28 avril 2016

Le pôle Nord s'éloigne de Montréal

Les conséquences du réchauffement climatique sont encore plus massives que ce qui avait été envisagé:

L'Angleterre est en train de nous voler le pôle Nord. Le coupable:  le réchauffement de la planète.

Avant 2000, le pôle Nord se dirigeait, lentement mais sûrement, vers Montréal. Depuis, il va plutôt vers Greenwich, en Angleterre. La fonte des calottes polaires arctique et antarctique explique ce changement de direction, selon Surendra Adhikari, de la NASA, auteur principal d'une étude publiée hier dans la revue Science Advances.

(...) Les deux pôles sont les endroits où l'axe de rotation de la Terre - rotation qui nous donne le jour et la nuit - croise sa surface. Cet axe de rotation change avec la distribution de la masse de la planète.

À partir de données sur le pôle magnétique datant de 1899, M. Adhikari et un collègue ont calculé que le déplacement du pôle Nord a fait un virage de 75 degrés il y a une quinzaine d'années. Il est aussi deux fois plus rapide qu'auparavant. Ce déplacement connaît des variations annuelles importantes, mais sur une base de 10 ans, la direction et la vitesse étaient relativement constantes au cours du XXe siècle, selon le géologue américain. Les mesures de la position du pôle Nord sont précises à trois centimètres près.

Le réchauffement de la planète fait fondre les deux calottes polaires, affectant la distribution de la masse de la planète, explique M. Adhikari. Les précipitations ont aussi été affectées par les changements climatiques, ce qui change la quantité d'eau stockée par les continents. 

«La fonte des calottes polaires explique environ la moitié du changement de direction du pôle, et les modifications concernant la quantité d'eau stockée par les continents, l'autre moitié.» 

- Surendra Adhikari, chercheur à la NASA

Les changements dans les régimes des vents et des courants marins ont aussi une petite influence sur le déplacement du pôle Nord.

Auparavant, le déplacement du pôle Nord était surtout affecté par un autre changement climatique, survenu il y a plusieurs dizaines de milliers d'années : la disparition du glacier Laurentien, qui a recouvert une bonne partie de l'Amérique du Nord il y a 20 000 à 95 000 ans. « Après la disparition du glacier Laurentien, le sol a rebondi, un mouvement qui continue jusqu'à ce jour », explique M. Adhikari.

Ce modèle théorique permettra de mieux comprendre et prédire les précipitations et les sécheresses, affirme le géologue californien. «Le mouvement du pôle Nord permettra de mieux comprendre l'intensité, la durée et l'amplitude géographique des anomalies de précipitations.»



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