son enthousiasme. Il m'a expliqué qu'il avait jadis enseigné lui aussi et que mon livre l'avait touché.

Le titre du livre sera probablement "Un homme au primaire", mais cela reste à confirmer. Il a accepté de me publier sous le couvert de l'anonymat, mais il n'aimait pas trop le nom "Prof Solitaire". Il m'a donc demandé de trouver un autre pseudonyme. J'ai alors dressé une liste de suggestions et je lui ai demandé ce qu'il en pensait. Il a manifesté une préférence pour "R. S. Capé". C'est fort probablement le nom qui paraîtra sur la couverture.

Alors voilà pour les nouvelles, je vous tiens au courant des développements!


Cette image provient d'ici.


Le sacre décomplexé

Si vous êtes comme moi et que vous aimez sacrer, vous serez sans doute heureux d'apprendre que cette préférence n'indique pas un manque de vocabulaire! En fait, une étude vient affirmer exactement le contraire:

A new study has found that those who have a healthy repertoire of curse words at their disposal are more likely to have a richer vocabulary than those who don’t.

This challenges the long-held stereotype that people swear because they can’t find more intelligent words with which to express themselves. 

(...) Psychologists Kristin Jay and Timothy Jay of Marist College and the Massachusetts College of Liberal Arts (not clear if related) came up with the hypothesis that people who are well-versed in curse words are more likely to have greater overall language fluency too.

For the first experiment, they gathered 43 participants (30 women) aged between 18 and 22 years, and first asked them to rattle off as many swear or taboo words as they could in 60 seconds. Next, they had to recite as many animal names as they could in 60 seconds. The researchers used animal names as an indication of a person's overall vocabulary and interest in language.

As any intelligible American English taboo word or phrase was considered fair game, the participants ended up generating a total of 533 taboo words, including the rather obscure "cum dumpster" and "ass pirate". The participants also submitted to so-called FAS tasks, which are standardised verbal fluency tests.

In a second experiment, another 49 participants (34 women) aged between 18 and 22 were asked to perform a similar task - this time they were asked to write down as many curse words and animal names starting with the letter "a" as they could. They also completed FAS tasks to assess their overall language fluency.

Publishing in the journal Language Sciences, the researchers also found that expressive curse words were generated at higher rates than slurs, and there was little difference between what the female and male participants could come up with. "[C]onsistent with findings that do not show a sex difference in taboo lexicon size, no overall sex difference in taboo word generation was obtained," they report.

They found that the ability to generate curse words was not an index of overall language poverty - in fact, they found that taboo fluency is positively correlated with other measures of verbal fluency.

"That is, a voluminous taboo lexicon may better be considered an indicator of healthy verbal abilities rather than a cover for their deficiencies," the researchers conclude. "Speakers who use taboo words understand their general expressive content as well as nuanced distinctions that must be drawn to use slurs appropriately. The ability to make nuanced distinctions indicates the presence of more rather than less linguistic knowledge, as implied by the POV [Poverty of Vocabulary] view."

Now, of course, it should be said that the sample size for this study was small, but until a larger cohort can be assessed, we can look to one of the greatest living masters of the English language, Stephen Fry, for his view. Watch below as he discusses the joys of swearing, and feel that sweet, sweet vindication. But just remember: dropping "ass pirate" into a job interview is still not advised.



Je trouve que les gens d'ici qui s'offusquent des sacres sont encore plus bizarres parce qu'ils ne sont même plus vraiment catholiques et ignorent souvent ce que ces mots soi-disant sacrés veulent vraiment dire. Alors pourquoi y trouver offense? Ça ne rime à rien...



No Man’s Sky


Comme je l'ai déjà écrit ici, l'un des aspects que je préfère du jeu Star Wars: Old Republic, c'est la possibilité de visiter et d'explorer des planètes aux environnements variés. Toutefois, les deux dizaines de planètes qui y sont présentées semblent bien peu face à ce nouveau jeu qui sortira en 2016:

Your ship shudders as it hits the planet’s atmosphere. Through yellow clouds, you snatch glimpses of the surface. A herd of alien creatures runs across a desert.

As you land, you spot something on the horizon. Is that a rock formation or a building? Only one way to find out. You step down from the ship – and become the first person ever to set foot on the planet. You won’t stay long. There are too many other worlds to see.

Due for release in June 2016, No Man’s Sky is the most hotly anticipated video game for years. Developed by Hello Games in Guildford, UK, its promise is dizzying: a virtual universe of 18 billion billion planets, each one unique, each waiting to be explored. No Man’s Sky will be an almost boundless playground.

Hello Games has harnessed the power of procedural generation, using computers to churn out variations of a world-building template. Seeded with human designs – space stations, mountain ranges, dinosaur-like animals, shrubs – algorithms then generate different versions. The result is a game filled with creations that can surprise even its developers. It will be so vast that most will never be seen.

“The result is a game filled with creations that surprise even its developers”
In its scope and detail, No Man’s Sky is unprecedented. For many, it marks an end point: an entire universe conjured by machines. Yet it is also a beginning. Games are shedding their scripted narratives and hand-crafted worlds in favour of endless possibility.

But will it be enough? The numbers may dazzle but ultimately, if one blue rainforest blurs into another, who cares if there are trillions more? This is the challenge computer-generated games face. No Man’s Sky will be a high-water mark, but it will also lay the foundation on which future games will be built – games with not only 18 billion billion worlds, but the computer-generated stories and characters to fill them.

Je suis très, très intrigué.



You're A Mean One, Mr. Trump

Hilarant!





Tsad De Lira

27 décembre 2015

Classcraft


Je n'ai jamais été un très grand fan des systèmes d'émulation. L'argent scolaire et les nananes du genre me semblaient être des méthodes peut-être justifiables pour de très jeunes enfants, mais pas vraiment pour des élèves pré-ados de 6e année. J'ai toujours pensé que des jeunes de l'âge de mes élèves étaient (ou devraient être) suffisamment raisonnables pour comprendre le but réel de l'école et l'intérêt véritable de s'investir dans leurs études. Découvrir qui on est ainsi que le monde qui nous entoure, approfondir ses connaissances, aiguiser son intelligence, apprendre à surmonter des difficultés, acquérir de nouvelles habiletés, apprendre à vivre en société, voilà quelques-uns des véritables rôles de l'école. Les systèmes d'émulation me semblaient donc être une espèce de détournement de l'essentiel.

Cette année, j'ai un nouveau collègue de 6e qui utilise un système appelé ClassDojo. Il m'expliquait que cela consistait essentiellement à accorder ou à enlever des points aux élèves en fonction de leur comportement et de leur travail, lesquels points leur servaient à acheter des privilèges. Il m'expliquait que l'intérêt d'un tel système était également de tenir les parents informés de ce qui s'est passé dans la journée. En effet, ces derniers peuvent voir si leur jeune a gagné ou perdu des points en classe.

Ce dernier aspect a piqué ma curiosité et m'a amené à réfléchir et à reconsidérer ma position. Je me suis dit qu'un tel système méritait peut-être un essai. Comme ClassDojo ne m'emballait pas trop, je me suis mis à chercher des alternatives et je suis tombé sur un programme appelé Classcraft. Je l'ai trouvé prometteur, alors j'y ai inscrit ma classe gratuitement, sans trop savoir s'il m'emballerait vraiment ou pas. Finalement, les élèves et moi avons tellement adoré que j'ai décidé de nous abonner.

En gros, le jeu se déroule dans un monde fantaisiste du genre Seigneur des anneaux. Les élèves doivent se créer un personnage et se réunir dans un sous-groupe. Leur perso peut être un guerrier, un mage ou un guérisseur. Chaque catégorie de personnages possède des caractéristiques et des habiletés qui lui sont propres. Par exemple, le guerrier a plus de point de vie et peut encaisser plus de dommages, mais le mage a plus de points de pouvoir qui lui permettent d'utiliser divers sorts. Une équipe bien équilibrée qui compte au moins un personnage de chaque type a de meilleures chances de réussir.

Au gré des journées, l'enseignant (le maître du jeu) peut récompenser les aventuriers en leur accordant des points d'expérience, ce qui permet aux élèves de monter aux niveaux supérieurs. En montant de niveau, les élèves ont accès à de nouveaux pouvoirs, de nouveaux uniformes pour leur avatar et de nouveaux compagnons (il s'agit habituellement de petites créatures mythologiques). En cas de mauvais comportements, les élèves peuvent perdre des points de vie et s'ils tombent à zéro, ils "tombent au combat". Ce qui est intéressant, c'est que si cela se produit, non seulement le jeune subit une conséquence négative, mais en plus toute son équipe perd des points de vie. Cela fait en sorte que des élèves qui se comportent généralement mal ou qui ne font pas leurs devoirs sont doublement motivés de faire l'effort de bien se comporter puisque leurs camarades en subissent aussi les conséquences.

En plus de tout ça, si l'enseignant le souhaite, les évaluations et les pratiques de français peuvent devenir des combats dans lesquels les élèves affrontent des monstres. S'ils répondent bien à la question, le monstre encaisse du dommage mais dans le cas contraire, c'est le joueur ou l'équipe qui perd des points. C'est absolument génial et c'est l'aspect du jeu que je préfère. Je n'ai jamais vu des élèves avoir autant de plaisir à faire des exercices de français et de maths de ma vie et je n'ai jamais vu des élèves souhaiter aussi ardemment s'améliorer afin d'être en mesure de battre le monstre lors de leur prochain combat. C'est phénoménal.

Ce jeu a eu un impact majeur sur le fonctionnement de ma classe et sur la motivation des élèves. Je n'ai jamais utilisé un programme qui se marie aussi bien avec le travail que je fais auprès des élèves. Je suis vraiment emballé et si vous êtes un(e) collègue, je vous encourage fortement à l'essayer. C'est québécois, par dessus le marché!

Évidemment, comme n'importe quel programme, ce ne sont pas tous les aspects du jeu qui sont intéressants, mais le prof a la capacité de personnaliser le jeu à son goût. L'interface graphique est encore assez sommaire, mais j'ai bon espoir qu'avec de plus en plus d'abonnés et de revenus, les concepteurs du jeun seront en mesure de nous offrir des graphiques et des animations plus élaborées.

Contrairement à ce que je craignais, je n'ai pas l'impression que le jeu constitue un détournement du rôle réel de l'école. J'ai plutôt le sentiment qu'il s'agit d'un ajout à ce que je fais déjà. Un plus.

Si vous l'essayez, vous m'en donnerez des nouvelles!



Les taches brillantes de Cérès

Le mystère des taches étincelantes de Cérès est élucidé.





An Object at Rest




Sergey Krasovskiy II

BrokenMachine86

26 décembre 2015

Le diagnostic

Mon fils aîné a beaucoup de difficultés à l'école.

L'an dernier, en 3e année, il a eu des échecs en lecture. Ses résultats d'écriture et de résolution de problèmes de maths étaient également inquiétants.

Nous l'avons fait évaluer par la psychologue de l'école. Son rapport évoquait de multiples possibilités mais demeurait très vague et recommandait de nouvelles évaluations. Nous sommes donc allés voir le pédiatre qui nous a référé au CLSC.

En attendant une évaluation plus poussée, nous sommes passés à l'action. Nous avons inscrit notre fils à une clinique privée d'orthopédagogie. Depuis plus d'un an, il est donc suivi une heure par semaine. À 80$ l'heure, notre budget familial s'en ressent, mais cela s'est avéré être un excellent investissement. Surtout dans le contexte actuel de coupes sauvages et de mises à pied en éducation. Notre fils avait clairement besoin de plus d'aide et de soutien que ce que l'école était capable de fournir.

Parallèlement à cela, je me suis mis à faire lire mon fils à tous les jours. Ça a été très difficile au début, mais c'est maintenant devenu un incontournable dans notre quotidien. Nous nous assoyons ensemble et il me lit des romans. Lorsqu'il commence à perdre intérêt, j'en lis un petit bout en faisant voix et effets sonores, parfois je le chatouille ou je blague, question de rallumer son intérêt. Je l'arrête aussi et je le questionne sur ce qu'il lit, question de vérifier sa compréhension. Ça l'a beaucoup aidé.

J'ai également insisté auprès des autorités scolaires afin que mon fils ait un ordinateur portable et un programme de synthèse vocale mis à sa disposition pour les évaluations de lecture. Encore une fois, ce n'était pas gagné d'avance dans ce contexte de coupures et en attente d'un diagnostic, mais j'ai réussi. Et pour rendre cet outil également pertinent en écriture, je lui ai fait faire des exercices de tape-touche pour qu'il améliore sa vitesse de frappe.

Tous ces efforts ont porté fruit et s'est beaucoup amélioré en lecture. Au-delà des notes qui ont généralement peu de valeur à mes yeux (étant moi-même enseignant, je ne connais que trop bien leur subjectivité), il a développé un véritable intérêt pour la lecture et pour les livres et je suis très fier de cet accomplissement.

Il est maintenant en 4e année. Et cette fois-ci, c'est en écriture qu'il échoue.

Au mois d'octobre, après environ 6 mois d'attente, la clinique santé mentale jeunesse du CLSC nous a enfin donné rendez-vous. Guillaume a été évalué par un pédiatre, une orthophoniste et un psychoéducateur. L'une des rencontres a été filmée et visionnée par une équipe de spécialistes.

J'ai assisté à l'une d'elle. Il avait tellement de mal à répondre à ce qu'on lui demandait de faire que j'ai pleuré tout le long. Mais je me forçais de sourire parce qu'il me jetait souvent des coups d'oeil. Comme j'étais assis à quelques mètres de lui, j'ai réussi à lui cacher les larmes.

Un mois plus tard, nous étions rencontrés afin de connaître le verdict des spécialistes.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Plusieurs hypothèses me semblaient plausibles. J'avais hâte de mieux comprendre les difficultés de mon fils mais en même temps, j'étais terrorisé. J'ai essayé de me préparer autant qu'un père le peut, mais ce fut peine perdue.

L'équipe interdisciplinaire a finalement diagnostiqué un trouble du spectre de l'autisme.

Vous dire que ça nous a ramassé comme une tonne de briques serait un euphémisme.

Je savais bien que la possibilité existait, mais elle me semblait peu probable. Mes connaissances de l'autisme étaient très sommaires et ce que j'en savais ne me semblait pas correspondre à ce que j'observais chez mon fils. Je croyais que les autistes détestaient être touchés, mais Guillaume est très affectueux. Je croyais que les autistes étaient incapables d'établir un contact visuel lors de conversations, mais Guillaume regarde les gens qui lui parlent. Je croyais que les autistes avaient horreur des bruits stridents, mais bien que Guillaume y soit parfois sensible, il ne les a pas en aversion. Les spécialistes ont d'ailleurs expliqué que l'absence de ces symptômes expliquaient qu'il n'ait pas été diagnostiqué plus tôt. Évidemment, mon fils n'est pas un autiste sévère, mais c'est néanmoins sa réalité et la source de ses difficultés.

Le pédiatre nous a expliqué que certains autres signes étaient présents chez lui et qu'ils ne mentaient pas. Il nous a expliqué qu'il ne pensait pas comme nous. Que ses intérêts inhabituels et son attention à certains détails triviaux étaient des indicateurs solides. Il nous a expliqué que Guillaume avait beaucoup de mal à déchiffrer les interactions sociales et qu'il ne percevait pas, par exemple, la différence entre une taquinerie et une insulte. Il nous a expliqué que notre fils avait beaucoup de difficulté au niveau de son imagination, ce qui rendait les tâches d'écriture particulièrement ardues pour lui.

Mais c'est lorsqu'ils nous ont fait signé les formulaires pour "personne handicapée" que ça a fessé le plus fort.

Les jours et les semaines suivantes ont été pour moi une montagne russe d'émotions. C'est comme si j'avais traversé les cinq étapes du deuil!

Il y a eu le choc initial, suivi du déni. Je me suis dit que ça ne se pouvait pas, qu'ils avaient dû se tromper, qu'ils l'avaient observé lors d'une de ses mauvaises journées, qu'il n'est pas toujours comme ça. Je me suis même questionné à propos de leur compétence.

Puis, il y a eu la colère qui s'est sans doute immiscée dans le ton de certains de mes billets sur ce blogue. J'étais révolté, pourquoi ceci devait-il arriver à mon fils à moi? Le sentiment d'injustice était très, très intense.

Un peu en même temps, j'ai traversé une espèce de phase de panique et de dépression. Mon anxiété était par moment dans le plafond. Je me demandais si c'était de ma faute. J'ai fait des recherches à propos des causes possibles. Je me suis demandé si je ne l'étais pas moi-même. J'imaginais des scénarios catastrophes sur la suite des choses. Je me sentais complètement impuissant de l'aider. Je m'en suis voulu de ne pas l'avoir soupçonné plus tôt. Je me sentais profondément coupable pour toutes les fois où j'étais mal intervenu auprès de lui pour des choses qu'il ne pouvait peut-être tout simplement pas comprendre. Je me suis vraiment senti comme le dernier des cons.

Je ne suis pas complètement sorti de cette phase, d'ailleurs.

Mais j'entre maintenant dans la phase ultime de l'acceptation.

Guillaume est toujours Guillaume, il est le même petit garçon qu'il a toujours été et que j'ai toujours aimé. Il est mon fils aîné, c'est avec lui que j'ai découvert la paternité qui demeure la plus belle expérience de ma vie et ses accomplissements emplissent toujours son papa d'une fierté sans bornes. Je l'ai toujours aimé tel qu'il était et je l'aime encore tel qu'il est. Rien n'a changé. Mon p'tit gars est toujours le même et je suis déterminé à le couvrir d'amour, à être toujours là pour lui et à ne jamais le laisser tomber.

On a fait beaucoup de progrès ensemble et maintenant que je sais qu'il est autiste, je pourrai le comprendre mieux et l'aider plus efficacement. D'autres progrès sont possibles et on va continuer à travailler fort. Son autisme ne disparaîtra pas, mais je vais tout faire en mon pouvoir pour qu'il réussisse et qu'il s'accomplisse comme être humain, non pas malgré son autisme, mais avec celui-ci. Je l'aime tel qu'il est et il est absolument primordial qu'il s'aime tel qu'il est, lui aussi.

Je ne sais pas si je vais y parvenir, mais j'ai bien l'intention de m'y investir corps et âme.

Ne vous surprenez donc pas, chères lectrices et chers lecteurs, de voir des articles à propos de l'autisme apparaître sur ce blogue dorénavant et sachez que ceux-ci font partie de ma quête de compréhension.

Je veux comprendre comment il pense, comment il perçoit le monde qui l'entoure et ce qu'il comprend des gens. Je veux comprendre ce qu'il ne comprend pas afin de peut-être mieux le lui expliquer. Je veux mieux cerner ses difficultés afin de l'aider à les surmonter. Je veux mieux le comprendre afin d'avoir des attentes réalistes et des interventions plus appropriées. Je veux mieux identifier ses extraordinaires forces afin de mieux l'aider à les exploiter. Je veux essayer d'entrevoir l'univers à travers ses beaux grands yeux noisette. Je veux le connaître plus pour l'aimer mieux.

J'ai donc ajouté l'onglet "autisme" au menu de gauche et j'y ajouterai des billets au gré de mes découvertes et de mes questionnements.



Sensory overload?

Mon fils fait parfois des migraines. Le bruit et la lumière intense semblent jouer un rôle dans le déclenchement de ses migraines.

Je me demande si le "sensory overload", qui est une des caractéristiques de l'autisme, ne serait pas en cause.



Trouvé ici.


22 décembre 2015

Star Wars Épisode VII: c'est comment?


Bon, je l'ai enfin vu et je peux enfin en parler. Mais soyez avertis, si vous ne l'avez pas encore vu et que vous souhaitez éviter de connaître les rebondissements à l'avance, alors ne lisez pas ceci.

Ce que j'aurais vraiment envie de faire, c'est me retaper le film et le commenter presque scène par scène parce qu'il y a vraiment beaucoup à dire, mais comme c'est impossible, je vais essayer de me fier à ma mémoire défaillante.

En général, je dois dire que le film est souvent divertissant et visuellement très réussi. C'est un BEAU film. Les scènes d'action sont très excitantes et nombreuses. Les acteurs offrent, pour la plupart, des performances intéressantes. Le CGI est excellent et on n'a presque jamais l'impression de regarder du faux. Mais le scénario, lui, est très faible, plein de trous et mal ficelé. Les personnages principaux sont trop nombreux et mal définis. La trame sonore est, malheureusement, très peu inspirée et beaucoup moins bonne que celles des films précédents.

Le début du film met en scène trois des personnages principaux du films. Oui, TROIS et d'autres s'ajouteront par la suite. Comme je le disais, c'est justement là un des problèmes de ce film, il y a trop de nouveaux personnages auxquels on tente de donner de l'importance. On voit donc le pilote de X-Wing Poe Dameron qui rencontre un vieux bonhomme (joué par Max von Sydow) dans un petit village qui ressemble à un banal campement bédouin. Dans un dialogue énigmatique et parfois incompréhensible, on comprend que Sydow a en sa possession une carte qui permettrait à la Résistance de retrouver Luke Skywalker. Comme il semble très attaché à Leia (on croit déduire qu'il est possiblement originaire d'Aldérande), il la remet à Dameron sans trop se faire prier. Que fait-il avec cette carte? Comment est-elle venue en sa possession? Pourquoi n'est-il pas lui-même aller la donner à Leia? Aucune maudite idée.

Arrivent les vaisseaux du First Order (le nouvel Empire) qui mettent le village à feu et à sang. À leur tête, on rencontre Kylo Ren, l'espèce de nouveau Darth Vader qui lui ressemble d'ailleurs un peu trop. Il interroge Sydow, qu'il semble connaître et comme ce dernier refuse de répondre aux questions, il le descend. Je dois dire que cette première apparition de Ren est très réussie. Le personnage a une voix intéressante, une présence menaçante indéniable et il semble également être très puissant et complètement sans pitié. Il arrive même à stopper un rayon de blaster d'un simple geste de la main! Malheureusement, tout ceci sera gâché avant la fin du film.

Comme son X-Wing est endommagé, Dameron décide de cacher la carte à l'intérieur de son droïde, BB-8 (très sympathique et amusant), et lui ordonne de fuir dans le désert. Un clin d'oeil évident à l'épisode IV. On pourrait y voir une sorte d'hommage mais, malheureusement, il y a tellement de ces clins d'oeil dans le film que ça devient carrément ridicule à la longue. Il me semble qu'il y a une marge entre l'hommage et le plagiat et ce film fonce à pleine vapeur dans le second.

Bref, Dameron est fait prisonnier et amené à bord du vaisseau de Ren. Sincèrement, à ce stade du film, j'espérais que Dameron ne prenne pas plus d'importance dans l'histoire parce que j'ai trouvé le personnage profondément inintéressant et plutôt mal joué par Oscar Isaac. Par chance, il sera absent de tout le milieu du film.

Cette première séquence met en scène un autre personnage beaucoup plus intéressant: un Stormtrooper qui est complètement horrifié par toute la violence qui se déroule autour de lui. Il est bouleversé lorsqu'un de ses amis est abattu et meurt dans ses bras. Quand Ren ordonne à ses troupes d'ouvrir le feu sur les habitants, ce trooper regarde le massacre sans tirer. De retour à bord du vaisseau amiral, lorsque ses camarades quittent le transport de troupes, il reste derrière et retire son casque. Il est complètement traumatisé, couvert de sueur et semble chercher son souffle. Le jeu de l'acteur John Boyega est très bon et on ressent immédiatement une grande sympathie pour ce personnage. Toutefois, malgré des bases intéressantes, la psychologie du personnage sera très peu explorée par la suite.

On voit ensuite Kylo Ren s'adresser à son maître pour la première fois. Ce dernier semble d'abord gigantesque, mais n'est en fait qu'un hologramme. Il n'a pas la texture habituelle des hologrammes de Star Wars, un choix que j'ai trouvé décevant. Habituellement, les images holographiques sont lignées et sautillantes, mais celle-ci était si parfaite qu'on croit d'abord qu'il y est vraiment. Le maître du First Order est un alien (ou un clone mal formé) très peu original et platement nommé Snoke. Il est humanoïde et dépourvu de caractéristiques distinctives, à part une grosse cicatrice qui lui creuse le crâne et une étrange texture de peau d'apparence spongieuse sur les joues. Aucun détail n'est offert à propos de son origine ou de son identité. Je ne l'ai pas trouvé particulièrement menaçant, ni intriguant.

Rongé par le remord, le trooper décide de libérer Poe Dameron et les deux s'enfuient à bord d'un TIE Fighter. Cette scène est très réussie et le dialogue entre Poe et le trooper est intéressant. C'est à ce moment que Dameron demande au trooper quel est son nom. Ce dernier répond: "FN-2187". Dameron rétorque que cela n'est pas un nom et le rebaptise "Finn" ce qui plaît à notre trooper. Puis, gravement endommagé, le TIE fighter s'écrase sur la surface de la planète Jakku, une copie de Tatooine qui nous pousse à nous demander quelle pouvait bien être l'utilité et l'intérêt de créer une nouvelle planète qui ressemble tellement à une autre qui existe déjà.

Mentionnons au passage que le numéro du trooper n'est pas dénué de signification. En effet, "21-87" est le titre d'un film canadien abstrait réalisé en 1963 et que Lucas aurait vu à plusieurs reprises lorsqu'il était jeune. Il y aurait peut-être même trouvé son inspiration pour "la Force". Lucas lui-même avait inclus une référence à ce film dans son oeuvre originale en donnant le numéro 2187 à la cellule dans laquelle était emprisonnée la princesse Leia.

Mais retournons à nos moutons. Finn se réveille en plein désert et déduit que Poe n'a pas survécu au crash du TIE fighter. Après une longue traversée du désert, il se retrouve dans un petit outpost sans intérêt dans lequel il rencontre Rey, jouée par Daisy Ridley. Abandonnée sur Jakku pas sa famille lorsqu'elle était petite, elle est une pilleuse d'épaves de vaisseaux. Elle y pénètre, s'empare des composantes encore fonctionnelles et les revend contre de la nourriture. Le personnage est intriguant et attachant. On ressent une sympathie immédiate pour elle, je dois dire que c'est une des belles réussites de ce film.

La rencontre entre Finn et Rey est très (trop) brève puisque l'endroit est attaqué par le First Order. C'est d'ailleurs un des grands défauts de ce film, les personnages n'ont pas d'espace pour dialoguer, pour apprendre à se connaître et pour créer des liens. Ils sont sans cesse en train de fuir à des attaques, ça devient très lassant et répétitif. Les deux personnages s'enfuient à bord d'un vieux vaisseau volé: le Faucon Millénaire. Des TIE fighters leur donnent la chasse et cette séquence est très réussie et excitante.

Une fois dans l'espace, après une interaction très courte dans laquelle Finn prétend être un membre de la Résistance, le Faucon est capturé par un vaisseau. Finn croit qu'il s'agit du First Order. Rey, Finn et BB-8 se cachent sous un des faux planchers du Faucon avec l'intention d'inonder le vaisseau de gaz toxiques. Toute cette interaction à propos des gaz toxiques est une merveilleuse perte de temps à mon avis et ces minutes auraient été mieux investies si elles avaient servi à jeter les bases d'une amitié entre les deux personnages ou à mieux définir leurs motivations.

Finalement, il ne s'agit pas du First Order mais plutôt de Han Solo et Chewbacca qui découvrent sans mal les trois autres personnages sous le plancher. Ce moment aurait pu être absolument épique si la bande-annonce ne l'avait pas complètement gâché. Suit alors l'une des séquences les plus pénibles du film dont je vous épargnerai les détails. Le vaisseau de Solo (qu'on n'aperçoit jamais bien de l'extérieur et dont l'intérieur ressemble à un labyrinthe sans queue ni tête) est envahi par deux groupes de gangsters complètement dénués d'originalité qui semblent sortis tout droit d'un mauvais film japonais. On apprend que Han Solo leur doit de grosses sommes d'argent et qu'ils veulent être remboursés. De gros monstres qui ressemblent à des pieuvres sont relâchés dans le vaisseau et tout le monde s'enfuit à bord du Faucon. Cette séquence est confuse, incompréhensible et complètement inutile. Je dois dire, avec beaucoup de tristesse, que Ford est complètement dépourvu de la moindre conviction dans son interprétation de Solo. À part lorsqu'il s'adresse à Chewie, on ne reconnait pas vraiment le personnage. On dirait vraiment que le coeur n'y était pas...

Plutôt que d'aller directement rejoindre la Résistance avec la carte de BB-8, Solo emmène Rey et Finn sur une planète sans intérêt pour rencontrer une espèce de Yoda femelle qui tient une cantina glauque peuplée de diverses races d'aliens qu'on n'a jamais vues auparavant. Je ne me souviens plus trop de ce qu'ils fichent là car c'est à ce moment du film que j'ai commencé à décrocher. Les motivations des personnages sont confuses et tentent de tirer le récit dans des directions opposées. Finn veut fuir dans la bordure extérieure, Rey veut retourner sur Jakku, Solo ne semble pas trop chaud à l'idée de revoir Leia, rien de tout cela n'est très bien expliqué ou très bien joué.

La confusion s'amplifie lorsque Rey est attirée dans le sous-sol de la cantina par... j'sais pas trop quoi. Un sentiment? La Force? Elle y découvre le sabre laser d'Anakin Skywalker et est assaillie de visions du passé et du futur. Il paraît qu'on entend les voix de Yoda et d'Obi-Wan pendant cette séquence, mais moi, je n'ai rien entendu à part des bruits confus et des images qui défilaient trop vite. L'espèce de petit Yoda femelle encourage Rey à prendre le sabre. C'est assez frustrant puisque ce personnage est essentiellement sorti de nulle part et semble tout savoir, c'est vraiment à n'y rien comprendre. Et pire, après cette séquence, elle retombe dans l'oubli et on ignore ce qu'elle devient. Et on s'en balance.

Mais bon, Rey refuse de prendre le sabre et s'enfuit dans la forêt.

Encore une fois, le First Order attaque et tout le monde est en fuite. Frustrant. Les scènes de combat aérien sont visuellement réussies, mais le scénario devient sérieusement répétitif et lassant. Finn utilise le sabre laser pour combattre un Stormtrooper armé d'un bidule étrange. Il s'en sort un peu trop bien pour un gars qui n'a jamais tenu ce type d'arme de sa vie. On se dit que l'escrime fait peut-être partie de l'entraînement d'un trooper, mais comme vous voyez, à ce stade-ci du film, j'en étais au point de devoir fournir un effort soutenu pour pallier aux trous béants dans le scénario, désespéré d'y comprendre quelque chose.

Le First Order capture Rey, la Résistance se décide à se pointer, le F.O. bat en retraite. Han se retrouve face à face avec Leia. Le moment, qui aurait dû être épique, est sans intérêt. Ford n'est pas si mal dans cette scène mais le facelift de Carrie Ficher l'empêche d'avoir des expressions faciales ou même de prononcer correctement. On apprend que Kylo Ren est leur fils. Juste de même. Pas de révélation épique, on nous le dit, tout simplement. Anti-climax.

Le reste du film est si confus pour moi que je ne me souviens plus trop ce qui se passe dans quel ordre. J'étais complètement désinvesti du film à ce stade-là et je n'essayais plus trop de comprendre.

Le First Order, qui n'est plus qu'une grossière copie des nazis (drapeaux rouges, discours d'un leader blond déjanté, salut de la main, etc.) est installé sur une planète transformée en espèce de gigantesque Death Star. Ils l'utilisent pour détruire simultanément trois ou quatre planètes, je ne sais plus trop, et ainsi anéantir la nouvelle République. Mais comme on ne l'a jamais vue et qu'on n'en a à peine entendu parler, on s'en crisse. Même les personnages eux-même semblent s'en foutre.

Kylo Ren interroge Rey. Il est très menaçant mais l'effet est complètement gâché lorsqu'il se démasque. On découvre alors une espèce d'ado aux cheveux long, hésitant et balbutiant, assez pathétique. Il découvre que Rey est très douée pour manipuler la Force, mais la laisse seule avec un seul trooper pour la surveiller. Elle utilise la Force pour le convaincre de la libérer. Comment cela est-il possible? Elle n'a jamais vu de Jedi de sa vie, ignore tout de leurs pouvoirs, n'a reçu aucun entraînement, mais elle sait qu'elle peut influencer les gens à faire ce qu'elle veut? Ça n'a aucun sens.

Bref, elle s'enfuit dans la base qui est infiltrée par Finn, Solo et Chewbacca. Ils doivent éteindre le bouclier pour permettre à la Résistance d'attaquer la planète. Ils réussissent, évidemment, et les X-Wing s'engouffrent dans les tranchées de la planète dans une scène carrément copiée-collée de l'Épisode IV et complètement dénuée d'originalité.

Solo confronte son fils. Le dialogue est gauche et maladroit. Comme on n'a jamais vu ces deux personnages se parler avant et qu'on ignore tout de leur relation, il n'y a pas de charge émotive. Solo lui parle comme s'il n'était qu'un ado désobéissant, ce qui rend le personnage de Kylo Ren encore plus pitoyable. Puis, ce dernier transperce Solo de son sabre laser et le tue. Ironiquement, la seule chose qui est touchante dans cette scène, c'est la réaction de Chewbacca. Ça vous donne une idée.

Puis, on a droit à deux duels de sabres laser qui n'ont aucun sens et qui ne riment à rien. D'abord, Kylo Ren versus Finn. Comment un trooper (auparavant assigné à des tâches de conciergerie) peut-il tenir tête à un type qui a reçu un entraînement de Jedi? Aucune idée. Puis, c'est Kylo Ren versus Rey. Cette dernière remporte le duel. Ça n'a absolument aucun sens et Kylo Ren, si menaçant au début du film, a été efficacement réduit à l'état de mauvaise blague. En un seul film, on l'aura réduit à l'état d'ado stupide et inepte qui n'est même pas capable de vaincre quelqu'un qui n'a absolument aucune habileté au maniement du sabre laser.

La grosse étoile de la mort est détruite, tout le monde survit sauf Solo. Leia ne semble pas particulièrement triste de cette mort. On la comprend, nous non plus. Encore une fois, le seul dont la tristesse semble crédible, c'est Chewbacca.

C'est maintenant le moment du gros anti-climax final.

R2-D2 se réveille et projette une carte de la galaxie. BB-8 projette à son tour la partie manquante et on a droit à une grosse carte digne des films de pirates. Pourquoi R2-D2 la possède-t-il? Pourquoi aura-t-il eu besoin de passer des ANNÉES dans un état catatonique pour la retrouver? Aucune câlisse d'idée. Mais bon, ils savent maintenant où se cache Luke Skywalker.

La Résistance décide d'envoyer Rey et Chewbacca pour le chercher. Pourquoi eux? Aucune idée. Au lieu de le retrouver dans un ancien temple Jedi, comme cela avait été suggéré plus tôt dans le film, on le retrouve sur une île irlandaise qui ne comporte que des rochers. Elle grimpe un escalier et le trouve sans aucune difficulté. Il est planté là, à regarder la mer. Rey s'approche, lui tend son sabre laser. Il enlève son capuchon et lui lance un regard triste. C'est là un des seuls véritables moments forts du film.

Mais avant même qu'il prononce le moindre mot, c'est fini. Roll the credits, comme ils disent.

C'était très cool de revoir Luke avec sa barbe grise et son uniforme de Jedi... mais ces 5 belles secondes ne suffisent pas à faire oublier tout le reste.

Bref, je ne veux pas dire que ce film était de la merde, mais il n'était pas bon non plus. Je sais que c'est peut-être trop demandé de la part d'un film de Star Wars, mais un peu plus de substance aurait été bienvenue.

Je comprends qu'ils ont voulu prendre leur distances des prequels et de leurs interminables dialogues plates à propos de politique galactique, mais là on est dans l'autre extrême. On ne nous explique rien! Alors lorsque le First Order fait sauter la nouvelle République, on s'en fiche puisqu'on ne sait rien d'elle!

Évidemment, les scènes d'action sont importantes dans Star Wars, mais dans ce cas-ci, elles sont répétitives et frustrantes puisqu'au lieu de faire progresser l'histoire, elles viennent sans cesse l'interrompre!

Je ne comprends pas comment ce film peut obtenir des critiques aussi positives. Peut-être que c'est juste moi qui n'était pas dans le bon état d'esprit ou qui avait des attentes trop élevées, j'sais pas.

Et vous? Qu'en avez-vous pensé?