26 juin 2016

Héritage libéral

Le parti libéral du Québec est essentiellement au pouvoir depuis 2003 (à l'exception de la petite intervalle Marois). Quel est le bilan?

LA SANTÉ:

Le Québec affiche la pire performance au Canada et dans le monde occidental pour ce qui est de l'attente aux urgences, dénonce le Commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, dans son dernier rapport avant l'abolition de son poste par le ministre Gaétan Barrette.

M. Salois se montre également sceptique quant à l'impact des «super-cliniques» annoncées par M. Barrette.

Selon son rapport déposé à l'Assemblée nationale hier, près de la moitié des visites à l'urgence (45,5%) en 2015-2016 ont dépassé les normes de délai maximal fixées par le ministère de la Santé. «Ces cibles ne sont pas très ambitieuses et, malgré cela, elles sont peu respectées», a déploré M. Salois en conférence de presse.  

Le séjour moyen pour toutes les visites à l'urgence, ambulatoires et sur civière, est d'environ neuf heures, soit plus du double des normes internationales (4 heures). Un patient sur trois (35%) attend cinq heures et plus à l'urgence. C'est un sur cinq (19%) en moyenne ailleurs au Canada. Pour dix pays occidentaux, on parle d'une proportion allant de 2% à 11%.

(...) La création des super-cliniques, qui a pour but d'augmenter l'accès à la première ligne et d'éviter les visites à l'urgence, le laisse sceptique. (...) «On est en train de créer une structure alors qu'on peut déjà réellement améliorer les urgences» avec les outils déjà à la disposition du ministre, a ajouté M. Salois en conférence de presse.

Son rapport fait une critique à peine voilée au ministre Barrette, qui abolira sous peu le poste de Commissaire à la santé en vertu d'un projet de loi. «Comme pour l'ensemble des réformes mises en place dans les deux dernières années dans le réseau, il sera important d'évaluer de façon indépendante les impacts de ces transformations», peut-on lire.

L'ÉDUCATION:

Nos taux de décrochage sont parmi les plus élevés au Canada. Le Québec est en queue de peloton pour la performance en lecture au primaire. Près de 50% de nos concitoyens de 16 à 65 ans sont analphabètes fonctionnels.

(...) Une proportion inacceptable de jeunes terminent le secondaire sans savoir écrire correctement.

Un nombre croissant de parents se tournent vers l’école privée, où ils espèrent trouver le cadre qui semble faire défaut à l’école publique.

(...) le système est malade, et ce n’est pas de ressources ni d’argent qu’il s’agit. Depuis 1998, les revenus des commissions scolaires ont augmenté de 56%, alors même que le nombre d’élèves diminuait de 13%.

LES FINANCES PUBLIQUES:

La taille importante de la dette publique québécoise serait attribuable non pas à des dépenses gouvernementales hors de contrôle, mais à l’impact de la politique monétaire canadienne et à l’application de politiques néolibérales, selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

Intitulée «Quelles sont les causes de l’endettement public du Québec ?», l’étude diffusée jeudi soutient que les éléments centraux qui ont causé la hausse de l’endettement du Québec sont «la politique monétaire restrictive du Canada pendant les années 1980 et le virage idéologique qu’a connu l’État québécois de 1982 à aujourd'hui».

Les auteurs ont étudié des données «comparables entre elles» de la période de 1961 à 2008 et ils en sont arrivés à la conclusion que «notre dette publique n’a pas été créée par des dépenses courantes hors de contrôle».

L’étude a évalué les effets négatifs des politiques monétaires canadiennes et du virage néolibéral à au moins 280 milliards $ pour la période de 1975 à 2013.
Des simulations ont conduit les auteurs de l’étude de l’IRIS à établir que la dette du Québec a été causée par la diminution des transferts fédéraux (32 %), la privatisation d’entreprises publiques couplée à la baisse de l’impôt des entreprises privées (30 %), la hausse du service de la dette due à de hauts taux d’intérêt réels (21 %), les baisses d’impôt aux particuliers (14 %) et les hausses de demandes d’aide sociale en temps de crise économique (3 %).

N’eût été des politiques monétaires restrictives et des mesures gouvernementales d’inspiration néolibérale, prétendent les chercheurs de l’IRIS, «le gouvernement (du Québec) n’aurait accumulé aucune dette depuis 1984 et aurait pu éliminer complètement celle contractée avant par la vente partielle de ses actifs financiers».

AUCUN REGRET:

Martin Coiteux ne regrette rien. Si c’était à refaire, l’ex-président du Conseil du trésor procéderait de la même façon, en imposant d’importantes compressions à l’État, pour éliminer rapidement le déficit du Québec.

(...) Le ministre refuse de commenter l’impact de ses décisions budgétaires sur les services directs à la population, relayé dans les médias quotidiennement, particulièrement en santé, en éducation et dans les services de garde. Du bout des lèvres, il préfère parler «d’adaptations» rendues nécessaires.

(...) Il hausse les épaules quand on lui demande comment il réagit devant tous ceux qui le traitent d’«insensible» au malheur des gens qui subissent le contrecoup de ses décisions. Les réinvestissements en santé et en éducation «dès que possible» sont une priorité à ses yeux, plaide-t-il. 

Quel gouvernement de merde...


1 commentaire:

Prof Solitaire a dit…

http://www.lapresse.ca/actualites/201606/27/01-4995878-un-organisme-pour-lemploi-de-personnes-handicapees-contraint-de-fermer.php

Un tout petit organisme qui aide les personnes handicapées à trouver du travail deviendra sous peu la plus récente victime de compressions budgétaires, déplore le Parti québécois. Le CAMO pour personnes handicapées fermera sous peu, pour réaliser une économie de 500 000 $.