28 février 2016

«Office québécois de la langue anglaise»


Extrait de cet article de Josée Legault à propos de la propagande et de l'intimidation des militants francophobes de l'Ouest de l'île de Montréal:

On y parlait de militants anglophones qui «passent à l’offensive» pour «convaincre les commerçants d’implanter des écriteaux bilingues et d’envoyer des circulaires bilingues dans les secteurs majoritairement anglophones de Montréal».

(...) le même jour, j’ai entendu en entrevue un des militants cité dans l’article -  un avocat de Hampstead du nom de Harold Staviss. 

(...) Dans ces deux entrevues, Harold Staviss – de même que pour sa collègue militante, Ruth Kovac, une conseillère municipale de Côte-Saint-Luc également citée dans La Presse -, le mot «respect» revenait tel un leitmotiv  pour justifier, disaient-ils, leur campagne soutenue pour la «bilinguisation» de l’affichage commercial.

Jurant la main sur le cœur qu’ils «respectent la loi 101», ces militants disent vouloir simplement exiger le «respect» qui, selon eux, serait dû à la langue anglaise dans l’affichage commercial – une des deux «langues officielles» du Canada, répètent-ils aussi. 

D’où mon impression de déjà vu - le mot «respect» ayant abondamment servi dans les années 1990 à un certain Howard Galganov – activiste anglophone renommé de catégorie «angryphone», comme on les appelait à l'époque. Lequel, après le référendum de 1995, avait fondé à Montréal son fameux «Quebec Political Action Committee» (QPAC) .

En 1996, après s’être fait connaître pour ses attaques stridentes contre la loi 101 et le nationalisme québécois qu’il prenait plaisir à représenter sous toutes ses formes comme l’expression d’un mouvement essentiellement raciste et xénophobe, Howard Galganov organisait aussi des manifestations d’anglophones en colère. Lesquels menaçaient de boycotter les commerces qui n’affichaient pas aussi en anglais. Y compris lors d’une manif mémorable de plusieurs milliers d'anglophones fâchés au centre commercial Fairvew de Pointe-Claire.

D’où un autre air de déjà vu dans ce même article de La Presse lorsque j’ai lui ce passage sur une pétition en ligne demandant aussi que le gouvernement ferme carrément l’Office québécois de la langue française (OQLF): «Gary Shapiro, président de l’Office québécois de la langue anglaise et l’un des instigateurs de la pétition contre l’OQLF, propose en parallèle de doter Montréal d’un «statut spécial». Cela permettrait d’isoler la métropole du «débat fatigant sur la langue et de l’incessante menace de séparation», a-t-il écrit dans une lettre ouverte récente à The Gazette. Murray Levine, l’autre instigateur de la pétition, (...) s’est fait connaître en 2013 pour avoir lancé un appel au boycottage du centre commercial Fairview Pointe-Claire, qui ne faisait, selon lui, pas assez de place à l’affichage en anglais.»

(...) Eh oui, soit dit en passant, il existe en effet un petit groupe militant d’anglophones auto-baptisé «Office québécois de la langue anglaise»...

(...) Rappelons aussi qu’en juillet 2013,  dans le cadre d’une manif qu’il avait organisée sous le thème «I AM CANADIAN», le même Howard Galganov prenait la peine ici de remercier un certain avocat nommé Harold Staviss pour s’être gentiment occupé sans frais de toute la correspondance et de tous les arrangements avec le SPVM.

(...) Le problème est que pour ces «militants» anglophones, la langue anglaise serait au contraire en constant état de siège... Y compris à Montréal!
Revenons à Harold Staviss et à Ruth Kovac.

(...) lorsque Me Staviss et d’autres font campagne pour un affichage commercial bilingue anglais-français sous prétexte que cela «respecte» la loi 101 et les clients, ils jouent sur les mots.

La vérité est que rien dans la loi 101 n’oblige un commerçant à ajouter une autre langue au français dans son affichage public. La loi lui donne l’entière liberté, s’il le veut, de ne PAS le faire.

Donc, lorsque Harold Staviss demande un affichage bilingue anglais-français sous prétexte, pour reprendre ses mots, qu’il veut tout simplement que ces commerçants «respectent la loi», il sait pourtant pertinemment que «respecter la loi 101» comprend aussi le droit de ne PAS afficher dans une langue autre que le français.

Qui plus est, lorsque l’animateur Alain Gravel lui demande pourquoi il ne laisse pas tout simplement les commerçants «afficher comme ils le veulent», l’avocat répond alors ceci : «parce qu’ils ont PEUR de l’Office (québécois) de la langue française qui les harasse  beaucoup et aussi, beaucoup des détaillants ne connaissent pas la loi. Ils pensent que ils peut /sic/ pas faire les enseignes bilingues. Alors, Ruth Kovac et moi, on les encourage de respecter la loi et dit que la loi vous donne le droit d’avoir les deux langues. (...) C’est juste pour avoir le respect.»

Tout une envolée, avouons-le. Y compris sur cette supposée «peur» face à un organisme chargé simplement d’appliquer une loi. Une peur alimentée par ailleurs depuis des décennies par certains médias et activistes anglophones qui prennent plaisir à qualifier l’OQLF de «language police». Sans compter, encore une fois, cette confusion entretenue entre un «droit» et une «obligation»...

Bref, on croirait réentendre la rhétorique de Howard Galganov, mais en version, disons, moins criarde. Ce qui, par contre, ne la rend ni plus fondée, ni plus intelligible.

(...) dans la mesure où cette «campagne» propage la confusion entre un «droit» et une «obligation», la frontière ici est très mince entre l’incitation et l’intimidation.

Pour des commerçants qui, dans les faits, respectent tout à fait la loi 101 lorsqu’ils choisissent d’afficher en français seulement,  se faire talonner par des militants anglophones pour qu’ils ajoutent de l’anglais est plus qu’une simple incitation.

D’autant plus, comme le note aussi La Presse, lorsque Ruth Kovac, conseillère municipale de Côte-Saint-Luc, se servait aussi pour le faire de sa propre adresse courriel de la ville pour contacter des commerçants. Et ce, allant même jusqu’à envoyer le tout au journal anglophone The Suburban. Ajoutons ici que même sur son fil twitter, en plus de ses nombreux «retweets» de la campagne du Parti libéral du Canada et de son candidat Anthony Housefather, Mme Kovak se permet aussi de «retweeter» des références à des commerces qui se font exiger d’afficher aussi en anglais.

En plus d’être le candidat du PLC dans Mont-Royal,  rappelons que M. Housefather, entre autres choses, est également le maire de Côte-Saint-Luc depuis 2005 , là où Mme Kovak est conseillère municipale.

Ce serait donc intéressant de savoir aussi ce que le chef libéral, Justin  Trudeau, pense de tout ça.

(...) Harold Traviss (...) participait néanmoins à une micro-manifestation devant les bureaux montréalais de l’OQLF avec un autre groupe militant anglophone du nom de «Unity Group Quebec».

(...) Pour ce qui est du Unity Group Quebec – dont la «mission» comprend aussi son appui à la partition du Québec s’il devenait indépendant -  posté sur son site web, on y retrouve également ceci.

Soit trois vidéos, trois épisodes d’une fiction se voulant sarcastique et intitulée «Language Police», lesquelles racontent l’histoire fictive d’une escouade fictive dans le Québec du futur fictif, de ce qui semble être deux policiers en civil – un «Sgt. LaJoie» et un «Sgt. Bourgignon» /sic/ -, deux personnages de francophones anglophobes, racistes, morons, vulgaires, grossiers, criards et à l’accent québécois exagérément prononcé lorsqu’ils parlent anglais. Un genre de 19-2 au quotient intellectuel inexistant.

Dans la première vidéo, les deux inspecteurs débiles et anglophobes procèdent à l’arrestation musclée d’anglophones juste parce qu’ils parlent anglais...

Dans la seconde, un des deux débiles prépare une descente avec l’autre dans un bar et lui dit avant qu’ils attendront d’entendre quelqu’un y parler en anglais tout en promettant qu’ils vont alors «punch them in the face».

Dans la troisième vidéo, les mêmes deux débiles s’«amusent» à arrêter un homme noir - encore une fois parce qu’il parle anglais -, tout en le plaquant sur un mur. Dans le même épisode, on les voit ensuite répondre à un appel pour «violence conjugale». Mais la «violence» est celle d’une femme francophone qui, parce que son mari ou son chum lui a parlé anglais, l’a tout simplement frappé à la tête en lui criant «Hey! T’es au Québec! Faque /sic/ apprend à parler français!»...

(...) L’humour est bien sûr une chose fort subjective et à chacun ses marottes. Je laisse donc à chacun de juger du caractère de l’exercice et de la manière dont on y représente les deux «sergents» francophones comme des personnages affreux, grossiers, méchants, violents, primaires, anglophobes, racistes, etc. Le tout face à des anglophones qui, doit-on même le préciser, n'en sont que de pauvres victimes...



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