23 juillet 2016

Bock-Côté versus le multiculturalisme

Extraits de cet article de Louis Cornellier:

(...) ce que MBC transmet dans Le multiculturalisme comme religion politique, un essai aux références principalement européennes, c’est une critique radicale de l’idéologie dominante de notre temps qu’est le multiculturalisme, une pensée qui postule, en gros, que l’Occident serait coupable d’avoir écrasé les groupes minoritaires (ethniques, sexuels, sociaux, etc.) et que la justice nous impose, désormais, de déconstruire cette domination pour contribuer à l’avènement d’un monde enfin libre.

(...) La nouvelle gauche, qui a rencontré la contre-culture, s’investira désormais dans la défense de toutes les « identités subordonnées à l’hégémonie de l’homme blanc occidental ». La droite conservatrice, quant à elle, finira par se rallier mollement à cette idéologie « diversitaire » et ne se distinguera plus de la gauche que par son néolibéralisme assumé.

Aujourd’hui, ce multiculturalisme se présente comme l’incarnation du progrès et s’impose comme la trame des sociétés occidentales. L’histoire, au lieu d’être une école de patriotisme, de mémoire ou de gratitude, est mise en procès. On criminalise le passé en accusant nos ancêtres d’avoir péché contre la diversité. « Étudier l’histoire, explique MBC en déplorant cette attitude, c’est apprendre à s’en délivrer. Car que retenir d’un monde qui s’était édifié en écrasant la différence ? »

Toute une sociologie, dans la même logique, s’emploie à rejeter la pertinence « d’une culture commune nouée dans une histoire » et prône « l’inversion du devoir d’intégration », en faisant de la société majoritaire la responsable de toutes les exclusions. L’identité nationale, enfin, est appelée à abandonner « son particularisme historique » pour ne pas « blesser les nouveaux venus » et à se dissoudre dans un pacte juridique.

Dans ce nouveau monde, ceux qui sont attachés à la nation historique et à ses traditions parce qu’ils croient que l’héritage est « un passage fondamental sans lequel l’individu est condamné à la sécheresse culturelle, à une vie vide de sens », parce qu’ils sont convaincus que « la communauté politique ne saurait durablement exister sans une mémoire forte, ancrant les hommes dans le sentiment d’un monde partagé » et que la fragmentation de la société en de multiples groupes minoritaires menant l’instruction contre la culture nationale nuit à la démocratie et à la capacité d’agir collectivement, ceux-là, donc, les conservateurs au sens philosophique du terme, de droite comme de gauche, sont accusés de refuser le progrès, de faire le jeu de l’extrême droite, voire d’être un peu dérangés pour aller ainsi contre le sens de l’Histoire.

Bock-Côté, qui n’a pas froid aux yeux et qui a les moyens intellectuels de son culot, formule, dans cet éblouissant essai, une invitation à entrer en dissidence contre cette idéologie de la diversité, sans pour autant se réfugier dans les bras d’une droite populiste étriquée. 



2 commentaires:

Olivier Kaestlé a dit…

MBC est un de mes chroniqueurs favoris. Non seulement dénonce-t-il les dérives du multiculturalisme, mais il cloue au pilori le féminisme intersectionnel et misandre qui le soutient et prône la déconstruction de ce que notre société avait édifié de plus sain.

Prof Solitaire a dit…

Oui, il est vraiment d'une intelligence redoutable.