12 mars 2016

"Les hommes sont tout aussi nombreux à être victimes"

Dès qu'il est question de violence conjugale, la vaste majorité des gens imagineront immédiatement que l'homme est l'agresseur et que la femme est la victime.

Ce mythe idiot a assez duré.

Extrait de la nouvelle:

Des données rendues publiques par Statistique Canada cette semaine viennent déboulonner certains mythes sur la violence conjugale.

Ainsi, contrairement à la croyance populaire, l'Enquête sociale générale de 2014 sur la victimisation nous apprend que les hommes sont tout aussi nombreux à être victimes de violence conjugale que les femmes.

(...) Selon l'Enquête, sur un peu plus de 19 millions de Canadiens qui avaient un conjoint ou un ex-conjoint en 2014, environ 4%, soit 760 000 personnes, ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle, ou les deux, de la part de leur partenaire au cours des cinq années précédentes. Or, cette proportion de 4% est identique chez les hommes et les femmes.

(...) Par ailleurs, parmi les victimes de violence conjugale, les femmes demeurent deux fois plus nombreuses à avoir subi les violences les plus graves (34 % contre 16 % chez les hommes), soit d'avoir été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau.

Par contre, les hommes sont trois fois et demi plus nombreux (35 % contre 10 %) à avoir subi des voies de fait sous la forme de coups de pied, de morsures, de coups et de coups avec un objet contondant.

Le professeur Guay précise que les données montrent depuis longtemps que les hommes sont aussi nombreux à déclarer être victimes de violence conjugale, mais la nature des violences subies par les hommes l'étonne.

«C'est la première fois que je vois un rapport de Statistique Canada qui dit que les hommes ont été plus souvent victimes de ces formes de violence grave que les femmes. Ça me surprend. Je n'aurais pas pu prédire ça», a-t-il expliqué.

Pour le grand public, la violence conjugale visant les femmes est un phénomène bien connu et les données policières laissent croire qu'elles sont surreprésentées. Cette situation s'explique en grande partie par le fait que les femmes rapportent plus souvent à la police les sévices subis, d'une part parce qu'elles sont plus nombreuses à subir les violences les plus graves, mais aussi parce que les hommes rapportent moins les violences, mêmes graves, dont ils sont victimes, pour des raisons culturelles.

«C'est la perception de leur rôle sexuel dans la société qui fait en sorte qu'ils ne déclarent pas, parce qu'ils se disent que la police va rire d'eux», a expliqué le chercheur sans détour.

(...) 41 % des victimes disent avoir subi de la violence d'un ex-conjoint après la fin de l'union, et la moitié de celles-ci précisent que la gravité de la violence a augmenté après la rupture, une constante qui frappe de manière égale les hommes et les femmes.

(...) C'est l'Île-du-Prince-Édouard qui rapporte le plus haut taux de violence conjugale, suivie dans l'ordre de la Saskatchewan, et ex aequo, de l'Alberta et de la Nouvelle-Écosse. Le Nouveau-Brunswick vient au cinquième rang, alors que le Québec occupe la huitième place. Le taux de violence conjugale le plus faible a été enregistré à Terre-Neuve-et-Labrador.



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