11 septembre 2016

11 septembre

Où étiez-vous il y a 15 ans?

Je me souviens que mes élèves commençaient en anglais ce matin-là, j'étais donc libre jusqu'à environ 9h20.

Dans l'auto, en allant travailler, j'ai entendu qu'un avion s'était écrasé sans le WTC. Je me suis dit que ce devait être un petit avion, du genre Cessna, et que c'était sans doute un accident.

En arrivant à l'école, il n'y avait personne dans la salle du personnel. Alors comme je voulais entendre d'autres détails, j'ai allumé la radio. Et c'est ainsi que j'ai appris en direct qu'un deuxième avion venait de s'écraser dans l'autre tour.

Ce n'était pas un accident. C'était une attaque.

J'étais complètement renversé. Les mots traduisent mal ce que j'ai ressenti à ce moment-là. Une incrédulité mêlée d'horreur est la meilleure description que je puisse donner. Le monde m'a soudain semblé terriblement fragile.

Je ne comprenais tout simplement pas ce qui se passait. Je n'avais même pas d'hypothèse pour expliquer de telles horreurs. Qui pouvait bien faire une chose pareille? Je n'en avais pas la moindre idée.

J'avais visité New York quelques années auparavant et je m'étais tenu debout au pied de ces tours. J'ai pris une photo des motifs de ses parois que j'avais trouvés magnifiques. Les poutres de béton se divisaient dans des courbes majestueuses et s'élançaient vers le ciel, j'avais trouvé ces édifices très impressionnants.

Lorsque les élèves sont arrivés en classe, ils ont bien vu que je n'étais pas dans mon état normal. Je me suis dit qu'il était inutile de leur cacher ce qui se passait puisqu'ils l'apprendraient de toute façon. Alors j'ai décidé d'en faire une leçon. Je leur ai expliqué ce qui venait de se passer. J'ai allumé la radio et nous avons écouté les bulletins ne nouvelles.

Je leur ai demandé d'écrire un lettre dans laquelle ils décriraient ce qui se passait ce matin-là et comment ils se sentaient. Je leur ai dit que cette lettre, écrite dans un moment historique important, serait un souvenir précieux un jour et qu'ils voudraient sans doute le conserver. J'ignore si certains d'entre eux la possèdent encore.

Je ne me souviens pas si la radio était allumée lorsque la première tour s'est effondrée. Je ne crois pas. Il me semble l'avoir appris plus tard, dans la salle du personnel. Je me souviens avoir parcouru le reste de la journée comme un zombie. J'étais complètement atterré. Estomaqué. Et les images qui m'attendaient aux nouvelles après l'école... calvaire... indescriptible...

Le seul autre événement d'actualité qui avait eu un impact majeur sur moi à ce moment-là était l'échec référendaire de 95. Mais cette fois-là, j'avais ressenti de la colère, de l'humiliation et une grande tristesse. En 2001, c'était plutôt l'incrédulité et l'incompréhension qui dominaient.

Et ça fait déjà 15 ans... difficile à croire, vous ne trouvez pas?



6 commentaires:

fylouz a dit…

Je travaillais au recensement 2001 à l'époque. Je ne me souviens pas si j'ai su pour le premier écrasement ou les deux en même temps, mais j'ai tout de suite dit que ça ne pouvait être qu'un coup d'Al Quaïda et Oussamah Ben Laden. il restait peu de monde à travailler au recensement à l'époque et on a écouté la radio un long moment tout en vaquant à nos occupations (je rassure le contribuable). Au bout d'un moment j'ai demandé à ce qu'on éteigne la radio car les journalistes n'avaient rien à raconter de neuf et ça m'agaçait plus qu'autre chose.

Sinon, je ne suis allé qu'une fois à New York en 91 et j'en ai profité pour visiter l'Empire State en hommage au film "King Kong" de 1933. Je ne suis pas allé voir le World Trade Center et je le regrette aujourd'hui.

Hans Georg Lundahl a dit…

J'avais commencé à me débattre sur internet.

Je me souviens davantage sur l'ultimatum et la déclaration de guerre, car les ÉÉUU ont fait la même chose que fit, en 1914, Autriche-Hongrie vis-à-vis la Serbie.

J'étais bouleversé. Et j'écrivis à l'ambassadeur des ÉÉUU à Copenhague.

Anonyme a dit…

Mon souvenir de cette journée ressemble beaucoup au tien.

À la récréation, je ne surveillais pas et je suis allée à la salle du personnel où j'ai croisé la directrice qui avait l'air d'avoir vu un fantôme. Elle m'a alors raconté que deux avions avaient frappé les tours une après l'autre. Je me rappelle du frisson d'horreur que j'ai ressenti.

Je suis retournée en classe pour une heure...je ne me rappelle pas si j'en avais tout de suite parlé aux élèves.

Durant l'heure du midi, nous avons écouté les nouvelles à la salle du personnel et nous étions figés et bouleversés !

En après-midi, j'ai tout raconté aux élèves (6e). Comme toi, je l'ai souligné comme un moment historique que nous étions en train de vivre et dont nous parlerions encore 20 ans plus tard et même plus.

Au retour à la maison, ce fut difficile de s'occuper de mes enfants (alors très jeunes) et de faire le souper car nous étions mon chum et moi rivés sur l'écran à ne pas encore croire ce qui s'était passé.

J'avais également déjà visité les tours jumelles....ironiquement, juste après un premier attentat qui y avait eu lieu en 1993.

Prof Solitaire a dit…

Merci de partager... il y a quelque chose de fascinant dans le fait que nous sachions tous très précisément ce que nous faisions à ce moment-là... chacun de notre bord...

Anonyme a dit…

Pour ma part, je l'ai appris par un prof à l'université. Il a commencé son cours en nous apprenant cette terrible nouvelle. Honnêtement, je n'ai pas réagi sur le coup. C'était trop absurde, impossible. Le prof a quand même donné son cours et je suis restée un peu perdu dans mes souvenirs.

Arrivée à la maison, j'ai écouté la télévision et la radio jusqu'à tard en soirée. Je me souviens d'avoir eu peur. Je pense qu'on s'est tous sentis un peu comme toi cette journée-là et, pour plusieurs, c'est encore ainsi aujourd'hui, 15 ans plus tard...

J'ai eu l'opportunité de visiter New York une fois, en cinquième secondaire, 3-4 ans avant. Je comprends maintenant l'immense chance que j'ai eu de photographier les tours jumelles et même d'y observer la ville, tout en haut. Je viens de jeter un coup d'oeil aux photos prises, je les conserve précieusement. C'est une expérience que je n'oublierai jamais.

A.

Hans Georg Lundahl a dit…

"C'était trop absurde, impossible."

De la part des Musulmans, ou quoi?