4 mars 2016

PAS FÉMINISTE? - Première partie

J'aime bien planter les libéraux sur ce blogue parce que... ben... ils le méritent souvent. Mais je m'en voudrais de passer sous silence leurs bons coups. Et il se trouve que, cette semaine, deux ministres libérales ont fait des déclarations qui méritent vraiment, mais alors là VRAIMENT, d'être soulignées et applaudies.

Il y a d'abord eu la ministre de la Condition féminine et vice-première ministre du Québec, Lise Thériault:

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, refuse l'étiquette féministe (...) Le conseil de la vice-première ministre aux femmes est le suivant: «Tu veux prendre ta place? Faire ton chemin? Let's go, vas-y!».

(...) «Je suis beaucoup plus égalitaire que féministe» (...) Elle croit à l'«individu » qui décide de «prendre sa place».

Vous dire que je suis tombé en bas de ma chaise en lisant ceci serait un colossal euphémisme. J'ai dû me pincer pour être bien certain que je n'étais pas en train de rêver! Mais la ministre de s'arrête pas là! Elle a également déclaré ceci à propos des quotas que réclament les féministes:

Elle pense aussi, bien sûr, au pouvoir politique, mais pas à n'importe quel prix. L'idée d'imposer des quotas de candidatures féminines lui déplaît. Cela fausserait le jeu de la démocratie, selon elle. «Il faut faire attention de ne pas tomber dans le piège de présenter des femmes pour présenter des femmes.» Car l'égalité, «c'est pas une question de quotas. Il faut savoir convaincre, il faut savoir attirer les femmes en politique», dit celle qui s'est donné pour mission d'aller sur le terrain pour dénicher des candidates.

Je n'en croyais pas mes yeux. C'est tout simplement extraordinaire.

Si vous m'aviez dit il y a une semaine que ma foi en l'humanité serait entièrement restaurée en quelques secondes et que, de surcroît, c'est une ministre libérale qui en serait responsable, je me serais moqué de vous. Et pourtant!

Mais mon extase n'était pas encore terminé! Il y a ensuite eu Stéphanie Vallée, la ministre de la Justice (et ministre de la Condition féminine jusqu'au mois dernier):

«Je ne suis pas de cette génération-là. Honnêtement, j’ai toujours fait mes batailles pour l’égalité». «L’objectif, ce n’est pas d’être supérieure, c’est d’être égalitaire, peu importe notre sexe, peu importe notre orientation sexuelle, peu importe notre race, notre religion», a-t-elle ajouté.

Ceci est tout simplement extraordinaire pour plusieurs raisons:

1- Ces deux femmes-là ont fait preuve d'un courage politique absolument hors du commun en faisant ces déclarations. La vaste majorité de nos politiciens, lorsqu'on leur demande leur opinion, se contenteront de réponses vagues et banales qui visent à satisfaire tout le monde afin de ne pas nuire à leurs chiffres dans les sondages. Ils nous lisent des textes préparés à l'avance et se tiennent bien loin de toutes controverses. Mais voilà deux ministres qui révèlent courageusement leurs réelles opinions! WOW!

2- Ces deux femmes-là ont tout à perdre et rien à gagner en s'exprimant ainsi devant les journalistes. Elles connaissent les règles du jeu, elles savent que les médias sont fortement pro-féminisme, elles savent que les élites québécoises sont férocement pro-féminisme, elles savent qu'elles lancent un colossal pavé dans la mare et que tous ces gens-là, très puissants et très influents, vont très mal réagir. Et elles le font quand même! WOW!

3- Ces deux femmes-là, si elles ne s'intéressaient qu'à leur carrière politique, auraient tout avantage à ne pas critiquer les féministes et à appuyer les quotas. Cela reviendrait essentiellement à leur assurer un poste de ministre jusqu'à leur retraite! Mais elles ont décidé de faire passer les intérêts de la collectivité avant les leurs! C'est remarquable! WOW!

4- Ces deux femmes-là sont parvenues au SOMMET du pouvoir québécois. Elles sont respectivement vice-première ministre et ministre au gouvernement. Elles SAVENT que rien n'empêche des femmes déterminées à faire carrière en politique. Elles SAVENT qu'il n'y a pas de "plafond de verre". Elles SAVENT qu'il n'y a pas de patriarcat, ni de système sexiste qui empêche les femmes d'atteindre le sommet. Elles le SAVENT et en témoignent publiquement! WOW!

5- Ces femmes-là sont suffisamment lucides, intelligentes et profondément éprises de véritable égalité pour voir la vérité à travers la propagande et les slogans, et ainsi se rendre compte que le mouvement féministe N'EST PAS en faveur de l'égalité des sexes. C'est Vallée qui l'exprime le plus clairement lorsqu'elle dit: «L’objectif, ce n’est pas d’être supérieure, c’est d’être égalitaire.» Ceci démontre clairement qu'elle voit le mouvement féministe pour ce qu'il est VRAIMENT, c'est-à-dire un mouvement suprémaciste qui croit à la supériorité des femmes. Étant une femme elle-même, elle aurait pu choisir de se taire et d'en profiter! Mais elle choisit de le dénoncer! WOW!

Je suis en pâmoison devant elles. Quel extraordinaire courage! Quel amour admirable de la véritable égalité! Quelle abnégation de ses propres intérêts au nom de valeurs supérieures! Quelle noblesse! WOW!

Je n'en reviens toujours pas. Je crois rêver.

Une autre femme a profité de l'occasion pour exprimer une opinion similaire, il s'agit de Marie-France Bazzo. Elle dit plusieurs âneries, mais certains passages de son texte méritent d'être lus:

Je vais en décevoir certaines. On me traitera de traîtresse. De libérale (ce que je ne suis pas). Mais voilà: je ne suis pas féministe. 

Je sais, ça ne se dit pas. C’est une phrase honteuse, de bien nantie écervelée. Je ne suis même pas une «mauvaise féministe», ou une féministe mêlée. (...) Comme nous devrions tous et toutes l’être, je suis infiniment reconnaissante et redevable aux femmes qui se sont battues depuis des décennies pour que nous ayons des droits reconnus: celui d’être citoyennes à part entière; celui de voter. 

(...) Un jour, sur un plateau de télé, une célébrité féministe autoproclamée de la première heure, appelons-la madame P, m’apostrophe: «Vous, vos jupes courtes et votre décolleté, c’est pas sérieux !!!» Wô, madame papesse, je ne suis pas assez sérieuse pour votre mouvement? Je marcherai donc seule. Avec mes talons, loin des pancartes et des hashtags revendicatifs. Mais un talon, ça se coince bien dans une porte…

Cette dénonciation du prêche féministe qui prétend dire aux femmes comment elles doivent se comporter et comment elles doivent s'habiller est très méritée. Plus de femmes doivent se révolter contre ces mollahs féministes qui ont le culot de parler en leur nom et de leur faire la leçon!

J'espère que ces trois femmes remarquables en inspireront beaucoup d'autres à briser le silence et à dénoncer la haine des harpies misogynes.

Évidemment, et c'était tout à fait prévisible, tous les médias québécois se sont littéralement déchaînés contre ces femmes.

Lorsqu'un homme OSE critiquer le féminisme, il est immédiatement taxé de misogynie. Lorsqu'une femme fait de même, on ne va pas jusque là, mais elle passe un mauvais quart d'heure, elle aussi.

Mme Bazzo craignait d'être traitée de "traîtresse"... les insultes que j'ai lues sur le net étaient bien pires que celle-là. Ironiquement, les horreurs que j'ai lues proviennent sans doute des mêmes féministes qui se plaignent d'êtres victimes de harcèlement sur le net. Elles n'en sont pas à une contradiction près.

Je ne m'attarderai pas ici aux excréments qui ont été balancés à droite et à gauche sur les médias sociaux. Disons simplement que ce n'était pas beau à voir. Je vous laisse aller vous rouler dans cette fange si ça vous tente. Moi, je préfère m'en tenir aux réactions de gens qui ont des tribunes et dont les propos sont lus par un grand nombre de personnes. Ce sont ces gens-là qui sont des leaders d'opinion influents et, parfois, dangereux.

Comme les réactions ont été nombreuses et que plusieurs d'entre elles méritent d'être décortiquées, et comme un ami (Olivier Kaestlé, pour ne pas le nommer) m'a récemment suggéré de raccourcir mes billets, je vais les examiner dans des billets distincts. Je vous invite à les consulter si le sujet vous intéresse.

À suivre!



4 commentaires:

Guillaume a dit…

Bien en fait moi je trouve que la réponse de la ministre est pathétique. Je sais que tu as de la misère avec le féminisme et je suis d'accord pour affirmer: 1)qu'il y a plusieurs féminismes, dont un plus revanchard, voire réactionnaire et 2)qu'il y a également chez certaines féministes un refus du progressisme. Cela dit, stricto sensu, être pour l'égalité homme-femme c'est être féministe, en fait c'est sa définition. Lise Payette a beau en être l'exemple le plus fanatique, Françoise David l'exemple le plus collabo (parce que son à-plaventrime devant l'intégrisme religieux), le féminisme c'est aussi et surtout Simone de Beauvoir, Edith Nesbit, c'est aussi les suffragettes, c'est aussi Liana Burgess (la veuve d'Anthony Burgess, que j'ai déjà rencontrée), c'est aussi ma mère qui est devenu médecin à une époque où c'était encore une chasse gardée de mononcles (il y en a encore, la preuve étant le présent gouvernement). Ce sont à ces femmes-là que la ministre envoie un gros doigt d'honneur. Facile à dire d'être pour l'égalité, quant t'es une ministre matante dans un gouvernement de mononcles.

Prof Solitaire a dit…

Être pour l'égalité homme-femme c'est être humaniste. Pas féministe.

Ça a déjà été vrai du féminisme... plus maintenant. Les exemples pullulent.

JFC a dit…

Les femmes qui ne partagent pas la bonne idéologie féministes peuvent être insultée, ridiculisée, traînée dans la boue, dénigrée, harcelée, violentée, c'est pas grave. Vous pouvez oppresser Sophie Durocher, c'est une traîtresse à la cause. L’inquisition 2.0 n'a aucune limite dans sa hargne et dans son mépris de la différence d'idées et d'opinions. Ceux et celles qui se disent pro-tolérance sont en fait les plus intolérant et haineux, c'est juste ridicule.

C'est pour cette raison que je crois que les féministes ne sont pas «les femmes» et les femmes ne sont pas «les féministes». Certaines féministes sectaire semblent l'oublier.

Les femmes et hommes féministes défendent l'idéologie féministe, il ne défendent pas les femmes et la cause des femmes. Le cas de Sophie Durocher,qui est une femme aux dernières nouvelles et que je n'aime pas dutout en passant, est un cas pattant d'hypocrisie féministe et de mépris des femmes qui ne pensent pas comme elles.

Lauren Southern peut bien se faire arroser de pisse et se faire agresser pour avoir seulement dit qu'il ya deux genre, ce n'est pas grave, même si elle est une femme, elle n'est pas du bon bord.

Prof Solitaire a dit…

Bien dit.