29 mars 2016

Lorsqu'on ignore l'islamisme

Il y a une importante leçon à tirer des récents attentats de Bruxelles.

Lorsque l'islamisme commence à s'installer dans nos villes, il ne faut pas l'ignorer. Il ne faut pas faire semblant qu'il n'est pas là. Il ne faut pas minimiser le danger qu'il représente. Il ne faut pas faire semblant qu'on ne le voit pas, au nom de la tolérance et du multiculturalisme. Il ne faut pas le laisser agir impunément.

Car si on le fait, le problème ne fait que grossir, comme une tumeur. Comme un cancer. Et la violence éclate inévitablement.


Hind Fraihi est journaliste d’investigation en Belgique. En 2005, cette flamande de 39 ans d’origine marocaine, a voulu voir par elle-même si un quartier spécifique de Bruxelles, Molenbeek – inconnu du grand public à l’époque –, était devenu une place forte pour le recrutement de candidats au djihad. En se faisant passer pour une étudiante auprès des habitants, Hind Fraihi a passé près de trois mois en totale immersion dans ce coin du Nord-Ouest de Bruxelles.

(...) Après les attaques du 22 mars qui ont meurtri le royaume de Belgique, faisant 31 morts et plus de 270 blessés, Hind Fraihi exprime sa tristesse… et sa colère. «On n’a pas voulu voir ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne», déplore-t-elle. Pour la journaliste, cette décennie de silence correspond à des années de «négligence». Et c’est, selon elle, «le fruit de ces années de négligence qui a malheureusement été capté par un groupement terroriste du nom de Daech.»

(...) En me présentant comme journaliste, je n’aurais pas eu d’infos. Dans ce type de milieux, ce type de quartiers, quand tu es journaliste, on se moque de toi, on estime que tu fais partie du camp sioniste, que tu es contre les musulmans. Je me suis donc infiltrée dans leur monde en tant qu’étudiante en sociologie… Et que dire? Que Molenbeek est une enclave, une société dans la société. Les gens y sont éloignés de nous, de la société occidentale. Ils sont fixés sur le Proche-Orient, ou le Maroc. Par exemple, quand je posais la question" Qui est Guy Verhofstadt?" Personne ne savait me répondre. C’était notre Premier ministre… Dans le silence le plus complet, un gouffre s’est creusé entre cette petite enclave et le cœur de l’Europe.

(...) Bassam Ayachi (...) était entouré par beaucoup de jeunes. Il était très visible, tout le monde connaissait parfaitement ses activités. Lorsque j’étais étudiante, j’entendais déjà des hommes raconter que le «cheik» leur disait qu’il ne fallait pas rester ici, qu’il fallait partir combattre en Afghanistan. 

(...) Mais on a laissé faire… Les autorités l’ont laissé agir librement. Ils l’ont laissé propager sa vision du monde. Une vision qui consistait à dire que c’était nous les radicaux extrémistes, parce que nous prenions les lois démocratiques trop au sérieux. Selon lui, c’était la souveraineté d’Allah qui devait régner, pas la démocratie. (...) Son mode de propagande, c’était de rationnaliser l’Islam.

(...) Vous savez, en Belgique, on n’ose pas se dire franchement les choses lorsque cela concerne l’Islam, l’intégration ou l’immigration. On se crispe. Il y a dix ans, j’ai été traitée d’islamophobe, de raciste, certains disaient même que j’avais des problèmes psychologiques et que mon travail était celui d’une musulmane traumatisée par l’Islam.

(...) nous avons collectivement nié ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne. Je suis convaincue que nous avons manqué une chance d’engager une réflexion et de se poser les bonnes questions. (...) Et puis on a continué de négliger le problème, mais ces jeunes sont toujours là, comme des fantômes qui traversent les rues… Toutes ces années de négligence ont malheureusement été captées par un groupement terroriste du nom de Daech. Car les recruteurs ont su les voir, les écouter… puis les embrigader.

Si vous croyez que le même phénomène n'est pas en train de se produire à Montréal, détrompez-vous!

Il faut cesser de hurler à l'islamophobie, à la xénophobie et au racisme à chaque fois que quelqu'un tente de tirer la sonnette d'alarme! Il faut attaquer le problème de front, combattre sans relâche le fanatisme religieux et mettre fin à l'endoctrinement! Et notre pire ennemi dans cette entreprise est le multiculturalisme!



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