6 mars 2016

PAS FÉMINISTE? - Dernière partie

Ce billet fait partie d'une série. Pour bien en comprendre le contexte, je vous invite à lire:

Première partie - Thériault, Vallée et Bazzo ne sont pas féministes!
Deuxième partie - Réplique à Lise Ravary
Troisième partie - Réplique à Nathalie Petrowski
Quatrième partie - Réplique à Louise Langevin
Cinquième partie - Réplique à Mathieu Charlebois
Sixième partie - Réplique à Manon Cornellier
Septième partie - Réplique à Lise Payette

Après tant de propos débiles et infects de nos amis féministes, que diriez-vous d'une belle dose de raison et de logique? Ça ferait du bien, n'est-ce pas? Voici donc des extraits de quelques articles sensés et intelligents qui vous redonneront foi en l'humanité.

Débutons avec Mathieu Bock-Côté du Journal de Montréal:

(...) quand j’ai vu la ministre Lise Thériault confesser publiquement qu’elle ne se voyait pas comme une féministe­­, j’ai eu pitié d’elle: un fleuve d’immondices allait l’emporter. Et comme de fait, on l’a insultée de tout bord tout côté. Elle n’avait apparemment pas le droit de ne pas se reconnaître dans cette idéologie. On lui a dit: sois féministe ou ferme ta gueule. Elle est belle la liberté d’expression. La moindre dissidence idéologique devrait-elle faire scandale?

Poursuivons avec Michel Hébert du Journal de Montréal:

Mme Thériault a surtout péché par individualisme. C’est impardonnable. Dans La Belle province, c’est le collectif qui compte, le groupe ou le syndicat, tout le temps, partout. Même quand on parle de soi.

(...) Sur un sujet comme celui-là, il n’y a pas une diversité d’opinions; le consensus est totalitaire: le féminisme doit être un combat. La ministre n’est manifestement n’est pas féministe au sens où l’entend, par exemple, la Fédération des femmes du Québec, là où le féminisme paramilitaire brûle comme un feu de joie.

Cette organisation prône un féminisme exclusif et total, un féminisme anti capitaliste, anti tout-ce-que-vous-voulez, caricatural. Elle vise «l’élimination du patriarcat», la fin du pouvoir mâle, sinon la fin du mâle tout court. Est-ce que la FFQ, subventionnée par l’État, représente vraiment les «femmes du Québec» ou ne sert-elle pas plutôt des intérêts politiques particuliers, les intérêts de ceux qui font marcher les manifestants?

Le Québec moderne, incomparablement choyé en programmes sociaux de toutes sortes, n’est pas un enfer, ni pour les femmes, ni pour les hommes. Les cons existent, bien sûr. La perfection n’est pas de ce monde, et pas encore au Québec, mais il faut être de mauvaise foi pour nier qu’ici le respect mutuel tend vers l’égalité des rapports hommes/femmes avec plus de sincérité qu’ailleurs. Il suffit de se comparer.

(...) Mais celles qu’on entend ont un mandat d’insatisfaction. (...) De crainte d’un reproche, soumis à la rectitude, l’homme nouveau ne s'en formalise pas. Il a fait vœu de progressisme et il est plus féministe que tout autre. Le Québécois moderne ne souffre pas de remords, au contraire. Il a choisi, à bien y penser, l'attitude la moins exigeante...

Voici maintenant un peu de Richard Martineau du Journal de Montréal:

Ainsi, des groupes féministes veulent rencontrer la ministre Lise Thériault pour lui faire une petite leçon de féminisme 101. Car il n’y a qu’UN SEUL féminisme, bien sûr: le leur. Tous les autres féminismes sont des versions dévoyées, viciées, païennes.

Ou tu es féministe AVEC EUX, ou tu ne l’es pas. Ou tu marches dans la voie que ces groupes ont tracée, et alors tu mérites leur bénédiction et tu verras la lumière, ou tu croupis dans l’ombre, l’ignorance et l’obscurité.

(...) Lise Thériault ne se reconnaît pas dans un certain féminisme tel qu’il est pratiqué au Québec. C’est son droit! Ça ne veut pas dire qu’elle est une idiote ou une carpette. De plus en plus de femmes éprouvent de la difficulté à se reconnaître dans le féminisme victimaire et revanchard véhiculé par les Lise Payette de ce monde... Sont-elles pour autant idiotes ?

Non, mais quel mépris... Quelle condescendance...

J’ai toujours cru que les féministes se battaient pour que les femmes soient LIBRES de dire ce qu’elles veulent! LIBRES d’agir comme elles l’entendent!

Non... Au Québec, les seules féministes qui ont le droit de porter ce nom sont celles qui s’alignent sur le discours officiel du Conseil du statut de la femme et de la Fédération des femmes du Québec...

(...) Bonjour la liberté, l’autonomie et l’indépendance...

Terminons avec Sophie Durocher du Journal de Montréal (apparemment le seul quotidien qui accepte de publier des opinions qui sont en désaccord avec le dogme féministe officiel):

Depuis sa déclaration, la ministre se fait haranguer de toutes parts. Toutes sortes de personnes bien-pensantes lui recommandent des lectures. Moi j’aimerais leur proposer la lecture du livre-choc d’Elisabeth Badinter «Fausse route».

Elisabeth Badinter est une des figures les plus connues et les plus respectées du MLF (le mouvement de libération de la femme) en France. En 2005 elle a publié Fausse route, un essai percutant dans lequel elle accuse le mouvement féministe de faire ... fausse route. Et elle en dénonce les dérives.

«Nous ne sommes pas une espèce fragile à protéger à grand renfort de quotas» dit Badinter. Tiens, tiens, ça ne vous fait pas penser exactement à ce que déclarait la ministre Thériault à la Presse canadienne.

Badinter reproche au mouvement féministe son «victimisme».  Tiens, ça ressemble à du Thérialut, ça.

Badinter raconte que son père, féministe, lui disait tout le temps: «Accroche-toi avec les ongles. Travaille, tu obtiendras ce que tu voudras. Dans la vie, tu ne dois te laisser faire par personne.» Ça ressemble drôlement au «Let’s go, vas-y» de Thériault.

«Je considère que le féminisme actuel fait fausse route chaque fois qu’il met l’accent sur la femme comme victime, ce qui implique une vision de l’homme comme bourreau.»

Personnellement, je ne me reconnais ni dans le discours de Françoise David, ni dans celui de Léa Clermont-Dion, ni Aurélie Lanctôt, ni celui de la FFQ. Je suis féministe mais je ne me sens aucune solidarité avec mes soi-disant «sœurs de combat». J’ai envie de dire à Lise Thériault: «Let’s go. Vas-y.»

Ça fait du bien de terminer tout ça sur une petite note d'espoir, pas vrai?



3 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

Un autre article digne de mention, de Denise Bombardier cette fois:

http://www.journaldemontreal.com/2016/03/07/la-planete-des-femmes

Demain, les hommes québécois devront faire profil bas. À vrai dire, depuis plusieurs décennies, ils se tiennent à carreau. C’est ce qui explique en partie leur défoulement dans l’anonymat des réseaux sociaux.

Le féminisme québécois a ceci de particulier qu’il s’est développé dans une société dont il n’est pas exagéré de dire qu’elle est un matriarcat psychologique. Les jeunes générations ignorent l’époque où les maris appelaient leur femme «maman».

Je suis féministe. Ce qui ne m’a pas empêchée de découvrir très tôt les dangers de la guerre des sexes si chère aux porte-voix de la Fédération des femmes du Québec. D’ailleurs, ces idéologues ont en quelque sorte kidnappé la cause des femmes au profit de leurs combats marginaux. En ce sens, elles sont les adversaires du féminisme de la majorité des Québécoises.

Car le féminisme radical s’accommode mal du désir de la majorité de vivre avec un homme. Et il faut être lucide: la guerre des sexes ne fait que des victimes des deux côtés. La lutte doit donc se faire sur le terrain des droits et des lois.

Le sentiment amoureux n’est pas affai­re de négociation et de rapport de pouvoir. L’égalité des sentiments est un leurre.

Prof Solitaire a dit…

Celui-ci vaut aussi le détour:

http://plus.lapresse.ca/screens/66d1e30f-918c-4f04-a202-8aa6fdd722ed%7C_0.html

Deuxième dérive, le mouvement a malheureusement commis l’erreur de se laisser phagocyter par l’idéologie d’une gauche victimaire, stridente et intolérante de quiconque aurait l’outrecuidance de ne pas adhérer à l’orthodoxie de cette doctrine. Les réactions aux propos des Thériault, Durocher, Bazzo, etc., sont particulièrement révélatrices à cet égard.

Soit elles ne sont pas assez intelligentes pour avoir compris et sont convoquées à une séance de rééducation, ce que le Collectif 8 mars a promptement fait à l’égard de Mme Thériault, soit elles sont manifestement de mauvaise foi et ne méritent que l’invective et le bannissement. C’est tellement soviétique !

(...) Manifestement, la rectitude politique dame le pion à la cause féministe. Et on s’étonne que plus de 70 % des femmes du Québec refusent le qualificatif de féministe, selon un sondage cité par Céline Galipeau en entrevue avec Marie-France Bazzo !

Prof Solitaire a dit…

Bock-Côté, encore:

http://www.journaldemontreal.com/2016/03/01/lesprit-de-secte-et-le-lynchage-mediatique

L’esprit de secte et le lynchage médiatique