28 juin 2016

Histoire revisitée du Bas-Canada

Extrait de ce très intéressant article du Devoir:

«On a sous-estimé la terreur créée par le pouvoir britannique que les insurgés du Bas-Canada ont subie en 1837 et en 1838. Voilà pourquoi j’ai écrit une Histoire inédite des patriotes, débarrassée de la censure, des préjugés et des biais qui la camouflaient», me dit la romancière Anne-Marie Sicotte. Comme elle le signale, le récit manquait «de chair». Mais un texte expressif et des centaines d’images d’époque en font «une plongée» étourdissante.

Les illustrations, presque toutes en couleurs et très bien choisies par la vulgarisatrice de haut niveau, nous retrempent dans la vie quotidienne du Bas-Canada grâce au talent d’une foule d’artistes contemporains des événements racontés. Les paysages autant que les scènes militaires sont particulièrement évocateurs. Ils mêlent la beauté insouciante de la nature à une lourde atmosphère d’intolérance et d’oppression.

(...) «Il permet de voir jusqu’à quel point les extrémistes britanniques, comme ceux du paramilitaire Doric Club, avaient pu provoquer l’insurrection des patriotes en sachant que le pouvoir colonial y verrait un prétexte pour réprimer un mouvement démocratique qui s’appuyait sur des revendications pourtant fondées», m’explique-t-elle. Ce fanatisme, elle le résume en citant la résolution, adoptée en 1836 par le Doric Club, de lutter jusqu’à la mort pour éviter «la dégradation d’être sujets d’une république franco-canadienne».

Le livre d’Anne-Marie Sicotte renferme des termes imagés pour faire facilement comprendre au lectorat d’aujourd’hui que le parlementarisme britannique instauré dans la colonie dès 1792 n’est démocratique qu’en apparence. (...) Elle qualifie avec raison le système de «puissance dictatoriale».

(...) Son livre nous convainc qu’en affrontant la Grande-Bretagne, première puissance de ce temps, les patriotes étaient plus grands que nature. À la nation mère d’un parlementarisme encore réservé aux nantis, ils donnaient des leçons de démocratie et de respect d’une culture autre que la sienne, idées alors novatrices dans le monde.

«La place du marché à Québec, 26 juin 1829»

«Field Battery in Action». Vers 1835

«Queen’s Light Dragoons, Canada: a reconnoitre on the frontier». 1838. Artiste: J. Cane.

«Portrait d’un fermier canadien»

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