25 mai 2016

ARCHIE de Waid et Staples


À mon grand étonnement, le meilleur échantillon de l'édition 2016 du Free Comic Book Day était... Archie. Il s'agissait de l'intégralité du premier numéro de la nouvelle série Archie de Mark Waid et Fiona Staples dont j'avais brièvement parlé ici.

Mark Waid est un scénariste assez prolifique qui a signé, entre autres, l'excellente série Kingdom Come. Fiona Staples est l'excellente artiste de la série SAGA, dont j'ai déjà parlé ici.

Cette série nous propose une version plus dramatique, plus réaliste et moins slapstick de la bande d'ados de Riverdale. Archie en est lui-même le narrateur et il brise régulièrement le quatrième mur pour s'adresser directement au lecteur.

Dans le premier numéro, l'intrigue tourne autour du fait qu'Archie et Betty, qui sont essentiellement inséparables depuis la maternelle, viennent de casser. Personne ne sait pourquoi et les spéculations vont bon train. Tout ce que les autres ados de l'école savent, c'est que le breakup a été causé par "l'incident du rouge à lèvre", sans trop comprendre de quoi il s'agit. Il faudra attendre le quatrième numéro pour connaître le fond de l'histoire. Les tentatives de leurs amis pour faire en sorte de réunir les deux ex-tourtereaux s'avèrent infructueuses.

Entretemps, la très riche famille Lodge annonce qu'elle emménage à Riverdale et se fait construire un imposant manoir. Plusieurs ados sont engagés sur le chantier, dont Archie qui est aussi maladroit qu'à l'habitude. Malgré les efforts de ses potes, Archie trouve le moyen de foutre le bordel sur le site. Ces planches sont très amusantes et injectent une bonne dose d'humour qui rappelleront au lecteur la version classique du personnage.

La première rencontre entre Veronica et Archie est épique. Le rouquin tombe immédiatement amoureux de la richissime et capricieuse jeune femme qui traite ce dernier comme son chien de poche. Jughead et Betty s'emploieront dès lors à mettre un terme à cette relation et, même si elle affirme le contraire, on devine bien la jalousie que ressent Betty.

J'ai beaucoup aimé les premiers numéros de cette série, mais malheureusement, j'ai trouvé que ça se gâte rapidement. Le départ de Fiona Staples dès le quatrième numéro assène un coup que l'on a du mal à encaisser. Staples est une storyteller hors pair qui a un don pour raconter en images ce que les mots ne disent pas. J'ai adoré m'attarder sur ses cases qui transmettent parfaitement le contexte émotif des personnages et qui dépeignent si bien la vie dans cette école secondaire qu'on a l'impression d'y être. Les artistes qui lui succèdent ne sont pas nulles, loin de là, mais elles ne sont pas du même calibre non plus.

Le scénario, lui, plutôt que de continuer à s'affranchir de la série classique, multiplie les références pour s'en rapprocher, ce qui m'a plutôt laissé perplexe. Je comprends que l'idée est de rendre hommage au matériel d'origine, mais il m'a semblé que cela est plutôt venu briser le rythme de cette série en introduisant des éléments qui n'y ont pas leur place. Par exemple, cette séquence où une étudiante crée des vêtements inspirée de ceux que portait le personnage d'Archie dans les années 50 et 60 (noeud papillon, blazer et manteau arborant la lettre R). La référence est claire, mais elle n'a aucun sens dans cet univers contemporain.

Il y a également beaucoup de blagues et de références à la mode et aux artistes contemporains qui m'ont complètement échappé. Je devine qu'il s'agit ici de tentatives de plaire à un public plus jeune et féminin que moi, mais je n'y ai compris que dalle. L'ajout de nombreux personnages inédits afin de créer un profil plus multiethnique n'est pas concluant. Ces nouveaux ados sont généralement sans intérêt.

Toutefois, je dois dire que j'ai adoré l'origine réinventée de Jughead qui explique à la fois cet étrange surnom et l'attitude généralement détachée et débonnaire du personnage. C'était très réussi.

Bref, le début de cette série en a valu la peine, particulièrement les trois premiers numéros. Mais en ce qui me concerne, je ne tiens pas particulièrement à poursuivre ma lecture.




3 commentaires:

Guillaume a dit…

Pour moi, Archie, c'était de la lecture de toilettes. J'avoue ne jamais avoir beaucoup aimé, sauf l'hommage qu'ils ont rendu à Charles M. Schulz lorsqu'il a cessé d'écrire.

Prof Solitaire a dit…

As-tu un lien vers cet hommage? Jamais entendu parler...

Guillaume a dit…

Ça fait longtemps, ça date de 2000 environ. Pleins d'autres bédés avaient fait des hommages semblables, mais celui dand Archie était à mon avis l'un des meilleurs, très simple et très sincère.