1 septembre 2016

L'HOMME QUI TUA LUCKY LUKE de Mathieu Bonhomme


Cette BD commence vraiment sur les chapeaux de roues.

La première case nous fait apercevoir un petit village du Far West situé au milieu de nulle part, entre falaises, montagnes et forêts. Un seul mot y apparaît, une onomatopée: PAN!

Dans la seconde case, on s'approche et on a maintenant une vue à vol d'oiseau du petit bourg. Il ne compte qu'une seule rue bordée des habituels bâtiments en bois qui sont si familiers aux lecteurs de Lucky Luke. Dans la rue, on voit un attroupement de badauds. Quelqu'un s'écrit: "J'l'ai eu bon Dieu! C'est moi, regardez! C'est moi qui l'ai tué!"

La troisième case nous plonge au milieu de la foule, dans un angle de contre-plongée, sous les regards horrifiés des habitants. Derrière eux surgit toujours la voix qui s'écrit: "Ha Ha! J'ai détruit la légende!"

La dernière case de la première page est l'ultime punch. Dans la boue, étendu sur le ventre, se trouve Lucky Luke. On le reconnaît facilement à son habituel accoutrement: chemise jaune, veste noire, foulard rouge. Son revolver gît à ses côtés dans la fange. Un filet de sang s'écoule de son dos. La voix s'exclame: "J'ai tué Lucky Luke!"

Après une ouverture aussi frappante, j'ai attaqué cette BD avec des attentes élevées. Peut-être trop.

La page suivante nous ramène quelques jours plus tôt, alors que le légendaire cowboy fait son entrée dans ce petit village isolé. Il fait nuit et il pleut à boire debout. Après avoir amené Jolly dans une écurie, il se rend au Saloon pour manger. Un étranger, attablé dans la salle, le regarde attentivement. Puis, alors qu'il discute avec le barman, Luke est confronté par le shérif de l'endroit qui le harangue et le menace. Après un affrontement très réussi, des citoyens expliquent à Luke qu'ils ont besoin de son aide. En effet, un mystérieux Indien attaque les diligences afin de s'emparer de l'or des mineurs locaux. Lucky Luke, fidèle à lui-même, accepte de venir en aide à ces gens et commence à enquêter, mais certains habitants comptent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

C'est une bonne BD et une lecture agréable, mais sans plus. Contrairement à ce que pourrait laisser croire la première planche, le rythme de l'histoire est plutôt lent. Parfois, cela est un choix intéressant qui permet d'établir l'atmosphère d'un endroit ou la personnalité de certains personnages, mais d'autres fois, le scénario comporte des longueurs qui me semblent injustifiées. C'est plutôt long par moment. Les scènes d'intense action sont assez rares. Les rebondissements sont généralement pas très surprenants. Je dirais même que c'est une histoire de cowboy assez classique.

Les dessins de Bonhomme ne déçoivent absolument pas. Il réussit avec brio à créer son propre Lucky Luke sans trop s'éloigner de l'original. Il prend le temps de fignoler des décors détaillés et crédibles. Le résultat est visuellement très rafraîchissant et agréable.

Bref, une belle petite lecture divertissante, particulièrement pour les dessins.



1 commentaire:

Guillaume a dit…

Je sais pas. Je ne suis pas un gros fan des transformations de bédés naïves et bon enfant en trucs plus sérieux. L'album Machine qui Rêve de Spirou était déjà assez imbuvable merci.