21 août 2016

Salman Rushdie et la gauche

Sophie Durocher attire notre attention sur une récente entrevue avec M. Rushdie. En voici quelques extraits:

«Plus de 25 ans après les Versets sataniques, il semble qu’on en ait tiré de mauvaises leçons. Au lieu d’en déduire qu’il faut s’opposer à ces attaques contre la liberté de s’exprimer, on a cru qu’il fallait les calmer par des compromis et des renoncements.»

(...) «On peut déplorer un retour du politiquement correct dans les milieux intellectuels»

(...) En fait, ce que déplore Rushdie, c’est qu’aujourd’hui ce soit la gauche qui refuse de se battre pour la liberté d’expression. On en a eu un bel exemple plus tôt cette année quand de grands auteurs (dont le Canadien Michael Ondaatje et l’Américaine Joyce Carol Oates) ont refusé de participer à une remise de prix du courage à Charlie Hebdo lors du congrès de l’association de défense de la liberté d’expression PEN.

«J’ai alors eu la sensation que si les attaques contre Les Versets sataniques avaient lieu aujourd’hui, ces gens ne prendraient pas ma défense et useraient de ces mêmes arguments contre moi, en m’accusant d’insulter une minorité ethnique et culturelle.»

(...) «En vérité, ce point, le contenu même du magazine, est sans importance, car la liberté de parole implique de défendre l’expression d’opinions que vous ne partagez pas. Ces personnes, rappelons-le, ont été assassinées parce qu’elles faisaient des dessins.»

(...) «Il faut en finir avec ce tabou de la prétendue “islamophobie”. Pourquoi ne pourrait-on pas débattre de l’islam? Il est possible de respecter des individus, de les préserver de l’intolérance tout en affichant son scepticisme envers leurs idées, voire en les critiquant farouchement. Combattre l’extrémisme, je le répète, n’est pas combattre l’islam. Au contraire. C’est le défendre.»


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