4 mars 2016

PAS FÉMINISTE? - Troisième partie

Ce billet fait partie d'une série. Pour bien en comprendre le contexte, je vous invite à lire:

Première partie - Thériault, Vallée et Bazzo ne sont pas féministes!
Deuxième partie - Réplique à Lise Ravary

Examinons maintenant la réaction de Nathalie Petrowski de La Presse:

Que je suis naïve ! Je pensais que la performance électrisante de Beyoncé aux Video Music Awards en 2014, avec le mot «féminist» érigé en grosses lettres scintillantes sur scène, avait réglé la question. 

Avez-vous déjà vu beaucoup de débats sur des questions complexes se régler avec une chanson et des lumières qui clignotent, Mme Petrowski? Vous me semblez, effectivement, très naïve.

Idem pour le discours aux Nations unies de l’adorable actrice Emma Watson qui s’est avouée fièrement féministe devant un auditoire conquis.

L'initiative de Mme Watson était une sombre farce. Cliquez ici et ici pour en savoir plus à ce sujet.

Je pensais que le fait que même la très girly chanteuse Taylor Swift sorte de la garde-robe pour se déclarer féministe marquait le début d’un temps nouveau où une féministe n’était pas nécessairement une femme à barbe enragée ou une clitoridienne de gauche qui vomit les hommes, mais une chanteuse populaire cool, sexy, arborant microjupes, talons hauts et décolletés plongeants.

Mme Swift décrit un féminisme imaginaire qui n'existe pas dans la réalité:



Je me disais alléluia! Après des années, voire des décennies, à faire peur au monde, le mot «féministe» est enfin réhabilité, restauré, pardonné et compris dans toute sa splendide simplicité. Est féministe toute personne qui croit à l’égalité sociale, politique et économique des sexes. Aussi simple que ça!

C'est très loin d'être aussi simple que ça, Mme Petrowski. D'ailleurs, il me semble évident que votre vision est simpliste au point d'en être puérile.

Tout comme pour celui de Mme Swift, votre féminisme n'existe pas dans la vraie vie, Mme Petrowski.

Comme je l'ai également déjà écrit dans ce billet en réplique à Marc Cassivi, il faut véritablement écouter et lire ce que les féministes proposent pour comprendre leurs motivations. C'est votre devoir de vous tenir informer et de ne pas dire des âneries. C'est votre devoir de journaliste, Mme Petrowski!

Je ne vous demande pas la lune! Écoutez-les, c'est tout! Comme ces nombreuses féministes qui affirment que toute relation sexuelle avec pénétration constitue un VIOL! Comme ces 88 000 féministes qui aiment la campagne "Girls are smart, boys are stupid"! Comme cette fameuse féministe, Jessica Valenti, qui affirme que les femmes doivent être "plus égales" que les hommes! Comme par exemple Anita Sarkeesian qui ment pour tenter désespérément de démontrer non seulement que les jeux vidéo sont sexistes, mais qu'ils rendent les joueurs misogynes, rien de moins! Comme la première dame des États-Unis qui affirment que les femmes sont plus intelligentes que les hommes? Comme ces détraquées qui souhaitent soumettre la science elle-même à leur idéologie tordue avec des cours débiles comme la "biologie féministe"! Comme le Conseil du statut de la femme au Québec qui voudrait forcer l'élection de femmes en politique même si elles ne sont pas élues au suffrage populaire! Comme cette véritable paranoïa féministe qui s'est emparée de plusieurs campus nord-américains à propos de cette imaginaire "culture du viol" qui fait de tous les hommes de potentiels agresseurs! Traitez tous les hommes comme s'ils étaient venimeux! Comme ces féministes qui affirment que tous les étudiants qui sont l'objet d'allégations de viol devraient être expulsés sans même attendre le verdict d'innocence ou de culpabilité. Comme ces féministes déjantées qui affirment que tout ce qui est doté d'un pénis est "pro-viol". Comme ces féministes qui considèrent que seules les femmes peuvent être considérés comme étant des victimes innocentes dans une guerre! Comme ces féministes qui voudraient voir la Fête des pères devenir la "Fête de la Castration". Comme ces féministes hystériques qui hurlent comme des folles afin d'empêcher les gens de débattre et de s'exprimer librement! Comme cette chroniqueuse féministe qui affirme dans un quotidien à grand tirage que le monde serait bien meilleur si les hommes n'existaient pas! Comme cette féministe monstrueuse qui affirme qu'il ne faut pas allaiter les bébés garçons afin d'avantager les petites filles et qu'il faut les circoncire pour limiter leur plaisir sexuel! Comme la Femitheist génocidaire qui affirme que la paix sur Terre ne sera atteinte qu'en éliminant 90% de la population masculine! Comme ces féministes qui appellent au meurtre de tous les hommes!

Commencez donc par ces articles, Mme Petrowski. Vous verrez que l'égalité entre les hommes et les femmes n'intéresse absolument pas le mouvement féministe.

Et si vous en voulez plus, essayez ceux-là:
L'art d'être un homme féministe
Le monde serait meilleur si les hommes n'existaient pas!
L'égalité, ce n'est pas assez!
Le Prof versus le féminisme

Faites vos devoirs, Mme Petrowski. Après ça, on reparlera de "l'égalité sociale, politique et économique des sexes"!

Malheureusement, je me suis réjouie trop vite. J’ai oublié que je vis au pôle Nord, voire dans le village du père Noël, où des concepts pourtant simples ont tendance à figer dans le pergélisol et où certaines idées éclairées restent bloquées à la frontière par un douanier d’un autre temps.

Tout est simple avec Mme Petrowski. La féminisme est un concept simple, merveilleux et éclairé. Les gens qui s'y opposent sont simplement des crétins d'un autre temps. C'est simples, simple, simple!

C’est malheureusement la réflexion que m’inspire le débat d’arrière-garde qu’a allumé la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, en se disant d’abord pas féministe pantoute, puis féministe, mais à sa manière. On se demande ce que sera la suite: féministe le matin, mais pas le soir, féministe à vélo, mais pas en skis?

Que voulez-vous, Mme Petrowski? Apparemment, certaines personnes sont capables de voir des nuances et de percevoir la complexité de certaines questions. Par chance, tout le monde ne possède pas une vision aussi puérile, simpliste et manichéenne que la vôtre, avec les gentils d'un bord et les méchants de l'autre!

Si seulement Lise Thériault avait été la seule concurrente au concours de la femme la moins féministe de l’année, on aurait pu le supporter. Après tout, Lise Thériault n’est que la vice-première ministre du Québec! Tant pis pour elle si elle est mêlée dans ses définitions de dictionnaire.

Les féministes ont horreur des femmes qui brisent les rangs et font preuve de pensée critique indépendante. Elles sont plus méprisantes à l'égard de ces femmes-là que le pire des misogynes. Cela se vérifie encore ici.

Mais voilà que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée a voulu elle aussi participer au concours en se disant humaniste et non féministe. Comme si le féminisme n’était pas un humanisme…

Le féminisme ne s'intéresse qu'aux injustices qui affectent les femmes. Il ne s'intéresse pas du tout au sort de l'autre moitié de l'humanité. Ou pire, il diffâme et diabolise les hommes. Alors NON, Mme Petrowski, le féminisme n'est PAS une idéologie humaniste. C'est une idéologie profondément sexiste.

La sortie la plus inattendue et la plus pénible fut celle de Marie-France Bazzo dans le magazine numérique qu’elle publie chaque mois. Pénible parce que Bazzo est une fille intelligente, éloquente, cultivée, qui connaît le poids des mots. Qu’avait-elle besoin de pondre cet éditorial coiffé du titre «Je ne suis pas féministe, moi non plus».

Traduction: Thériault et Vallée ne sont que des connes, mais comment Bazzo, une femme INTLLIGENTE, peut-elle briser le rang elle aussi? Comment OSE-T-ELLE critiquer le dogme sacré? De quel droit remet-elle en question l'Évangile féministe? Traîtresse! Apostate! Vendue!

Mépris, mépris, mépris.

Stratégie marketing pour augmenter les clics de BazzoMag? Envie de ne pas disparaître de la sphère publique alors que la fin de son émission approche? Recherche d’attention?

Comme d'habitude, les femmes qui osent critiquer le féminisme sont immédiatement clouées au pilori et ridiculisées.

Lise Payette a fait exactement la même chose. Selon elle, les femmes qui rejettent le féminisme ont soit été manipulées par LES HOMMES qui les ont convaincues que c'était un mouvement violent, ou soit ce sont des tartes qui rejettent le féminisme pour PLAIRE AUX GARÇONS.

Et selon Petrowski, il ne s'agit que d'une stratégie de marketing et une recherche d'attention.

Vous croyez que ces grandes féministes se sont déjà donné la peine d'écouter les propos solides et sérieux des femmes qui critiquent le féminisme avant de passer ces jugements stupides?

Découvrez-les par vous-mêmes, ces femmes brillantes et altruistes qui préfèrent la vérité et la justice plutôt que la haine, les privilèges et la domination. Allez lire et écouter les Factual Feminists (Christina Hoff Sommers et Caroline Kitchens), Karen Straughan, Janice Fiamengo, Ceara McCord, la docteure Helen Smith, Erin Pizzey, Janet Bloomfield, Suzanne Venker, Anne CoolsShoe0nHead, Mercedes Carrera, Lauren Southern, Cassie Jaye, Blaire White, Kassy Neinfemen, Cathy Young et toutes les autres... elles méritent vraiment que vous alliez les entendre.

Mais les grandes défenseures des femmes comme Lise Payette et Nathalie Petrowski n'écoutent pas ces femmes-là, elles préfèrent se mettre la tête dans le sable, les ridiculiser et les insulter.

Mépris, mépris, mépris.

Depuis quand le féminisme nécessite-t-il l’adhésion forcée à un groupe? 

Hahahahaha! Pas croyable... après avoir sauté à la jugulaire de Mme Bazzo pour avoir OSÉ rejeter l'étiquette féministe et après avoir complètement ridiculisé Thériault et Vallée, voilà que Mme Petrowski nous explique que le féminisme ne nécessite pas l'adhésion forcée à un groupe! Hahahahahaha!

Non, tu n'es pas obligé d'appartenir à un groupe, mais si tu le critiques par exemple, on va t'arracher la tête!

Elle semble être restée accrochée à l’image de cette féministe de la première heure qui lui aurait lancé sur un plateau que ses jupes courtes et ses décolletés, ça ne faisait pas sérieux, la traumatisant pour la vie. M’est avis que si cette féministe de l’Antiquité est encore de ce monde, son discours, lui, est mort et enterré depuis un certain temps.

Mme Bazzo raconte un anecdote semblable qui lui est arrivé sur un plateau de télé, il ne s'agit donc pas d'une réalité préhistorique!

Mais alors qu’est-ce qui l’empêche de se dire féministe alors que dans les faits, elle l’est? Est-ce le mot? L’étiquette? La peur de déplaire aux hommes? (Même accusation que Payette!) La peur de faire peur au monde ? Ou est-ce en fin de compte la coquetterie d’une femme privilégiée et étrangère à la solidarité, qui veut croire qu’elle s’est faite toute seule et qu’elle ne doit donc rien à personne? Un peu comme Donald Trump, mais en jupe courte et en talons hauts?

Et voilà. La job de bras est totale.

Si tu es un homme qui critique le féminisme, alors tu es un sale misogyne qui mérite la castration.

Si tu es une femme qui critique le féminisme, alors tu es une conne, une tarte, une traîtresse incapable de solidarité et tu es comme Donald Trump!

Un peu plus, et elle ressortait Hitler les boules à mites!

Mépris, mépris, mépris.

Ce n'est pas la première fois que Petrowski débloque à propos du féminisme, en passant. Cliquez ici pour voir la profondeur abyssale de son ignorance et de son parti pris.

À suivre.



1 commentaire:

Olivier Kaestlé a dit…

Si ce n'est déjà fait, envoyez tout de suite ce billet a Petrowsky.