9 janvier 2016

Justin Trudeau: le pouvoir en héritage

Extraits de cet excellent article de Fabien Deglise:

(...) L’ascension de Justin Trudeau, ce serait l’affaiblissement d’une grande politique au profit d’une politique du paraître, de l’image, de l’émotion et parfois du vide, avec à la clef des conséquences sur la démocratie tout aussi délétères qu’une quelconque transmission familiale du pouvoir.

(...) « La politique canadienne a évolué, poursuit Mme Giroux. Elle renforce désormais la dimension identitaire du choix électoral. Nous sommes entrés dans une guerre de valeurs [plus que dans une guerre d’idées], reposant sur l’affirmation d’un style de vie et sur des constructions identitaires monolithiques auxquelles on propose aux électeurs de s’identifier » (...) « Ce sont des façons de nommer qui font écho aux pratiques commerciales, dit-elle. Chez mon concessionnaire automobile, on me parle, de la même manière, de la famille Volkswagen », ou ailleurs de la « nation Civic » !

(...) Justin Trudeau (...) met surtout en relief l’individualisme ambiant, tout comme un désintérêt collectif envers la profondeur des idées, des engagements politiques et sociaux, dépassée depuis des lunes par le sens du spectacle, du bourdonnement induit par un égoportrait, de la communication simplifiée à son sujet-verbe-complément — même malhabilement assemblé par un orateur — de la mise en scène dont il s’est fait le champion durant cette campagne.

(...) «nous sommes dans une autre époque, celle de la communication et des célébrités, une époque dans laquelle les intellectuels ne peuvent plus percer.»



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