13 juillet 2016

Black Lives Matter tente de s'immiscer au Québec

Des groupes inspirés du mouvement américain Black Lives Matter tentent de s'immiscer au Québec et les médias multiculturalistes leur ouvrent toute grande la porte, évidemment.

À première vue, cela peut sembler être une belle cause. Ma première réaction a probablement été celle de beaucoup de monde: je me suis inquiété d'entendre que des gens pouvaient être victimes de discrimination à cause de quelque chose d'aussi superficiel que la couleur de leur peau!

Mais lorsqu'on regarde de plus près, on se rend compte qu'il y a beaucoup de désinformation et que le mouvement est très radical.

Tout d'abord, comme le rappelle si bien Bock-Côté, le Québec n'est pas les États-Unis:

L’imagination humaine n’a pas de limite et la mauvaise foi non plus. Suite aux terribles bavures policières des derniers mois aux États-Unis, qui ont culminé dans les terribles événements de Dallas, certains ont cru bon de comparer la situation américaine à la nôtre. Ils ont vu dans la persistance de tensions raciales souvent violentes au sud de la frontière une excellente raison de relancer leur bataille pour une commission d’enquête sur le racisme systémique au Québec. 

(...) Distinguons certaines réalités élémentaires.

Le racisme est le crime originel de la nation américaine. Il est inscrit dans les origines d’une nation qui a toujours dû se débattre avec lui, d’autant que de l’esclavage à la ségrégation, les Noirs américains ont été traités comme une communauté paria dans un pays où ils ont par ailleurs été amenés de force, ce qui est quand même le comble. 

(...) Quel rapport maintenant avec le Québec? À peu près aucun. On nous parle beaucoup de l’esclavage en Nouvelle-France qui permettrait de comprendre certaines inégalités contemporaines – on s’appuie sur lui pour justifier la comparaison américaine. C’était évidemment malheureux. Ce n’est pas une belle page de notre histoire. Mais il faut raison garder : il s’agissait, dans l’ensemble, d’un phénomène marginal qui n’a jamais eu un caractère structurant pour le Québec. Si on lui donne autant d’importance aujourd’hui, c’est qu’on a tendance au Québec comme ailleurs, à criminaliser les origines de la nation, pour montrer que depuis toujours, elle serait allergique à la différence. On cherche dans le passé de la nation tout ce qui pourrait flétrir son identité et qui peut justifier sa conversion à l’idéal diversitaire. D’ailleurs, cette vision pénitentielle de l’histoire a la cote dans le système scolaire.

Cela ne veut pas dire qu’on ne trouve pas de racisme dans l’histoire du Québec – par exemple, on en trouve beaucoup contre ceux qu’on appelait autrefois les Canadiens français (...)

L’histoire des deux sociétés n’est pas la même, contrairement à ce que veulent croire ceux qui s’imaginent un Occident communiant dans une aversion contre les minorités, comme si depuis les origines de la modernité, il vomissait la différence et voulait l’éradiquer. Comparer le Québec contemporain aux États-Unis en matière de racisme relève du délire pur et simple.

Alors que se passe-t-il?

Ceux qui rapprochent la situation québécoise de la situation américaine sont armés d’une théorie passe-partout, qui réduit la société occidentale à un simple rapport de domination où la majorité écraserait les minorités. Une sociologie conceptuellement faible mais médiatiquement intimidante pousse dans le domaine public des notions creuses comme le «racisme systémique» ou la «discrimination systémique». 

(...) La théorie du racisme systémique a un terrible effet pervers: en prétendant lutter contre le racisme, elle racialise grossièrement les rapports sociaux en enfermant les identités dans leur groupe ethnique dont ils deviennent des représentants malgré eux. Alors que la société québécoise était essentiellement structurée autour de la question linguistique, la théorie antiraciste nouveau genre veut d’abord y voir une majorité blanche et des groupes minoritaires racisés. Ce serait le clivage fondamental qu’il faudrait démonter. Dès lors, la société est pensée à partir de grands équilibres statistiques : on évalue la proportion d’un groupe ethnique particulier dans la population, on vérifie ensuite s’il est représenté dans une même proportion dans tel ou tel domaine d’emploi public ou privé et si les chiffres ne correspondent pas, on décrète, par une explication toute faite, que le racisme systémique est à l’origine de cette différence. Cette théorie passe-partout fait disparaître la complexité sociale mais donne une satisfaction vertueuse aux différents inclusifs qui jouissent moralement lorsqu’ils adoptent une posture dénonciatrice.

Exactement comme le font les féministes avec le patriarcat, en passant!

On aurait envie de répondre à ses promoteurs que le fait d’être «blanc» n’a pas empêché les Canadiens-français d’être dominés pendant longtemps par d’autres «blancs», les Canadiens anglais. Je donne cet exemple simplement pour montrer que nos prétendus antiracistes sont en vérité des obsédés de la race, qui veulent voir la race partout, et qui en font le facteur explicatif dominant des rapports sociaux, ce qui est pour le moins inquiétant dans une démocratie libérale où la culture comme la nation permettaient justement de transcender cette catégorie. 

Poste de Veille attire également notre attention sur la désinformation intrinsèque au discours de groupes québécois inspirés de BLM:



Les pires ennemis des idéologues et des fanatiques seront toujours les statistiques et la réalité.

Tout ça pour dire que, comme pour toutes choses, restons vigilants et ne gobons pas toutes les inepties mensongères qui sont véhiculées dans les médias.

Méfions-nous des théories conspirationnistes fumeuses et des gens qui veulent exploiter notre propension à ressentir de la culpabilité pour tout et pour rien...



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