13 août 2016

Essential X-Men vol. 6


La mélancolie qui m'habite étant quasi-illimitée, voici un autre recueil de comics du bon vieux temps que je me suis tapé cette semaine. Il contient les numéros 199 à 213 de la série Uncanny X-Men ainsi que plusieurs autres comics qui sont en lien avec l'histoire du massacre des Morlocks.

Je dois dire que j'ai bien aimé ma lecture. La plupart des numéros étaient de très bonne qualité. Les scénarios de Chris Claremont sont généralement bons. Quoi que, lorsqu'ils sont lus d'une traite, ça manque tout de même un peu de direction. On se demande parfois où il s'en va. Mais à part une occasion qui m'a carrément fait grincer des dents, j'ai tout de même été amplement diverti.

La plupart des numéros sont dessinés par John Romita Jr, un artiste très solide dont le style est particulièrement bien adapté à une série comme Uncanny X-Men.

Le personnage qui est souvent central à tout ce qui se passe, c'est Rachel Summers, la seconde Phoenix. J'ai toujours aimé ce personnage. Elle est originaire d'un futur parallèle et est la fille adulte de Scott Summers (Cyclops) et de Jean Grey. Le monde d'où elle vient est une dystopie cauchemardesque dans lequel tous les mutants ont été massacrés. Rachel a elle-même contribué à cet holocauste. En effet, elle était une "hound", une pisteuse dont les pouvoirs de télépathie étaient utilisés pour débusquer les mutants. La jeune femme est toujours hantée par les atrocités qu'elle a commises et elle est déterminée à racheter ses fautes.

Malheureusement pour elle, ça tourne plutôt mal. Dans le numéro 207, Rachel est hantée par des cauchemars atroces qui échappent totalement à son contrôle et qui sont en train de la rendre folle. Apparemment somnambule, elle se réveille à des endroits sans se rappeler comment elle est arrivée là. Encore pire, elle incorpore Wolverine dans tous ses cauchemars et il joue habituellement le rôle de traqueur qui veut la tuer. Dans un cauchemar, il la poursuit à travers les ruines de New York. Dans un autre, il fait irruption dans un palais médiéval japonais et la poursuit sur les toits. Une autre fois, il l'attaque dans un désert. Et ce n'est pas d'un Wolverine imaginaire dont il est question ici, c'est comme si le vrai était aspiré dans ces cauchemars contre son gré et il se souvient de tout à son réveil.

Bref, Rachel est en train de perdre la carte. Sans provocation, elle décide d'infiltrer le Hellfire Club afin d'assassiner la nouvelle Black Queen dans son sommeil. Mais juste avant qu'elle puisse s'exécuter, le véritable Wolverine fait irruption dans la pièce et tente de l'en dissuader. Il s'approche d'elle lentement, tente de la convaincre de ne pas commettre un meurtre. Rachel s'entête. Avant-dernière case, Wolverine est juste devant elle. Rachel s'exclame: "La seule façon de m'arrêter, Logan, c'est de me tuer." La dernière case est toute noire et un seul mot y apparaît. C'est une onomatopée que les fans des X-Men connaissent bien: SNIKT!

Sur le coup, j'ai été profondément choqué. Comment Wolverine a-t-il pu agir ainsi et transpercer sa coéquipière de ses griffes? Ça m'a semblé incongru et dément. La Black Queen est effectivement une créature cruelle et sanguinaire qui mériterait bien d'être éliminée. Comment Wolverine pourrait-il sacrifier Rachel pour sauver ce monstre? N'est-il pas le mieux placé pour comprendre l'intention? Après tout, il a tué plus souvent qu'à son tour!

Après réflexion, je me suis dit que le geste pouvait être justifié d'une certaine façon. Wolverine a été impliqué dans la saga de la première Phoenix qui a bien failli provoquer l'anéantissement de l'univers. Il connait bien la puissance de Phoenix. Il sait de quoi elle sera éventuellement capable. Et comme il a été aspiré dans ses cauchemars, il sait à quel point elle est instable et dangereuse. Dans cette optique, le geste peut se comprendre. Mais sur le coup, ça a passé croche.

Dans les numéros suivants, Rachel n'est pas morte. Elle réussi à refermer ses plaies à l'aide de sa télékinésie, mais cela exige une concentration intense et constante. De plus, malgré ses meilleurs efforts, elle perd beaucoup de sang et s'affaiblit rapidement. Elle est finalement recueillie par Spirale et on ignore ce qu'il advient d'elle. Ça donne vachement le goût de lire la suite.

Mais le meilleur comic de tout ce recueil, c'est clairement le numéro 205. Il s'agit d'une histoire solo de Wolverine, bien qu'un des enfants de Power Pack y joue également un rôle important. Elle est entièrement dessiné (crayonné ET encrage) par Barry Windsor-Smith, que je ne considère pas être un bédéiste, mais plutôt un demi-dieu. Dans le cas de ce numéro-là, je me réjouissais du fait que les recueils Essential sont publiés en noir et blanc parce que la couleur n'aurait été qu'une distraction.

La BD s'ouvre avec la création d'une des pires ennemies de Wolverine: Lady Deathstrike. Contrairement à sa version cinématographique, LD n'est pas une mutante. Pour pouvoir affronter Wolverine, elle doit donc subir une série d'interventions chirurgicales qui font d'elle rien de moins qu'un cyborg. Les premières cases la montrent, émergeant d'un bassin. De son corps jaillissent d'innombrables câbles, fils, tiges et circuits. Ses pensées, d'abord complètement chaotiques, se structurent et elle peut enfin hurler: "WHAT HAVE I DONE?"

La séquence suivante se déroule après le combat initial contre Wolverine. Ce dernier, visiblement amoché, surgit d'un intense blizzard. L'air hagard, couvert de blessures et de sang, son uniforme en lambeaux, il est pourchassé par Deathstrike et ses hommes. Il a subi d'importantes lésions au cerveau et est à nouveau réduit à l'état d'animal sauvage, grognant et hurlant sa colère. À mesure que son cerveau se répare, il reprend ses esprits. Il s'exprime d'abord en japonais, puis en anglais. Son apparence hirsute et sa sauvagerie ne sont qu'amplifiées par la présence d'un des enfants membres du groupe Power Pack. Le contraste est frappant. La petite, douce, effrayée, innocente, donne un précieux coup de main à Logan afin de l'aider à fuir à travers le blizzard.

Mais une fois qu'il comprend ce qui se passe, Logan met la petite à l'abris et lui fait promettre de ne pas regarder ce qui va se passer. Il s'apprête à faire face à ses poursuivants. Une véritable orgie de violence se déchaîne dans ce terrain vague battu par les vents et la poudrerie. Wolverine est déchaîné, impitoyable... une force de la nature. À la fin, Deathstrike le suppliera de la tuer.

Ce numéro-là est un bijou, un chef-d'oeuvre, une vraie merveille. Tous les fans des X-Men doivent lire ce numéro. C'est vraiment l'un des meilleurs comics de Marvel que j'ai lu dans ma vie.

Et croyez-moi, J'EN AI LU des comics de Marvel!



2 commentaires:

PJ a dit…

Pendant une fraction de seconde, j'ai cru que le titre était Existential X-Men, ça donnerait une histoire d'un style un petit peu différent...

Prof Solitaire a dit…

Je voudrais lire ça! ;-)