21 mai 2016

"Rise of women teachers"

Y a-t-il une corrélation entre la disparition des enseignants masculins et le décrochage des garçons?

C'est ce qu'affirme cet article:

An admissions tsar has claimed a fall in boys going to university is due to the rise of female teachers in Britain's schools.

The 'dominance' of women taking classes is contributing to male students ending their academic careers early, says Ucas chief Mary Curnock Cook.

Ms Curnock Cook made the controversial comments in the foreword of a study that says girls are 75 per cent more likely to go on to university.

(...) 'I remain instinctively convinced that, as in any other area of life, gender imbalance will itself generate further imbalance

(...) But apart from initial teacher training, only two institutions have set targets for 2016/17 on recruiting more men.

(...) Ms Curnock Cook writes: 'On current trends, the gap between rich and poor will be eclipsed by the gap between males and females within a decade.'

(...) 'If this differential growth carries on unchecked, then girls born this year will be 75% more likely to go to university than their male peers,'  Ms Curnock Cook added.

(...) HEPI director and report co-author Nick Hillman said: 'Nearly everyone seems to have a vague sense that our education system is letting young men down, but there are few detailed studies of the problem and almost no clear policy recommendations on what to do about it.



9 commentaires:

Le professeur masqué a dit…

Euh...

«Ucas chief said 'dominance' of female teachers had negative effect on boys» Ses sources? Les faits?

'While this report does not find evidence to support the theory, I remain instinctively convinced that, as in any other area of life, gender imbalance will itself generate further imbalance.

Si elle n'a pas de fait pour prouver ce qu'elle avance, c'est du vent.

Prof Solitaire a dit…

Égide Royer avance le même argument... l'hypothèse est tout à fait logique mais éminemment difficile à démontrer.

Le professeur masqué a dit…

Euh again... Que dix personnes avancent le même argument ne lui confère pas plus de valeur. Royer est incapable de le prouver. Des hypothèses logiques sans preuve sont du vent. C'est une vision très genrée de l'éducation. Les gars sont d'un seul modèle, les filles d'un autre. De même pour les enseignants et les enseignantes.

Prof Solitaire a dit…

Je comprends ton point. Mais ce que je dis, c'est qu'il serait très, très, très difficile de faire une étude pour mesurer l'impact que peut avoir le sexe de l'enseignant sur la performance des élèves. Je n'ai pas besoin de te dire que la réussite des élèves est influencée par de multiples facteurs qu'il est quasi-impossible d'isoler les uns des autres sur une longue période de temps, comme l'exigerait une étude longitudinale.

Toutefois, ce que l'ont sait, c'est qu'un grand nombre d'hommes avouent avoir été influencé positivement par l'un ou plusieurs de leurs enseignants masculins. On a des sondages qui l'affirment.

On sait également que les jeunes ont besoin de rôle-modèles auxquels ils s'identifient à cause de facteurs tels que l'origine ethnique, la langue parlé ou le sexe, et que ces modèles en éducation leur démontrent qu'ils peuvent aspirer à faire leur place dans ce système. Ce fut certainement le cas avec moi!

Plusieurs études démontrent également que les enseignantes pénalisent systématiquement les garçons lors des évaluations, particulièrement s'ils sont turbulents ou impolis et ce, même lorsque la qualité du travail est équivalente.

Finalement, l'absence d'empathie ou de tolérance envers les garçons et leurs particularités de la part de nombreuses enseignantes est un phénomène très documenté que j'ai moi-même observé à de maintes reprises.

Sachant cela, il me semble parfaitement probable, pour ne pas dire quasi-certain, que l'absence des hommes ait un effet délétère sur la performance et la réussite des garçons.

Le professeur masqué a dit…

PS:
Il existe des études qui montrent que le genre est un facteur bien moins important qu'on voudrait le croire. Certains pays ont autant enseignantes en pourcentage qu'au Québec et les garçons réussissent autant sinon mieux. Au sein même des garçons québécois, l'écart est plus important en un groupe de garçons de milieu socio-économique favorisé vs un défavorisé qu'en être garçons et filles. En formation professionnelle, là où le nombre d'enseignants est élevé et où les garçons étudient dans un domaine plus pratique et concret, encore une fois les filles décrochent moins.

Prof Solitaire a dit…

Effectivement, cher collègue, ce n'est certainement pas moi qui vais te contredire sur le fait qu'il y a un grand nombre de facteurs qui viennent entraver ou favoriser la réussite scolaire. C'est d'ailleurs ce que je disais au début de mon précédent commentaire.

Tu sembles minimiser l'importance de la quasi-disparition des enseignants masculins. Moi, j'aurais plutôt tendance à croire qu'il s'agit d'un phénomène important et très délétère pour les garçons. Ce n'est pas le seul facteur qui explique leur déclin académique, mais je crois que c'est un gros morceau du puzzle. Le milieu socio-économique est évidemment un facteur très important.

Ton exemple de la formation professionnelle est intéressant, mais on parle alors d'étudiants plus âgés. Ce que j'avance, c'est que l'absence masculine se fait particulièrement sentir au primaire et, dans une moindre mesure, au secondaire... et c'est là qu'une présence plus importante de profs masculins aurait un impact. Ça ne réglerait pas tout, les hommes ne sont pas une solution magique et ils ne sont certainement pas tous également compétents, mais ça ferait une différence. Ne serait-ce qu'en démontrant aux p'tits gars qu'apprendre, ce n'est pas juste une affaire de filles...

Le professeur masqué a dit…

Tu vois, PS, pourquoi est-ce encore à l'école... Ils ont des parents, ces enfants. Pourquoi leurs pères ne le font-ils pas? Pourquoi est-ce à l'école de leur transmettre des valeurs qui devraient relever des parents?

Je te rappelle: certains pays ont autant enseignantes en pourcentage qu'au Québec et les garçons réussissent autant sinon mieux. De même pour les provinces canadiennes. Pourquoi?

Sinon, regarde ce qui a été fait en Ontario pour contrer le décrochage:
http://www.journaldemontreal.com/2015/05/09/pourquoi-lontario-a-reussi-la-ou-le-quebec-en-arrache

Ce qui démarque aussi l'Ontario est cette volonté de s'assurer que, très jeune, les garçons et les filles aient développé de bonne habiletés en lecture. Il est de plus en plus admis que les jeunes garçons maitrisent moins rapidement leur langue que les filles. Ce «retard» constitue un difficulté importante quant à la scolarisation.

Prof Solitaire a dit…

Tu as raison, oui ce devrait être le rôle des parents de valoriser l'éducation, l'effort et le dépassement de soi... sauf que moi, je n'ai pas de pouvoir sur ce qui se passe dans les maisons privées de mes élèves. J'ai du pouvoir sur ce qui se passe dans ma classe, alors c'est là que j'agis.

Pour ce qui est des autres pays, en général, les garçons tirent de la patte dans la vaste majorité des cas:

http://profsolitaire.blogspot.ca/2015/05/le-regne-des-filles.html

"Dans les 64 pays étudiés, sans exception, les filles de 15 ans sont plus avancées que les garçons du même âge en termes de compétences maîtrisées. Les mathématiques sont la seule discipline où les garçons font encore jeu égal ou sont en avance."

L'acquisition plus tardive de la maîtrise de la langue écrite est effectivement un phénomène réel qu'il faut prendre en considération, c'est vrai. Mais je ne suis pas prêt à dire que c'est LE facteur principal qui explique tout le reste...

Le professeur masqué a dit…

PS: Le minimum serait alors d'exercer des actions concrètes afin de s'assurer que les garçons et les filles ne vivent pas des retard en lecture. Comme ce fut le cas en Ontario.Mais il ne faut pas trop en demander à nos décideurs.