24 juillet 2016

ROBOTS OF DAWN de Isaac Asimov


Je viens de terminer ce roman de Isaac Asimov et je dois dire que j'ai été complètement emballé par cette lecture.

Je l'ignorais au moment de le commencer, mais il s'agit du dernier tome d'une trilogie. Cela ne m'a pas du tout empêché d'apprécier.

Dans un univers futuriste, les Terriens vivent emmurés dans des Cities souterraines et surpeuplées. Pratiquement personne ne quitte plus ces environnements climatisés pour sortir dehors. L'humanité, semble-t-il, souffre collectivement d'agoraphobie.

Cela est certainement le cas d'Elijah Baley, un détective terrien bien connu pour avoir résolu un crime perpétré sur Solaria, une autre planète. Car effectivement, les humains ont depuis très longtemps fondé des colonies à travers la galaxie. Loin d'être inféodées à la Terre, ces dernières la maintienne plutôt dans un état d'isolement pour éviter que les microbes terriens soient diffusés et parce que les Terriens n'inspirent que dégoût et mépris à ces "Spacers" qui se considèrent beaucoup plus évolués.

Malgré sa phobie des grands espaces, Baley rêve de convaincre les Spacers de laisser un groupe de Terriens, dont ferait partie son propre fils, à coloniser une nouvelle planète. Toutefois, ce rêve est mis en péril lorsque l'un des meilleurs amis de la Terre, le docteur Han Fastolfe, voit sa carrière menacé par un scandale. Baley devra se rendre sur la planète Aurora, la plus ancienne et la plus puissante des anciennes colonies, pour venir en aide à Fastolfe.

Un profond choc culturel l'y attend. La société qu'il y découvre est différente de celle de la Terre à plusieurs égards. La population est limitée afin de préserver de grands espaces, ce qui sera cause d'émois pour ce pauvre Baley. De plus, les robots y jouent un rôle très respecté, du moins en apparence. Cela est très différent de la méfiance et de la haine que ces machines inspirent aux Terriens. Sans parler de la nourriture, de la technologie, des moeurs sexuelles et même des toilettes qui sont toutes complètement déroutantes aux yeux du détective.

Baley devra apprendre rapidement à naviguer dans cette société étrange et insolite afin d'élucider le mystère qui menace la carrière du docteur Fastolfe. Ce dernier est accusé d'avoir sciemment causé la "mort" d'un robot humaniforme de sa propre conception, afin d'empêcher les projets d'un parti politique ennemi. Fastolfe le nie, tout en avouant être le seul roboticiste qui possède une expertise suffisante pour causer la mort cérébrale de ce robot.

Fastolfe ment-il? Est-il le scientifique bienveillant que Baley croit connaître ou est-il plutôt l'être cruel et froid que décrivent ses ennemis? Et jusqu'où ces derniers oseront-ils aller pour empêcher Baley d'avancer son enquête? Les robots qui lui sont assignés comme protection seront-ils plutôt des obstacles? Comment faire confiance à des machines qui ont été programmées pour mentir au besoin pour mieux protéger les intérêts de leur créateur?

Voilà vraiment un très bon roman. Les dialogues sont intenses et captivants. L'intrigue est excellente du début à la fin.

Le monde décrit par Asimov est vibrant de réalisme. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que les descriptions sont claires mais suffisamment vagues pour laisser à l'imagination du lecteur tout le plaisir d'en créer les détails. Je voyais clairement les lieux, les personnages et les robots dans mon esprit et ce monde m'appartenait au moins autant qu'à Asimov puisque j'en avais largement créé les détails.

Et comme à son habitude, Asimov prend un malin plaisir à explorer la psychologie et l'éthique des robots, ce qui est toujours extrêmement divertissant, particulièrement ici. Comment un robot peut-il prioriser une action par rapport à une autre? Comment choisir entre deux actions dont les conséquences seront également négatives? Jusqu'où un robot ira-t-il pour obéir à ses directives? Je ne me lasse jamais de ces dilemmes robotiques...

Pour couronner le tout, la couverture de Michael Whelan est sublime.



2 commentaires:

Guillaume a dit…

Prochaine lecture que je te conseille: Deon Meyer. Ou encore George Pelecanos.

Prof Solitaire a dit…

Connais pas pantoute... merci du tuyau! As-tu des titres particuliers à me proposer?