14 mars 2016

"Les hommes aussi victimes de sexisme?"

Le titre de cet article prend la forme d'une question.

Alors voici la réponse: OUI!

Extraits du papier de Stanislas Kraland:

Si l'on parle le plus souvent des discriminations faites aux femmes, que les Femen occupent le devant de la scène et qu'il existe un ministère des Droits des femmes, les hommes seraient donc, eux aussi, victimes d'inégalités de traitement. 

(...) Côté pénibilité, les inégalités sont patentes. Dans l'édition 2012 de son rapport sur la parité, l'Insee indique que "les hommes sont plus exposés aux conditions de travail pénibles que les femmes." (...) Idem pour les accidents de travail. En 2007, toujours selon l'Insee, on recensait 29,7 accidents de travail par million d'heures travaillées qui ont touché des hommes. Pour les femmes, le chiffre s'élève à 16,3 par million d'heures travaillées. 

(...) Quid de la justice? Comme en témoigne l'affaire des pères privés de la garde de leurs enfants, la justice privilégierait-elle les femmes? Oui, affirment deux universitaires lillois qui ont comparé 1228 sanctions prononcées contre des prévenus des deux sexes, en prenant évidemment soin de considérer ces données à la lumière des profils des délinquants. "Les femmes bénéficient plus souvent d'une relaxe. Quand elles sont condamnées à de la prison, c'est le plus souvent assorti de sursis, et quand elles écopent d'une peine ferme, le quantum est en moyenne moins élevé que celui des hommes," expliquait Thomas Léonard à nos confrères de La Croix.

Moins présentes que les hommes dans les tribunaux, les femmes profiteraient d'une image de victime. "Nous sommes toujours un peu surpris d'avoir à juger une femme, c'est tellement rare!", expliquait à La Croix un magistrat. "Devant ces prévenus atypiques, peut-être tentons-nous davantage de comprendre ce qui a pu les amener là et de mettre au jours les raisons économiques, sociales et psychologiques les ayant amenées à enfreindre la loi."

(...) "les discriminations faites aux hommes sont plus intégrées, plus insidieuses," raconte Noam Leandri, président de l'Observatoire des inégalités. En d'autres termes, les hommes seraient victimes d'une sorte de sexisme à l'envers. Exemple? Ils subissent plus de pressions sur le lieu de travail. "On considère qu'il est normal qu'ils finissent tard ou qu'ils travaillent à temps plein," explique Noam Leandri. (...) "Peu d'hommes prennent un congé paternité et lorsqu'ils le font, cela peut être perçu de manière négative," analyse Noam Leandri. Loin des tribunaux, certains biais dont peuvent se dire victimes les hommes seraient donc d'ordre culturel, ancrés dans nos mentalités.

(...) Du côté des Défenseurs des droits, on affirme que ce sont bien les femmes qui restent les principales victimes de discrimination. N'en déplaise à cette administration qui a succédé à la Halde, en 2010, 52% des réclamants étaient des hommes. La même année, une enquête de l'Institut national d'études démographiques révélait les femmes se sentaient moins discriminées que les hommes.

Au total, elles étaient 25% de moins que les hommes à déclarer avoir subi des discriminations. Les plus touchés? La jeune génération, âgée de 25 à 34 ans. Salaire, premier emploi, chômage, les jeunes hommes se sentent systématiquement moins bien traités. 



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