19 août 2016

L’eldorado ontarien? Un mythe!

Que vois-je? Un article qui compare favorablement le Québec à son voisin plutôt que de le décrire comme un trou de merde! Je crois rêver!

Extrait de l'article:

« L’eldorado ontarien, c’est un mythe », tranche l’économiste Alexis Gagné. Depuis une génération, les Québécois ont, dans l’ensemble, largement rattrapé le niveau de vie des Ontariens. Les jeunes du Québec ont même carrément dépassé celui de leurs voisins.

C’est l’un des constats implacables de la toute nouvelle livraison de l’indice d’équité entre les générations (IEG), le fruit d’une vaste enquête menée par Alexis Gagné et ses collègues de l’Institut des générations.

(...) En bref, les jeunes Québécois comptent moins de chômeurs dans leurs rangs que leurs congénères ontariens — et quand ils sont astreints au chômage, ils y restent moins longtemps. Ils travaillent moins d’heures tout en touchant un revenu médian (après impôts) de 5,7 % plus élevé.

Ils ont donc plus d’argent dans leurs poches et doivent en dépenser beaucoup moins pour se loger que les jeunes Ontariens, premières victimes de la flambée des prix de l’immobilier. Dans la grande région de Toronto, par exemple, accéder à la propriété est devenu un rêve inaccessible pour beaucoup de jeunes familles. 

(...) En plus des indicateurs strictement économiques, les chercheurs ont aussi tenu compte d’indicateurs de « qualité de vie », tels que l’espérance de vie à la naissance, le taux de dépression majeure et le taux de criminalité (une autre nouveauté).

(...) Bilan ? « Les Ontariens font, essentiellement, du surplace, tandis que le sort des Québécois s’est légèrement amélioré. »

(...) Mais attention ! Tout n’est pas sombre pour les jeunes Ontariens.

Ces derniers ont encore un actif médian (en gros : la valeur de leurs biens, maison comprise, moins les dettes) plus élevé. Ils sont plus nombreux à être titulaires d’un diplôme universitaire, malgré des gains spectaculaires au Québec. Ils vivent dans un environnement plus sécuritaire — le taux de criminalité au Québec dépasse désormais celui de l’Ontario ! — et jouissent d’une meilleure qualité de l’air.

Malgré ces nuances, le portrait d’ensemble brossé par l’IEG entre en collision frontale avec un certain discours ambiant selon lequel le Québec se porte toujours plus mal que ses voisins.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Québec n’est plus le petit frère pauvre qu’il a longtemps été. Comment concilier ce constat avec les nombreuses études, largement relayées par les médias, sur la « pauvreté » relative des Québécois ?

Selon Laura O’Laughlin, économiste principale au Groupe d’analyse, cabinet américain de consultation en économie, finance et stratégie, et cofondatrice de l’indice, ces études se concentrent trop souvent sur le revenu moyen des gens, un indicateur utile mais imparfait, voire trompeur.

(...) Les conclusions de ce nouvel indice d’équité n’étonnent guère, non plus, Pierre Fortin. Cet économiste, professeur émérite à l’Université du Québec à Montréal, documente depuis de nombreuses années déjà le grand rattrapage du Québec, devenu pour ainsi dire « aussi riche » que l’Ontario, tout en étant moins inégalitaire, dit-il.

(...) le nouveau PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, Monsef Derraji, (...) s’est dit inquiet des répercussions de la hausse des tarifs dans les services de garde décrétée par le gouvernement Couillard.

« Il ne faut pas crier victoire, parce que cette mesure risque, à elle seule, de miner tous les gains qu’on a faits ces dernières années, dit-il. La hausse du nombre de mères sur le marché de l’emploi a beaucoup aidé à augmenter le revenu des familles. On risque de voir ces gains annihilés au bout de quatre à cinq ans. »



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