24 septembre 2016

Judge Dredd: CRUSADE


Ce recueil contient deux histoires qui ont été originalement publiées en 1994 et 1995.

La première, intitulée CRUSADE, raconte une mission de Dredd en Antarctique. Un vaisseau spatial qui avait été envoyé pour explorer le cosmos et avec lequel on avait perdu contact depuis 15 ans vient de s'écraser au Pôle Sud. Chaque méga-cité de la Terre envoie un de ses meilleurs juges pour s'emparer des secrets de ce vaisseau. On fait donc la connaissance d'un juge irlandais, d'une Japonaise, d'une Britannique, d'une Soviétique, d'un Indien, d'un Égyptien, d'un Australien et d'un Africain. Puis, entre en scène le juge le plus redouté et le plus sinistre de tous, celui qui est envoyé par le Vatican. Tout ce beau monde pénètre dans l'épave du vaisseau et une course folle s'engage. En plus des juges qui s'attaquent et se massacrent entre eux, une mystérieuse menace à bord du vaisseau supprime les survivants. Dredd est vraiment assailli de toutes parts.

Cette BD semblait vraiment avoir tout pour elle. Elle est écrite par Mark Millar et Grant Morrison, deux scénaristes très talentueux. Malheureusement, l'histoire qu'ils nous livrent est puérile et dépourvue d'originalité. Les juges internationaux sont tous de ridicules stéréotypes ambulants: l'Irlandais boit constamment de la bière, la Japonaise est obsédée par l'honneur, l'Indien est contre la violence, etc. Je comprends que Dredd lui-même est l'archétype du héros américain à la Rambo poussé à l'extrême et qu'on essaie de faire la même chose avec les autres nationalités, mais tout de même... ce n'est même pas un peu subtil. Ni particulièrement drôle. C'est juste épais.

Les dessins de Mick Austin ne font absolument rien pour aider. L'action est souvent confuse et saccadée, c'est-à-dire qu'il manque parfois de fluidité entre les cases, si bien qu'on a du mal à comprendre comment une case peut mener à la suivante. À plusieurs reprises, j'ai dû reculer et relire les cases précédentes pour essayer de comprendre. Pas génial.

La deuxième histoire est intitulée FRANKENSTEIN DIVISION et voit Dredd affronter un monstre constitué de morceaux de cadavres de ses victimes. Pour l'originalité, on repassera. Encore une fois, le scénario de Millar est simpliste, presque enfantin et prévisible. Les dessins de Carlos Ezquerra, eux, ne me plaisent pas du tout. On dirait parfois des cases dessinées par un étudiant qui n'a pas tout à fait peaufiner son art... ce n'est pas très professionnel. Les couleurs criardes enlaidissent encore plus ces planches, si bien que j'en avais presque mal aux yeux.

Un autre truc qui devient énervant avec ces histoires, c'est qu'elles ont été originalement publiées dans un comic-book mensuel et chaque épisode devait se terminer par un gros cliffhanger remplie de suspense. Le problème, c'est que lorsqu'elles sont réunies en un seul récit continu, ces moments "forts" perdent tout ce qu'ils avaient de dramatique. Ils deviennent plutôt des anti-climax qui ponctuent l'histoire à toutes les 3 ou 4 pages et qui viennent sérieusement briser le rythme du récit.

Ce n'est pas compliqué, le seul élément de cette BD qui mérite une mention, c'est la magnifique couverture de l'extraordinaire Brian Bolland. Tout le reste est très peu mémorable.

Je suis très déçu parce que les deux dernières BD de Dredd que j'ai lues (ici et ici) étaient très bonnes, mais celle-ci est une véritable douche glacée qui vient vraiment refroidir mes ardeurs. Ça enlève carrément le goût d'en essayer d'autres...




2 commentaires:

fylouz a dit…

Le juge africain s'appelle Daktari. C'est limite mauvais, mauvais gout. Heureusement qu'il n'y ont pas mis de juge français. Ils l'auraient sans doute appelé Arsène Lupin avec, comme accessoires, une bouteille de rouge et une baguette sous le bras.

Prof Solitaire a dit…

N'oublie pas le béret et la petite moustache :-P