20 octobre 2016

Chrétien et la dignité

Préparez-vous pour un grand moment de vaudeville, mes amis:

L'ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien estime que le candidat républicain à la présidence des États-Unis, Donald Trump, «enlève la dignité du service public».

Oui, parce que, évidemment, Ti-Jean a toujours été un parangon de dignité tout au long de sa carrière! Tout le monde sait ça!

En 80, quand tu as trahi les intérêts de ton propre peuple en diabolisant les "séparatisses" dans des discours délirants et malhonnêtes, cela était un bel exemple de dignité.

Le coup d'état du gouvernement dont tu faisais partie a également été une entreprise profondément ancrée dans la dignité.

En 1981, quand tu as fait ta tournée des chambres d'hôtel en plein milieu de la nuit pour faire signer la nouvelle constitution canadienne dans le dos du Québec, tu étais vraiment la dignité incarnée.

En 1990, quand tu as orchestré la mort de l'accord du lac Meech, tu as été d'une très grande dignité.

En 1993, tu as été élu en promettant d'abolir la TPS et en mettant fin au traité de libre-échange nord-américain. Une fois en poste, tu as changé d'idée et tu as accusé les électeurs de t'avoir "mal compris". Avec beaucoup de dignité, évidemment.

En 1995, tu as multiplié les manoeuvres frauduleuses pour tricher lors du référendum: le Conseil pour l'unité canadienne, Option Canada, le Committee to register voters outside Quebec et Opération Citoyenneté, pour ne nommer que celles-là. Toutes de magnifiques exemples de dignité.

Après le référendum, ta loi sur la clarté qui RÉINVENTAIT la règle la plus essentielle de la démocratie dans le but d'empêcher les Québécois de décider de leur avenir était un véritable monument de dignité.

Lorsque tu as officialisé le vol du Labrador par Terre-Neuve, tu as encore une fois fait preuve d'une très grande dignité.

Lorsque tu as fait pression sur les autorités mexicaines pour t'assurer que le premier ministre du Québec ne serait pas reçu par le président du Mexique, tu as démontré une fois de plus ta grande dignité.

Lorsque tu as empoigné un homme à la gorge devant les caméras de télévision et que tu as menti sur les circonstances de l'altercation, tu as fait preuve d'une très grande dignité.

Lorsque tu as donné ton accord à l'importation de plutonium russe au Canada et que tu as invité le président de la Chine, Li Peng (principal responsable du massacre de la place Tiananmen), tu as démontré une magistrale dignité.

En 1997, quand tu as invité le général Suharto, Président d'Indonésie et probablement le plus sanguinaire et le plus corrompu des dictateurs d'Asie, à assister à la conférence de l'APEC à Vancouver, plusieurs personnes s'organisèrent pour manifester contre sa présence. Afin de t'assurer que ton monstrueux ami ne serait importuné par aucune démonstration, tu as ordonné à la GRC de mettre fin à la protestation. Les policiers ont dispersé la foule violemment, aspergeant les manifestants de poivre de Cayenne. Tu te souviens de ton «Peppergate» mon Ti-Jean? Et lorsqu'on t'accusa d'avoir ordonné la suppression des droits civils pour permettre à un dictateur de se sentir chez lui au Canada, tu as rétorqué: «Le poivre de Cayenne est une méthode civilisée, la police montée avait même des serviettes pour aider. Ils auraient pu utiliser des bats de base-ball, comme ailleurs.» Quelle dignité!

Décidément, mon Ti-Jean, la prochaine fois qu'il sera question de dignité, peut-être serais-tu mieux de fermer ta gueule.



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