28 avril 2016

Power Corp et les paradis fiscaux

Voici un extrait de DERRIÈRE L'ÉTAT DESMARAIS: POWER de Robin Philpot. Déjà en 1993, Power cherchait des paradis fiscaux, cette fois avec l'argent de ... Hydro-Québec et Hydro-Ontario:

(...) le 6 octobre, à Beijing, Paul Desmarais et Maurice Strong ont annoncé la création du consortium Asia Power Group inc., réunissant un fonds de départ de 100 millions de dollars partagé également par Hydro-Québec, Ontario Hydro et Power Asia Assets Corp, filiale de Power Corporation. Donc, une contribution de 66 millions de dollars des deux sociétés d’État canadiennes grâce à leurs filiales respectives, Hydro-Québec International et Ontario Hydro International. À ce moment-là, l’objectif déclaré de Power Corporation était de trouver des occasions d’investissement stable – le Québec était exclu, disaient les porte-parole de Power, à cause de ses terribles débats constitutionnels – où le rendement sur l’investissement serait de l’ordre de 15 % ou plus par année. Hydro-Québec possédait une expertise inégalée en centrales hydroélectriques, Ontario Hydro connaissait bien la production d’électricité à partir du nucléaire et des hydrocarbures et Maurice Strong avait des contacts politiques en haut lieu en Chine, comme ailleurs dans le monde. Selon Maurice Strong, le consortium pouvait sûrement compter sur un rendement de l’ordre de 20 %, « beaucoup plus que ce à quoi on peut s’attendre chez nous ». Grâce à l’aide financière et à la crédibilité de deux sociétés d’État canadiennes, Power Corporation s’est donc mise en position pour profiter au maximum de la croissance vertigineuse de la demande d’électricité dans une Chine dont l’industrie se développait plus rapidement que partout au monde.

Non satisfait de simplement récolter les profits, le nouveau consortium a tenu à éviter de payer les taxes et les impôts au Canada. Dans l’année qui a suivi sa création, le Asia Power Group a déménagé ses pénates sous des cieux plus cléments... DES BERMUDES, à des fins fiscales, selon un document interne cité par le National Post. Mais les filiales internationales d’Ontario Hydro et d’Hydro-Québec ne pouvaient profiter de la manne de cet abri fiscal offert par les Bermudes, car elles étaient des sociétés d’État. En revanche, la filiale de Power Corporation pouvait en profiter ! Convaincant, Paul Desmarais a dû l’être doublement. Deux des plus importantes sociétés d’État au Canada se joignent à lui pour lui ouvrir des portes en Chine et s’installent ensuite aux Bermudes, où lui seul pouvait profiter des avantages fiscaux. Les profits déclarés aux Bermudes ne sont imposables que s’ils sont rapatriés au Canada." 

(pp 123-124)

Trouvé ici.



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